Louis Marie Turreau

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Louis Marie Turreau
Image illustrative de l'article Louis Marie Turreau

Surnom Turreau de Garambouville[1]
Naissance 4 juillet 1756
Évreux[2]
Décès 10 décembre 1816 (à 60 ans)
Conches
Origine Français
Allégeance Drapeau du Royaume de France Royaume de France
Drapeau du Royaume de France Royaume de France
Drapeau de la France République française
Drapeau de l'Empire français Empire français
Drapeau du Royaume de France Royaume de France
Grade Général de division
Années de service 1789 – 1814
Conflits Guerres de la Révolution
Guerre de Vendée
Commandement Armée des Pyrénées orientales
Armée de l'Ouest
Distinctions Chevalier de Saint-Louis
Hommages Nom inscrit sur l’arc de triomphe
Autres fonctions Gouverneur de Belle-Île
Ambassadeur aux États-Unis
Baron d'Empire

Louis Marie Turreau, dit « Turreau de Garambouville » né le 4 juillet 1756 à Évreux et mort le 10 décembre 1816 à Conches-en-Ouche, est un général français de la Révolution.

Il est connu pour avoir organisé les colonnes infernales durant la guerre de Vendée, causes des massacres de dizaines de milliers de Vendéens, et avoir ravagé le pays. Il poursuivit ensuite une carrière de haut fonctionnaire, en devenant ambassadeur aux États-Unis[1], puis baron d'Empire[3].

Vie jusqu’à la Révolution[modifier | modifier le code]

Le père de Louis-Marie Turreau était procureur fiscal des eaux et forêts du comté d'Évreux, puis est devenu par la suite maire d’Évreux. Cette situation fait jouir les Turreau de certains privilèges, noble, leur nom est inscrit dans les grandes armoiries de France. Louis Marie Turreau est cependant un fervent révolutionnaire dès 1789. Il en profite d’ailleurs, comme beaucoup de bourgeois de l’époque : il se fait élire maire d’Aviron, achète quelques biens du clergé (dont l’abbaye de Conches).

Carrière militaire jusqu’en 1794[modifier | modifier le code]

Avant la Révolution, il n’a pas de réelle activité militaire : il entre bien aux Gardes du corps du comte d’Artois[1], mais n’est inscrit que sur les rôles surnuméraires (il est alors simple remplaçant).

À la Révolution, il entre dans la Garde Nationale de Conches, et en prend la direction en juillet 1792. En septembre, il se fait élire lieutenant-colonel du 3e bataillon de volontaires de l'Eure, et part combattre sur les frontières du Nord. Il est nommé colonel en novembre, et intègre l’armée de Moselle.

En juin 1793, il intègre l’armée des côtes de La Rochelle, jusqu’au 8 octobre. Cette affectation ne lui plaît pas, il écrit d’ailleurs à un ami : « Je remuerai ciel et terre pour ne pas aller en Poitou. Cette espèce de guerre me déplaît ». Il combat néanmoins deux mois en Vendée. Il est ensuite nommé à la tête de l’armée des Pyrénées orientales jusqu’au 27 novembre, avant d’être à nouveau nommé dans l’Ouest, commandant en chef de l’armée de l'Ouest. Il arrive à sa nouvelle affectation sans enthousiasme le 30 décembre[4], alors que les derniers éléments de l’Armée catholique et royale sont écrasés par Kléber et Marceau à Savenay le 23.

Les colonnes infernales[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Colonnes infernales.
Fusillades et massacres par les Colonnes Infernales de Turreau

Chargé par le gouvernement révolutionnaire d’aller réprimer le soulèvement vendéen, il le fait avec le plus grand zèle. Entre 20 000 et 40 000[5] personnes périssent en quatre mois.

Suite de la carrière de Turreau[modifier | modifier le code]

Turreau est nommé le 20 mai gouverneur de la place de Belle-Île, puis est arrêté le 28 septembre. Il passe toute une année en prison, et en profite pour rédiger ses Mémoires pour servir à l’histoire de la Vendée. Il refuse l’amnistie du 4 brumaire an IV qui clôt les travaux de la Convention nationale, afin d’être réhabilité sans équivoque. Le 19 décembre 1795, il est acquitté par un tribunal militaire qui juge qu’il n’a fait qu’exécuter les ordres et non qu'il a eu un rôle de premier ordre. Il est réintégré en 1797 à l'armée de Sambre-et-Meuse.

Sous le Consulat, il est envoyé en Suisse à la tête de l'armée en Valais puis commande provisoirement l'armée du Danube[6]. De 1803 à 1811, il est ambassadeur aux États-Unis[1], puis commandant de plusieurs places militaires.

En 1814, il se soumet à Louis XVIII.

  • Parmi les anecdotes qui fleurissent à propos de celui qui fut honoré du titre de baron d'Empire sous le nom de Turreau de Linières et maintenu comme tel par Louis XVIII, nous retiendrons que « le roi, dans l'intention de rendre hommage à ses fidèles vendéens, envisagea un jour de se rendre en Vendée, entouré de quelques personnalités. Et il pensa devoir faire appel notamment à Turreau. Son entourage l'en dissuada fermement : « Non Majesté, surtout pas celui-là ! » ».

Pendant les Cent-Jours, il publie le Mémoire contre le retour éphémère des hommes à privilèges. La Restauration ne l’a pas poursuivi, ni pour ce libelle, ni pour les colonnes infernales.

Il est sur la liste des bénéficiaires de la croix de Saint-Louis, mais meurt avant qu’elle ne lui soit remise au cours d’une cérémonie (donc ne l'a jamais obtenue). Selon l'expression de Gérard Walter, « son nom déshonore le côté Est de l'Arc de Triomphe de l'Étoile[7]. »

Distinctions[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c et d Jean Tulard, Dictionnaire Napoléon, t. I-Z, Fayard,‎ octobre 1999 (ISBN 2-213-60485-1), p. 883
  2. Sa fiche sur la base LEONORE
  3. a et b Jean Tulard, Napoléon et la noblesse d'Empire, Tallandier,‎ 2001, 4e éd. (ISBN 2-235-02302-9), p. 285
  4. Jean-Joël Brégeon, Kléber : Le dieu Mars en personne, Perrin,‎ 2002 (ISBN 2-232-01674-7[à vérifier : ISBN invalide]), p. 117
  5. Roger Dupuy, La République jacobine, tome 3 de la Nouvelle histoire de la France contemporaine, p. 268-269.
  6. Jean-Clément Martin, « Napoléon et la Vendée », Napoléon Ier Le magazine du Consulat et de l'Empire, no 8,‎ mai-juin 2001, p. 28-34 (ISSN 1298-6380)
  7. G. Walter, La Guerre de Vendée, Paris, Plon, 1953