François Athanase Charette de La Contrie

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François Athanase Charette de La Contrie
François Athanase Charette de La Contrie par Alfred de Chasteignier, 1819.
François Athanase Charette de La Contrie par Alfred de Chasteignier, 1819.

Naissance
Couffé
Décès (à 32 ans)
Nantes
Fusillé
Origine Français
Allégeance Drapeau du Royaume de France Royaume de France
Armée catholique et royale de Vendée Vendéens
Arme Pavillon de la marine royale française Marine royale française
Grade Lieutenant général
Années de service 1779 – 1796
Conflits Guerre d'indépendance des États-Unis
Guerre de Vendée
Commandement Armée catholique et royale
Faits d'armes 2e Bataille de Pornic
Bataille de Challans
Bataille de Saint-Gervais
2e Bataille de Machecoul
Bataille de Legé
Bataille de Palluau
3e Bataille de Machecoul
Bataille de Nantes
3e Bataille de Luçon
Bataille de Tiffauges
Bataille de Montaigu
Bataille de Saint-Fulgent
1re Bataille de Noirmoutier
Bataille de l'île de Bouin
Bataille de Gralas
Bataille des Brouzils
Bataille de Legé
Bataille de Saint-Colombin
Bataille des Clouzeaux
Bataille de Chaudron-en-Mauges
Bataille des Naudières
Bataille de Fréligné
Bataille de Saint-Cyr-en-Talmondais
Bataille de La Guyonnière
Famille Charette de La Contrie

Emblème

François Athanase Charette de La Contrie, né le [1] à Couffé, près d'Ancenis et mort fusillé le à Nantes, est un militaire breton qui a joué un rôle essentiel dans la guerre de Vendée à la tête de l'Armée catholique et royale du Bas-Poitou et du Pays de Retz.

Il fut surnommé « Le Roi de la Vendée », et Napoléon Ier écrira de lui : « Il laisse percer du génie ».

Biographie[modifier | modifier le code]

Prélude[modifier | modifier le code]

Fils de Michel Louis Charette, chevalier, seigneur de la Contrie et de Marie Anne de la Garde de Monjeu, il nait le 2 mai 1763 à Couffé[2]. Il entre à l’école des Gardes de la Marine en 1779, sert ensuite sous le comte de La Motte-Picquet et l'amiral comte de Guichen. À l'âge de 24 ans, il obtient le grade de lieutenant de vaisseau en 1787 et compte en 1790, onze campagnes à son actif, dont quelques-unes en Amérique.

Il est envoyé en mer du Nord, en Russie. Puis se bat contre les Barbaresques, puis aux côtés des Ottomans contre les Grecs.

Le 25 mai 1790, à 27 ans, il épouse à Nantes paroisse Saint Denis, Marie-Angélique Josnet de La Doussetière, veuve de son cousin Louis Charette, âgée de 41 ans[3], et s'établit au manoir de Fonteclose, à La Garnache près de Challans (Vendée). Très vite, il s’ennuie, s'éprend de maîtresses, s'adonne à la chasse et ne manque aucun bal des châteaux environnants.

Bien qu’il désapprouve le principe de l’émigration, il part pour Coblence, mais ne tarde pas à revenir en France pour défendre la famille royale aux Tuileries, le 10 août 1792. Il échappe au massacre, mais sur le chemin du retour, il est arrêté à Angers et relâché grâce à l’intervention de Dumouriez.

Les débuts de la guerre de Vendée (mars-septembre 1793)[modifier | modifier le code]

Le 27 mars 1793 (24 Ventôse an I), dans la région de Machecoul où des républicains ont été massacrés, il accepte de se mettre à la tête de paysans du Marais breton venus chercher son commandement au manoir de Fonteclose. Ils auront du mal à le convaincre de les commander car Charette s'était caché sous son lit en espérant les lasser. Lorsqu'il se décida enfin à sortir, il dit aux hommes qui se trouvaient là : « Soit, mais je commande et l'on m'obéit ». Ceux-ci ne sont armés que de piques et de fusils de chasse et sont peu disciplinés. Il parvient ensuite à commander de meilleurs éléments dont des déserteurs républicains, et une cavalerie d’élite composée de nobles et de bourgeois équipés à leurs frais. Le 30 avril 1793 (11 Floréal an I), il parvient à empêcher les Républicains de prendre Legé.

Après la prise de Saumur en juin 1793, il se joint à l'armée catholique et royale et Lescure lui demande de participer à la prise de Nantes. Le 29 juin 1793, il arrive le premier avec ses troupes dans les faubourgs de la ville. Il lance l'assaut seul aux aurores sans attendre les renforts de Charles de Bonchamps. Il est le dernier à quitter Nantes; le lendemain, après la retraite de l'armée catholique et royale et voyant que tout était perdu, il aurait fait un pas de danse par dérision. Deux semaines plus tard, il est de nouveau présent sans les autres groupes, alors que l'attaque devait être combinée. Ses pertes sont élevées et après la perte de quatre canons, les Bleus contre-attaquent.

Le 19 septembre 1793, il participe à la victoire de Tiffauges, mais désobéit avec Lescure dans la poursuite de Kléber.

Le 30 septembre 1793 (9 Vendémiaire an II), le canon dans l'île de Noirmoutier fait reculer ses troupes. Mais douze jours plus tard, il les fait entrer par la chaussée du Gois à la marée montante pour les forcer à avancer. Les 800 hommes de la garnison sont rapidement capturés et, malgré ses ordres, un sous-chef en fait fusiller 200.

La guérilla dans le pays de Retz (octobre 1793-février 1795)[modifier | modifier le code]

Se sentant dédaigné, il se sépare du gros de l'armée vendéenne qui va subir un désastre au cours de la Virée de Galerne, notamment à Savenay en décembre 1793. Il poursuit la lutte par une guérilla autonome.

En mai 1794, Charette réorganise son armée et confirme Pierre Rezeau comme commandant de la division de Montaigu.

En 1794, il s'empare du camp républicain de Saint-Christophe, près de Challans, mais moins d'un mois plus tard, le général Nicolas Haxo avec six mille hommes le force à s'enfuir. Il prend sa revanche peu de temps après en encerclant Haxo, qui est capturé et se voit apparemment contraint au suicide.

Exécution du général de Charette, place Viarme à Nantes, mars 1796, par Julien Le Blant

Le traité de la Jaunaye et ses suites (février-octobre 1795)[modifier | modifier le code]

À bout de munitions, le 17 février 1795, Charette, ainsi que plusieurs autres chefs vendéens, signe avec les représentants de la Convention le traité de La Jaunaye. Ce traité, signé au manoir de La Jaunaye, à Saint-Sébastien[4], près de Nantes, établit la liberté religieuse et exempte les insurgés du service armé. Quelques jours plus tard, Charette peut défiler à Nantes aux côtés du général Canclaux et du représentant en mission Albert Ruelle.

Mais la paix ne dure que cinq mois. En juin 1795, Charette reprend les armes au moment du débarquement de Quiberon, reçoit de la poudre, des armes et des fonds des Britanniques à Saint-Jean-de-Monts les 10,11 et 12 août 1795, mais est défait par Hoche.

En juillet, le futur roi Louis XVIII lui écrit qu'il lui confère le grade de général de l'armée catholique et royale. Ses faits d'armes dépassent de loin le cadre de la guerre de Vendée : il reçoit les félicitations d'Alexandre Souvorov et Dumouriez tente de le débaucher pour rallier la cause de Louis-Philippe d'Orléans.

Attendant l’aide des émigrés et des Anglais, Charette se rend sur la côte avec une armée de 10 000 hommes, un débarquement devant avoir lieu depuis le pertuis Breton le 24 septembre. Celui-ci ne se produisant pas, il doit rebrousser chemin le 25. Le 29 septembre, la flotte anglaise vient mouiller près de l’île d’Yeu[5].

En octobre 1795, il tente d'organiser la venue du comte d'Artois, second frère de Louis XVI en Vendée et se porte sur la côte avec 15 000 hommes lorsque le prince se trouve à l'Île d'Yeu. Le futur Charles X ne rejoint pas le continent et Charette est peu à peu abandonné par ses troupes.

La fin de Charette (octobre 1795-mars 1796)[modifier | modifier le code]

Monument indiquant le lieu de capture de Charette dans les bois de la Chabotterie

Charette fait alors le projet de faire jonction avec les bandes de Jean-Nicolas Stofflet qui se battent encore en Anjou. Mais les colonnes républicaines viennent quadriller la région et il finit par être capturé par le général Jean Pierre Travot le 23 mars 1796 dans les bois de la Chabotterie (commune de Saint-Sulpice-le-Verdon) alors qu'il n'est plus suivi que par 32 derniers fidèles. Pour sa défense, Charette prétendra qu'il était en pourparlers pour se rendre.

Condamné à mort, il est fusillé le 29 mars 1796 sur la place Viarme à Nantes. Une croix, à l'angle de la Place Viarme et de la rue Félibien, commémore cette exécution. Il ordonnera lui-même de faire feu par sa célèbre réplique « lorsque je fermerai les yeux, tirez droit au cœur », il refusa d'ailleurs de se faire bander les yeux, avant de mourir il fait sienne la réplique « Seigneur, entre tes mains je remets mon esprit » et dans un dernier effort au moment où les soldats ont tiré il se jette en avant.

Sa devise était « Combattu souvent, battu parfois, abattu jamais ». Son souvenir est encore très vivace en Vendée.

Franc-maçonnerie[modifier | modifier le code]

Charette a été initié à la franc-maçonnerie[6][réf. insuffisante]. Son assiduité lui a permis de s'élever au grade de Chevalier Kadosch[7]. Lisible dans sa correspondance, cette démarche initiatique, assez commune chez les aristocrates du XVIIIe siècle, constituait en outre une « assurance » pour les officiers, qui quand ils étaient fait prisonniers, notamment par les Anglais, jouissaient d'un traitement de faveur s'ils étaient franc-maçons[réf. nécessaire].

Jugements sur Charette[modifier | modifier le code]

« […] Il y eut deux Vendées, la Grande qui faisait la guerre des forêts, la Petite qui faisait la guerre des buissons ; là est la nuance qui sépare Charette de Jean Chouan. La Petite Vendée était naïve, la Grande était corrompue ; la Petite valait mieux. Charette fut fait marquis, lieutenant général des armées du Roi et Grand-croix de Saint-Louis ; Jean Chouan resta Jean Chouan. Charette confine au bandit, Jean Chouan au paladin ……… La Rochejaquelein n'est qu'Achille, Jean Chouan est Protée. […] »

— Victor Hugo, Quatrevingt-Treize, t. II, p. 112-113

« J'ai lu une histoire de la Vendée, si les détails, les portraits sont exacts Charette est le seul grand caractère, le véritable héros de cet épisode marquant de notre révolution, lequel, s'il présente de grands malheurs, n'immole pas du moins notre gloire. On s'y égorge, mais on ne s'y dégrade point, on y reçoit des secours de l'étranger, mais on n'a pas la honte d'être sous sa bannière et d'en recevoir un salaire journalier pour n'être que l'exécuteur de ses volontés. Oui, Charette me laisse l'impression d'un grand caractère, je lui vois faire des choses d'une énergie, d'une audace peu communes, il laisse percer du génie. »

— Napoléon Ier, cité par Emmanuel de Las Cases, Le Mémorial de Sainte-Hélène, tome VII, p. 237

« On a dit de M. Charette beaucoup de bien et beaucoup de mal ; ses partisans et ses ennemis ont également outré dans leurs rapports. On ne peut pas avancer qu'il fut un grand homme, mais il serait injuste de nier que dans sa disposition il montra quelques qualités remarquables[8]. »

— Pierre-Suzanne Lucas de La Championnière

Hommages[modifier | modifier le code]

Masque mortuaire de François Athanase de Charette de La Contrie (masque du second moulage exécuté par Cazane - 12 germinal, an IV) - Historial de Vendée - Les Lucs-sur-Boulogne, Vendée
  • Nantes : monument à la mémoire de Charette (croix) située sur la place Viarme, lieu de son exécution ; la croix n'a cependant pas été placée au lieu précis de l'événement. Sur la place, entre les places de parking, un pavé, marqué d'une croix indique « l'endroit » de l'exécution.
  • Saint-Sébastien-sur-Loire : rue François-Athanase-de-Charette-de-La-Contrie, tout près du manoir de la Jaunaie, où fut signé le traité de paix de 1795.
  • Legé : la chapelle Notre-Dame-de-Pitié ou « chapelle Charette » est édifiée en son honneur, et une rue porte son nom en hommage.

Autres personnalités de la famille de Charette[modifier | modifier le code]

  • Athanase de Charette de La Contrie (1832-1911), son petit-neveu, fait une carrière militaire en Italie et en Autriche avant de commander les zouaves pontificaux de 1860 à 1870, puis de participer comme général de brigade à la défense de la France contre les Prussiens en 1870.
  • Hervé de Charette, député-maire de Saint-Florent-le-Vieil (Maine-et-Loire) et ancien ministre, est un descendant de son frère, comme tous les membres actuels de la famille de Charette.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Thérèse Rouchette, Charette, Centre vendéen de recherches historiques, 2007, p.9-10.
  2. acte de naissance page 7
  3. acte de mariage page 7
  4. Et non pas : « près de Vertou », même si ce n'est pas faux !
  5. Dictionnaire des personnages de la Révolution, p. 171.
  6. André Combes, Les Trois Siècles de la franc-maçonnerie française, p. ??
  7. Émile Boutin, « Madame de la Garnache », in Revue de la Société des Historiens du Pays de Retz.
  8. Pierre-Suzanne Lucas de La Championnière, Mémoires d'un officier vendéen, p. 140.

Annexes[modifier | modifier le code]

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Sources et bibliographie[modifier | modifier le code]

Filmographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]