Bataille de Noirmoutier (1794)

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Bataille de Noirmoutier
Mort du général D'Elbée, peinture de Le Blant
Mort du général D'Elbée, peinture de Le Blant
Informations générales
Date 2 - 3 janvier 1794
Lieu Île de Noirmoutier
Issue Victoire républicaine
Belligérants
France Républicains Armée catholique et royale de Vendée Vendéens
Commandants
Nicolas Haxo
Nicolas Louis Jordy
Prieur de la Marne
Louis Turreau
Pierre Bourbotte
Maurice d'Elbée White flag icon.svg
• Alexandre Pineau White flag icon.svg
René de Tinguy White flag icon.svg
• Hyacinthe de La Roberie
• Benjamin Dubois de La Pastelière White flag icon.svg
• Pierre Duhoux de Hauterive White flag icon.svg
Forces en présence
3 112 hommes
1 frégate
1 800 hommes
Pertes
130 morts
200 blessés
400 morts
1 500 à 2 000 prisonniers exécutés
Guerre de Vendée
Coordonnées 46° 58′ 00″ N 2° 13′ 00″ O / 46.966666666667, -2.2166666666667 ()46° 58′ 00″ Nord 2° 13′ 00″ Ouest / 46.966666666667, -2.2166666666667 ()  

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 Différences entre dessin et blasonnement : Bataille de Noirmoutier (1794).

La bataille de Noirmoutier se déroula lors de la guerre de Vendée. Le 3 janvier 1794, les Républicains s'emparent de l'île de Noirmoutier et massacrent la garnison vendéenne.

Prélude[modifier | modifier le code]

Le 29 décembre 1793, le général Louis Marie Turreau arrive à Nantes afin de prendre ses fonction de général en chef de l'armée de l'ouest. Une des premières mesure qu'il ordonne est l'attaque de l'Île de Noirmoutier qui fait craindre aux républicains une aide possible des Britanniques aux Vendéens. C'est le général Nicolas Haxo, qui d'ailleurs prépare depuis trois mois cette opération, qui est chargé de prendre le commandement[1],[2].

Le 30 décembre un premier affrontement se déroule près du bois de la Chaise entre les navires républicains et les batteries vendéennes. La frégate La Nymphe, la corvette Le Fabius et la canonnière L'Île-Dieu engagent le combat en début d'après-midi. Cette première attaque tourne mal pour les Républicains, les Vendéens répondent à boulets rouge, Le Fabius est démâté et en partie incendié, tandis que La Nymphe s'égare suite à une erreur du pilote, et perd deux hommes tués et deux blessés[3].

De son côté Charette n'ignore pas l'imminence de cette attaque, aussi il tente une diversion et investit Machecoul. Informé Haxo propose de retarder l'expédition mais Turreau refuse et donne l'ordre de poursuivre[2]. Afin de couvrir les troupes d'Haxo, sur l'ordre de Turreau, l'adjudant-général François Carpentier contre-attaque et reprend Machecoul le 2 janvier 1794[1].

Finalement, depuis Fromentine dans la soirée du 2 janvier, les républicains passèrent à l'attaque de Noirmoutier. Haxo quitte Beauvoir-sur-Mer et se porte à La Barre-de-Monts près du Gois, tandis que le lendemain la colonne de Jordy s'embarque à Bouin sur La Nymphe[4].

La bataille[modifier | modifier le code]

Ile-de-Noirmoutier.png

L'île de Noirmoutier a pour se défendre 1 800[1],[2] à 2 000[4] soldats vendéens, sous les ordres d'Alexandre Pineau[4]. René de Tinguy est gouverneur de l'île et Benjamain Dubois de La Pastelière, ancien capitaine de la garde nationale de Soullans est commandant du chef-lieu[4]. Le plus haut gradé est Maurice Gigost d'Elbée, ancien général en chef de l'armée catholique et royale, mais celui-ci souffre toujours de ses graves blessures subies en octobre à la bataille de Cholet, aussi il ne peut assurer le commandement et doit se contenter de prodiguer des conseils[4]. Alexandre Pineau dirige l'ensemble des forces royalistes. Le gros des troupes, 1 200 hommes commandés par Hyacinthe Harvouët de La Roberie est à Barbâtre, pour défendre le passage du Gois, le seul endroit où la traversée par voie de terre était possible à marée basse[4].

La plage de Barbâtre

Mais Haxo avait prévu d'attaquer sur plusieurs points, il disposait d'une petite flotte, 19 navires de transport et de la frégate, La Nymphe. Deux diversions sont tentées au nord de l'île. Le 3 janvier, à 6 heures du matin, la première vague républicaine, forte de 1 500 hommes[2], dirigée par Nicolas Louis Jordy débarque discrètement à la pointe de la Fosse au sud de l'île. Le combat s'engagea et fut d'abord à l'avantage des Vendéens, les soldats républicains étaient éprouvés par deux jours de confinement dans les bateaux de transports et l'artillerie vendéenne était parvenue à faire échouer la frégate La Nymphe. L'adjudant-général Jordy est blessé d'une balle à la cuisse dirige la suite des opérations sur les batteries de Barbâtre et de la Fosse sur un brancard[4]. À une heure de l'après-midi, les républicains étaient parvenus à s'emparer de Barbâtre.

Le sud de l'île pris, Haxo n'a plus à craindre l'artillerie vendéenne, il traverse le passage du Gois avec 2 000 hommes. Les défenseurs du passage, craignant d'être pris à revers par Jordy, préfèrent abandonner la position[4]. Haxo peut donc faire sa jonction à Barbâtre avec les hommes de Jordy pendant que les Vendéens se replient sur Noirmoutier-en-l'Île.

Mais à peine Barbâtre était prise que déjà la répression commençait, ordonnée par les représentants en mission Prieur de la Marne, Louis Turreau et Bourbotte qui surveillaient les opérations. Les habitants de Barbâtre s'étaient joints aux Vendéens lors de la prise de l'île par Charette lors de la première bataille de Noirmoutier, aussi tous les hommes adultes présents dans le bourg furent passés par les armes.

Haxo mit toutes ses troupes en marche pour Noirmoutier-en-l'Île. La Guérinière est prise facilement. Une autre division, débarquée à L'Herbaudière, marche également sur Noirmoutier-en-l'Île. D'autres troupes furent détachées pour prendre L'Épine. Mais alors que les républicains franchissaient le pont de la Corbe, à 3 heures de l'après-midi, des parlementaires vendéens se présentèrent. Ces derniers, des hussards allemands, sont porteurs d'une proposition de capitulation, demandant seulement la vie sauve en échange de quoi ils s'engageaient à ne plus combattre les républicains. La proposition fut rejetée par les représentants en mission qui refusèrent toute négociation et déclarèrent qu'il ne serait fait aucune grâce. La bataille reprit donc dans les abords de Noirmoutier-en-l'Île.

Cependant le temps jouait en faveur des Vendéens, la marée remontait et si les républicains ne remportaient pas la victoire assez vite, ils risquaient d'être coupés du continent et de se retrouver sans subsistances. Haxo craignait de plus l'importante artillerie vendéenne qui risquait de faire des ravages lors de l'attaque de la ville. Aussi lorsque les Vendéens envoyèrent de nouveaux émissaires, Haxo prit sur lui d'accepter leurs offres de reddition. Confiants en la parole de Haxo, considéré comme un officier loyal[1], les Vendéens cessèrent le combat, déposèrent les armes puis se retirèrent dans l'église et le château pendant que les républicains faisaient leur entrée dans la ville.

Selon un rapport des représentants en mission à la Convention nationale, les pertes républicaines ne furent que de 2 hommes tués et de 10 à 12 blessés, en revanche selon le rapport de l'Adjudant-général Jordy les pertes furent en réalité de 130 morts et 200 blessés[5].

Exécutions des prisonniers[modifier | modifier le code]

L'église de Noirmoutier

La vie sauve avait été promise aux Vendéens mais les représentants en mission Prieur de la Marne, Louis Turreau et Bourbotte ne prirent pas en compte la parole de Haxo. Le tribunal révolutionnaire fut remis en place, les soldats organisèrent des battues dans les bois et les souterrains et de nombreux habitants furent arrêtés. Tous les prisonniers vendéens furent enfermés dans l'église, et leur nombre gagna rapidement les 1 500[1],[4] parmi lesquels quelque émigrés, prêtres, femmes et enfants.

Les représentants ordonnèrent ensuite la mise à mort de tous les prisonniers entassés dans l'église. Haxo tenta de s'opposer à cette mesure mais en vain, les représentants avaient autorité dans ce domaine.

Au matin du 4 janvier, les exécutions commencèrent, les prisonniers furent extraits de l'église par groupe de 60, conduits à Banzeaux, au lieu-dit La Vache et fusillés sur la plage. Les officiers et les prêtres furent en revanche fusillés sur la place d'Armes. Les exécutions durèrent deux jours, les corps entassés dans une fosse ne furent enterrés qu'au bout d'un mois.

Les républicains eurent la surprise de trouver Maurice Gigost d'Elbée parmi leurs prisonniers, l'ancien général en chef passait pour mort auprès des autorités républicaines. D'Elbée subit un long interrogatoire qui dura deux jours.

Le 6 janvier, d'Elbée, Pierre Duhoux d’Hauterive et Gouffier de Boisy de Landebaudière sont conduits sur la place d'Armes. D'Elbée, blessé, ne pouvait marcher et avait été placé sur un fauteuil. On adjoignit ensuite aux trois condamnés l'officier républicain Conrad Wieland, ancien commandant de Noirmoutier, coupable de s'être rendu aux Vendéens lors de la première bataille de Noirmoutier. Les quatre hommes furent ensuite fusillés. Onze jours plus tard, l'épouse du général d'Elbée subit le même sort[1],[2].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • François Piet, Mémoires sur l'île de Noirmoutier.
  • Émile Gabory, Les Guerres de Vendée, Robert Laffont,‎ 1912-1931 (réimpr. 2009), p. 334-337.
  • Jean Julien Michel Savary, Guerres des Vendéens et des Chouans contre la République, t. III, p. 5-9. texte en ligne sur google livres
  • Jean Tabeur, Paris contre la Province, les guerres de l'Ouest, Economica,‎ 2008, p. 182-183.
  • Yves Gras, La Guerre de Vendée (1793-1796), Economica,‎ 1994,p. 124-125.

Liens externes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e et f Yves Gras, La Guerre de Vendée, p. 124-125.
  2. a, b, c, d et e Jean Tabeur, Paris contre la Province, les guerres de l'Ouest, p. 182-183.
  3. Jean Julien Michel Savary, Guerre des Vendéens et des chouans, par un officier supérieur de l'armée de Vendée (1824-1827), t. III, p. 5-9.
  4. a, b, c, d, e, f, g, h et i Émile Gabory, Les Guerres de Vendée, p. 334-337.
  5. Collection des mémoires relatifs à la Révolution française, Volume 30, 1825, par Saint-Albin Berville, François Barrière, p.8. 1
  • Collection des mémoires relatifs à la Révolution française, Volume 30, 1825, par Saint-Albin Berville, François Barrière. 1
Première Guerre de Vendée (1793-1795)

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