Légion germanique

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La légion germanique également appelée légion de Rosenthal[1] est une unité militaire, théoriquement constituée de volontaires allemands combattant sous commandement français. Créée le 4 août 1792[2], elle est dissoute en juin 1793.

Formation[modifier | modifier le code]

L'idée de former un corps d'armée avec des volontaires patriotes (ce terme désignant les sympathisants de la Révolution française) allemands est née durant l’été 1792. C'est sans doute l'exemple de la légion des Belges et des Liégeois unis qui inspira le Prussien Anachasis Cloots et le Saxon Saiffert, tous deux résidant à Paris, l'idée d'une légion appelée d'abord légion prussienne, puis légion vandale. Un problème se présenta rapidement : celui du recrutement de cette unité, la France comptant peu d'Allemands patriotes émigrés. Cloots eut alors l'idée de recruter les déserteurs des troupes autrichiennes et prussiennes. Un décret de la Législative d'août 1792 accorda à ces derniers une pension viagère de 100 livres. Dans l'esprit de Cloots et des adjoints militaires les colonels Dambach et van Hayden, la légion germanique ne devait pas être seulement un refuge de déserteurs, mais le "noyau de la future liberté germanique". Saiffert composa un hymne dont le refrain était : "Lève-toi peuple opprimé ; debout, vous qui parlez la même langue, soyez libres comme les Français".

Une "capitulation" (c'est-à-dire un traité) fut conclue entre les chefs de la future légion et le ministère de la guerre stipulant que la légion ne serait pas engagée contre des troupes autrichiennes ou germaniques et qu'aucun Français n'y serait accepté. L'existence de la légion fut officialisée par une loi du 4 septembre 1792. Très vite la capitulation fut violée et l'on admit dans la légion des Français — en majorité des Alsaciens et des Lorrains germanophones. Marceau et Augereau firent ainsi partie de la légion.

Cependant, un des recrutements les plus prolifiques fut fait auprès des anciens Gardes suisses : près de 300 de ceux qui avaient survécu à la prise des Tuileries, une fois libérés, ont opté pour l’engagement dans l’armée française, en l’occurrence cette légion où ils pouvaient trouver des germanophones[2].

Opérations[modifier | modifier le code]

D'abord employée à rétablir l'ordre dans la région de Chartres, celle-ci fut envoyée sur le front des Ardennes, ce qui allait à l'encontre de la capitulation. Après le déclenchement de l’insurrection vendéenne, la légion fut envoyée dans l'Ouest. Au même moment, des accusations de "despotisme" furent lancées contre les chefs de la légion, et certains officiers, comme Marceau, furent relevés par les représentants en mission en Vendée[réf. nécessaire]. Les Suisses, anciens gardes du roi Louis XVI, sont nombreux à déserter pour rejoindre l’armée catholique et royale, et sont suivis par d’autres germanophones[3]. Enfin, après le combat de Saumur (9 juin), les Suisses faits prisonniers se rallient en masse aux Vendéens. À la suite de ces évènements la légion fut dissoute le 22 juin 1793 et ses membres reversés dans des unités françaises.

Les soldats de la Légion germanique auraient également été auteurs des fusillades de Nantes.

Les hussards de l’unité sont utilisés pour former le 11e hussards[4].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. La Légion Germanique ou Légion de Rosenthal
  2. a et b Alain-Jacques Czouz-Tornare, « Les Suisses dans la guerre de Vendée », Annales de Bretagne et des pays de l'Ouest, Tome 101, numéro 4, 1994. p. 39
  3. Czouz-Tornare, op. cit., p. 40
  4. Jérôme Croyet, « Les hussards des Alpes et le département de l'Ain », Annales historiques de la Révolution française, 329 | juillet-septembre 2002, mis en ligne le 27 mars 2008, consulté le 17 août 2010.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Arthur Chuquet, La Légion germanique : (1792-1793), Paris, Imprimerie militaire R. Chapelot et Cie,‎ 1904, in-8°, VII-386 p. (lire en ligne).