Pierre Dezoteux de Cormatin

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Pierre Dezoteux
Gravure au burin par François Bonneville, fin XVIIIe siècleMusée de Bretagne, Les Champs Libres, Rennes.
Gravure au burin par François Bonneville, fin XVIIIe siècle
Musée de Bretagne, Les Champs Libres, Rennes.

Surnom Baron de Cormatin
Naissance
Paris
Décès (à 58 ans)
Lyon
Origine Français
Allégeance Drapeau du Royaume de France Royaume de France
Drapeau du Royaume de France Royaume de France
Royal Standard of King Louis XIV.svg Chouan
Grade Maréchal de camp
Conflits Guerre d'indépendance américaine
Chouannerie
Faits d'armes Bataille de la baie de Chesapeake
Bataille de Yorktown
Distinctions Chevalier de Saint-Louis

Pierre Marie Félicité Dezoteux, baron de Cormatin, né le 23 novembre 1753 à Paris et mort le 31 juillet 1812, est un militaire français qui a participé à la Chouannerie.

Biographie[modifier | modifier le code]

Son père, Claude-Armand Dezoteux était commissaire des guerres[1]. Il avait épousé Jeanne de la Félonnière, veuve du marquis de Lignage. Le château de Cormatin dont se titra le baron, était la propriété de Geneviève Verne, veuve d'Antoine Viard de Sercy, lieutenant-général au baillage de Mâcon, qu'il avait épousée à Paris le 24 avril 1784.

Avant la Révolution[modifier | modifier le code]

En 1772, Pierre Dezoteux s'engage comme sous-lieutenant au régiment de cavalerie de Royal-Navarre, puis se préparant à une carrière diplomatique, il fait entre 1776 et 1780 de nombreux voyages en Grande-Bretagne, Espagne, Portugal, Maroc, Provinces-unies, Pologne et Russie. Il y apprend l'allemand, l'anglais, l'italien et l'espagnol.

En 1780, il s'embarque pour l'Amérique sous les ordres du général Rochambeau. Il sert comme capitaine et aide de camp lors de la guerre d'indépendance américaine. Il prend part à la Bataille de la baie de Chesapeake et participe à la prise des redoutes à la bataille de Yorktown.

De retour en France en 1784, il épouse la baronne de Cormatin et prit ainsi le titre de baron de Cormatin.

Entre 1784 et 1788, il sert à l'état-major de l'armée, reçoit le grade de major et la distinction de chevalier de Saint-Louis.

Pendant la Révolution française[modifier | modifier le code]

Cormatin est d'abord favorable à la Révolution française et partisan de La Fayette, mais il finit par s'attacher à François Claude de Bouillé qui le nomme colonel. En 1790, on le trouve en Lorraine auprès du marquis de Bouillé, où il contribue dit-on, à réprimer l'émeute militaire de Nancy en août 1790. Nommé colonel par le roi au commencement de 1791, puis lieutenant-colonel dans la garde constitutionnelle du Roi.

Cormatin émigre en Angleterre après la chute de la Royauté le 10 août 1792 ; il est cependant mal accueilli par les émigrés qui lui reprochent son passé révolutionnaire.

Après l’exécution de Louis XVI le 21 janvier 1793, il rentre en France en 1794 pour s'aboucher avec les chouans. Le général d'Andigné, témoin de ses agissements, dit qu'il avait plus d'apparence que de fond, qu'il excita par ses manoeuvres les défiances de son parti sans désarmer ses ennemis.

Il se met aux ordres de Joseph de Puisaye qui en fait son lieutenant et le nomme major-général.

Suite au départ de Puisaye pour l'Angleterre en septembre 1794, dans le cadre de la politique de pacification voulue par la Convention et menée par les généraux Hoche (Armée des côtes de Brest) et Canclaux (Armée de l'Ouest), Cormatin ouvre des négociations avec les républicains, mais mis à part Boishardy, il n'a la confiance d'aucun des principaux chefs chouans, ni même celle de Hoche.

Les négociations aboutissent malgré tout au traité de la Mabilais (20 avril 1795), mais la paix ne dure que jusqu'au 27 mai et Cormatin est arrêté chez Bollet par les républicains[2]. Il est enfermé au Château de Ham[3]. Il reste emprisonné jusqu'au 28 octobre 1802.

Après sa libération, il continue d'être surveillé par la police impériale jusqu'à sa mort en 1812.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Henri Welschinger, Aventures de guerre et d’amour du baron de Cormatin, Paris, Plon, 1894.

Sources[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Et non simple chirurgien de village, comme l'indique Louis Blanc dans l' Histoire de la Révolution, t.XI, p. 336.
  2. Le 25 juin a lieu le débarquement de Quiberon, où Puisaye tient une place essentielle.
  3. Et non du Mans