Antoine Merlin de Thionville

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Merlin de Thionville
Image illustrative de l'article Antoine Merlin de Thionville
Fonctions
Député de la Moselle
4 septembre 17911er janvier 1798
Groupe politique Montagne
Biographie
Nom de naissance Antoine Christophe Merlin
Date de naissance 13 septembre 1762
Lieu de naissance Thionville
Date de décès 14 septembre 1833
Lieu de décès Paris
Nationalité Français
Profession Huissier de justice, puis Avocat

Antoine Merlin, dit Merlin de Thionville pour le distinguer de Merlin de Douai, né à Thionville le 13 septembre 1762 et mort à Paris le 14 septembre 1833, fut député de la Moselle à la Convention nationale. C'est l'un des plus fameux représentants en mission de la Convention.

Biographie[modifier | modifier le code]

Il entra au séminaire, le quitta, fit des études de droit, exerça la profession d'huissier, puis d'avocat au parlement de Metz.

Séduit par les idées révolutionnaires, il fut envoyé en 1790 par le département de la Moselle à l'Assemblée législative où il se fit remarquer par ses emportements et ses idées très radicales. Il fit partie du Club des Jacobins, qui l'interdit, un jour, de parole, suite à certains de ses propos. Il est d'abord élu à l'assemblée législative en septembre 1791 où il forme à l'extrême gauche avec Chabot et Basire le trio cordelier. Il participe très activement à la journée du 10 août 1792 et y joua un rôle déterminant.

Réélu par les départements de la Moselle et de la Somme à la Convention nationale, il opta pour la Moselle où il siégea à l'extrême gauche de la Montagne avec Basire et Chabot. Il devint suppléant du Comité de la guerre et membre du Comité de l'Agriculture. Il fut l'un des accusateurs les plus acharné de Louis XVI. En mission avec Rewbell et Nicolas Haussmann, lors du procès du roi, il ne participa pas aux différents votes que nécessita son jugement ; mais le 6 janvier 1793, Merlin et ses deux collègues envoyèrent une lettre à la Convention qu'ils terminaient par cette apostrophe : « Nous sommes entourés de morts et de blessés : c'est au nom de Louis Capet que les tyrans égorgent nos frères, et nous apprenons que Louis Capet vit encore ! »

Merlin de Thionville à l'armée du Rhin, par Nicolas-Toussaint Charlet (1843).

Commissaire aux armées du Rhin, des Vosges et de la Moselle, il ne participa pas à l'appel nominal sur la demande de mise en accusation de Marat. Il reçut une lettre de félicitation de la Convention nationale pour son courage lors de la défense de la forteresse Mayence au Siège de Mayence (1793) puis lors du blocus de Mayence. Il était toujours en mission à l'armée du Rhin, lors de la demande du rapport du décret qui avait cassé la Commission des Douze.

Il accompagna l'armée de Mayence en Vendée où il se fit remarquer par son courage et son intrépidité.

Le 9 thermidor, il prit une part active à la chute de Robespierre. Il repartit pour assiéger Mayence avec en 1795, puis devint membre du Conseil des Cinq-Cents et en 1798 directeur général des postes. Au Consulat, il se retira de la vie publique.

En 1814, cependant, il résolut de se mettre à la tête de volontaires pour repousser l'invasion des armées alliées. Échappant à la proscription, à la Restauration, il se confondit en regrets devant Louis XVIII, voulant le persuader que la prise des Tuileries et sa lettre pro-régicide du 6 janvier 1793 n'étaient « qu'une erreur de jeunesse »[1].

Il est mort 58, rue des Tournelles à Paris où une plaque explique « Merlin de Thionville, député à l'assemblée nationale, à la convention, au Conseil des 500, représentant aux Armées, est mort ici le 14 septembre 1833 » (1er étage entre 2 balcons). Son corps repose au cimetière du Père-Lachaise à côté du mausolée du maréchal Ney.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Eugène Welvert, "Merlin de Thionville" dans Lendemains révolutionnaires, les régicides, Paris, Calmann-Levy, 1907

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean-René Surrateau, « Merlin de Thionville (Antoine-Christophe Merlin dit de Thionville) » dans Albert Soboul, Dictionnaire historique de la Révolution française
  • Eugène Welvert, « Merlin de Thionville » dans Eugène Welvert, Lendemains révolutionnaires, les régicides Paris, Calmann-Levy, 1907.
  • Alphonse Aulard, Recueil des actes du comité de salut public, 27 vol, tome 1
  • Augustin Kuscinsky, « Merlin de Thionville », dans Dictionnaire des Conventionnels, Paris, 1916.
  • Edna Le May (dir), « Merlin de Thionville », dans Dictionnaire des Législateurs 1791-1792, Centre international d'Histoire du XVIIIe siècle, 2 vol., tome 2, H-Y.