Modérantisme

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Le modérantisme ou faction des modérés est le nom donné, sous la Révolution, aux partisans du terrorisme d'État, c'est-à-dire certains Montagnards désignés nommément par Camille Desmoulins dans les derniers numéros du Vieux Cordelier.

Les accusations de modérantisme frappent principalement ceux qui, en 1793, parlaient d'une paix séparée avec les puissances disposées à reconnaître la République. Georges-Jacques Danton, très populaire, charismatique et redouté par Barère, son collègue au premier Comité de salut public, fut le premier désigné par cette expression.

Plusieurs orateurs des Jacobins et surtout des Cordeliers ont encore parlé de modérantisme et de modérés au sujet de ceux qui, comme Georges-Jacques Danton, avaient souscrit au fameux mémoire de Pierre Philippeaux sur la guerre de Vendée dont il revenait et à laquelle il demandait qu'on mette un terme. Ce mémoire qui recommandait l'arrêt des violences et de la répression dans cette région exsangue, étayé par des faits concrets, souvent scandaleux - les colonnes infernales -, observés sur place, fit une très forte impression, troubla les Jacobins et fut à l'origine du renvoi de Philippeaux au Tribunal révolutionnaire. La version authentique du mémoire de Philippeaux fut publiée en l'an III par sa veuve[1].

Camille Desmoulins, dans le Vieux Cordelier se fit l'écho de Danton et de Philippeaux. Il attaque de manière frontale les auteurs du terrorisme : Bertrand Barère de Vieuzac, Jean-Marie Collot d'Herbois, Billaud-Varenne et leurs complices.

Le 5 avril 1794, Danton, Desmoulins et Philippeaux tombèrent sous la hache révolutionnaire, mais leurs juges cherchèrent à éviter que le débat porte sur la question de la guerre et de la Vendée. On amalgama les prévenus avec des députés impliqués dans des affaires d'escroquerie et d'enrichissement personnel, tels ceux concernés par l'affaire de la liquidation de la Compagnie des Indes.

Protégés plus que jamais par Barère, Collot d'Herbois et Billaud-Varenne, les terroristes continuèrent leurs exactions crapuleuses contribuant à rendre la République hideuse et empêcher le retour progressif à la paix. Robespierre voulut s'interposer et demanda le rappel des représentants comme Joseph Lebon, qui faisait régner la terreur dans le nord de la France, Joseph Fouché continuateur des crimes de Collot D'herbois à Lyon, et Jean-Baptiste Carrier qui faisait lui aussi procéder à des exécutions massives de civils, y compris des enfants. Ce dernier réclamait la guillotine contre ceux qui prétendaient enrayer la Révolution. « Les monstres ! s’écria-t-il un jour en parlant des modérés à la tribune des Cordeliers, ils voudraient briser les échafauds ; mais, citoyens, ne l’oublions jamais, ceux-là ne veulent point de guillotine qui sentent qu’ils sont dignes de la guillotine ! »

Sources[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. A. Douarche, Les tribunaux civils sous la Révolution, volume II