Bicentenaire de la Révolution

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Bicentenaire de la Révolution
Saint-cyriens défilant sur les Champs-Élysées le 14 juillet 2007
Saint-cyriens défilant sur les Champs-Élysées le 14 juillet 2007
Généralités
Type Célébration
Pays Drapeau de la France France
Date 1989

Le bicentenaire de la Révolution est un évènement festif organisé en 1989 en France pour la célébration du 200e anniversaire de la Révolution, plus particulièrement de la prise de la Bastille le 14 juillet 1789, et de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen le 26 août 1789.

Préparation[modifier | modifier le code]

En septembre 1986, le gouvernement crée une Mission de commémoration du bicentenaire de la Révolution française et de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen.

Puis entre juin 1988 et mai 1991, sous le deuxième gouvernement Rocard, le ministère de la Culture et de la Communication est rebaptisé ministère de la Culture, de la Communication, des Grands travaux et du Bicentenaire[1]. C'est en effet à lui que revient la charge d'« assurer la cohérence de l'action gouvernementale pour l'organisation du bicentenaire de la Révolution française et de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen »[2], avec l'aide de la mission gouvernementale.

Dès l'arrivée des socialistes au pouvoir, la politique des Grands Travaux de François Mitterrand ambitionne d'ériger les nouveaux monuments français du XXe siècle. Plusieurs constructions seront édifiées jusqu'en 1989, dont le parc de la Villette ou le musée d'Orsay. Sont inaugurés l'année du bicentenaire l'Opéra Bastille, la Pyramide du Louvre et la Grande Arche de la Défense.

Dès le 13 juillet, pour anticiper l'afflux de spectateurs venant assister aux célébrations, d'importantes sections de la capitale sont fermées aux véhicules, et réservées aux piétons[3].

Défilé militaire[modifier | modifier le code]

La célébration républicaine des défilés militaires a lieu dans la plupart des grandes villes de France, à l’instar de Marseille, Bordeaux, Strasbourg, Nice, Bayonne et Rennes.

À Paris, comme chaque année depuis 1880, une parade militaire défile le 14 juillet sur les Champs-Élysées ; 300 blindées, ainsi que 5 000 hommes à pieds sont mobilisés. Les Alpha Jet de la patrouille de France lâchent leurs fumigènes tricolores dès leur survol de l’Arche de la Défense, jusqu’à la place de la Concorde. Pour la première fois, des hélicoptères de la force d’action rapide, au nombre de 120, survolent le ciel parisien.

Plus importante qu’à l'ordinaire, cette célébration populaire connait un regain d’intérêt pour le bicentenaire de la Révolution, puisque près de 800 000 spectateurs assistent au défilé parisien, franchissant un record d’affluence historique. Le public vient du monde entier ; un journaliste d’Antenne 2 constate la présence d'Argentins, de Japonais, ou encore de Danois. Malgré l'afflux de visiteur supérieur à la normale, aucun incident majeur n'est à déclarer - si ce n’est quelques débordements de foules au-delà des espaces qui lui sont réservés.

Des dissidents chinois exfiltrés après les manifestations de la place Tian'anmen, dont Cai Chongguo, Wuer Kaixi, Yan Jiaqi et Wan Runnan sont accueillis dans une tribune autour de la place de la Concorde pour le défilé. On leur cède les sièges prévus pour les officiels chinois, mais ni François Mitterrand, ni aucun ministre ne s'affiche à leur côté[4].

33 chefs d’État et de gouvernement étrangers, invités par François Mitterrand, alors président de la République française, assistent au défilé. La tribune officielle entière s'est levée au passage de la Légion étrangère pour la saluer.

Parade de « La Marseillaise »[modifier | modifier le code]

Sur les Champs-Élysées une immense parade sobrement intitulée "La Marseillaise", d'une durée de trois heures, a été organisée, supervisée par Jean-Paul Goude. Ce défilé, d'envergure internationale, est suivi par un million de spectateurs massés le long de l'avenue, et 800 millions de téléspectateurs à travers le monde.

6 000 artistes et figurants mettent en scène 12 tableaux vivants. L'un d'entre eux représente des étudiants chinois, vélos à la main, entourant un tambour géant, en hommage aux manifestations de la place Tian'anmen, qui ont eu lieu au début de la même année, se soldant par une répression sanglante de la part des autorités. D’autres tableaux, moins politiques, mettent en scène des valseuses géantes drapées de robes noires portant dans leurs bras des enfants du monde entier, un autre honorant les régions au travers de leurs chants et leurs orchestres. Un régiment de 150 Écossais et Irlandais, suivis de celui soviétique enneigé par des camions citernes, descend l’avenue. Enfin, dans un registre fantastique, une gigantesque locomotive défile sur les pavés parisiens, en hommage au film La Bête humaine (1938) de Jean Renoir[5].

Sur la place de la Concorde, la cantatrice américaine Jessye Norman, vêtue d'une robe aux couleurs du drapeau français, entonne l'hymne national La Marseillaise devant dix mille spectateurs[6].

À cette célébration sont conviés plusieurs chefs d'État et de gouvernement à l'occasion du sommet du G7 organisé à Paris en ce 14 juillet 1989, notamment Margaret Thatcher, George Bush, Helmut Kohl...

Cérémonie à l'occasion de transfert de cendres au Panthéon[modifier | modifier le code]

La décision du transfert de cendres au Panthéon est prise par décret du Premier ministre décidant une cérémonie de reconnaissance nationale à l'égard de l'abbé Grégoire, de Monge et de Condorcet[7].

La cérémonie de transfert de cendres de ces trois personnalités a lieu en présence de François Mitterrand, président de la République française, le mardi 12 décembre 1989.

Autres célébrations[modifier | modifier le code]

Le 13 juillet au soir, en présence du président de la République François Mitterrand, l'Opéra Bastille est inauguré avec la représentation de La nuit avant le jour de Bob Wilson. En amont de la pièce est chanté La Marseillaise[8].

Cette même veille de 14 juillet, près de 36 000 bals populaires sont organisés à travers la France[9].

De très nombreuses communes, écoles et organismes publics ou privés divers ont organisé des manifestations culturelles à l'occasion de cette commémoration hors normes, qui fut souvent à l'origine de témoignages permanents et originaux : illuminations, créations artistiques, spectacles, constructions...

Falaise du Bicentenaire, Le Tréport, en Normandie (Bernard Romain)

Au Tréport, en Normandie, Bernard Romain recouvre la plus haute falaise calcaire d’Europe d’un immense filet tricolore en utilisant comme support le blanc naturel de la falaise.

Sur la place de la Bastille, le chanteur Renaud organise un concert pour les « délaissés du Bicentenaire », tandis qu’à Rouen, dès le 14 juillet, vingt des plus grand voiliers du monde issus de 17 marines étrangères, sont exposés au grand public[3].

Réactions[modifier | modifier le code]

Les organisateurs du défilé supervisé par Jean-Paul Goude sont félicités par le gouvernement. En revanche, le Front national (FN) estime que « la Marseillaise telle [que] présentée [...] était le reflet de la société cosmopolite voulue par les socialistes et qui ne correspond pas forcément à l’état d’esprit des Français »[10]rapporte Antenne 2.

Margaret Thatcher, invitée des festivités, déclare que les droits de l'homme ne sont pas une invention française, pas plus que la démocratie parlementaire [6],[3].

Annonces et événements connexes[modifier | modifier le code]

La trente-neuvième promotion de commissaires de police issue de l'École nationale supérieure de la police, entrée en fonction en 1989, porte le nom Bicentenaire de la Révolution.

François Mitterrand, dans son interview du 14 juillet, annonce la révision prochaine de la Constitution française pour permettre aux citoyens français de saisir le Conseil constitutionnel s’ils estiment leur droits fondamentaux transgressés. Il qualifie ce projet de grande « avancée démocratique »[3].

Le quinzième sommet des pays les plus riches du monde, le G7, s'ouvre dans l'après-midi du 14 juillet au Palais du Louvre, où est inauguré sa pyramide de verre. Le sommet est transposé le 15 juillet à l'Arche de la Défense.

Productions artistiques[modifier | modifier le code]

Le Bicentenaire fut l’occasion de l’émission d’un nouveau timbre-poste, la « Marianne du Bicentenaire ».

La Révolution française est un film historique français de Robert Enrico et Richard T. Heffron sorti en 1989 pour accompagner les célébration du bicentenaire de la Révolution . Réalisé avec un budget de 300 millions de francs le film se divise en deux parties :

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Décret du 28 juin 1988 portant nomination des membres du gouvernement, JORF no 151 du 29 juin 1988, p. 8528–8529, NOR HRUX8810529D, sur Légifrance.
  2. Article 3 du décret no 88-823 du 18 juillet 1988 relatif aux attributions du ministre de la culture, de la communication, des grands travaux et du Bicentenaire, JORF no 168 du 20 juillet 1988, p. 9392–9393, NOR MCCX8800098D, sur Légifrance.
  3. a, b, c et d JA2 20H : EMISSION DU 14 JUILLET 1989, INA
  4. Florence de Changy et Brice Pedroletti, Après Tiananmen, l'opération « Yellowbird » pour faire évader les dissidents, Le Monde, 4 juin 2014
  5. Le défilé "La Marseillaise" de Jean Paul Goude, INA
  6. a et b Bicentenaire de la Révolution Française : le monde entier à l'unisson Read more at http://www.live2times.com/1989-ceremonie-du-bicentenaire-e--10458/#7AhalT0f7tb0YcJl.99
  7. Décret du 16 octobre 1989 décidant une cérémonie de reconnaissance nationale à l'égard de Condorcet, de Monge et de l'abbé Grégoire NOR PRMX8910237D J.O. DU 18/10/89 Page : 12992
  8. Opéra Bastille, Opéra national de Paris, spectacles, Site officiel de l'Office du Tourisme et des Congrès PARISINFO
  9. 13/07/1989 - Bicentenaire de la Révolution Française, TF1
  10. JA2 20H : EMISSION DU 15 JUILLET 1989, INA

Articles connexes[modifier | modifier le code]