Microhistoire

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La microhistoire (ou microstoria en italien) est un courant de recherche historiographique né en Italie, spécialisé dans l'histoire moderne, regroupé autour de la revue Quaderni Storici et développé au début des années 1970.

Démarche[modifier | modifier le code]

Influencée par Edward Palmer Thompson, la microhistoire propose aux historiens de délaisser l’étude des masses ou des classes pour s’intéresser aux individus. En suivant le fil du destin particulier d’un individu, on éclaire les caractéristiques du monde qui l’entoure. Les microhistoriens italiens prônent une réduction d’échelle, afin d’examiner les phénomènes à la loupe.

Les recherches les plus courantes concernent l’étude d'une petite ville ou village, incluant une analyse centrée sur les petites gens et les individus d'importance mineure. Elles entrent habituellement en collaboration étroite avec les sciences sociales naturalisées, telles que l'économie, la sociologie et la psychologie cognitive construites sur l'individualisme méthodologique.

Courants[modifier | modifier le code]

Deux courants traversent cette historiographie :

  • La microhistoire sociale, avec pour chef de file Giovanni Levi. Son objectif est de restituer la cohérence d’un univers restreint en faisant varier les angles de vue et les échelles d'observation.
  • La microhistoire culturelle est surtout représentée par Carlo Ginzburg et Carlo Poni, autour du « paradigme de l’indice » (1986).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

À propos de la micro-histoire[modifier | modifier le code]

  • Jacques Revel, « Microstoria », dans Christian Delacroix, François Dosset, Patrick Garcia et Nicolas Offenstadt (dir.), Historiographies, concepts et débats, Paris, Gallimard, 2010, 2 tomes, Folio Histoire, t. 1, p. 529-534.
  • Edoardo Grendi, « Micro-analyse et histoire sociale », Écrire l’histoire, 3, 2009, p. 67-80
  • Carlo Ginzburg et Carlo Poni, « La micro-histoire », Le Débat, décembre 1981 (1979).
  • Jacques Revel, « L'histoire au ras du sol », préface de l'édition française du Pouvoir au village de Giovanni Levi, 1989 (voir plus bas).
  • Jacques Revel (dir.), Jeux d'échelles. La micro-analyse à l'expérience, EHESS/Gallimard/Seuil, 1996.

Ouvrages de microhistoire[modifier | modifier le code]

  • Carlo Ginzburg, Le fromage et les vers. L’univers d’un meunier frioulan du XVIe siècle, Paris, Aubier, 1980 (édition originale en 1976).
  • Eric Humbertclaude, Federico Gualdi à Venise : fragments retrouvés (1660-1678). Recherches sur un exploitant minier alchimiste, Paris, L'Harmattan, 2010, 366 p., ill., ISBN 978-2-296-13092-0
  • Giovanni Levi, Le pouvoir au village. Histoire d'un exorciste dans le Piémont du XVIIe siècle, Paris, Gallimard, 1989 (édition originale en 1985).
  • Daniel Schweitz, L'identité traditionnelle du Vendômois : des travaux d’érudition locale à la reconnaissance d’un pays de la Vieille France (XVIIIe-XXe siècle), préface de Daniel Roche, Vendôme, Éditions du Cherche-Lune, 2008, 263 p., nbr ill., ISBN 9 782 904 736 568
  • Daniel Schweitz, Aux origines de la France des pays. Histoire des identités de pays en Touraine (XVIe-XXe siècle), préface de Daniel Nordman, Paris, L’Harmattan, 2001, 463-p.-XXVII p. de pl., ISBN 2 7475 1250 9
  • Daniel Schweitz, Histoire et patrimoine de la Touraine. Introduction aux études locales. Guide du lecteur et du chercheur en bibliothèque, préface de Jean-Pierre Chaline, in Mémoires de la Société archéologique de Touraine, LXVIII, 2011.
  • Xavier François-Leclanché, "Les Gens de Villiers-sur-Tholon" (3 tomes: 1650-1789, 1790-1830, 1830-1871), Perform Éditeur (2006, 2010, 2012).

Article connexe[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]