Jean-François Reubell

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Jean-François Reubell

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Gravure de Yan' Dargent représentant Jean-François Rewbell, parue dans l'Histoire de la Révolution d'Adolphe Thiers.

Naissance 6 octobre 1747
Colmar, Alsace, France
Décès 24 novembre 1807 (à 60 ans)
Nationalité France Française
Profession

Jean-François Reubell ou Rewbell, né le 6 octobre 1747 à Colmar et mort le 24 novembre 1807 à Colmar, est un homme politique français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Signature de Jean-François Reubell

Fils d'un notaire de Colmar, il fait ses études de droit et devient avocat au Conseil souverain d'Alsace. En 1789, il est élu député du tiers état de Colmar aux États généraux. À l'Assemblée constituante, il vote pour les réformes, notamment pour la Constitution civile du clergé, mais s'oppose à l'admission des juifs alsaciens aux droits du citoyen. Cependant, en mai 1791, il se montre favorable face au côté droit et à Barnave à l'acquisition des droits des hommes de couleur libres dans les colonies ; mais il propose avec succès un amendement excluant les affranchis (« amendement Rewbell ») ; l'amendement sera seulement refusé par Robespierre. Après la fuite de Louis XVI et son arrestation à Varennes (juin 1791), il quitte le club des Jacobins et s'inscrit au club des Feuillants sans modifier ses positions sur les Juifs et les hommes de couleur libres. Les premiers acquirent pourtant la citoyenneté le 27 septembre 1791 sur initiative d'Adrien Duport et les seconds se la virent retirer trois jours plus tôt le 24.

À la dissolution de l'Assemblée constituante, il est élu procureur général syndic du Haut-Rhin et en 1792 député de la Convention par le département du Haut-Rhin. Il accomplit une mission en Rhénanie, en Allemagne et se montre partisan de son annexion à la France. Durant le procès du roi, il est absent mais, le 6 janvier 1793, il tient à se prononcer par lettre au côté de Merlin de Thionville et d'Haussmann en s'étonnant que Louis Capet soit encore en vie. En février et mars 1794, il participe à nouveau au débat sur la question coloniale, mais cette fois-ci pour l'abolition de l'esclavage des Noirs et l'arrestation des colons blancs hostiles au décret du 16 pluviôse an II (4 février 1794). En 1795, il négocie, avec Emmanuel-Joseph Sieyès, la paix avec la république batave.

Envoyé au corps législatif en 1795, il est élu directeur dès sa première réunion. Il fait annexer à la France la Belgique et la rive gauche du Rhin, et il est un des initiateurs de l'invasion de la Suisse en 1798. À l'intérieur, il combat les Royalistes, notamment par le Coup d'État du 18 fructidor an V (4 septembre 1797). En 1799, les Conseils le rendent responsable des défaites de la France et il doit se défendre contre de nombreuses accusations.

Après le coup d'État du 18 brumaire an VIII (9 novembre 1799), il se retire de la vie politique. Il meurt à Colmar, le 24 novembre 1807.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Robert Badinter, Libres et égaux, l'émancipation des Juifs 1789-1791, Paris, Fayard, 1989.
  • Edna Le May (dir) Dictionnaire des Constitutants, Paris, 1991, 2 vol (tome 2).
  • Jean-Daniel Piquet, L'émancipation des Noirs dans la Révolution française (1789-1795), Paris, Karthala, 2002.
  • Jean-Marie Schmitt, « Jean François Reubell (alias Rewbell) », in Nouveau dictionnaire de biographie alsacienne, vol. 31, p. 3168
  • Jean-René Suratteau et Alain Bischoff, Jean-François Reubell, l'Alsacien de la Révolution française, Mulhouse, Éditions du Rhin, 1995, 543 p.
  • Jean-René Suratteau, « Rewbell (Jean-François) », Albert Soboul (dir.) Dictionnaire historique de la Révolution française, PUF, 1989.

Liens externes[modifier | modifier le code]