Démographie

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World population.PNG
Nombre d'années (en rouge) pour que la population mondiale augmente d'un milliard d'individus. Ce type de diagramme inclut à la fois une dimension d'évaluation démographique rétrospective et une part de prospective démographique (projections démographiques pour la période 2010/2050). Le chiffre entre parenthèses indique l'année à laquelle le seuil du milliard d'êtres humains est atteint

La démographie (en grec δημογραφία, de l'ancien grec δήμος = demos signifiant « peuple » et de γραφή = graphein « écrire ») est l'étude quantitative et qualitative de l'âge des populations et de leurs dynamiques, à partir de caractéristiques telles que la natalité, la fécondité, la mortalité, la nuptialité (ou conjugalité) et la migration.
Le démographe analyse les variations de ces phénomènes dans le temps et dans l'espace, en fonction des milieux socio-économiques et culturels.
Sur cette base la prospective démographique est en mesure d'établir différents scenarii d'évolution : de type tendanciels, alternatifs, de crise ou de ruptures, etc.

L'augmentation de la population mondiale, notamment depuis la révolution industrielle, entraine indubitablement une série d'incidences importantes sur l'évolution des sociétés et des nations dans le monde, certaines pouvant constituer -au-delà d'un certain seuil- un frein au développement . Ainsi les thèmes contemporains du Développement durable intègrent aujourd'hui les questions très controversées du contrôle de l'évolution numérique des populations et de leurs migrations.
La démographie se trouve donc au centre des politiques de populations (notamment, celles de limitation des naissances pour des pays comme la Chine), des politiques d'immigration, mais également des politiques sociales de nombreux pays, notamment pour les systèmes d'assurances sociales, dont les prévisions reposent sur l'anticipation du nombre d'individus par classe d'âge : jeunes, population active, retraités, calculables grâce aux taux de natalité, de mortalité, de fécondité entre autres.
Plus récemment, les méthodes et outils démographiques ont débordé le cadre de la discipline pour être utilisés dans le champ plus vaste des sciences humaines appliquées et en particulier dans le domaine des études de marché ou des études de zone de chalandise afin de mieux « segmenter » et « cibler » des profils de consommateurs de plus en plus pertinents.

Histoire[modifier | modifier le code]

L'étude de la démographie est renforcée ensuite par les progrès importants dans l'espérance de vie et son estimation qui se produisent au milieu du XVIIIe siècle, grâce aux Table de mortalité successivement publiées par Antoine Deparcieux (1746, Théodore Tronchin (1748), Pehr Wilhelm Wargentin (1749), Thomas Simpson (1752), Johann Peter Süssmilch (1761), ou encore Daniel Bernoulli (1763). L'un d'eux, Pehr Wilhelm Wargentin a créé en 1749 le Tabellverket, appelé "Bureau des Tables", premier institut de statistique au monde, issu des premiers recensements que le Royaume de Suède avait ordonné à l'Église de Suède d'effectuer en 1686.

Richard Price est crédité du premier manuel sur les contingences de la vie publié en 1771 [7], suivie plus tard par Augustus de Morgan « Sur l'application des probabilités aux aléas de la vie » (1838)[8].
En 1778, Moreau publie « Recherches et considérations sur la population de la France » [9], qui compare la force et la taille de l'homme selon les pays, mais qui s'intéresse aussi au nombre relatif des naissances d'hommes et de femmes (il constate qu'il y a 16 naissances d'hommes pour 15 femmes. Moreau s'intéresse aussi aux métiers destructeurs de la santé, etc. Citons également le démographe vénitien Giammaria Ortes, considéré comme démographe pré-malthusien[10],[11], ainsi que le chinois Hong Liang Ki[12].
À la fin du XVIIIe siècle, Thomas Malthus conclut que, si rien n'était fait pour réduire puis stabiliser la démographie humaine, la croissance démographique serait de type exponentielle, avec le risque que la croissance de la population ne vienne à dépasser la croissance de la production alimentaire, conduisant à des famines et une pauvreté croissante (voir malthusianisme. Malthus est souvent considéré comme le créateur du concept de surpopulation et des limites de la « croissance ».

  • Révolution industrielle : En occident, alors qu'avec l'industrie et l'accès à de nouvelles ressources (charbon, puis pétrole), on s'inquiète moins de la surpopulation, des modèles plus sophistiqués et jugés réalistes sont mis au point et diffusés par les mathématiciens Benjamin Gompertz et Verhulst.
    La seconde moitié du XIXe siècle, ou plutôt la période 1860-1910, est une période de transition où la démographie émerge du domaine des statistiques comme un domaine d'intérêt à part entière.
    Cette période a connu de grands démographes tels qu'Adolphe Quételet (1796-1874), William Farr (1807-1883), Louis-Adolphe Bertillon (1821-1883) et son fils Jacques (1851-1922), Joseph Körösi (1844-1906), Anders Nicolas Kaier (1838-1919), Richard Böckh (1824 - 1907), Wilhelm Lexis (1837-1914) et Luigi Bodio (1840-1920) qui ont contribué au développement de la démographie, et de nombreux outils statistiques et de prospective pour l'analyse et la prévision démographique[13].

Méthodes[modifier | modifier le code]

Les démographes ont recours à diverses méthodes pour expliquer les phénomènes démographiques. Ils puisent notamment dans les connaissances de disciplines connexes, comme la sociologie, l'économie, la géographie et l'histoire, de sorte que leur interprétation soit la plus juste possible. La démographie dépasse donc largement le cadre de l'analyse statistique et permet d'étudier les phénomènes affectant les populations dans une perspective globale.

Indices et concepts importants[modifier | modifier le code]

Étude d'une population par âge[modifier | modifier le code]

Étude d'une population par sexe[modifier | modifier le code]

Étude de la natalité et de la mortalité d'une population[modifier | modifier le code]

Étude des migrations[modifier | modifier le code]

Démographie par régions et pays[modifier | modifier le code]

Monde

Afrique

Amérique

Asie

Europe

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. J. Moreau. Les théories démographiques dans l'Antiquité grecque, 1949, 4, 597-614
  2. a, b et c S.C.Srivastava,Studies in Demography,p.39-41
  3. a, b, c et d Peter Biller,The measure of multitude : Population in medieval thought (La mesure de la multitude : la population dans la pensée médiévale) ; Lire dans Google Livre
  4. Andrey Korotayev, Artemy Malkov, & Daria Khaltourina (2006). Introduction to Social Macrodynamics: Compact Macromodels of the World System Growth ( Introduction à macrodynamique sociales : les macro-compactes de la croissance mondiale du système). Moscou: URSS, ISBN 5-484-00414-4.
  5. . Robert Wallace, A dissertation of the numbers of mankind in ancient and modern times, 2e édition, Edimbourg, 1809, in-8°
  6. J. Hecht. Trois précurseurs de la Sécurité sociale au XVIIIe siècle : Henry de Boulainvilliers, Faiguet de Villeneuve, du Beissier de Pizany d'Eden, 1959, 1, p. 73-88.
  7. E.J. (Jack) Moorhead, Our Yesterdays: the History of the Actuarial Profession in North America, 1809-1979, FSA, (1/23/10–2/21/04), édité par la Société Society of Actuaries à l'occasion du centenaire de la profession en in 1989
  8. Augustus de Morgan, The History of Insurance, Vol 3, Edited by David Jenkins and Takau Yoneyama (1 85196 527 0): 8 Volume Set: (2000) Availability: Japan: Kinokuniya)
  9. Moreau, Recherches et considérations sur la population de la FranceParis, 1778, in-8°
  10. Hans Overbeek, http://www.persee.fr/articleAsPDF/pop_0032-4663_1970_num_25_3_14623/article_pop_0032-4663_1970_num_25_3_14623.pdf Un démographe prémalthusien au XVIIIe siècle : Giammaria Ortes], In: Population, 25e année, n°3, 1970 pp. 563-572
  11. Gonnard. Un précurseur de Malthus. Revue d'économie politique, 1904
  12. J. Chesneaux. Un prémalthusien chinois : Hong Liang Ki, 1960, 1, 89-95
  13. de Gans, Henk and Frans van Poppel (2000) Contributions from the margins. Dutch statisticians, actuaries and medical doctors and the methods of demography in the time of Wilhelm Lexis. Workshop on ‘Lexis in Context: German and Eastern& Northern European Contributions to Demography 1860-1910’ at the Max Planck Institute for Demographic Research, Rostock, August 28 and 29, 2000.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]