Étienne Carjat

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Autoportrait photographique, vers 1865.

Étienne Carjat, né à Fareins (Ain) le 28 mars 1828 et mort à Paris le 9 mars 1906, est un photographe, journaliste, caricaturiste et poète français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Dans Rimbaud le fils, Pierre Michon indique qu'Étienne Carjat provient d'une famille modeste, que sa mère avait une loge de concierge au fond d'une cour, qu'il s'est marié et a eu une fille, qu'il est peintre, poète et homme de théâtre, et qu'il est l'ami de Baudelaire.

En 1841, il a 13 ans et découvre le dessin grâce à monsieur Cartier, fabricant de soieries où il est placé comme apprenti, sous les ordres du dessinateur, monsieur Henry ; il y reste 3 ans. En 1858, il apprend le métier de la photographie auprès de Pierre Petit. En 1861, il s'installe dans son propre atelier au numéro 56 de la rue Laffitte à Paris. Il réalise de nombreux portraits de personnalités, et ses photographies se distinguent par l'absence fréquente d'élément de décors.

En 1865, il revend son atelier à Légé et Bergeron. De 1866 à 1869, il s'installe au numéro 62 de la rue Pigalle, puis au 10 rue Notre-Dame-de-Lorette. Proche de Courbet[1], en 1871 il apporte son soutien à la Commune de Paris et publie des poèmes politiques dans le journal La Commune[2]. En 1875, il fonde la revue Le Boulevard qu'il dirige. Il réalise un important travail de caricaturiste, publié notamment dans le journal Le Diogène dont il est le cofondateur. Il publie également un livre, Artiste et Citoyen, en 1883.

Son cliché le plus connu est un portrait d'Arthur Rimbaud, réalisé en octobre 1871. Paul Verlaine, Rimbaud et Carjat font en effet partie des Vilains Bonhommes, un groupe créé en 1869, qui rassemble des poètes et des artistes comme André Gill, Théodore de Banville, Henri Fantin-Latour, etc. En janvier 1872, une querelle éclate au cours d'un dîner organisé par ce groupe, et Rimbaud blesse Étienne Carjat à l'aide de la canne-épée d'Albert Mérat. En réaction, Étienne Carjat détruit la plupart des clichés qu'il a pris de Rimbaud, dont il ne reste aujourd'hui que huit photographies.

Il meurt à Paris le 9 mars 1906. Il laisse une importante collection de caricatures, et de photographies, dont les clichés de Rimbaud sont réputés : « En 1998, une photo-carte de visite de Rimbaud de 1871 a été vendue 191 000 francs. Le 24 janvier 2003, un autre portrait d'Arthur Rimbaud également de 1871 fut adjugé pour la somme de 69 000 euros[3], attribuée sans certitude absolue à Carjat[4]. » Il s'agit ici d'un autre cliché, moins connu que la fameuse photo et dont l'original se trouve au Musée-Bibliothèque de Charleville, montrant un Rimbaud à l'allure plus jeune.

Publications[modifier | modifier le code]

  • Croquis biographiques (1858)

Poésie[modifier | modifier le code]

  • Les Mouches vertes, satire (1868)[5]
  • Peuple, prends garde à toi ! Satire électorale (1875)[6]
  • Artiste et citoyen, poésies, précédées d'une lettre de Victor Hugo (1883)[7]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Dessins et photographies[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Elizabeth Fallaize, Etienne Carjat and "Le Boulevard" (1861-1863), p.36 [1]
  2. Bertrand Tillier, La Commune de Paris, révolution sans images ?, p.82 [2]
  3. 81 000 euros, frais inclus.
  4. Jean-Marc Pau, Étienne Carjat
  5. Voir http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5846174j.
  6. Voir http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k57447310.
  7. Voir http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k2056133.
  8. Xavier de Massary, Camille Moreau une femme peintre et céramiste au XIXe siècle, dans Société historique et archéologique de Château Thierry, photo publiée p.149.