François Furet

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François Furet

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Biographie
Naissance 27 mars 1927
Paris
Décès 12 juillet 1997 (à 70 ans)
Figeac (Lot)
Nationalité Drapeau : France Français
Thématique
Formation Université de Paris
Titres président de l'EHESS, membre de l'Académie française
Approche histoire de la Révolution française
Travaux La Révolution française avec Denis Richet (1965)
Penser la Révolution française (1978)
Le Passé d'une illusion (1995)

François Furet, né le 27 mars 1927 à Paris, mort à Figeac le 12 juillet 1997, est un historien français. Il est notamment connu pour ses ouvrages sur la Révolution française.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse et formation[modifier | modifier le code]

Issu d'une famille bourgeoise, son père exerçant la profession de banquier, François Furet entreprit des études secondaires au lycée Janson-de-Sailly. Élève brillant, il commença des études à la Faculté des Lettres et à la Faculté de Droit de Paris mais, atteint de tuberculose, il dut cesser ses études en 1950. Jusqu'en 1954, il passa plusieurs mois en sanatorium dans les Alpes, puis en convalescence au centre de post cure de la Fondation de France, rue Quatrefages à Paris.

Un militant politique[modifier | modifier le code]

Furet fut, très tôt, un militant politique, membre du Parti communiste. En 1947, il publia dans la Nouvelle critique, avec Annie Kriegel et d'autres, un article dénonçant Ernest Labrousse comme le complice de Léon Blum, « plat valet des Américains », sous le pseudonyme de Jacques Blot[1].

Sous son impulsion très énergique, Quatrefages devint le centre d'une cellule des étudiants communistes recrutant tout ce que le Quartier latin produisit de plus brillant dans le genre, depuis les normaliens tels Emmanuel Le Roy Ladurie jusqu'aux étudiants étrangers, tel le docteur Vinh, futur ministre de la Santé de la République socialiste du Viêt Nam.

En 1959, il quitta le PC, puis participa à la fondation du PSU en 1960. Il fut aussi en parallèle journaliste à France-Observateur, le futur Nouvel Observateur.

Carrière universitaire[modifier | modifier le code]

Brillamment reçu à l'agrégation d'histoire en 1954, François Furet est ensuite nommé professeur de lycée à Compiègne où il enseigne jusqu'en 1955, avant d'être muté à Fontainebleau. En 1956, il entre au CNRS afin d'entreprendre des recherches sur la Révolution française.

Après mai 1968, il devint conseiller du ministre de l’Éducation nationale, Edgar Faure.

En 1960, Furet entra à la sixième section de l'École pratique des hautes études devenue, en 1975, l'EHESS, dont il devint le président de 1977 à 1985, date à laquelle il partit aux États-Unis pour enseigner, notamment à Chicago. Ces activités en Amérique du Nord lui valurent de recevoir un diplôme honoris causa de l'université Harvard.

Penser la Révolution française[modifier | modifier le code]

Spécialiste du XVIIIe siècle, Furet a marqué, par son ouvrage La Révolution française publié en 1965, un tournant de la recherche historique sur cette période. Après plusieurs décennies où la Convention et le Comité de salut public mobilisent la plupart des recherches universitaires, ce livre se place résolument dans une perspective plus large, dépassant le cap de Thermidor, habituellement considéré par les historiens qui l'ont précédé, Aulard, Mathiez, Lefebvre, Soboul, comme le terme des événements de la « Grande Révolution ».

Ce choix de rééquilibrer l'analyse de la période révolutionnaire en y intégrant la Convention thermidorienne et le Directoire n'est pas anodin. Furet prend à contrepied les théories admises par les historiens marxistes. Pour ces derniers, Soboul et Lefebvre principalement, la Révolution française est d'abord une expression de la révolte des masses populaires, à l'exemple du mouvement jacobin soutenu par l'avant-garde des sans-culottes qui disparaît après le 9-Thermidor.

À l'inverse, non sans susciter des polémiques dans le monde universitaire français, François Furet défend l'idée d'une révolution des élites qui aurait « dérapé » en 1793. La confiscation violente du pouvoir par les masses durant la Terreur aurait perturbé le cours pacifique d'une modernisation sociale menée « par le haut » à partir de 1787. Il approfondira ces réflexions dans son ouvrage, Penser la Révolution française, publié en 1978, notamment en redécouvrant les travaux d'Augustin Cochin que l'historiographie avait largement oublié après sa mort en 1916, non sans revenir sur la thèse du dérapage, relevant les prémices de la Terreur dès 1789 et percevant « une possible consonance de la Terreur avec la Révolution tout entière ». Dans sa synthèse La Révolution, 1770-1880, envisageant le temps long, il montre les continuités entre l'Ancien Régime et la Révolution, dont le long processus ne prend fin qu'avec l'arrivée au pouvoir des républicains opportunistes, qui séparent la démocratie de la révolution et refusent de sacrifier la liberté individuelle aux nécessités historiques.

Le Passé d'une Illusion[modifier | modifier le code]

Fondateur, avec d'autres, de la fondation Saint-Simon, Furet a aussi présidé l'Institut Raymond-Aron, autant d'activités qui lui ont permis d'élargir son champ de recherches et de réflexions. La variété et le volume de ses travaux lui ont valu d'obtenir de nombreux prix : le prix Alexis de Tocqueville en 1991, le prix européen des Sciences sociales et le prix Hannah Arendt de la pensée politique en 1996.

En 1995, François Furet publia Le Passé d'une illusion (dont le titre est une allusion à l'ouvrage de Sigmund Freud, L'Avenir d'une illusion). Cet ouvrage analyse sans concession le courant communiste du XXe siècle, en croisant deux niveaux, son propre cheminement militant et sa connaissance approfondie de la Révolution française. Cet ouvrage reçut simultanément, le prix du livre politique, le prix Chateaubriand et le Grand Prix Gobert de l'Académie française.

Élu à l'Académie française, le 20 mars 1997, au fauteuil 1 où il succède à Michel Debré (mort le 2 août 1996), il décéda peu après à Figeac à la suite d'une chute survenue lors d'un match de tennis. Sa disparition l'empêcha d'être officiellement reçu à l'Académie française où il fut remplacé un an plus tard par René Rémond. C'est ce dernier qui prononça l'éloge de ses deux prédécesseurs.

Hommage posthume[modifier | modifier le code]

Distinctions[modifier | modifier le code]

Publications[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Michel Vovelle, Les Jacobins, La Découverte/Poche,‎ 1998, p. 150.
  2. Discours de Mona Ozouf lors de son inauguration le 7 février 2003

Pour approfondir[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]