Chouannerie
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La chouannerie est un soulèvement contre-révolutionnaire qui a embrasé les campagnes d'une douzaine de départements de l'Ouest de la France, en particulier en Bretagne et dans le Maine, sous la Première République, en trois phases, entre le printemps 1794 et 1800[1]. Ce terme peut aussi être utilisé pour des troubles qui eurent lieu dans des départements comme l'Aveyron et la Lozère durant le premier Empire.
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[modifier] Causes
En 1791, l'Ouest, avec la Vendée et la Bretagne, constitue une zone de résistance à la constitution civile du clergé et au serment, avec un clergé très largement réfractaire. Plus que par des motivations religieuses, cette résistance trouve son origine dans la sociologie et les mentalités collectives des populations, dont les solidarités traditionnelles sont mises à mal par la Révolution[2].
Déjà, la conscription du 15 août 1792 pose problème : la Révolution française ayant besoin de soldats, elle ordonne qu'un tirage au sort de combattants sera organisé par commune. On se souviendra de l'intervention de Jean Cottereau, Michel Morière à Saint-Ouën-des-Toits. Plus discrets furent les vrais affidés de la Coalition Bretonne qui refusèrent purement et simplement de se rendre dans leur chef-lieu de canton pour y tirer au sort. L'opération fut une déconvenue pour les autorités républicaines.
L'insurrection du printemps 1793, dans l'ensemble de l'Ouest (en Bretagne comme en Vendée), s'explique, de son côté, par le rejet du tirage par les populations, d'autant plus que les notables patriotes en sont exonérés ou peuvent acheter un remplaçant. Ce rejet, on le retrouve dans l'ensemble du pays[3].
Au-delà de la question religieuse et de l'hostilité des levées militaires, les bouleversements et les remises en causes imposés aux communautés villageoises expliquent ces tensions, autant que les rapports entre les paysans et les élites, nobiliaire et bourgeoise, ou l'opposition plus ou moins grande, mais déjà ancienne à la fin du XVIIIe siècle, entre villes et campagnes. Déjà décelable au temps de la Ligue, la découpe entre les zones favorables aux Blancs (royalistes) et aux Bleus (républicains) reste encore d'actualité dans la carte électorale jusqu'à la fin du XXe siècle. Il faut également ajouter en Bretagne les bouleversements institutionnels, abolissant les privilèges provinciaux ; la devise des chouans en Bretagne est "Doue ha mem bro" (Dieu et mon pays) et non pas "Dieu et mon roy" comme chez les vendéens.[4],[5]
Devant la simultanéité des soulèvements et la similitude des comportements dans l'Ouest, les contemporains ont cru y voir la preuve d'un complot, qu'il rapprochaient de la tentative du marquis de la Rouërie avec l'Association bretonne. Toutefois, ce synchronisme peut s'expliquer par la décision de la Convention d'imposer un calendrier précipité des opérations de levée d'hommes[6].
[modifier] L'Association bretonne
En Bretagne, les premiers mouvements de protestations envers la Révolution française naissent au moment de la Nuit du 4 août qui supprime entre autres les parlements provinciaux et notamment en Bretagne le traité d'Union de la Bretagne à la France et les lois particulières de la Bretagne, assimilées à des privilèges.
En 1791, le marquis de la Rouërie, qui s'est distingué lors de la Guerre d'indépendance américaine, crée, avec l'aval du comte d'Artois, une organisation clandestine, l'Association bretonne, qui rassemble par diocèse avec comme principaux objectifs la défense de la monarchie contre la progression du républicanisme, la conservation des propriétés et le rétablissement des lois et coutumes particulière de la Bretagne. Son but est de gagner les garnisons, régiments, maréchaussées et gardes nationales dans les principales villes de Bretagne[7].
De nombreux futurs chefs chouans adhèrent à l'Association bretonne, parmi lesquels : Vincent de Tinténiac, Amateur-Jérôme Le Bras des Forges de Boishardy, Aimé Picquet du Boisguy, Sébastien de La Haye de Silz, Antoine-Philippe de La Trémoïlle, prince de Talmont et Pierre Guillemot. Malgré la volonté de La Rouërie de traiter nobles et roturiers à égalité, la majorité des associés étaient cependant issus de l'aristocratie.
Toutefois, les rassemblements de nobles au château de La Rouërie et le manque de discrétion d'agents recruteurs alertent les autorités. Le 31 mai 1792, le directoire du département d'Ille-et-Vilaine envoie un détachement de dragons fouiller le château et les abords, puis, le 6 juillet, lance contre le marquis et ses complices un mandat d'arrêt. Mais La Rouërie échappe aux recherches et se réfugie à Launay-Villiers. L'Association dispose alors de 10 000 soldats et fixe la prise d'arme générale pour le 10 octobre, date prévue de la prise de Châlons-en-Champagne par les armées de la coalition. Mais la victoire des Révolutionnaires le 20 septembre à la bataille de Valmy ruine le plan de l'Association. Deux jours après la monarchie est renversée et la République proclamée.
Le 2 septembre 1792, Valentin Chevetel dit Latouche se rend à Paris, où il dénonce le complot à Danton. Recherché par les autorité, La Rouërie est contraint d'entrer en clandestinité. Mais malade, La Rouërie meurt au château de La Guyomarais, à Saint-Denoual, le 30 janvier 1793. Lalligand-Morillon fait arrêter 27 conjurés, mais la liste de membre de l'Association est brûlée par Thérèse de Moëlien. Les 27 prisonniers sont jugés à Paris et 12 d'entre-eux, dont Thérèse de Moëlien sont condamnés à mort et guillotinés le 18 juin 1793. Dans son rapport du 4 octobre 1793 devant la Convention, Basire attribue à cette conjuration le soulèvement de l'Ouest en mars 1793. En fait, l'Association bretonne ne s'appuyait nullement sur les paysans, mais comptait sur le ralliement des garnisons des villes et des gardes nationales. Pour cette raison il ne peut être considéré comme l'inventeur de la Chouannerie, même s'il en est le précurseur partiel[7].
[modifier] Origines paysannes
[modifier] Premières révoltes
Les révoltés du Fouesnant ramenés par la garde nationale de Quimper en 1792, peinture de Jules Girardet, XIXe siècle.
Dès 1791, le rejet de la constitution civile du clergé amène les paysans des environs de Vannes à se soulever pour défendre l'évêque contre les patriotes de Lorient, qui veulent lui imposer le serment. Au printemps suivant, à Fouesnant, dans les environs de Quimper, un juge de paix soulève plusieurs paroisses contre les administrations locales et au nom du roi[6].
Durant l'été 1792, des incidents ont lieu dans les districts de Carhaix (Finistère), Lannion, Pontrieux (Côtes-d'Armor), Craon, Château-Gontier et Laval (Mayenne), où les paysans s'opposent à la levée de volontaires.
Vers la fin du mois d'août 1792, en Mayenne une troupe de gardes nationaux d'Andouillé, La Brûlatte, La Baconnière et Saint-Germain-le-Guillaume livrent au pillage le château de Fresnay. Alertés par le tocsin, les paysans de Launay-Villiers, Boislin et Bourgon se rassemblent à Launay-Villiers, place que le marquis de La Rouërie venait de quitter après y avoir séjourné clandestinement pendant trois mois. Au chevalier de Farcy, propriétaire du château, qui cherche à dissuader les insurgés d'attaquer les gardes nationaux, les paysans répondent qu'après les château des nobles, ce seront leurs métairies qui seront incendiées par les patriotes. Un des agent de La Rouërie, Jean-Louis Gavard, secondé par Jean Chouan, prend alors la tête des insurgés. Les paysans se lancent alors à la poursuite des gardes nationaux qu'ils rattrapent au Bourgneuf-la-Forêt. La charge menée par les frères Pinçon met rapidement en déroute les gardes nationaux qui abandonnent leur butin et laissent 18 morts sur le terrain[8].
Le 22 juillet 1792, l'Assemblée nationale législative ordonne une levée de 25 000 volontaires supplémentaires à prélever dans les départements ayant fourni de faibles effectifs, et parmi lesquels se trouvait les Côtes-du-Nord.
Cependant le 14 août, face au faible nombre de volontaires, le département ordonne un tirage au sort parmi les célibataires âgés de 18 à 45 ans. La mesure est très mal accueillie par les paysans et les premiers soulèvements éclatent dans le Trégor. À Perros-Guirec, Tréguier, Ploubazlanec et dans les environs de Pontrieux, des commissaires sont chassés ou rossés, des gardes nationaux, des patriotes et des volontaires sont désarmés ou malmenés par les paysans et les marins qui refusent le tirage. À Lannion les insurgés envoient une déclaration:
« Nous ne donnerons pas un soldat à la Nation. Nous ne connaissons que le roi et il est prisonnier en ce moment. Que les citoyens marchent à la frontière, nous ne sommes pas citoyens. Nous descendrons avec nos armes dans la ville ou bien on dissoudra la garde nationale. Vous avez emprisonné plusieurs de nos camarades, rendez-les-nous[9]. »
Le 10 septembre, 7 000 à 8 000 paysans marchent sur Pontrieux mais ils sont repoussés par la garde nationale et la population qui, barricadées dans la ville, leurs tuent 8 hommes et en blessent un vingtaine. Le même jour, Lannion est attaquée par 4 000 à 20 000 insurgés. Les deux partis parlementent, les insurgés exigent le désarmement des gardes nationaux et la libération des prisonniers et des prêtres réfractaires. Mais des coups de feu isolés sont lâchés par les assaillants auxquels répondent un tir nourri de la part des gardes nationaux qui mettent en fuite les paysans après leur avoir tué plusieurs hommes. Le lendemain, 1 500 patriotes venus de Morlaix, Guingamp et des environs débloquent la ville et appliquent une répression dans les paroisses révoltées, 560 gardes nationaux sont envoyés à Tréguier permettant la reprise du tirage au sort et la levée du nombre nécessaire de soldats[10].
À Saint-Ouen-des-Toits, dans le district de Laval, Jean Cottereau, dit Jean Chouan, ancien faux-saunier, prend la tête des insurgés. Son surnom vient de l'imitation du chat-huant (la chouette hulotte) par les faux-saunier pour se reconnaître[6]. Sa tête étant mise à prix, il tente en vain, en mars 1793, de gagner l’Angleterre. Il est reconnu par l'administration avec son frère comme le chef de la coalition.[n 1]
[modifier] Insurrections de mars 1793
En mars 1793, des jeunes gens refusent le tirage au sort dans le cadre de la levée en masse. Dès le 9 mars, des troubles éclatent en Mayenne, dans le Léon, le Morbihan, l'Ille-et-Vilaine, la Loire-Inférieure, la Vendée et le Maine-et-Loire. Entre les 11 et le 20 mars, les deux tiers de l'Ouest sont touchés[6]. L'Ouest est agité par de multiples jacqueries, dans lesquelles la paysannerie exprime de manière brutale sa colère à l'encontre des exigences de l'administration, des prêtres constitutionnels, considérés comme des intrus, la lourdeur des nouveaux impôts, la monnaie papier des assignats et la levée d'hommes, décrétée par la Convention nationale le 24 février 1793. Réprimées par la troupe, ces jacqueries forment une pré-chouannerie[6].
Il ne s'agit alors que d'une jacquerie. Des bandes de paysans s'attaquent aux patriotes de leurs paroisses, qu'elles désarment et volent, puis envahissent le chef-lieu du district pour délivrer les hypothétiques prisonniers et détruire les listes servant au tirage au sort. Parfois, la fête tourne au massacre, comme à Machecoul ou à La Roche-Bernard[6].
Les premiers mouvements de protestation à la conscription militaire éclatent dès le 3 mars, mais la première révolte éclata le 11 mars en Loire-Inférieure à Machecoul qui est prise par 6 000 paysans qui mettent en fuite la centaine de gardes nationaux présents sur place et tuent une vingtaine de patriotes, ainsi que le prêtre constitutionnel. La révolte s'étend, le 12 mars, 5 000 paysans s'emparent de Savenay, ceux-ci tuent ou blessent plusieurs gendarmes et mettent en fuite la Garde nationale. Des patriotes sont molestés, le prêtre constitutionnel, un administrateur et deux douaniers sont lynchés[11]. Le même jour en Anjou, 600 paysans mettaient en fuite 150 gendarmes et gardes nationaux après leur avoir tué quatre hommes. Le lendemain 300 à 400 hommes menés par Jacques Cathelineau s'emparaient de Jallais[12]
Dans le Morbihan, le 14 mars, 4 000 paysans pénètrent dans Vannes mais sont repoussés à coup de fusil par les soldats. Le même jour à Pluméliau, plusieurs milliers de paysans attaquent deux commissaires escortés par une centaine de gardes nationaux accompagnés de deux canons. Les deux commissaires sont tués, ainsi que trois gendarmes et 25 gardes nationaux. Le lendemain les insurgés attaquent Pontivy. Les patriotes barricadés dans la ville reçoivent en renfort 50 soldats de Guémené-sur-Scorff et 35 gardes nationaux de Josselin, puis au cours du combat 50 gardes nationaux de Loudéac. Les paysans, découragés et dont les pertes se seraient élevées jusqu'à 400 hommes tués, abandonnent le combat et se retirent[13]. Le 15 mars, 5 000 paysans venus des environs de La Roche-Bernard, Pontchâteau, et Guérande se rassemblent devant La Roche-Bernard. Les insurgés envoient une proclamation aux patriotes:
« Nous ne sommes point armés pour nous entre-détruire les uns les autres, mais bien pour résister à l'oppression, et pour faire entendre nos justes plaintes qui, quoique vous en disiez, ont été souvent rejetées. Aujourd'hui que vous vous dîtes disposés à les écouter et même à les faire valoir, nous allons vous les retracer en peu de mots.
Écartez de nous le fléau de la milice, et laissez aux campagnes des bras qui leur sont nécessaires. Vous nous parlez d'ennemis qui menacent nos foyers: c'est là que nous saurons les repousser, s'ils viennent nous attaquer; c'est là que nous saurons défendre contre eux et contre tous autres, nos femmes, nos enfants, nos bestiaux et nos récoltes, ou périr avec eux.
Rendez à nos vœux les plus ardents nos anciens pasteurs; ceux qui furent, dans tous les temps, nos bienfaiteurs et nos amis; qui, partageant nos peines et nos maux, nous aidaient à les supporter par de pieuses instructions et par leur exemple. Rendez-nous avec eux le libre exercice d'une religion qui fut celle de nos pères et pour le maintien de laquelle nous saurons verser jusqu'à la dernière goutte de notre sang.
Rendez à nos campagnes ceux de ces dignes pasteurs que vous retenez dans vos murs, et permettez à ceux qui se sont exilés de revenir nous distribuer les consolations dont nous avons grand besoin; leur retour ramènera partout la paix, l'union, la concorde.
Telles sont nos principales demandes. Nous y joignons notre vœu pour le rétablissement de la royauté, ne pouvant vivre sous un gouvernement républicain, qui ne présente à nos esprits que des idées de division, de troubles et de guerres[14]. »
Les patriotes de La Roche-Bernard laissent les paysans entrer dans la ville à condition de ne pas commettre de pillages. Mais des coups de feu isolés déclenchent le combat, des gardes nationaux sont tués, les autres prennent la fuite et les maisons des patriotes sont pillées. Le lendemain, deux administrateurs, Sauveur et Le Floch sont assassinés[15]. Puis les mêmes insurgés marchent sur Rochefort-en-Terre, les 48 patriotes de la ville se rendent sous promesse de vie sauve, néanmoins trois d'entre-eux sont lynchés par la foule[16].
L'insurrection gagne l'Ille-et-Vilaine, le 17 mars un détachement de la garde nationale de Rennes est attaqué au pont de Pacé par 4 000 paysans des environs de Pacé. Les gardes nationaux battent retraite et laissent trois blessés qui sont achevés par les insurgés[17]. Puis le 18 mars, 4 000 paysans se rassemblent à Landéan où ils capturent un commissaire et mettent en fuite un second, la moitié des insurgés se portent ensuite sur Fleurigné où ils attaquent un détachement de 60 gardes nationaux accompagnés d'un canon. Les patriotes sont secourus par 300 Chasseurs à pied qui dispersent les insurgés. Le combat a fait de nombreux blessés mais on ne compte aucun tué. Les paysans se portent ensuite sur Fougères défendue par 500 à 600 gardes nationaux, et envoient une députation, cependant doutant de la bonne fois des patriotes, les paysans attaquent la place mais sont repoussés, deux insurgés sont tués, 14 autres furent capturés et guillotinés[18][19]. Le 19 mars les paysans se rassemblent à Chanteloup et La Chapelle-Erbrée puis attaquent Vitré, mais là encore les insurgés sont repoussés[20]. Le même jour Auray est à son tour attaquée par 3 000 paysans et marins qui sont également repoussés par un détachement de soldats du régiment du Cap renforcés par 300 hommes de la garnison de Belle-Île-en-Mer[21].
Dans le Léon au nord du Finistère, l'insurrection éclate le 18 mars à Plabennec où les paysans attaquent les commissaires escortés par la garde nationale de Brest. Plusieurs gardes nationaux sont tués, mais le général Canclaux leur vient en aide avec 1 200 soldats et met en fuite les insurgés. Canclaux occupe ensuite Plabennec et Lannilis, 120 gardes nationaux prennent également le contrôle de Ploudalmézeau tandis qu'un autre détachement occupe Gouesnou. Le soulèvement est massif dans le Léon, mais le général Canclaux dispose d'importantes troupes dues à la présence à Brest d'un corps expéditionnaire en instance de départ pour Saint-Domingue afin d'aller y combattre les troupes britanniques et espagnoles et les esclaves révoltés. Mais le 20 mars une nouvelle troupe d'insurgés attaque Saint-Pol-de-Léon défendue par des gardes nationaux du Calvados et la garde nationale de Morlaix. Les Normands prennent la fuite mais les Morlaisiens parviennent à repousser les insurgés. Les paysans restant sous les armes, le général Canclaux lance alors une attaque pour débloquer la ville. Mais son avant-garde tombe dans une embuscade au pont de Kerguidu entre Saint-Pol-de-Léon et Lesneven. Mais l'armée de Canclaux arrive en renfort et met les insurgés en fuite, mettant un terme aux combats dans le Léon qui furent particulièrement meurtriers. Les estimations de l'époque sur le nombre de paysans tués lors des affrontements dans le Léon parlent de 400 morts et 300 blessés, estimations peut-être surévaluées[22].
Le 23 mars, dans les Côtes-du-Nord, 500 paysans des environs de Bréhand et de Moncontour se rassemblent et placent à leur tête le chevalier de Boishardy. Celui-ci attaque une diligence transportant un courrier officiel de Paris, puis repousse la garde nationale de Lamballe qui avait tenté une sortie. Néanmoins les patriotes font plusieurs prisonniers, neuf d'entre eux sont exécutés et 18 autres sont déportés ce qui incita les paysans à se soumettre. Boishardy vit sa tête mise à prix mais parvint à échapper aux recherches[23].
Au contraire de la Vendée, où les succès initiaux des insurgés permettent la constitution d'une zone rebelle, la « Vendée militaire » et d'une armée, ces révoltes sont réprimées par l'armée au nord de la Loire. Dès le 25 mars, des renforts affluent de Normandie et d'Île-de-France. Descendant le long de la Vilaine avec 500 hommes et 2 canons, le général Beysser dégage Redon. Plus au sud, 900 hommes sortis de Vannes reprennent Rochefort-en-Terre[6].
[modifier] Histoire
[modifier] La Virée de Galerne
En octobre 1793, le passage de la Loire par l'armée vendéenne, connue sous le nom de « Virée de Galerne », ranime la révolte. Par centaines, les bandes rejoignent les Vendéens, qui marchent vers le nord[6]. Pour sa part, Jean Chouan rejoint l’armée des Vendéens à Laval[n 2] ; son intervention contribue à la victoire de cette armée à la bataille de Croix-Bataille. Il participe à la virée de Galerne jusqu’à la sanglante défaite du Mans, le 13 décembre 1793[n 3].
En novembre et décembre, les administrateurs de Fougères et de Vitré emploient un mot inédit pour désigner les bandes d'insurgés dans leurs rapports : « chouan » ou « chuin », où il remplace peu à peu « brigand »[6]. Après l'échec devant Granville, ces paysans quittent l'armée royaliste et se cachent dans les forêts[24] ; Jean Chouan se replie dans sa forêt de Misedon[n 4].
Après les massacres du Mans et de Savenay, des Vendéens les rejoignent. Des nobles, déjà présents en mars 1793 ou rentrés, se mettent alors à la tête de ces bandes, ainsi le comte de Puisaye, ancien chef de l'armée fédéraliste de Normandie, réfugié dans la forêt de Pertre, après la défaite de Brécourt, près de Pacy-sur-Eure, en juillet, qui tente de s'imposer comme généralissime des rebelles[24].
Une nouvelle forme de révolte se développe, qui justifie le changement de vocabulaire. Après l'échec de la Virée de Galerne, les bandes d'insurgés, plus réduites qu'en mars 1793, mais mieux armées, ne dépassent guère les limites du canton ; elles frappent des patriotes isolés, de petits détachements militaires ou les voitures publiques, surtout la nuit, contraignant les patriotes, terrorisés, à quitter les campagnes, pour se réfugier en ville[24]. Au nord de la Loire, la Chouannerie prend surtout l'aspect d'une guérilla très dispersée qui peut tourner au brigandage.
Trois phases se distinguent.
[modifier] Typologie des chouanneries
[modifier] Vue historique
Roger Dupuy[25] distingue 5 formes de chouannerie qui évoluent dans le temps et dans l'espace.
On peut donc distinguer la pré-chouannerie, la micro-chouannerie, la chouannerie-guérilla classique, la chouannerie-militaire et la chouannerie-brigandage.
- la pré-chouannerie concerne toutes les rebellions paysannes antérieures à janvier 1794. Elle culmine en mars 1793 et rappelle les jacqueries d'Ancien Régime.
- la Micro-Chouannerie est celle de la chouannerie naissante, celle de Jean Chouan à Saint-Ouën-des-Toits. Des petits groupes clandestins attaquent par surprise des effectifs bleus toujours très réduits. On la trouve entre janvier et juillet 1794 principalement.
- la chouannerie-guérilla classique : Les bandes grandissent, largement soutenue par la population qui les protègent, les ravitaillent, les renseignent. Il s'agit de faire régner une terreur blanche dans les campagnes. C'est le type de chouannerie le plus célèbre, celle qui a fait le plus peur aux républicains. C'est par exemple les chouanneries de Cadoudal, de Boishardy et Aimé du Boisguy à partir de l'automne 1794. On peut parler de chouannerie-guérilla classique lors des deux premières phases de la chouannerie dans les régions les plus blanches (le Morbihan, la Loire-inférieure, l'Ille-et-Vilaine, la Mayenne et l'est des Côtes-du-Nord). Les chouans harcèlent les bleus (guérilla) mais n'ont pas les moyens de les affronter dans des batailles classiques. Les insurgés ne forment d'ailleurs pas une armée, les bandes, parfois soldées se rejoignent au gré des actions ponctuelles puis les paysans retournent dans leur ferme.
- La chouannerie militaire est la forme la plus aboutie de chouannerie. les bandes forment de véritables armées (ponctuelles, parfois en uniformes qui attaquent de façon concertées dans des batailles classiques. c'est surtout le cas pendant la troisième chouannerie (1797/1799). On peut notamment citer l'"armée rouge" de Tinténiac et Cadoudal marchant de Quiberon vers les Côtes-du-Nord. c'est aussi le cas lors des attaques concertées de plusieurs grandes villes de l'ouest en 1799.
- La chouannerie-brigandage est la chouannerie mourante, celle qui subsiste sous le consulat après les concessions de Bonaparte (concordat et amnistie). Quelques irréductibles, trop habitués à la clandestinité, à la vie d'aventure ne peuvent se ranger. Quelques chefs, partisans de l'Ancien Régime ne se satisfont pas des concessions, ils forment les dernières bandes très réduites. Ils n'ont plus le soutien de la population, satisfaite des concessions. Ils sont aussi si peu nombreux qu'ils doivent se montrer terribles pour éviter les dénonciations. Ils s'en prennent aux soldats de plus en plus rarement mais rançonnent les patriotes, les acquéreurs de biens nationaux et les chouans rendus considérés comme des traitres (c'est le cas du chef chouan Legris Duval dans les Côtes-du-Nord). Devant le déficit de soutien de la population, ils sont contraints de voler ce qui leur était auparavant offert, c'est pourquoi il est bien souvent difficile de distinguer ce qui relève de la chouannerie ou du brigandage. Ce type de chouannerie se retrouve aussi dans les régions qui paradoxalement étaient peu touchées lors des grandes heures de la chouannerie (l'ouest des Côtes-du-Nord, le Finistère). On le comprend car ces zones peu touchées précédemment sont aussi celles qui n'ont pas connu de répression. La chouannerie-brigandage peut être très efficace au point que des chefs lieux d'arrondissement comme Loudéac peuvent se sentir menacés par Dujardin encore en 1801. cette chouannerie-brigandage s'éteint, vaincue par les colonnes mobiles entre 1801 et 1807.
[modifier] Les Chouans
Sociologiquement les Chouans sont des hommes jeunes et des paysans. Plusieurs évaluations permettent de situer l'âge moyen des chouans entre 18 et 30 ans et le plus souvent entre 20 et 25 ans.
Ainsi selon Donald Sutherland[26], cité par Roger Dupuy, un échantillon des effectifs des Chouans de l'est de l'Ille-et-Vilaine donne une moyenne d'âge de 20 ans pour le pays de Fougères, 22 et demi pour celui de Vitré et 22 pour La Guerche-de-Bretagne[27]. L'âge des chefs est proche de celui des combattants; en 1795 parmi les dix principaux officiers de l'est du département quatre ont 19 ans; Boisguy, Bonteville, Pontbriand, Boishamon, trois ont moins de 30 ans; Angenard; 25 ans, Larcher–Louvières; 23 ans, Louis de La Haye Saint-Hilaire; 29 ans, deux ont plus de 30 ans; Rossignol; 34 ans et Couësbouc; 64 ans. Sans compter le lieutenant-colonel Dauguet dont l'âge est inconnu.
De plus en Loire-Atlantique, 88 % des Chouans pensionnés en 1815 avaient moins de 30 ans en 1795[28],[29].
La jeunesse des Chouans est fortement liée à la conscription militaire dans le cadre de la levée en masse qui touche les célibataires de 18 à 25 ans. De nombreux jeunes gens préfèrent préfèrent rejoindre les insurgés où ils forment le gros des bandes chouannes[30].
Bien que rares, on trouvait également quelques femmes parmi les combattants, l'une d'entre elle Mademoiselle du Rocher du Quengo, dite « Victoria » ou « Capitaine Victor » fut notamment capitaine dans la division de Bécherel, elle fut tuée à un combat aux Iffs en juillet 1795[31].
Concernant la profession des Chouans, environ 80 % d'entre-eux sont paysans, dont près de 10 % de tisserands, artisans dont les conditions sont très proches de celles de la paysannerie[32]. Cette évaluation est fondée sur la liste des Chouans du Morbihan et de Fougères ayant déposés les armes en juillet 1796.
On peut également rappeler qu'à la fin du XVIIIe siècle, le monde paysan regroupe 80 % de la population française[33].
On trouve également quelques marins parmi les Chouans mais mis à part dans quelques divisions comme celle de Mercier la Vendée à Vannes, ceux-ci restent minoritaires car les républicains, craignant un débarquement des Britanniques, surveillent particulièrement les côtes.
Les nobles forment une part importante des officiers, en revanche la bourgeoisie, massivement républicaine, est quasiment absente.
[modifier] Chefs chouans et organisation
Dés 1791 Armand Tuffin de La Rouërie avait été officiellement reconnu comme chef des royalistes de Bretagne et d'une partie du Maine, mais sa mort prématurée en janvier 1793 l'empêcha de jouer un rôle dans la suite des événements. Dés lors, pendant un an, la chouannerie resta divisée.
Ce ne fut qu'en 1794 que Joseph de Puisaye se présenta comme successeur de La Rouërie et finit par être reconnu général en chef des chouans de Bretagne, ses adjoints furent Pierre Dezoteux de Cormatin, puis René Augustin de Chalus, tout deux major-généraux. D'abord actif en Ille-et-Vilaine il domina ensuite dans le Morbihan, où il nomma Sébastien de La Haye de Silz général des chouans de ce département, mais de Silz fut tué en 1795.
Les chef organisèrent leurs troupes: chaque ville, village ou bourg formait une compagnie commandée par un capitaine le plus souvent élu par ses hommes. Plusieurs compagnies formaient une colonne, aussi nommé bataillon ou canton, commandée par un lieutenant-colonel et plusieurs colonnes formaient une division ou légion dirigée par un colonel.
Cependant la fuite de Puisaye lors de la déroute de Quiberon en juillet 1795 le discrédita fortement auprès de ses hommes et Puisaye finit par perdre toute autorité dans le Morbihan. Dés lors en Bretagne deux armées chouannes se formèrent, guerroyant à part; l'armée catholique et royale de Vannes qui avait choisit Georges Cadoudal comme général en chef et l'armée royale de Rennes et de Fougères qui continuait de reconnaître Joseph de Puisaye celui-ci ayant toujours, à ce moment, l'appui des princes en exil.
L'armée catholique et royale de Vannes de Cadoudal dominait dans le Morbihan mais son influence débordait aussi sur certaines zones des quatre autres départements bretons. Les principaux lieutenants de Cadoudal étaient les colonels: Pierre Guillemot, Jean Rohu, Pierre-Mathurin Mercier, dit La Vendée, Louis de Sol de Grisolles, Pierre Robinault de Saint-Régent, Jean Jan, Le Paige de Bar et César du Bouays. Cette armée était forte de 12 divisions, plus tard reformées en 8 légions, ses effectifs allèrent jusqu'à 20 000 hommes.
Trois éphémères divisions chouannes avaient également été créées au débarquement des émigrés à Quiberon, les généraux qui les commandaient étaient Vincent de Tinténiac, Paul Alexandre du Bois-Berthelot et Jacques Le Prestre de Vauban.
L'armée royale de Rennes et de Fougères regroupait les divisions chouannes de l'Ille-et-Vilaine, sauf celle de Redon, plus les troupes des Côtes d'Armor et quelques petites zones de la Mayenne et de la Normandie. Cependant jusque là, les différentes divisons combattaient indépendamment les unes des autres. La division la plus importante en hommes était celle de Fougères, aussi afin d'unifier le département Joseph de Puisaye nomma son commandant, Aimé Picquet du Boisguy, général de l'armée de Rennes et de Fougères. Les colonels de l'Ille-et-Vilaine étaient Auguste Hay de Bonteville, Alexis du Bouays de Couësbouc, René-Benjamin du Bouays de Couësbouc, Jean-Joseph Ruault de La Tribonnière, Guy Aubert de Trégomain, Charles Sévère de La Bourdonnaye, Félicité de Botherel du Plessis, Henri Baude de La Vieuville, Mathurin Dufour plus ceux des Côtes d'Armor. L'armée était forte de 10 divisions regroupant 12 000 soldats. Mais l'union ne fut qu'apparente, la présence de Rennes donnait une zone républicaine puissante au cœur même du département, aussi une seule division, celle de Vitré, passa réellement sous la direction de Boisguy.
Outre la division de Loudéac qui combattait avec le Morbihan, les Côtes d'Armor comptaient trois divisions, celle de Saint-Brieuc, celle de Lamballe et Montcontour et celle de Dinan. La chouannerie dans ce département ne se remit pas de la mort en 1795 de son chef principal Amateur-Jérôme Le Bras des Forges de Boishardy. Dés lors les autres chefs du département Guillaume Le Gris–Duval, Jean-François Le Nepvou de Carfort, Malo Colas de La Baronnais et Victor Colas de La Baronnais combattaient de façon autonome, sans commandement unique. Seul la division de Dinan s'était ralliée à l'Ille-et-Vilaine. Ce ne fut qu'en 1799, qu'une Armée catholique et royale des Côtes du Nord fut crée sous le commandent de Mercier.
Dans le Maine, le chef des premiers chouans était Jean Cottereau, dit Jean Chouan en révolte dés 1792 mais qui ne commanda que des bandes très réduite, il fut tué dans une escarmouche en 1794.
Formée en 1795, l'Armée catholique et royale du Maine, d'Anjou et de la Haute-Bretagne était active sur quatre départements: la Mayenne, l'ouest de la Sathe (Maine), le nord du Maine-et-Loire (Anjou) et l'est de la Loire-Atlantique (Haute-Bretagne). Le général de cette armée était Marie Paul de Scépeaux de Bois-Guignot. Les principaux colonels étaient Jean Terrien, Michel-Louis Lecomte, Joseph-Juste Coquereau, Jean-Louis Treton, dit Jambe d'Argent, Marin-Pierre Gaullier, Michel Jacquet, dit Taillefer, Guillaume Le Métayer, dit Rochambeau et Claude-Augustin Tercier. L'armée comptait 12 000 à 25 000 hommes.
Scépeaux ne reprit pas les armes lors de la Chouannerie de 1799 et son armée se scinda en deux: l'Armée catholique et royale du Maine sous les ordres de Louis de Ghaisne de Bourmont et l'Armée catholique et royale du Bas-Anjou et de Haute-Bretagne commandée par Godet de Châtillon, secondé par Louis d'Andigné. Ces deux armées étaient chacune fortes de 8 000 hommes.
La chouannerie se développa un peu plus tardivement dans la Normandie, le général qui en prit la tête était Louis de Frotté, son armée, l'Armée catholique et royale de Normandie était forte selon les périodes de 4 000 à 10 000 hommes.
[modifier] Les Chouanneries
[modifier] Première chouannerie 1794-1795
En janvier 1794, alors qu'en Vendée militaire les Vendéens, écrasés lors de la Virée de Galerne, tentent de résister contre les colonnes infernales du général Turreau, au nord de la Loire des bandes de Chouans reprennent les armes dans les zones traversées par les Vendéens. La Chouannerie naît sur les limites de la Mayenne et de l'Ille-et-Vilaine dans les environs de Fougères, Vitré et Laval. Ces petites bandes, fortes de quelques dizaines ou centaines d'hommes menées par Jean Chouan, Aimé du Boisguy et Jean-Louis Treton, dit Jambe d'Agent, sont constituées de Chouans et de Vendéens rescapées de la Virée de Galerne, de meneurs compromis dans les révoltes paysannes de mars 1793 et même de soldats déserteurs[34].
Condamnés à vivre dans une clandestinité presque totale, les Chouans se savent condamnés à une mort certaine s'il sont capturés par les républicains, beaucoup sont animés par le désir de venger des proches disparus lors de la Virée de Galerne[35].
Les combats prennent ainsi l'allure d'une guérilla, les Chouans tendent des embuscades contre des détachements militaires, attaquent certains bourgs tenus par les républicains, exécutent des patriotes.
Pour s'opposer au Chouaux, les Républicains construisent des forts ou fortifient les bourgs à population patriote défendues par des gardes territoriaux locaux. Les républicains sont commandés par le général Jean Antoine Rossignol commandant en chef de l'armée des côtes de Brest.
Rapidement la Chouannerie s'étend en Bretagne, elle atteint les Côtes d'Armor où Boishardy domine, le 15 mars elle gagne le Morbihan où Joseph de Fay et Béjarry, anciens officiers de l'armée vendéenne, aidé de Pierre Guillemot provoquent un soulèvement de paysans afin de prendre Vannes, mais les insurgés sont facilement repoussés par les Républicains au combat de Mangolérian. En revanche, dans le Finistère et l'ouest des Côtes d'Armor, la Basse-Cornouaille, le Léon et le Trégor ne se soulèvent pas.
Rescapés de la bataille de Savenay, Georges Cadoudal et Pierre-Mathurin Mercier, dit la Vendée rejoignent le Morbihan où Boulainvilliers est reconnu comme général en chef du département, cependant Boulainvilliers passe en Ille-et-Vilaine avec l'argent de l'état-major. Sébastien de La Haye de Silz lui succède et est reconnu comme général. Boulainvilliers commet l'imprudence de retourner quelques mois plus tard dans le Morbihan où il est capturé et fusillé par les hommes de Pierre Guillemot.
Cependant l'unité du Morbihan est une exception, dans le nord de l'Anjou Marie Paul de Scépeaux de Bois-Guignot est reconnu comme commandant du nord du Maine-et-Loire, sont autorité finit par s'étendre à la Loire-atlantique, la Mayenne et la Sarthe. Cependant son commandent n'est que nominal, sur ses territoires comme dans les autres départements, les chefs chouans n'exercent leurs commandements qu'à l'échelle de leur canton. Joseph de Puisaye ancien officier compromis dans les insurrections fédéralistes, conscient de la nécessité d'un commandement unique, tente alors de s'imposer comme général en chef des Chouans. Reconnu par quelques chefs, Puisaye s'embarque le 11 septembre 1794 depuis Dinard pour Londres afin de rencontrer le comte d'Artois. Il laisse son second, le major-général Pierre Dezoteux de Cormatin, chargé du commandement par intérim. Mais à Londres, le comte d'Artois se méfie de Puisaye, car de dernier est partisan d'une monarchie parlementaire, tandis que les comte d'Artois est absolutiste. Cependant, grâce au soutien du premier ministre britannique William Pitt le Jeune, Joseph de Puisaye est reconnu le 15 octobre 1794 général en chef de l'armée catholique et royale de Bretagne avec le grade de Lieutenant général, de fait son commandement s'étend à tous les territoires insurgés au nord de la Loire y compris le Maine et à l'Anjou où Scépeaux le reconnaît comme général en chef.
Cependant suite à la chute de Robespierre le 28 juillet 1794 qui marque la fin de la Terreur, la Convention mène une politique de clémence, favorable aux négociations. Au nom du comte de Provence, l'Agence royaliste de Paris demande aux Chouans de suspendre les combats. Le 26 décembre, le général de brigade Jean Humbert et le chef chouan Boishardy se rencontrent afin d'ouvrir des propositions de paix. Tandis que Puisaye est à Londres, pour négocier un débarquement, Pierre Dezoteux de Cormatin, son lieutenant, s'attribuant les pleins pouvoirs, négocie en avril 1795 le traité de paix de la Mabilais, suivi par une minorité de chefs locaux[36]. Il n'est signé que par 21 chefs chouans sur les 121 présents, dont de Silz et Boishardy[37].
[modifier] Deuxième chouannerie 1795-1796
Un épisode de l'affaire de Quiberon, peinture de Paul-Emile Boutigny, XIXe siècle.
Mais aucun des deux camps ne traite de bonne fois et la nouvelle de la mort de Louis XVII le 8 juin ranime les tensions. La paix est brisée le 26 août 1794 lorsque le général Lazare Hoche, qui a succédé en mai à Jean Antoine Rossignol à la tête de l'armée des côtes de Brest, ordonne l'arrestation des chefs ayant refusé de signer le traité de la Mabilais, Hoche est persuadé que Cormatin joue un double-jeu. Cormatin est emprisonné et ne sera libéré qu'en 1802. Boishardy, qui s'est rétracté, est tué dans la nuit du 17 au 18 juin entre Bréhand et Moncontour. De même de Silz, qui a repris les armes, est attaqué le 28 juin à Grandchamp par les troupes de l'adjudant-général Josnet. De Silz est tué au combat et ses hommes se replient.
Cependant le 23 juin 1795 une flotte britannique dirigée par le commodore John Borlase Warren débarque 3 500 soldats de l'armée des émigrés à Carnac. Ceux-ci font leur jonction avec 15 000 Chouans placés sous les ordres de Vincent de Tinténiac, Paul Alexandre du Bois-Berthelot et Jacques Anne Joseph Le Prestre de Vauban, arrière petit-neveu du maréchal Sébastien Le Prestre de Vauban. Cependant l'opposition de Louis Charles d'Hervilly, général des émigrés à Puisaye chef de l'expédition fait perdre l'initiative aux Royalistes.
Lazare Hoche contre-attaque et bat les Chouans et les repousse jusque dans la presqu'île de Quiberon. Le 10 juillet, deux colonnes chouannes revêtues d'uniformes anglais s'embarquent sur les navires britanniques depuis la presqu'île et sont débarquées derrière les lignes républicaines. Mais les hommes de la première colonne, commandée par Lantivy du Rest et Jean Jan, se dispersent. La seconde colonne dirigée par Vincent de Tinténiac et secondée par Georges Cadoudal se prépare à attaquer lorsqu'elle reçoit un message de l'Agence royaliste de Paris ordonnant à la colonne de se rendre dans les Côtes d'Armor afin d'accueillir un second débarquement britannique. Après hésitation et l'opposition de Cadoudal, Tinténiac obéit, mais il est tué en chemin à Coëtlogon le 18 juillet. Arrivés dans la baie de Saint-Brieuc aucune flotte britannique ne paraît, les Chouans regagnent alors le Morbihan et proclament Georges Cadoudal comme étant leur général en chef.
Pendant ce temps à Quiberon, les émigrés qui ont reçu 2 000 hommes commandés par Charles de Virot de Sombreuil tentent une offensive le 16 juillet mais sont écrasés. Le 20 juillet Hoche lance l'ultime assaut et met en déroute les émigrés. D'Hervilly est mortellement blessé, Puisaye parvient à s'embarquer sur un navire britannique. Les républicains font plus de 6 000 prisonniers, 748 d'entre eux sont fusillés dont le marquis de Sombreuil qui la veille de son exécution écrit une lettre au commodore Warren dans laquelle il dénonce la fuite du général en chef Joseph de Puisaye.
Cette lettre produit un énorme retentissement chez les Chouans. Un conseil d'officiers du Morbihan condamne Puisaye à mort par contumace. Puisaye regagne la Bretagne à l'automne 1795, mais il est arrêté par Pierre-Mathurin Mercier et conduit devant Cadoudal. Cependant Puisaye se défend efficacement, il dispose toujours du soutien du comte d'Artois qui ne remet pas en cause son commandement. Finalement Cadoudal et Puisaye finissent par se réconcilier.
La guérilla reprend après l'échec de l'expédition anglo-royaliste, elle s'étend à la Normandie où Louis de Frotté après avoir débarqué en France en 1795, organise l'insurrection.
Néanmoins Puisaye a perdu de son crédit, il dénonce l'attitude des Chouans du Morbihan et de leurs chefs qui par hostilité envers les nobles, veulent selon lui "établir l'égalité sous le drapeau blanc". Puisaye quitte alors le Morbihan et passe en Ille-et-Vilaine, où tous les chefs de divisions sont nobles, et rejoint la division de Mordelles commandée par Jean-Joseph Ruault de La Tribonnière. Il n'y est guère mieux considéré que dans le Morbihan mais il conserve le commandement en chef grâce au soutien du comte d'Artois. Puisaye veut recréer une chouannerie encadrée par les nobles et fonde la compagnie des chevaliers catholiques. Plusieurs émigrés rejoignent alors la France pour combattre avec les Chouans, mais la cohabitation ne se fait pas sans heurts, plusieurs querelles éclatent entre Chouans et émigrés qui ne s'apprécient guère.
En janvier 1796, Puisaye rejoint la division de Fougères, la plus importante d'Ille-et-Vilaine et nomme son chef Aimé Picquet du Boisguy, général en chef de l'Ille-et-Vilaine et de l'Est des Côtes d'Armor. Néanmoins dans les faits, Boisguy ne contrôle réellement que l'Est de l'Ille-et-Vilaine et Puisaye n'est reconnu que nominalement général en chef par Frotté et Scépeaux.
Pour lutter contre les Chouans, les forces républicaines sont divisées en trois armées. L'Armée des côtes de Brest, commandée par Lazare Hoche, basée alternativement à Rennes ou Vannes, contrôle le Finistère, le Morbihan, les Côtes d'Armor, l'Ille-et-Vilaine, et la Mayenne. L'Armée de l'Ouest, commandée par Jean Baptiste Camille de Canclaux, basée à Nantes, contrôle la Loire-Atlantique, le Maine-et-Loire, la Vendée, et les Deux-Sèvres. L'Armée des côtes de Cherbourg, commandée par Jean-Baptiste Annibal Aubert du Bayet, basée à Saint-Malo, contrôle la Manche, l'Orne, le Calvados, la Sarthe et une partie de l'Ille-et-Vilaine.
Cependant en décembre 1795, le Directoire nomme Lazare Hoche général en chef de toutes les forces républicaines basées dans l'ouest et lui donne les pleins pouvoirs. Les Armées de l'Ouest, et des côtes de Brest et de Cherbourg fusionnent alors pour former l'Armée des côtes de l'Océan.
Malgré le désastre de Quiberon, les Chouans remportent plusieurs victoires dans les mois qui suivent mais les choses changent avec le changement de tactique opéré par Hoche au début de l'année 1796. Hoche met en place des colonnes mobiles, il promet l'amnistie aux Chouans qui font soumission, garantit la liberté religieuse et s'attache à discipliner l'armée. Ne nombreux Chouans et Vendéens, sensibles à ces mesures de clémence mettent bas les armes.
La priorité pour Hoche est de pacifier la Vendée. Stofflet est capturé, puis fusillé à Angers le 25 février 1796. Charette, traqué, est fait prisonnier le 23 mars avant d'être à son tour fusillé le 29 mars 1796 sa mort marque la fin de la guerre de Vendée.
La Vendée pacifiée, Hoche tourne alors ses forces vers les Chouans, face à l'importance des forces républicaines, ceux-ci mettent successivement bas les armes. Scépeaux est le premier à se rendre le 14 mai[38]. Georges Cadoudal signe la paix le 19 juin[39], Louis de Frotté refuse de signer lui-même la paix il s'embarque pour l'Angleterre et laisse ses lieutenants signer la paix le 23 juin. Aimé Picquet du Boisguy est le dernier à se rendre le 26 juin[40]. Quant à Puisaye, il regagne l'Angleterre.
[modifier] Troisième chouannerie 1799-1800
Le coup d'État du 18 fructidor an V (4 septembre 1797) annule les résultats de l'élection dans 49 départements (notamment dans l'Ouest), et les prêtres réfractaires sont de nouveau poursuivis. Quelques chefs chouans reprennent les armes, le conflit s'étend désormais à la Normandie, jusqu'en Eure-et-Loir, avant de s'enliser[36]. Les Républicains réagissent, l'Ouest du pays est alors parcouru par des Faux chouans. Boisguy est emprisonné le 18 mars 1797, Jean Jan est tué le 24 juin 1798.
En 1799, les défaites militaires de la République, qui conduisent à de nouvelles levées d'hommes et au vote de la loi des otages, incitent les chefs chouans à relancer l'insurrection. Le 14 septembre 1799, 200 chefs chouans et vendéens se réunissent au château de la Jonchère, près de Pouancé, défendu par 1 200 hommes et fixent une prise d'armes générale pour le 15 octobre. Le commandement est réorganisé, avec l'aval du comte d'Artois, Georges Cadoudal prend le commandement du Morbihan où il dispose de 18 000 hommes, puis du Finistère et des Côtes-du-Nord où il nomme respectivement Le Paige de Bar et Mercier à la tête de ces départements. Cependant Guillaume Le Gris-Duval, qui jusque là dominait dans ce dernier département, refuse de reconnaître Mercier et une rivalité oppose les deux chefs. Louis de Frotté commande 10 000 hommes en Normandie, en particulier dans l'Orne et une partie de la Manche, du Calvados et même de la Mayenne. Boisguy emprisonné, Charles de La Prévalaye lui succède en Ille-et-Vilaine. Odet de Châtillon, secondé par Louis d'Andigné, prend la direction des territoires de la Loire-Inférieure et du Maine-et-Loire situés au nord du fleuve et dispose de 8 000 hommes sous ses ordres. Louis de Bourmont, secondé par Claude-Augustin de Tercier, commande à 8 000 hommes dans le Maine et une partie de l'Anjou, soit les départements de la Mayenne et de la Sarthe. Pour la Vendée militaire, Suzannet succède à Charette pour les territoires de l'Ouest de la Vendée et du Sud de la Loire-Inférieure, Sapinaud reprend la direction de l'Est de la Vendée, quant à Charles d'Autichamp, il succède à Stofflet dans le sud du Maine-et-Loire et le Nord des Deux-Sèvres.
Au mois de septembre, Boisguy s'évade de Saumur mais se blesse lors de l'évasion. Après avoir servi un temps dans l'armée de Châtillon, il regagne l'Ille-et-Vilaine mais ne conteste pas le commandement de La Prévalaye et se contente de reprendre la direction de la division de Fougères.
Le 15 octobre, les Chouans se soulèvent. La Chouannerie s'étend et couvre un territoire encore plus étendu qu'en 1796, l'insurection gagne le Trégor et la Cornouaille jusque dans les environs de Quimper, ainsi que tout la Basse-Normandie. Redéployés aux frontières, les forces républicaines dans l'Ouest ne sont plus que de 37 000 hommes[41]Les anciennes armées républicaines des côtes de Brest, de Cherbourg et l'Ouest ont fusionnées pour former l'Armée d'Angleterre alors dirigée par le général Michaud. Bourmont attaque le premier et prend Le Mans avec 3 000 hommes dans la nuit du 15 au 16 octobre. De même, la nuit du 20 au 21 octobre, Châtillon prend Nantes avec 2 000 à 3 000 hommes. Cadoudal échoue devant Vannes le 6 octobre, mais s'empare de Sarzeau, tandis que Mercier prend Saint-Brieuc. Pierre Guillemot pénètre dans Locminé et Sol de Grisolles prend La Roche-Bernard, tandis que Frotté est repoussé à Vire[42]. Cependant ces succès ne durent pas, les Chouans ne tiennent les villes que quelques jours ou quelques heures, se contentant de libérer les prisonniers et de brûler les papiers de l'administration.
Les 28 et 29 novembre, le commodore britannique Keats débarque quatre canons, deux obusiers et 25 000 fusils à Billiers. À Vannes, le général Harty en prend connaissance et tente de s'opposer avec 2 000 hommes au convoiement de ces armes vers l'intérieur des terres, mais Guillemot et Mercier tentent une mission de retardement et, le 30 novembre, livrent la Bataille de la Tour d'Elven avec 1 200 hommes. La mission réussit et Harty doit se retirer[43].
Mais la guerre s'interrompt brusquement suite à de nouveaux événements à Paris. Le 9 novembre le général Napoléon Bonaparte renverse le Directoire lors du coup d'État du 18 brumaire. Bonaparte initie une politique de pacification mêlant, d'une part, la liberté religieuse et la suspension des levées d'hommes en échange de la soumission immédiate des insurgés, d'autre part, l'exécution des chefs récalcitrants[36]. Le 15 novembre, le général Gabriel d'Hédouville prend le commandement de l'Armée d'Angleterre et ouvre des négociations auprès des chefs chouans le 9 décembre à Pouancé. Progressivement les généraux chouans optent pour une suspension d'armes, La Prévalaye signe une trêve le 4 décembre, il est suivi le 10 par Cadoudal, puis Louis de Bourmont le 24 et Frotté le 26[44].
Mais les généraux chouans se divisent entre ceux qui souhaitent la paix, Châtillon, La Prévalaye et d'Autichamps notamment, et ceux qui veulent poursuivre la guerre; Cadoudal, Frotté et Bourmont. Finalement, le 28 décembre les consuls de la République proclament aux habitants de l'Ouest la liberté religieuse. Mais Bonaparte détache 30 000 hommes des frontières et les envoient dans l'Ouest, sous les ordres du général Guillaume Brune. Hédouville est quant à lui remplacé par Brune le 16 janvier, ce dernier prend la tête de l'Armée d'Angleterre qui est renommée Armée de l'Ouest. Face à de telles forces, les chefs vendéens, Suzannet, d'Autichamp et Sapinaud, signent la paix le 18 janvier[45] Châtillon et Le Gris-Duval suivent le 20 janvier. Cadoudal, Frotté et Bourmont poursuivent la lutte, espèrant l'arrivée en Bretagne du Comte d'Artois à la tête de 20 000 soldats émigrés et britanniques.
De son côté de général Harty, avant même l'arrivée du général Brune, tente une sortie sur Grandchamp, la base de Cadoudal, avec près de 4 000 hommes le 25 janvier 1800. Mais Cadoudal rassemble 8 000 hommes et contre-attaque. Harty perd près de 1 000 hommes mais il parvient à éviter la destruction totale de sa troupe et à regagner Vannes.
Face à l'avance du général Brune, les derniers chefs capitulent. La Prévalaye se soumet le 2 février, Boisguy en revanche poursuit le combat. Bourmont signe la paix le 4 février[46] Le 8 février, Frotté ordonne la cessation des combats, le 17 février il se rend auprès du général Guidal mais il est arrêté et fusillé le 18 février à Verneuil-sur-Avre. Cadoudal de son côté signe la paix le 14 février au château de Beauregard, près de Vannes, avec le général Brune[47]. Boisguy, battu le 6 février par le général Dumoulin à la bataille des Tombettes, est le dernier à se rendre le 18 février[48].
Par la suite, le Concordat de 1801 et le retour des prêtres réfractaires permettent de détacher la population, lasse de la guerre, des royalistes jusqu'en 1815[36].
[modifier] Complot de Cadoudal contre Bonaparte
Le 25 février, Georges Cadoudal se rend à Paris, où, accompagné de Châtillon, Bourmont, Sol de Grisolles, et Edouard de La Haye Saint-Hilaire, il rencontre Napoléon Bonaparte le 4 mars. Bonaparte et Cadoudal ont une nouvelle entrevue à la fin du mois. Celle-ci est orageuse, Cadoudal refuse la proposition du premier consul d'entrer dans l'armée républicaine avec le grade de général de division et refuse également de désarmer ses hommes. Finalement Cadoudal quitte Paris et, accompagné de Jean-Guillaume Hyde de Neuville, s'embarque à Boulogne-sur-Mer pour Londres, bien décidé à relancer la guerre.
Pendant ce temps, dans l'Ouest, le général Bernadotte succède le 18 avril au général Brune[49].
Le 10 mai, Cadoudal est reçut par le Comte d'Artois qui le nomme général en chef de l'Armée catholique et royale de Bretagne avec le garde de Lieutenant-général[50] Dix jours plus tard, Cadoudal est reçut par William Pitt qui promet un débarquement de 30 000 soldats britanniques à Calais et en Bretagne, il s'engage en outre à faire débarquer 30 000 hommes de plus si l'armée catholique et royale de Bretagne parvient à lever 60 000 soldats[51].
Le 3 juin, Cadoudal débarque à l'île d'Houat et de là gagne le Morbihan, il commande désormais à toute la Bretagne à l'exception de la rive Sud de la Loire-Inférieure[52]. Il réorganise ses troupes et divise la Bretagne en neuf régions, chacune sous les ordres d'un adjudant-général, grade récemment adopté par les Chouans, équivalent à celui de brigadier. Ces officiers sont Pierre Guillemot, Pierre-Mathurin Mercier, dit la Vendée, Pierre Robinault de Saint-Régeant, Jean François Edme Le Paige de Bar, le Comte de Cornouailles, Guimard Coettedreux, Guillaume Le Gris-Duval, Aimé Picquet du Boisguy et Joseph Picot de Limoëlan[53]. De leurs côtés, Suzannet et Bourmont conservent leurs commandements tandis que d'Andigné succède à Châtillon, en revanche la Normandie ne se remet pas de la mort de Louis de Frotté. Cependant la population et certains chefs, Boisguy et Le Gris-Duval notamment, sont las de la guerre et semblent peu disposés à reprendre les armes. Pour Cadoudal, le seul espoir pour relancer la guerre, est un débarquement de troupes émigrés et britanniques menées par un prince français.
Mais la victoire de Bonaparte à la bataille de Marengo le 14 juin brise le plan élaboré avec William Pitt. Seules quelques petites bandes de Chouans irréductibles, continuent leur actions mais ne s'attaquent plus guère aux troupes régulières et se livrent davantage à des assassinats de patriotes. Une de ces actions les plus notables étant le meurtre de l'évêque constitutionnel Yves Marie Audrein, près de Quimper le 19 octobre.
Le 24 décembre 1800, Pierre Robinault de Saint-Régeant et Joseph Picot de Limoëlan, envoyé à Paris, commettent un attentat à la machine infernale visant à tuer Napoléon Bonaparte. L'opération échoue et tue 22 personnes, le rôle de Cadoudal dans cette affaire est soumis à controverses. Saint-Régeant est finalement capturé et guillotiné le 20 avril 1801. Limoëlan abandonne la lutte et s'exile aux États-Unis où il se fait prêtre, il exprimera des remords pour son acte.
Mais la poursuite de la guerre ne donne aucun résultat. Dénoncé par son hôte, Pierre-Mathurin Mercier est tué le 21 janvier 1801 à La Motte par une patrouille républicaine. En mai, Cadoudal, et plusieurs de ses officiers, quittent la Bretagne et passent en Angleterre.
Le 25 mars 1802, la Grande-Bretagne signe avec la France, la Paix d'Amiens, mettant ainsi fin à la deuxième Coalition.
La guerre reprend en mai 1803 suite à la troisième coalition, Cadoudal débarque à Dieppe le 21 août 1803 et gagne Paris le 1er septembre. Avec quelques conjurés il tente de mettre au point un plan visant à enlever Bonaparte et à le livrer aux Britanniques. il gagne à sa cause le général Jean-Charles Pichegru et ne parvient pas à rallier à sa cause le général Jean Victor Marie Moreau. Mais trahi, Cadoudal est arrêté par la police de Fouché le 9 mars 1804. Du 27 mai au 9 juin il est jugé avec plusieurs autres conjurés, il reconnait avoir comploté contre le premier consul mais nie avoir participé à l'attentat du 24 décembre 1800. Cadoudal est finalement condamné à mort, ainsi que 12 autres conjurés, et exécuté le 25 juin 1804.
[modifier] La « Petite Chouannerie » de 1815
En mars 1815, les populations de l'Ouest accueillirent mal le retour de Napoléon Ier. Néanmoins Louis VI Henri de Bourbon-Condé échoue dans sa tentative de soulever les paysans et se réfugie en Espagne. Mais le 10 avril, Napoléon ordonne la mobilisation des gardes nationaux et des anciens soldats mis en congés. Cette mesure est très mal accueillie par la population et les Cent-Jours virent renaître une petite chouannerie. Dans les Côtes-du-Nord et l'Ille-et-Vilaine des bandes de plusieurs dizaines ou centaines d'hommes prirent les armes, menés par Toussaint du Breil de Pontbriand, Henri du Boishamon et Guy Aubert de Trégomain. Louis d'Andigné reprit également les armes en Anjou, tandis que Bourmont rejoignait Louis XVIII après avoir servi dans l'armée napoléonienne. Mais ce fut surtout dans le Morbihan que la prise d'arme fut la plus importante, Louis de Sol de Grisolles y rassembla 10 000 hommes sous ses ordres. De même en Vendée, plusieurs milliers d'hommes se rassemblaient sous les ordres de Pierre Constant de Suzannet, Louis du Vergier de La Rochejaquelein, Charles de Beaumont d'Autichamp et Charles Sapinaud de La Rairie.
Sol de Grisolles lança une première attaque sur Redon mais échoua. Le 10 juin 1815, les Chouans et les jeunes collégiens de Vannes remportèrent une victoire sur les Imprériaux du général Rousseau à Muzillac. Toutefois Sol de Grisolles et ses 8 000 hommes furent battu de nouveau à Auray le 21 juin par les 3 000 hommes du général Bigarré. Les Vendéens ne s'en sortirent guère mieux, et subirent de lourdes défaites à Saint-Jean-de-Monts le 4 juin et à Rocheservière le 20 juin où Louis du Vergier de La Rochejaquelein et Pierre Constant de Suzannet furent tués au combat.
Mais la victoire des Impériaux resta sans lendemain car 3 jours plus tôt Napoléon avait été vaincu par les Britanniques et les Prussiens à la bataille de Waterloo.
[modifier] La chouannerie légitimiste de 1832
La Révolution dite des Trois Glorieuses éclata à Paris le 27 juillet 1830, le 2 août le Roi Charles X abdiqua et prit le chemin de l'exil tandis que Louis-Philippe d'Orléans prenait le titre de Roi des Français. En mars 1832, Caroline de Bourbon-Siciles, duchesse de Berry, veuve de Charles Ferdinand d'Artois, fils de Charles X, gagne clandestinement l'Ouest de la France afin de relancer les guerres de Vendée en vue de proclamer son fils Henri d'Artois, alors âgé de 12 ans, Roi de France. Des troubles éclatent en Haute-Bretagne et en Vendée mais la cause suscite peu d'engouement. Les quelques Chouans qui prennent les armes sous les ordres de Louis de Bourmont, sont essentiellement des vétérans âgés, qui reprennent le combat par nostalgie, où des jeunes voulant imiter leurs aïeux.
Le régime orléaniste et centriste de la monarchie de Juillet est alors menacé par la gauche, lorsqu'à Paris les Républicains prennent les armes lors de l'Insurrection républicaine à Paris en juin 1832 et par la droite en Bretagne et en Vendée où des bandes de Chouans légitimistes livrent plusieurs combats contre l'armée régulière.
Mais Républicains et Legitimistes sont rapidement battus en juin, la duchesse de Berry est arrêtée le 7 novembre 1832 mettant un terme à la dernière des chouanneries.
[modifier] Chouannerie et politique
La Chouannerie est étroitement lié au monarchisme, aussi bien constitutionnel qu'absolutiste, au légitimisme et au conservatisme. Elle fut également très liée à la franc-maçonnerie, les loges maçonniques de l'ouest furent de véritables viviers de chouans.
Dans les années qui suivirent la Chouannerie, et ce jusqu'au XXe siècle, la population de l'Ouest resta longtemps divisée entre les zones « chouannes », de droite et les zones « patriotes », de gauche. Mais, globalement, les régions de l'Ouest restèrent un bastion du conservatisme jusqu'au début XXIe siècle, époque où elles passèrent pour la première fois à gauche.
Mais à la fin du XIXe siècle, pendant la Troisième République, la plupart des monarchistes, légitimistes comme orléanistes, rallièrent la République et formèrent l'Union conservatrice. Dès lors, la droite devenue républicaine, la défense de la chouannerie devint plus timide, elle fut en bonne partie récupérée par L'Action française, mouvement nationaliste et royaliste d'extrême droite pourtant orléaniste.
La chouannerie fut défendue par quelques historiens, romanciers ou hommes politiques, comme Anne Bernet, proche de l'extrême-droite, mais aussi par certaine personnes de gauche comme Pierre Péan ou José Bové[54] qui en soulignèrent le caractère anti-bourgeois.
[modifier] Vue romanesque
Pour Victor Hugo dans son roman Quatrevingt-Treize [55] :
« [...] Il y eut deux Vendées, la Grande qui faisait la guerre des forêts, la Petite qui faisait la guerre des buissons ; là est la nuance qui sépare Charette de Jean Chouan. La Petite Vendée était naïve, la Grande était corrompue ; la Petite valait mieux. Charette fut fait marquis, lieutenant général des armées du Roi et Grand-Croix de Saint-Louis ; Jean Chouan resta Jean Chouan. Charette confine au bandit, Jean Chouan au paladin........ La Rochejaquelein n'est qu'Achille, Jean Chouan est Protée.. [...] »
Pour Balzac, dans Les Chouans :
« La Bretagne est, de toute la France, le pays où les mœurs gauloises ont laissé les plus fortes empreintes. Les parties de cette province où, de nos jours encore, la vie sauvage et l’esprit superstitieux de nos rudes aïeux sont restés, pour ainsi dire, flagrants, se nomment le pays des Gars. Lorsqu’un canton est habité par nombre de Sauvages semblables à celui qui vient de comparaître dans cette Scène, les gens de la contrée disent : Les Gars de telle paroisse ; et ce nom classique est comme une récompense de la fidélité avec laquelle ils s’efforcent de conserver les traditions du langage et des mœurs gaëliques ; aussi leur vie garde-t-elle de profonds vestiges des croyances et des pratiques superstitieuses des anciens temps. Là, les coutumes féodales sont encore respectées. Là, les antiquaires retrouvent debout les monuments des Druides. Là, le génie de la civilisation moderne s’effraie de pénétrer à travers d’immenses forêts primordiales. »
[modifier] Voir aussi
[modifier] Articles connexes
[modifier] Armées républicaines
- Armée des côtes de Brest
- Armée des côtes de Cherbourg
- Armée de l'Ouest
- Armée des côtes de l'Océan
- Armée d'Angleterre
[modifier] Armées chouannes
- Armée catholique et royale de Bretagne
- Armée catholique et royale du Morbihan
- Armée catholique et royale de Rennes et de Fougères
- Armée catholique et royale des Côtes du Nord
- Armée catholique et royale du Maine, d'Anjou et de la Haute-Bretagne
- Armée catholique et royale du Maine
- Armée catholique et royale du Bas-Anjou et de Haute-Bretagne
- Armée catholique et royale de Normandie
[modifier] Bibliographie
- Jacques Duchemin des Cépeaux, Souvenirs de la Chouannerie, 1855 ;
- Émile Souvestre, Scènes de la Chouannerie, Michel Lévy, Paris, 1856[n 5] ;
- Abbé Jean-François Paulouin, La Chouannerie du Maine et Pays adjacents. 1793-1799-1815-1832. Avec la Biographie de plus de 120 Officiers., Monnoyer, Le Mans, 1875
- Jean Morvan, Les Chouans de la Mayenne. 1792 - 1796, Lévy, Paris, 1900
- Abbé Almire Belin (dir.), La Révolution dans le Maine. Revue bimestrielle, Imprimerie Benderitter puis M. Vilaire, Le Mans, 1925 - 1937
- Marc Valin, Chouans de la Mayenne, Éditions Siloé, Laval, 1985
- Jean Barreau, La chouannerie mayennaise sous la Convention et le Directoire, Imp. Martin, Le Mans, 1988.
- Anne Bernet, Les Grandes Heures de la chouannerie, Perrin, 1993
- Roger Dupuy, Les Chouans, Hachette Littérature, 1997[n 6].
- Anne Bernet, Histoire générale de la chouannerie, Perrin, 2000[n 7].
- Jean Lepart, "Histoire de la Chouannerie dans la Sarthe", in Revue Historique et Archéologique du Maine, Le Mans, tome CLIII, p.13-64, 2002 et tome CLV, p.65-120, 2004.
- Hubert La Marle, Dictionnaire des Chouans de la Mayenne, Éditions régionales de l'Ouest - Mayenne. 2005[n 8].
- Bernard Coquet, Le dernier des Chouans Louis-Stanislas Sortant, 1777-1840, Éditions Ophrys-SPM, Paris, 2007.
- Paul-Marie du Breil, vicomte de Pontbriand, Un chouan Le général de Boisguy, 1793-1800, éd° Champion, Paris 1904.
- Toussaint du Breil de Pontbriand, Mémoires du colonel de Pontbriand sur les guerres de la chouannerie, éd° Plon, Paris, 1897.
[modifier] Œuvres de fiction
- Honoré de Balzac, Les Chouans ou la Bretagne en 1799, La Comédie Humaine, tome XIII.
- Victor Hugo, Quatrevingt-treize.
- Jules Barbey d'Aurevilly, L'Ensorcelée et Le Chevalier Des Touches.
- Michel Ragon, les mouchoirs rouges de Cholet.
[modifier] Cinéma
- Les Chouans, de Henri Calef d'après le livre de Balzac, avec Jean Marais, 1946.
- Chouans !, de Philippe de Broca, avec Philippe Noiret, Sophie Marceau, Lambert Wilson et Stéphane Freiss, 1988.
[modifier] Notes
- ↑ Il y a à leur tête, écrit le procureur syndic d'Ernée, le 28 avril 1793, deux hommes qui se nomment Cottereau, dit Chouan. Nous avons promis une récompense à qui les arrêtera, mais il faut y aller avec précaution car ces deux individus sont très braves et très déterminés. Si de votre côté vous pouviez vous en saisir, ce serait rendre à la chose publique un vrai service
- ↑ Le 20 octobre 1793, il apprend du prêtre qui dit la messe au Genest que les Vendéens ont passé la Loire, et le 23, en conférence avec Puisaye et Boisguy dans la forêt du Pertre, il entend le canon qui tonne à Laval. Sans prendre désormais aucune précaution, il réunit ses hommes et marche sur la ville.[réf. nécessaire]
- ↑ Ses hommes constituent un corps à part et ne reconnaissent que lui pour les conduire. Au Mans, la mère de Jean Cottereau est écrasée accidentellement par une charrette. Sa troupe est décimée.[réf. nécessaire]
- ↑ Un coup de main, pour libérer le prince de Talmont, sur le chemin de Vitré à Laval, avorte car personne n'a su lire la dépêche dans laquelle on l'avertit que l'itinéraire de l'escorte avait changé. Mais le ravitaillement est difficile dans un pays sillonné par les troupes républicaines. Il s'unit avec Jambe d'Argent, et Moulins pour attaquer les postes qui cernaient le bois de Misedon, commençant par celui de Saint-Ouen-des-Toits qui est enlevé vers le 20 avril 1794. Jean Chouan meurt le 28 juillet 1794.[réf. nécessaire]
- ↑ Journaliste, Émile Souvestre fit une enquête auprès des survivants et sans trop prendre parti entre deux thèses qui resteront toujours diamétralement opposées et il permet de mieux comprendre ce mouvement de la Chouannerie qui prit naissance dans ce Bas-Maine, à la frontière de ce qu'on appelait alors, la province de Bretagne.
- ↑ L'auteur analyse l'évolution de la chouannerie durant les 7 années de guerre civile dans les départements de l'ouest de la France. Les différents aspects (pré-chouannerie, chouannerie guérilla, chouannerie militaire...) sont détaillés. En plus de l'aspect historique, l'auteur décrit les "chouans au quotidien" : nombre, âge, profession, femmes, prêtres, nobles...).
- ↑ L'auteur écrit une histoire général de la chouannerie, intégrant les chouanneries mayennaise, normande et bretonne et associant le soulèvement vendéen. Elle fait vivre les personnages en "mettant en scène" certains moments de leur vie. En fin de livre, 2 index (16 pages de noms propres et 9 pages de noms de lieux) et quelques illustrations, dont un portrait-robot de Jean Chouan.
- ↑ Cet ouvrage contient les noms et distinctions d'environ 4 000 chouans de la Mayenne, officiers, sous-officiers et soldats, ainsi que leurs aumôniers, ayant servi dans le département de la Mayenne entre 1792 et 1832. On y présente des notices sur la carrière militaire des Chouans, ainsi qu'une liste non exhaustive de quelques 3 000 chouans. On précise également que ce dictionnaire contribue à rectifier deux erreurs historiques : la chouannerie a recruté, toutes proportions gardées, autant dans les villes que dans les campagnes, et elle s'est très vite organisée en compagnies, divisions puis légions, de manière de plus en plus structurée.
[modifier] Références
- ↑ Albert Soboul (dir.), Dictionnaire historique de la Révolution française, Quadrige/PUF, 1989, p. 217, entrée « Chouans/Chouannerie » par Roger Dupuy
- ↑ Michel Vovelle, La Chute de la monarchie, 1787-1792, tome 1 de la Nouvelle histoire de la France contemporaine, Le Seuil, collection Points, 1972, rééd. 1999, p. 270-273
- ↑ Roger Dupuy, La République jacobine. Terreur, guerre et gouvernement révolutionnaire, 1792-1794, tome 2 de la Nouvelle histoire de la France contemporaine, Le Seuil, collection Points, 2005, p. 106-112
- ↑ Michel Allary, Omega, Éd. Le Manuscrit (ISBN 2748140796), p. 26.
- ↑ Jean Rieux, La Chouannerie sur les pas de Cadoudal, 1985, (ISBN 2905767006), p. 161.
- ↑ a b c d e f g h i Albert Soboul (dir.), Dictionnaire historique de la Révolution française, Quadrige/PUF, 1989, p. 218, entrée « Chouans/Chouannerie » par Roger Dupuy
- ↑ a b Albert Soboul (dir.), Dictionnaire historique de la Révolution française, Quadrige/PUF, 1989, entrée « La Rouërie, Armand Charles Tuffin, marquis de » par Roger Dupuy, p. 649-650
- ↑ Christian Le Bouteiller, La Révolution dans le pays de Fougères, p.146.
- ↑ Roger Dupuy, La Bretagne sous la Révolution et l'Empire, p.94.
- ↑ Roger Dupuy, La Bretagne sous la Révolution et l'Empire, p.95.
- ↑ Roger Dupuy, La Bretagne sous la Révolution et l'Empire, p.110-111.
- ↑ Yves Gras, La Guerre de Vendée, éditions Economica, 1994, p.17
- ↑ Roger Dupuy, La Bretagne sous la Révolution et l'Empire, p.112.
- ↑ Christian Bazin, Le marquis de la Rouerie "Colonel Armand" de la guerre américaine à la conjuration bretonne, Perrin, 1990, p.239-240.
- ↑ Roger Dupuy, La Bretagne sous la Révolution et l'Empire, p.120.
- ↑ Journal de Bretagne, collection Jacques Marseille, éditions Larousse, 2003, p.170
- ↑ Roger Dupuy, La Bretagne sous la Révolution et l'Empire, p.111.
- ↑ Roger Dupuy, La Bretagne sous la Révolution et l'Empire, p.111.
- ↑ Christian Le Boutellier, La Révolution dans le Pays de Fougères, Société archéologique et historique de l'arrondissement de Fougères, 1989
- ↑ Roger Dupuy, La Bretagne sous la Révolution et l'Empire, p.116.
- ↑ Jean-François Chiappe, Georges Cadoudal ou la Liberté, p.66.
- ↑ Roger Dupuy, La Bretagne sous la Révolution et l'Empire, p.113-116.
- ↑ Roger Dupuy, La Bretagne sous la Révolution et l'Empire, p.113.
- ↑ a b c Albert Soboul (dir.), Dictionnaire historique de la Révolution française, Quadrige/PUF, 1989, p. 218-219, entrée « Chouans/Chouannerie » par Roger Dupuy.
- ↑ Roger Dupuy, Les Chouans, Hachette Littérature, 1997.
- ↑ Donald Sutherland, Les Chouans, Rennes, 1990, p.273.
- ↑ Roger Dupuy, Les Chouans, p. 188.
- ↑ Marlène Rannou, La Chouannerie au nord de la Loire-Inférieure, université de Rennes 2, 1996, p. 88.
- ↑ Roger Dupuy, Les Chouans, p. 188.
- ↑ Roger Dupuy, Les Chouans, p. 188.
- ↑ Roger Dupuy, Les Chouans, p. 201.
- ↑ Roger Dupuy, Les Chouans, p. 191.
- ↑ Jacques Solé, La Révolution en questions, Seuil, janvier 1988, p. 99.
- ↑ Roger Dupuy, les Chouans, p.36.
- ↑ Roger Dupuy, les Chouans, p.36.
- ↑ a b c d Albert Soboul (dir.), Dictionnaire historique de la Révolution française, Quadrige/PUF, 1989, p. 219, entrée « Chouans/Chouannerie » par Roger Dupuy.
- ↑ Voir Quelques dates de l’histoire en France, en Bretagne, en Finistère et à Roscoff et l'introduction de Reynald Secher à la bande-dessinée Chouannerie, 1789-1815, Fleurus, 1989. Cadoudal, évadé de Brest, rejette cette paix.
- ↑ Gabriel du Pontavice, les Armées catholiques et royale au nord de la Loire. Petite histoire de la Chouannerie, p.41.
- ↑ Gabriel du Pontavice, les Armées catholiques et royale au nord de la Loire. Petite histoire de la Chouannerie, p.132.
- ↑ Gabriel du Pontavice, les Armées catholiques et royale au nord de la Loire. Petite histoire des Chouans, p.113.
- ↑ François Cadic, Histoire populaire de la chouannerie, Tome II, p.323.
- ↑ Roger Dupuy, La Bretagne sous la Révolution et l'Empire p.193.
- ↑ Roger Dupuy, La Bretagne sous la Révolution et l'Empire p.194.
- ↑ Gabriel du Pontavice, Les Armees Catholiques et Royales au Nord de la Loire: petite histoire des Chouans, p.33.
- ↑ Yves Gras, La Guerre de Vendée, éditions Economica, 1994, p.173.
- ↑ Gabriel du Pontavice, Les Armees Catholiques et Royales au Nord de la Loire: petite histoire des Chouans, p.34.
- ↑ Gabriel du Pontavice, Les Armees Catholiques et Royales au Nord de la Loire: petite histoire des Chouans, p.171.
- ↑ Gabriel du Pontavice, Les Armees Catholiques et Royales au Nord de la Loire: petite histoire des Chouans, p.116
- ↑ François Cadic, Histoire populaire de la Chouannerie, p.316
- ↑ Roger Dupuy, La Bretagne sous la Révolution et l'Empire, p.202.
- ↑ Jean-François Chiappe, Georges Cadoudal ou la Liberté, p.172.
- ↑ Jean-François Chiappe, Georges Cadoudal ou la Liberté, p.172.
- ↑ Gabriel du Pontavice, Les Armees Catholiques et Royales au Nord de la Loire: petite histoire des Chouans, p.172
- ↑ 1
- ↑ T. II, p. 112-113.


