Dimanche

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Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Dimanche (homonymie) et Jour du Seigneur.

Le dimanche est le septième et dernier jour de la semaine civile dans plusieurs pays du monde[1]. La norme internationale ISO 8601 considère que le dimanche clôt la semaine et le code avec le chiffre 7.

Pour les religions, le dimanche est le premier jour de la semaine juive et chrétienne[2] et musulmane [3].

En Europe, le dimanche est considéré comme un jour de repos depuis le règne de Constantin Ier.

Étymologie[modifier | modifier le code]

Article connexe : Noms des jours de la semaine.
Un dimanche, par Paul Signac, 1890

En français le mot Dimanche est un nom propre issu de *diominicu (*non attesté), qui remonte au gallo-roman *didominicu par dissimilation consonantique, lui-même du latin chrétien dies dominica (latin dies Dominicus) « jour du Seigneur »[4],[5],[6]. L'étymologie du terme peut être retracée à partir de la Didachè : Dies dominicus est une traduction du grec Kuriake Heméra (quoi que la Didaché ne définisse pas le "jour du Seigneur" de façon explicite comme étant le dimanche). L'expression appliquée à ce jour de la semaine est un usage chrétien manifestement fort ancien.

Place dans la semaine[modifier | modifier le code]

La norme internationale ISO 8601 considère que la semaine commence un lundi et code le dimanche avec le chiffre 7.

Les calendriers rédigés en anglais et en japonais sont généralement imprimés avec le dimanche en premier et certains sites internet, ou des logiciels informatiques (comme SAS pour son format des dates), continuent cette pratique. Toutefois la tendance générale semble aller vers l'adoption de la norme ISO 8601.

L'Académie française note, dans la neuvième édition de son dictionnaire : « Du latin chrétien dies dominicus, « jour du Seigneur ». Traditionnellement, et aujourd'hui encore dans la langue religieuse, premier jour de la semaine qui commémore la résurrection du Christ ; il comportait aussi la prescription du repos. Dans la langue courante, septième et dernier jour de la semaine. »[7] Le Littré de 1863 indique seulement : « premier jour de la semaine »[8].

Origine du repos dominical[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Repos dominical.

Dans le judaïsme, le livre de la Genèse raconte que Yahvé, après avoir achevé l'Univers en six jours, se repose le septième jour, et le quatrième des Dix Commandements prescrit que le septième jour de chaque semaine devra être un jour de repos pour les êtres humains (qu'ils soient hommes libres, femmes ou esclaves) et les animaux : le Chabbat. Pour les chrétiens, le Sabbat, qui représentait l'achèvement de la première création est remplacé par le « jour du Seigneur », le dimanche, qui rappelle la création nouvelle inaugurée à la résurrection de leur messie, Jésus-Christ, célébrée hebdomadairement[9].

Il est difficile de déterminer à partir de quand et quel jour les premières communautés chrétiennes célèbrent le dernier repas du Christ, mais il semble que le jour de cette Cène et le chabbat soit confondu chez les judéo-chrétiens jusqu'à l'émergence de chrétiens au IIe siècle qui rompent avec leurs racines juives et choisissent le jour de la résurrection de Jésus (le dimanche, le troisième jour après le Vendredi saint) pour en faire leur repas dominical et le premier jour de la semaine[10]. Il est cependant établi que les premiers chrétiens célèbrent ce jour par des offrandes aux pauvres et un repas occasionnel de communion fraternelle, les agapes qui sont symbolisées lors de la célébration de l'eucharistie, et que le pape Victor Ier cherche en vain au IIe siècle à imposer aux Églises d'Asie cette célébration lors de la solennité de Pâques le dimanche, suivant l’usage romain, puis à rejouer cette Pâque juive tous les dimanches de la semaine[11].

Le 3 juillet 321[12], ce jour est décrété jour de repos légal dans l'empire romain par l'empereur Constantin Ier[13], qui, usant de son droit régalien, se sert de la notion de justitium – une institution romaine qui permettait de suspendre toute activité étatique judiciaire pour marquer un événement marquant[14]. Une coïncidence veut que les doctrines astrologiques juives et gréco-romaines attribuent toutes deux les planètes connues – au nombre de sept avec le Soleil – à différents jours de la semaine. Un de ceux-ci est dédié à l'astre solaire, comme en atteste encore l'étymologie des mots anglais « sunday » et allemand « sonntag », littéralement « jour du Soleil ». Constantin déclare un justitium permanent, qui prend place ce jour connu tant des païens que des chrétiens, le « dies solis », le « jour du soleil ». En effet, les chrétiens, pour leur part, se réunissent chaque semaine pour commémorer l'eucharistie de la résurrection de Jésus-Christ qui aurait pris place le premier jour de la semaine juive (le lendemain du chabbat), ce jour devenant le « dies dominicus » ou « jour du Seigneur », à l'origine des mots français « dimanche », italien « domenica » ou encore espagnol « domingo ». Cette décision a pour effet d'imposer un nouveau rythme temporel hebdomadaire, différent du calendrier romain[13].

Si on ne connaît pas les motivations réelles de Constantin, il est envisageable qu'elles aient été largement fondées sur des considérations d'ordre socio-économiques pour s'adapter aux coutumes du plus grand nombre, puisqu’à cette époque où les chrétiens ne sont encore qu'une petite minorité, c'était également le jour dédié au culte solaire, très répandu[15]. Néanmoins, cette décision est à compter au nombre des actes qui favorisent indirectement la reconnaissance du christianisme.

Constantin édicte une loi supplémentaire qui donne à ses soldats – ou au moins sa garde personnelle – du temps libre chaque dimanche afin d'accomplir leurs dévotions envers leurs dieux respectifs ou envers l'empereur. Vers la fin du IIIe siècle et au début du IVe siècle, plusieurs lois interdisent les spectacles théâtraux et les courses de chars pour favoriser l'écoute des sermons des prédicateurs chrétiens, mais peinent à s'imposer[13].

Les traditions religieuses[modifier | modifier le code]

La tradition du dimanche chrétien[modifier | modifier le code]

La Bible instaure l'obligation d'observer le jour de sabbat, jour de culte et de repos. Le commandement se trouve dans le Décalogue et fait écho au jour de repos de Dieu lors de la création (selon Genèse 2:2). Parmi les premiers chrétiens, certains continuèrent à observer le sabbat, tandis que d'autres (une majorité), sous l'impulsion de l'Église catholique romaine et dans l'intérêt de se distinguer du judaïsme célébrèrent le dimanche, considéré comme le jour de la résurrection de Jésus de Nazareth. En effet, selon eux, le dimanche est le jour où le Christ est ressuscité. D'après la Bible, Jésus meurt sur la Croix un vendredi après-midi. Il fut enterré rapidement à cause du Chabbat qui commence dès la tombée de la nuit et pendant lequel il est interdit d'ensevelir les morts et de les couvrir de parfum. Les femmes myrrhophores furent donc obligées d'attendre le dimanche matin, pour procéder aux embaumements et préparations qu'elles n'auraient pas eu le temps de faire le vendredi avant le coucher du soleil. Elles découvrirent alors le tombeau vide.

Chaque dimanche est la célébration de la résurrection du Christ, événement capital sur lequel se fonde la foi chrétienne. C'est pourquoi le dimanche est aussi considéré comme le huitième jour d'une création nouvelle inaugurée par la Résurrection. C'est au cours de la journée du dimanche qu'a lieu la principale célébration eucharistique de la semaine dite messe chez les catholiques, culte chez les protestants et Sainte liturgie chez les orthodoxes. Chaque catholique doit se rendre à la « messe dominicale ». Pour faciliter cette participation, l'Église romaine a obtenu que le dimanche devienne jour de repos légal, à partir du IVe et surtout du Ve siècle à Rome, depuis le règne de l'empereur Constantin[16].

L'emprise de la messe dominicale diminue dès le XVIIIe siècle pour des raisons matérielles (églises pas assez nombreuses, trop petites et inconfortables), liturgiques (les messes successives lors des matines dominicales sont obligatoires mais celles des vêpres, des complies et des saluts dominicaux sont facultatives chez les catholiques) et économiques (selon la météorologie, les paysans peuvent devoir aller aux champs le dimanche, la révolution industrielle crée des métiers qui doivent travailler en continu comme les laveries, la sidérurgie ; ainsi suivant les régions et les époques, les évêques imposent une messe dominicale bimensuelle ou mensuellle)[10].

Sanctification du dimanche[modifier | modifier le code]

Thomas d'Aquin s'appuie sur le cinquième précepte du Décalogue[17] pour définir la sanctification du dimanche : c'est le jour où l'esprit humain participe au repos de Dieu. « À cela s'oppose la négligence spirituelle à l'égard du bien divin », c'est-à-dire l'acédie ou paresse spirituelle, un péché capital[18]. Le repos dominical, qui interrompt la production, le commerce et la course au profit, est, pour les chrétiens, un signe de gratuité et de grâce[19].

L'aspect de liberté par rapport au commandement de la sanctification du jour du repos a été particulièrement repris par le protestantisme pour qui il ne s'agit pas d'une prescription à suivre de manière intégriste ou légaliste, parce que « Le sabbat est fait pour l'homme et non l'homme pour le sabbat[20] ».

Controverse quant au jour de culte choisi[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Sabbat chrétien.

Pour les Adventistes, les Baptistes du Septième Jour et d'autres minorités chrétiennes, il n'appartenait pas à l'homme de modifier l'institution du sabbat. Ces mouvements continuent donc d'observer le samedi comme jour de culte, considérant que Dieu n'a pas aboli la loi du sabbat, telle que mentionnée dans la Torah dans les dix commandements[21]. La plupart des Églises chrétiennes, cependant, ont choisi le « premier jour de la semaine » pour célébrer leur culte[22].

Ces confessions chrétiennes qui reconnaissent le dimanche comme jour de repos[23] s'appuient sur le fait que le Nouveau Testament, selon elles, instaure une nouvelle ère de liberté affranchissant le peuple de la nouvelle Alliance des observances de la loi de Moïse[24], parce que, pour elles, le dimanche est célébration de la « nouvelle création » inaugurée dans la résurrection de Jésus-Christ[19]. Ainsi, le dimanche, jour de la résurrection du Christ[25], est le jour privilégié des chrétiens pour se réunir et partager ensemble[26].

Les dimanches particuliers du calendrier chrétien[modifier | modifier le code]

Dans l'usage propre à l'Église latine[modifier | modifier le code]
Dans l'usage propre à l'Église orthodoxe[modifier | modifier le code]
  • Durant l'Avent :
    • Dimanche des ancêtres, dimanche situé de 14 à 20 jours avant Noël.
    • Dimanche de la généalogie, dimanche qui précède Noël.
  • Durant le temps de Noël :
    • Dimanche des proches du Seigneur, dimanche entre Noël et le jour de l'an.
  • Sept dimanches du temps pascal et de l'Ascension
    • Dimanche de Pâques, 1er dimanche de Pâques.
    • Dimanche de Thomas, 2e dimanche de Pâques (ou 1er dimanche après Pâques).
    • Dimanche des Myrrhophores, 3e dimanche de Pâques (ou 2e dimanche après Pâques).
    • Dimanche du Paralytique, 4e dimanche de Pâques (ou 3e dimanche après Pâques).
    • Dimanche de la Samaritaine, 5e dimanche de Pâques (ou 4e dimanche après Pâques).
    • Dimanche de l'Aveugle-né, 6e dimanche de Pâques (ou 5e dimanche après Pâques).
    • Dimanche des Pères du concile de Nicée I, dimanche après l'Ascension.
  • Dimanches de la pentecôte
    • Dimanche de la Pentecôte, fête de la Trinité, descente du Saint-Esprit sur les apôtres (50 jours après Pâques).
    • Dimanche de Tous les Saints, 1er dimanche après la Pentecôte.
    • Dimanche de Tous les Saints du lieu, 2e dimanche après la Pentecôte.

Dimanches renommés[modifier | modifier le code]

Divers[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. En France notamment, la semaine de travail commence le lundi et les calendriers sont imprimés avec le dimanche à la fin de la semaine. Certains dictionnaires récents le définissent comme le dernier jour de la semaine. En revanche, aux Etats-Unis ainsi que dans plusieurs autres pays du globe, le dimanche est toujours considéré comme étant le premier jour de la semaine.
  2. Pour les chrétiens, c'est le « Jour du Seigneur » où l'on fait mémoire de la résurrection du Christ
  3. L'islam lui donne explicitement le nom de premier jour (Yawm al-Ahad : Yawm signifiant « jour » et ahad, « un » ; chaque jour est ainsi désigné par son numéro comme le lundi, le deuxième jour, est appelé Yawm al-Ithnayn, Ithnayn signifiant « deux », etc...
  4. Albert Dauzat et alii, Nouveau dictionnaire étymologique, Paris, Larousse, 2e édition, V° Dimanche.
  5. Article « Dimanche »,Le Robert historique de la langue française. En espagnol castillan, il y a identité entre le nom donné à ce jour du Seigneur et le prénom Dominique, « domingo  ».
  6. Bruno Mauguin, Le nom des jours de la semaine, Espace des sciences
  7. Dictionnaire de l'Académie française Neuvième édition
  8. Cette tradition se manifeste aujourd'hui encore dans la langue portugaise, où le lundi se dit segunda-feira.
  9. Catéchisme du Vatican, troisième commandement : En bref.
  10. a et b Alain Cabantous, Le dimanche, une histoire : Europe occidentale (1600-1830), Seuil,‎ 2013, 355 p. (ISBN 2021011828)
  11. (en) R.J.Bauckham, « Sabbath and Sunday in the Post-Apostolic Church », 1982. In Don A Carson, From Sabbath to Lord's Day. Wipf & Stock Publishers/Zondervan, p. 252–98 ISBN 978-1-57910-307-1
  12. (de) Xavier Levieils, Beihefte zur Zeitschrift für die neutestamentliche Wissenschaft, Walter de Gruyter,‎ 2007 (lire en ligne), p. 320
  13. a, b et c Paul Veyne, Quand notre monde est devenu chrétien, éd. Albin Michel, 2007, pp. 171-175
  14. Mort d'un membre de la famille impériale, déclaration de guerre, funérailles publiques d'un personnage important.
  15. Marie-Françoise Baslez, Comment notre monde est devenu chrétien, éd. CLD, 2008, pp. 189-190
  16. L'empereur Constantin précise cependant, dans l'Édit de l'année 312 : « Les paysans toutefois pourront librement cultiver leurs terres ... afin de ne pas manquer une occasion favorable de mettre la semence dans le sillon ou de planter le pied de vigne... » cité dans : « À propos du dimanche », sur Fédération protestante de France.
  17. « Tu travailleras six jours, et tu feras tout ton ouvrage. / Mais le septième jour est le jour du repos de l'Éternel, ton Dieu : tu ne feras aucun ouvrage, ni toi, ni ton fils, ni ta fille, ni ton serviteur, ni ta servante, ni ton bétail, ni l'étranger qui est dans tes portes Cinquième précepte du Décalogue
  18. Homélie du Père Jancrey-Laval, 27-28 octobre 2007, p. 2.
  19. a et b « Déclaration sur la valeur du dimanche », sur Fédération protestante de France
  20. Mc, 2:27-28 « Le Fils de l'Homme, seigneur du sabbat », sur Bibliquest
  21. « Analyse de l'Alliance Biblique Française »
  22. « Le dimanche : jour du Seigneur », sur Conférence des évêques de France et « Les textes fondateurs », sur Conférence des évêques de France
  23. Samuele Bacchiocchi (trad. D. Sébire), Du Sabbat au Dimanche, une recherche historique sur les origines du Dimanche chrétien, Lethielleux,‎ 1984, 304 p.
  24. cf. Colossiens 2:14-16
  25. Matthieu 28:1, Marc 16:2, Luc 24:1, Jean 20:1
  26. Actes 20:7, 1 Corinthiens 16:2

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Robert Beck, Histoire du dimanche de 1700 à nos jours, Éditions de l'Atelier, 1997
  • Nicole Czechowski, Dimanche, le temps suspendu, Éditions Autrement, 2009
  • Daniel Perron, Histoire du repos dominical - Un jour pour faire société, Éditions L'Harmattan, 2010

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]