Massacre de Belleville

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Massacre de Belleville
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Portail de l'église de Belleville-sur-Vie

Date 9 août 1795
Lieu Belleville-sur-Vie
Victimes Drapeau de la France Prisonniers de guerre républicains
Type Exécutions par fusillades
Morts 200 à 400[1],[2]
Survivants 6[3]
Auteurs Drapeau de l'Armée catholique et royale de Vendée Vendéens
Ordonné par François-Athanase Charette
Motif Représailles des massacres de Quiberon
Coordonnées 46° 47′ 03″ N 1° 25′ 48″ O / 46.784166666667, -1.4346° 47′ 03″ Nord 1° 25′ 48″ Ouest / 46.784166666667, -1.43  

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Le Massacre de Belleville a lieu le 9 août 1795 à Belleville-sur-Vie et désigne l'exécution de 200 à 400 prisonniers de guerre républicains massacrés par les Vendéens, sur ordre du général Charette, en représailles des exécutions de prisonniers émigrés et chouans, fusillés après la prise de Quiberon.

Prélude[modifier | modifier le code]

Le 24 juin 1795, suite à l'annonce de la mort de Louis XVII et au débarquement des émigrés à Quiberon, le traité de La Jaunaye est rompu par Charette. Le 25 juin, sur son ordre, le camp des Essarts est pris par le chef de division Pajot, presque tous les soldats républicains qui le défendaient sont faits prisonniers, peu sont tués[4]. Trois jours plus tard un convoi républicain tombe dans une embuscade tendue à Beaulieu-sous-la-Roche[5], près de Palluau, par le frère du général Charette et Louis Guérin. Le représentant Joseph-Marie Gaudin arrive peu après le combat avec une petite escorte et manque de peu d'y être attaqué[4].

Selon les mémoires de l'officier vendéen, Pierre-Suzanne Lucas de La Championnière, tous les Républicains sont tués ou capturés à l'affaire de Palluau, et ces derniers au nombre de 300 sont réunis aux prisonniers des Essarts et conduits à Belleville-sur-Vie, où ils sont enfermés[4]. D'après le rapport du représentant Gaudin, adressé au Comité de salut public le 29 juin, la perte aux Essarts est de 117 disparus et sur les 300 à 400 hommes du convoi attaqués à Palluau, 12 seulement sont rentrés[1]. Selon une lettre du général Grouchy à l'adjudant-général Savary, datée du 7 juillet, la perte totale des Républicains à ces deux combats est de 100 morts et plus de 200 prisonniers[2].

Le massacre[modifier | modifier le code]

Charette écrit aux Sables d'Olonne au représentant Gaudin afin de lui proposer un échange de prisonniers mais ce derniers refuse[5].

Le matin du 9 août, alors qu'il s'apprête à se rendre à la messe, Charette apprend devant le porche de l'église de Belleville[5], que des Royalistes capturés à Quiberon ont été fusillés. Il donne alors l'ordre de rassembler les prisonniers sur la place de la ville. La chose faite il évoque devant eux le sort des émigrés massacrés à Quiberon, puis leur déclare qu'ils vont être exécutés en représailles. Ceux-ci sont ensuite conduits à l'écart, Charette demandant juste au capitaine de paroisse chargé de l'exécution de mettre de côté 6 prisonniers[3].

Charette se rend ensuite à la messe pendant laquelle les bruits du massacres se font entendre. Les prisonniers républicains sont d'abord fusillés mais afin d'économiser la poudre, le capitaine donne ensuite l'ordre d'assommer les suivants[3].

Lucas de La Championnière laisse le récit suivant dans ses mémoires :

« Jusqu'à l'affaire de Quiberon, nos prisonniers furent conservés à Belleville ; leur existence y était bien pénible, ils avaient fort peu de pain, et la nuit on les renfermaient dans une chambre si étroite qu'ils avaient peine à se coucher tous à la fois ; mais enfin ils vivaient et avaient l'espoir d'être échangés ; après le traitement fait aux émigrés de Quiberon, M. Charette donna l'ordre de les faire périr ; ce qui fut exécuté de la manière la plus atroce pendant qu'on était à la messe. Un officier eut la bassesse d'en venir faire le récit au quartier général et de se vanter d'avoir lui-même servi de bourreau : « Retirez-vous de ma présence, lui dit le Général, vous êtes indigne d'occuper une place d'officier ». On peut croire d'après cette réprimande que le genre de supplice n'avait pas été désigné[6]. »

— Pierre-Suzanne Lucas de La Championnière

Les six prisonniers graciés sont ensuite conduits à Charette, ces derniers sont chargés de porter un message aux commandants des camps des Essarts, de l'Oie et de Palluau, afin de faire savoir aux autorités républicaines qu'il continuera d'user de représailles si le massacre des émigrés ne cesse pas[3] :

« Les barbaries exercées à Vannes m'ont forcé d'en user ainsi, pour en prévenir le retour s'il est possible. Je déclare au reste, que je sacrifierai homme pour homme, toute les fois qu'on égorgera un émigré devenu prisonnier[3]. »

Les représailles de Belleville ne mettent pas fin aux fusillades de Quiberon, celles-ci durent du 1er au 25 août, 748 émigrés et chouans y sont exécutés.

Lorsqu'il apprend que Charette a ordonné le massacre de ses prisonniers à Belleville, le général Lazare Hoche écrit au général Hédouville :

« Le maladroit ! Son cœur ne lui a pas dit qu'en nous renvoyant ces prisonniers après les exécutions d'Auray, il eût remporté contre nous la plus belle de ses victoires. Bonchamps n'y eût pas manqué[7]. »

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Jean Julien Michel Savary, Guerre des Vendéens et des chouans, par un officier supérieur de l'armée de Vendée (1824-1827), t. V, p. 134.
  2. a et b Jean Julien Michel Savary, Guerre des Vendéens et des chouans, par un officier supérieur de l'armée de Vendée (1824-1827), t. V, p. 189-190.
  3. a, b, c, d et e Jean Tabeur, Paris contre la Province, les guerres de l'Ouest, p. 242.
  4. a, b et c Pierre-Suzanne Lucas de La Championnière, Mémoires d'un officier vendéen, p. 116-117.
  5. a, b et c Yves Gras, La Guerre de Vendée, p. 152.
  6. Pierre-Suzanne Lucas de La Championnière, Mémoires d'un officier vendéen, p. 127-128.
  7. Édouard Bergounioux, Essai sur la vie de Lazare Hoche, Julien, Lanier et Cie, éditeurs,‎ 1852, p. 152-153. lire sur google livres