Camille Jordan (homme politique)

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Camille Jordan

Camille Jordan est un homme politique et écrivain français né à Lyon, le 19 mai 1771, et mort à Paris, le 19 mai 1821.

Biographie[modifier | modifier le code]

Issu d'une famille de commerçants lyonnais, son père est recteur de l'Hôtel-Dieu, sa mère Marie-Elisabeth Perier est la sœur du banquier dauphinois Claude Perier, père de Casimir Perier. Camille Jordan fait ses études chez les Oratoriens, puis au séminaire de Saint-Irénée.

Adversaire de la Révolution, et notamment de la constitution civile du clergé, il fut un des meneurs royalistes du Soulèvement de Lyon contre la Convention nationale en 1793. À la prise de Lyon, le 9 octobre 1793, il se réfugia d'abord en Suisse puis en Angleterre dont il admirait la constitution.

Il revint à Lyon en 1796. Il est élu le 23 germinal an V député du Rhône au Conseil des Cinq-Cents. Durant sa députation, il s'engage essentiellement sur la liberté du culte, et débat pour la suppression de la loi de déportation des prêtres insermentés. Auteur d'un rapport sur la police des cultes dans lequel il demande notamment le rétablissement de l'usage des cloches dans les campagnes, il fut surnommé «Jordan-Cloche»[1].

Opposé au Directoire, il fut à nouveau obligé d'émigrer en Suisse puis à Weimar[2] où il se lia d'amitié avec Jean-Joseph Mounier. Revenu en France, il fut mis sous surveillance à Grenoble puis se rendit à Paris où il séjourna chez Mme de Staël dont il fut l'ami ainsi que celui de Mme Récamier et de Chateaubriand. Opposé au Consulat à vie il écrivit un pamphlet « Vrai sens du vote national pour le consulat à vie ».

Sous l'Empire, il s'abstint de toute activité politique.

En 1814, il fut un des représentants de Lyon qui rencontrèrent à Dijon l'empereur d'Autriche pour demander le rétablissement de la monarchie. Le 8 avril il assista au conseil municipal de Lyon qui proclama Louis XVIII roi de France. En août 1815 il fut nommé président du collège électoral de Lyon.

Le 4 octobre 1816 il fut élu député de l'Ain. Il devint président de la Chambre, membre de la commission de l'Adresse et de celle du Budget. Réélu député en 1818, il se rapprocha de la gauche et devient un des chefs de l'opposition constitutionnelle et des Doctrinaires.

Il a été inhumé au cimetière du Père-Lachaise (39e division)[3].

Il était l'oncle d'Alexis Jordan et le grand-oncle du mathématicien Camille Jordan.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Xavier de Montclos (dir.), Dictionnaire du monde religieux dans la France contemporaine ; 6. Lyon ; Le Lyonnais - Le Beaujolais, Beauchesne, 1994, Paris, 460 p., (ISBN 2-7010-1305-4), p. 247.
  2. Il en rapportera une étude sur le poète allemand Klopstock. Ref Visages du Lyonnais (Paris, 1952)
  3. Paul Bauer, Deux siècles d'histoire au Père Lachaise, Mémoire et Documents,‎ 2006 (ISBN 978-2914611480), p. 436

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean Tulard, Jean-François Fayard, Alfred Fierro, Histoire et dictionnaire de la Révolution française 1789-1799, Robert Laffont, 1987, Paris, 1213 p., (ISBN 2-221-04588-2)
  • Jacques-Alphonse Mahul, Annuaire nécrologique, ou Supplément annuel et continuation de toutes les biographies ou dictionnaires historiques, 2e année, 1821, Paris : Ponthieu, 1822, p.213-226 [1]

Lien externe[modifier | modifier le code]

Biographie Assemblée nationale

Article connexe[modifier | modifier le code]