Devoir de mémoire

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Le devoir, la notion ou l'expression de « devoir de mémoire », telle qu'apparue en France au début des années 1990[1].

Le devoir de mémoire désigne un devoir moral attribué à des États d'entretenir le souvenir des souffrances subies dans le passé par certaines catégories de la population, surtout s'ils en portent la responsabilité (en tant qu'États, non en tant que nations ou que régimes politiques, car c'est après un changement de régime que le devoir de mémoire, et d'éventuelles réparations, deviennent possibles). Par rapport à la tradition du droit de la paix et de la guerre, il s'oppose à la clause d'amnistie des traités de paix qui, dans un souci d'apaisement (au sens du retour à la paix), imposait formellement l'oubli de tous les griefs passés relatifs au conflit, et interdisait de les évoquer. Il entend remédier à l'amnésie collective.

Le devoir de mémoire, quand il commémore le sacrifice involontaire des victimes, diffère de certaines célébrations nationales commémoratives organisées par différents pays ou communautés pour rappeler et célébrer le sacrifice de leurs martyrs et de leurs héros, par le fait que dans le second cas ils ne sont pas des victimes et que leur sacrifice a été volontaire[2].

Le devoir de mémoire a été reconnu officiellement dans certains cas, à travers des déclarations officielles et des textes de loi (lois mémorielles) à partir de la fin du XXe siècle. En singularisant la mémoire des victimes de la barbarie nazie par rapport aux autres devoirs de mémoire, ces lois ont provoqué un débat entre les historiens et des associations représentant différentes populations victimes.

Naissance du concept de devoir de mémoire[modifier | modifier le code]

Mémorial aux juifs morts durant la Seconde Guerre mondiale à Budapest

En juillet 1919, Alexandre Millerand alors commissaire général de la République à Strasbourg, demande un rapport relatif aux zones de combat en tant que « souvenir de guerre », mais cette volonté de conserver la mémoire des évènements dramatiques de 4 années de guerre ne fait pas l’unanimité en France, d'aucuns estimant qu'il faut au contraire faire table rase des séquelles physiques de guerre et reconstruire le pays en effaçant ces stigmates paysagers[3]. Après l'enlèvement des cadavres les plus superficiels qui sont transportés vers les cimetières militaires les plus proches et après une phase de désobusage et de sécurisation des sites, à Verdun, Vimy ou plus à l'Est - comme recommandé par le rapport de Frédéric Robida (octobre 1919) - quelques sites de combats des fronts d’Alsace et de Lorraine sont proposés (ainsi que des mesures de protection contre les dégradations naturelles), ainsi après le Hartmannswillerkopf (en février 1921) et la Tête des Faux (en juin 1921), le Linge fut classé au titre des monuments historiques (octobre 1921)[3]. Des mémoriaux sont créés. Ces sites font l'objet d'un important « tourisme de guerre » dans les années 1920‑1930 avant qu'une nouvelle guerre mondiale éclate[3].

De même, dès la fin de la Deuxième Guerre mondiale, certains résistants et déportés survivants cherchent aussi à perpétuer le souvenir de leurs expériences et de leurs camarades tués. Ainsi, en France, les statuts de l'Amicale de Mauthausen lui donnent entre autres cet objectif :

« d’honorer la mémoire des Français assassinés de maintenir présents, à l’esprit de tous les Français et Françaises, les actes de barbarie dont se sont rendus coupables les assassins nazis et leurs collaborateurs, d’empêcher par cette propagande et ce rayonnement le retour des conditions politiques et sociales qui ont permis l’instauration des régimes partisans de ces méthodes d’autorité »

Selon Olivier Lalieu[4], la première partie (« honorer la mémoire ») relève en fait du souvenir, tandis que la seconde (« maintenir présent à l'esprit de tous... ») relève, elle, du devoir de mémoire.

En 1952, Annette Christian-Lazard, veuve d'une victime d'Auschwitz, et Paul Arrighi, ancien déporté à Mauthausen, créèrent le Réseau du Souvenir, en raison de leur déception quant à l'activité des principales fédérations de déportés dans le domaine de la commémoration. En 1954, à l'initiative du Réseau du Souvenir, fut instituée en France la Journée nationale du Souvenir de la Déportation (le 24 avril). Par la suite, les efforts pour l'établissement de ce que l'on appellera plus tard un devoir de mémoire sont entretenus par divers acteurs. D'une part et dans un premier temps, des groupes et associations liées à la Résistance française ou aux déportés (comme le Réseau du Souvenir, le Parti communiste français, la Fédération nationale des déportés et internés résistants et patriotes...) se mobilisèrent, surtout dans les années 1960, contre ce qui était perçu comme une ignorance voire un mépris, de la part de la jeunesse, envers l'histoire de la Seconde Guerre mondiale. Ce phénomène avait notamment été médiatisé en 1963 par le film Hitler, connais pas; les mesures prises contre lui le furent surtout dans le cadre de l'enseignement de l'histoire [4].

Cependant, jusqu'aux années 1980, ces premières entreprises n'accordèrent pas de place particulière à la déportation et au génocide des Juifs (la Shoah). En effet, parmi les 37 000 rescapés des camps nazis en France, seuls 2 500 étaient des non-Juifs. Les déportés juifs n'étaient représentés en tant que membres de leur communauté que par l’Association des anciens déportés juifs de France, qui organisait par exemple des commémorations annuelles de la rafle du Vélodrome d'Hiver. De plus, la plupart des associations préférèrent longtemps mettre en avant le statut de combattant, plutôt que celui de victime. Cependant, une évolution se fit progressivement, notamment autour de la publication, en 1978, du Mémorial de la déportation des Juifs de France par Serge Klarsfeld et Beate Klarsfeld, qui marque l'opinion publique. Les époux Klarsfeld réclament également la condamnation de plusieurs responsables de la Shoah[4].

L'objet du devoir de mémoire[modifier | modifier le code]

Élément d'une médaille officielle à la mémoire des victimes de la catastrophe de Tchernobyl.

Le devoir de mémoire consiste d'abord à reconnaître la réalité de l'état de victime et de persécutions subies par des populations et leur environnement ; pour des raisons éthiques, pour répondre aux besoins de l'Histoire, et parce que la psychologie a montré combien cette reconnaissance était essentielle à la résilience pour la reconstruction des individus et des sociétés après les crises, et pour que ces crises n'en engendrent pas d'autres; on peut notamment rapprocher la question du devoir de mémoire de la catharsis[5].

De plus, selon Denis Collin, le devoir de mémoire est un nouvel impératif catégorique pour les sociétés modernes qui suppose que les groupes et les États analysent et donc reconnaissent les responsabilités de leurs régimes politiques passés, voire celles de leur nation, dans ces persécutions ou crises majeures[6]. Cela a été plus ou moins bien effectué pour la Shoah (selon les pays) mais la non-reconnaissance du statut de pollution de la zone rouge ou du statut de génocide des massacres des Arméniens en Turquie, montrent les difficultés de la tâche.

En effet, une des limites du devoir de mémoire est qu'imposé à des générations nouvelles, qui n'ont pas été partie prenante dans les régimes politiques ou les phénomènes politico-sociaux ayant conduit à des crimes de masse, il peut provoquer chez celles-ci le rejet de ce devoir, si elles se sentent culpabilisées par le seul fait d'appartenir à une nation jugée responsable de ces crimes[7]. On en voit l'exemple dans le révisionnisme au Japon.

Une autre limite du devoir de mémoire vient de ce que les victimes d'actes graves ont souvent dans un premier temps, voire toute leur vie, des difficultés à parler de ce qu'elles ont vécu, sans pour autant que le traumatisme, non-dit ou profondément refoulé, puisse être réellement oublié. Conscientes et inconscientes, individuelles et collectives, les conséquences socio-psychologiques sont durables.

L'idée de devoir de mémoire pour éviter qu'un événement se répète : monument « Plus jamais » au camp de Dachau.

Les associations et représentants des populations concernées estiment qu'une reconnaissance officielle des crimes passés de l'État, voire une demande de pardon, permet aux populations victimes ou à leurs descendants de mieux trouver leur place au sein de la nation[8]. De plus, le souvenir des événements passés devrait permettre d'éviter de les répéter à l'avenir.

Les historiens reconnaissent la nécessité de la mémoire, mais certains mettent en garde contre l'abus d'une « injonction à se souvenir » [9]. Le devoir collectif et officiel de mémoire ne doit pas, selon eux, se substituer au travail personnel de mémoire, ni devenir un « raccourci moralisant » qui éluderait « l'extrême complexité des questions » qu'il soulève[10].

Par exemple, l'antisémitisme peut avoir des racines religieuses dans l'histoire, sous la forme de l'antijudaïsme notamment chrétien, qu'il est nécessaire d'approfondir. De plus « l'histoire n'est pas la mémoire » [11] : il ne faut pas confondre la mémoire des victimes, qui résulte d'une vision subjective et prend une valeur propre à chacun, avec le travail critique de l'historien qui vise à dégager une vérité commune.

Enfin, le devoir de mémoire est aussi une manifestation du "devoir d'humanité".

Applications du devoir de mémoire[modifier | modifier le code]

Le devoir de mémoire peut prendre la forme de déclarations officielles aussi bien que de textes de loi ou de traités internationaux. Il peut aussi s'appliquer dans le cadre des programmes d'enseignement ou de recherche (notamment en histoire). Enfin il s'exprime aussi sur le plan artistique (construction de mémorial, ouvrages littéraires).

La traite négrière, l'esclavage et la colonisation[modifier | modifier le code]

Grâce à leur puissance navale et de feu, l'Espagne, le Portugal, l'Empire britannique, la France, les Pays-Bas, la Belgique, l'Allemagne et le Japon ont été de grandes puissances coloniales présentes en Afrique, en Asie, en Océanie et aux Amériques, où la colonisation s'est accompagnée de génocides, d'ethnocides et de la mise en place d'un système économique de pillage des ressources locales qui, dans de nombreux cas, perdure jusqu'à nos jours[12]. La traite négrière et l'esclavage ont été pratiqués avec la complicité de certains monarques africains, par le monde arabe (« Traite orientale ») et par les puissances coloniales, le Brésil et les États-Unis (« Traite occidentale »).

Le génocide arménien[modifier | modifier le code]

Dans la suite des premières lois mémorielles, la loi française du 29 janvier 2001 a officiellement reconnu, en France, le génocide des Arméniens par les forces turques en 1915[13]. Mais la république turque s'y refuse toujours, bien qu'elle ait été proclamée en 1923, après les faits, et bien que l'Empire ottoman, qui est à l'origine du génocide, les ait reconnus en condamnant à mort les principaux organisateurs dont Talaat Pacha. C'est un exemple a contrario d'un devoir de mémoire assumé par le régime qui avait commis le crime, mais pas par le régime successeur, peut-être par crainte d'avoir à payer des réparations[14].

La Shoah[modifier | modifier le code]

La Shoah est l'extermination systématique, et en partie industrialisée, par l'Allemagne nazie, des trois quarts des Juifs de l'Europe occupée[15] durant la Deuxième Guerre mondiale. Le terme de "Shoah" est aujourd'hui préféré par les historiens à celui d'"Holocauste", parce que "Shoah" signifie en hébreu (שואה) « anéantissement » ou « catastrophe », tandis qu'"Holocauste" signifie « sacrifice », or nulle victime de ce génocide ne s'est volontairement sacrifiée pour les objectifs du nazisme.

La défaite militaire du Troisième Reich, la condamnation solennelle de l'idéologie nazie au Procès de Nuremberg, l'accessibilité des témoins rescapés et des archives nazies (à l'exception de ceux vivant et que celles conservées en URSS) pour les historiens, et le travail de contrition cathartique initié en Allemagne dès la visite obligatoire des camps nazis par les populations allemandes voisines, organisée par les Alliés, ont permis l'émergence progressive d'un devoir de mémoire basé sur la constitution, au fil des ans, d'une littérature de la Shoah plus fournie que celle d'aucun autre génocide, avec des ouvrages de référence comme La Destruction des Juifs d'Europe de l'historien Raul Hilberg (éd. Gallimard, collection Folio, 2006), qui, après avoir dépouillé les archives du IIIe Reich, arrive au chiffre de 5,1 millions de morts minimum. Reconnue comme crime contre l'humanité par la cour de Nuremberg en 1945, en même temps que l'on créait l'ONU, la Shoah est le seul génocide pour lequel le devoir de mémoire est officiellement protégé des négationnismes (qui sont pénalement punis dans de nombreux pays) : le 23 janvier 2007 l'Assemblée générale de l'Organisation des Nations unies a adopté à cet effet la résolution 61/L.53[16].

La Porrajmos[modifier | modifier le code]

La Porrajmos (« dévoration » en romanès) fut ainsi appelée par Ian Hancock, au début des années 1990[17] pour désigner les persécutions envers les tsiganes pendant la Seconde Guerre mondiale. Un autre terme, « Samudaripen » est utilisé par Marcel Courthiade, linguiste qui a créé la forme standard de Romani utilisée en Roumanie et par des activistes roms des Balkans pour qui « Porrajmos » est un synonyme de « Porravipe » (« viol »)[18], tandis qu'en Russie, on préfère celui de « Kali Traš »[19]. Quoi qu'il en soit, et bien que la majorité des auteurs considèrent ces persécutions comme constitutives d'un génocide, le devoir de mémoire envers les victimes est encore embryonnaire, même parmi les Roms (tsiganes), en raison de la pénurie documentaire et de témoignages, de l'imprécision des sources et des chiffres, et d'une mémoire très fragmentaire, cantonnée aux spécialistes et à quelques ONG[20].

Le mémorial aux deux millions de victimes recensées du communisme en Roumanie, à Sighetu Marmației, dans la même rue que celui des victimes de la Shoah.

Les génocides hitlérien et stalinien en Europe de l'Est[modifier | modifier le code]

Depuis la chute du Mur de Berlin en 1989, des musées sont créés dans les anciens pays de l'est de l'Europe ayant souffert du nazisme et du communisme, en mémoire des grandes épreuves subies pendant cinquante années [21].

Le devoir de mémoire dans les pays de l'ancien Pacte de Varsovie concerne d'une part les victimes de l'occupation nazie et des régimes satellites locaux, sur lesquelles il y a consensus (outre la Shoah et le Porajmos, on compte officiellement, entre autres, 4.200.000 Polonais, 1.280.000 Serbes, 7.500.000 Biélorusses, Russes et Ukrainiens[22]), et d'autre part celles du régime communiste, sur lesquelles il n'y a pas de consensus, ni sur leur nombre, ni sur leur statut, la situation étant très différente selon les pays. En ex-RDA, Pologne, Estonie, Lettonie, Lituanie, République tchèque, Hongrie et Roumanie, bien qu'aucune condamnation n'ait frappé les personnes accusées de crimes (à l'exception notable du président roumain Nicolae Ceaușescu, après une parodie de procès), des commissions historiques se sont mises en place, puis ont rendu leurs conclusions après plusieurs années de travail ; les livres d'histoire notamment scolaires ont été mis à jour, des mémoriaux ont vu le jour[23], mais en Slovaquie, en Bulgarie et dans les pays ex-soviétiques autres que baltes, la question reste en débat : les victimes du régime communiste ne sont toujours pas l'objet d'un devoir de mémoire et n'ont droit à aucune réparation, bien que des historiens tels Nikolaï Bougaï, Anatoly Prokopienko ou Vladimir Vinogradov aient eu accès aux archives de la Tchéka-GPU-NKVD-KGB et aient publié leurs résultats. Dans l'ex-URSS, seule la Holodomor ukrainienne a fait l'objet d'une reconnaissance officielle et a donné lieu a un devoir de mémoire, mais sans réparations (il eut fallu verser des réparations à la plupart des habitants de la partie jadis soviétique de ce pays)[24].

À l'encontre de la « concurrence mémorielle », le parlement de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe adopte le 3 juillet 2009 un texte (dit Déclaration de Vilnius (en)) condamnant tous les régimes totalitaires communistes et nazis de l’Histoire européenne et leur éventuelle glorification. Par une décision du 3 juin 2008 le même parlement décide que la journée du 23 août deviendra la Journée européenne de commémoration des victimes du stalinisme et du nazisme (International Black Ribbon Day). Cette commémoration inaugurée en 2009 correspond au 70e anniversaire du pacte germano-soviétique, signé le 23 août 1939.

Le génocide cambodgien[modifier | modifier le code]

Au Cambodge, le devoir de mémoire concerne d'une part les victimes du régime de Lon Nol durant la Guerre civile cambodgienne (1967-1975) et d'autre part les deux millions de victimes des crimes commis entre 1975 et 1979 par les Khmers rouges, crimes de masse sur lesquels il y a consensus[25].

Le génocide rwandais[modifier | modifier le code]

Le devoir de mémoire se rapporte, au Ruanda, au génocide de 1994, commis dans le cadre d'une guerre civile opposant le gouvernement ruandais, constitué de « Hutu » (voir Hutu Power), au Front patriotique rwandais (FPR), accusé par les autorités d'être essentiellement « Tutsi » (parlant la même langue et pratiquant les mêmes cultes, les « Hutu » et « Tutsi » ne sont pas des ethnies, mais des castes sociales). Dès novembre 1994, la résolution 955 du Conseil de sécurité de l'ONU crée le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR) pour juger les principaux responsables du génocide, mais celui-ci est l'objet de multiples controverses qui brouillent le devoir de mémoire[26].

La "purification ethnique" en ex-Yougoslavie[modifier | modifier le code]

Dans l'ex-Yougoslavie, tout est fragmenté : le pays (divisé en sept États dont l'un, la Bosnie, divisé en deux entités); la langue (jadis dite "serbocroate" et aujourd'hui BMCS : bosniaque-croate-monténégrin-serbe) et le devoir de mémoire, chaque état et entité commémorant "ses" victimes, qu'il s'agisse de celles de la Deuxième Guerre mondiale, de l'époque titiste ou des Guerres yougoslaves de dislocation, et niant qu'il ait pu être agresseur envers les populations "adverses"[27]. En revanche, le Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie prend en compte tous les crimes, quels qu'en soient les protagonistes[28].

Débats[modifier | modifier le code]

Dans tous ces pays, le devoir de mémoire a été mis en place par les milieux universitaires, mais se heurte à différentes difficultés :

  • les unes provenant de cercles qui présentent la colonisation comme un processus positif de développement et récusent les accusations de génocide et de pillage[29] ;
Dessin d'après une caricature moldave anonyme postée sur "Flux" [12] illustrant la "concurrence des mémoires" (phylactère traduit en français).
  • d'autres provenant de cercles qui présentent les génocides commis par des régimes politiques se réclamant du communisme, comme des « nécessités historiques » dues à des « circonstances particulières » et « largement surestimées », où « l'agression impérialiste » des forces réactionnaires joue le rôle majeur[30] ;
  • la mise en concurrence des mémoires[31] est une difficulté due à l'instrumentalisation du débat dans le cadre de la vie politique actuelle, tant dans les anciennes métropoles et dans leurs anciennes colonies, que dans les anciens pays communistes, et dans les relations entre ces États ;
  • d'autres difficultés enfin, en non des moindres, sont dues aux difficultés d'accès aux archives ou aux témoins, et aussi au manque de ressources pour effectuer des recherches indépendantes là où se sont déroulés les faits.

Malgré ces difficultés, le devoir de mémoire envers les victimes du colonialisme fait l'objet d'une promotion constante en France, venant des DOM-TOM, des pays africains et de l'Algérie, par exemple par les déclarations du président Bouteflika sur le génocide algérien perpétré par la France[32], ainsi que des associations militantes comme les Indigènes de la République. En face, un « devoir de mémoire alternatif » en faveur des colons a été promu à travers la loi no 2005-158 du 23 février 2005 prescrivant l'enseignement à l'école et à l'université du « rôle positif de la présence française outre-mer, notamment en Afrique du Nord »[33].

Le devoir de mémoire par pays[modifier | modifier le code]

Allemagne[modifier | modifier le code]

En Allemagne, le devoir de mémoire s'est d'abord développé par rapport aux victimes des crimes nazis, particulièrement envers les Juifs en RFA, et envers les opposants politiques au nazisme ainsi qu'envers les peuples envahis, notamment slaves, en RDA. Après l'absorption de cette dernière par la RFA en 1989 et la chute du rideau de fer et du mur de Berlin, le devoir de mémoire s'est étendu aux victimes du régime est-allemand et particulièrement de la Stasi et des Vopos[34].

Autriche[modifier | modifier le code]

En Autriche, le Service autrichien en mémoire de l'holocauste, créé en 1991-1992, est une alternative au service militaire.

La Recherche des Racines (ou Spurensuche en allemand) est un projet d'échange qui a été initié par la République d'Autriche en 1994. 15 jeunes Israéliens ayant des ancêtres autrichiens sont donc invités à rester en Autriche pendant 10 jours pour mener un projet avec 15 jeunes Autrichiens. Ils essaient donc d'apprendre ce qui est arrivé à leurs ancêtres, visitant les endroits où ils habitaient et cherchant à retrouver leurs traces.

Bien que l'accent du projet soit mis sur la recherche des racines familiales l'aspect de créer des amitiés austro-israéliennes est important aussi, car les jeunes visitent des villes autrichiennes typiques et ont aussi assez de temps libre à leur propre emploi.

Le but de ce projet est d'établir des meilleures relations entre les deux pays et de découvrir l’Autriche par la vue des autres.

Belgique[modifier | modifier le code]

En Belgique, le devoir de mémoire concerne les crimes commis par les collaborationnistes belges sous la conduite de leaders tels Léon Degrelle ou Staf De Clercq durant la Deuxième Guerre mondiale, et ceux commis par les colonialistes en République démocratique du Congo[35].

France[modifier | modifier le code]

Le devoir de mémoire est très récent en France, même s'il existe une longue tradition nationale de cérémonies du souvenir des martyres (qu'il s'agisse de saints ou de héros).

Apparu en France au début des années 1990 pour demander à la nation de reconnaître la responsabilité de l’État français (soit le gouvernement de Vichy) dans les persécutions et la déportation des Juifs pendant la Seconde Guerre mondiale, qui a conduit à la Shoah, le devoir de mémoire avec son corollaire : la « repentance », s'est rapidement étendu à d'autres groupes d'influence et à d'autres causes comme la traite des noirs, l'esclavage, la colonisation.

La loi du 13 juillet 1990, dite loi Gayssot, a fait un délit de la contestation de l'existence des crimes contre l'humanité. En 1993 le président Mitterrand a instauré une Journée nationale de commémoration des persécutions racistes et antisémites. Deux ans plus tard, le 16 juillet 1995, le président Chirac reconnaissait la responsabilité de l'État dans les persécutions anti-juives de la période 1940-1944. Jusqu'alors, le point de vue gaullien considérait que la France n'était pas responsable de ces actes, en déniant toute légitimité, légalité et représentativité au régime du maréchal Pétain, pourtant investi des pleins pouvoirs par l'Assemblée nationale, et seul reconnu, jusqu'en 1944, par la communauté internationale. La responsabilité de l'État français a été également admise par les Premiers ministres Lionel Jospin et Jean-Pierre Raffarin.

Par ailleurs, la loi Taubira du 21 mai 2001, la France a reconnu comme crimes contre l'humanité la traite négrière et l'esclavage. Elle impose aux programmes scolaires et aux programmes de recherche d'accorder à ces sujets « la place conséquente qu'ils méritent », point contesté par des chercheurs qui estiment que la loi ne peut définir le cadre des recherches historiques.

Emblèmes funéraires des nécropoles nationales, Mémorial de la Résistance, Chasseneuil-sur-Bonnieure

La politique française en matière de devoir de mémoire vise à satisfaire le maximum d'électeurs : en février 2005, le ministre de l'Intérieur Sarkozy a soutenu le projet de loi no 2005-158 prescrivant aux enseignants de présenter « le rôle positif de la présence française outre-mer, notamment en Afrique du Nord » ; en 2006 la loi Taubira a mené à l'institution d'une journée commémorant l'esclavage et son abolition (fixée au 10 mai, date d'adoption de la loi) et en juin 2008, le président a souhaité renforcer et généraliser le devoir de mémoire envers les juifs de France à tous les Français en faisant « adopter par chaque enfant du cours élémentaire un enfant juif du même âge, mort en déportation » (cette mesure n'a toutefois été appliquée que par une infime minorité d'enseignants, et pour un temps limité, en raison des difficultés pratiques (listes, correspondance d'âges) et des polémiques qu'elle a suscité[36]).

En application de la loi Taubira et à l'occasion du débat en 2011 sur la réaffectation de l'hôtel de la Marine à Paris, la proposition d'en faire un « Musée de l'esclavage » a été faite dans le journal Le Monde le 19 janvier 2011 par un groupe animé par Esther Benbassa[37]. Plusieurs monuments sont prévus, dont un musée de sur la traite négrière qui est en construction à Nantes. Dans la même optique, l'ancien Musée des Arts Africains et Océaniens, vidé de la majeure partie de son contenu au profit du Musée du quai Branly, a été transformé en un centre culturel à la partie muséologique très réduite : la « Cité nationale de l'histoire de l'immigration ». Consacré aux communautés ethniques récemment immigrées en France, ce projet a été choisi de préférence au « Musée de la diversité naturelle et culturelle de France et d'Outre-Mer » qui aurait réintégré les dioramas du Musée des Arts Africains et Océaniens, l'Aquarium du rez-de chaussée et les collections du Musée de l'Homme[38] (dont l'espace aurait pu, lui, accueillir une « Cité » d'envergure consacrée à la richesse des divers apports historiques sur le territoire actuel de la France, de la Préhistoire à nos jours, dans une perspective non pas communautariste, mais multiculturelle, montrant l'osmose des influences au fil des temps).

États-Unis[modifier | modifier le code]

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Le devoir de mémoire officiel envers les victimes américaines des différents conflits impliquant les États-Unis est, depuis la guerre de Sécession, très développé. Il est principalement lié aux conflits les plus récents : Seconde Guerre mondiale, guerre de Corée, guerre du Viêt Nam, guerre contre le terrorisme avec notamment un hommage spécial rendu aux civils tués lors des attentats du 11 septembre 2001. Le devoir de mémoire envers les victimes de la politique des États-Unis, intérieures (esclavage des noirs, persécutions raciales, génocide amérindien, exclus de l'ultra-libéralisme) ou extérieures (victimes des guerres d'Indochine ou du moyen-orient) est plutôt le fait du monde intellectuel et l'opposition démocratique, ainsi que d'une partie du corps enseignant.

Japon[modifier | modifier le code]

Au Japon, le devoir de mémoire concerne d'une part les crimes commis entre 1938 et 1945 par le Japon[39], et d'autre part les victimes des bombardements nucléaires de Hiroshima et Nagasaki[40]. Des controverses existent dans les deux cas, pour définir s'il s'agit ou non de crimes de guerre, de crimes contre l'humanité, et ainsi de suite. À ces deux devoirs s'ajoute de plus en plus, depuis la résurgence du nationalisme militariste japonais autour du temple de Yasukuni et du musée Yūshūkan attenant[41], un devoir de mémoire envers les militaires japonais tombés durant la seconde guerre mondiale, y compris ceux ayant été jugés comme criminels de guerre au procès de Tokyo.

Chine[modifier | modifier le code]

En Chine, le devoir de mémoire concerne d'une part les victimes des crimes commis entre 1938 et 1945 par le Japon, sur lesquels il y a consensus, et d'autre part les victimes des crimes commis par le régime de Mao, notamment durant la collectivisation (1950-1955), durant la répression au Tibet, durant le « Grand Bond en avant » (1958-1960) qui engendra entre 15 et 30 millions de morts, et durant la Révolution culturelle (1966-1969) du fait des gardes rouges, crimes pour lesquels seule l'opposition démocratique chinoise, non-reconnue politiquement, manifeste son intérêt[42].

Vietnam[modifier | modifier le code]

Au Vietnam, le devoir de mémoire concerne d'une part les victimes vietnamiennes des Français, des Japonais et des Américains, commémorées par le gouvernement actuel, et d'autre part les victimes des crimes commis par le Vietminh devenu APV, puis par les autorités de la République socialiste du Viêt Nam après sa victoire, parmi lesquelles les « Boat-people » perdus en mer, victimes commémorées par l'opposition vietnamienne en exil[43].

Afrique du Sud[modifier | modifier le code]

En Afrique du Sud, le devoir de mémoire concerne les victimes de l'apartheid (1948-1994) et est entretenu par la Commission de la vérité et de la réconciliation (Afrique du Sud), présidée par Desmond Mpilo Tutu, archevêque du Cap et prix Nobel de la paix, mais se heurte à de nombreuses résistances dans toutes les communautés[44].

Autres pays[modifier | modifier le code]

D'autres pays ont mis en place des Commissions "Vérité et réconciliation" qui promeuvent le devoir de mémoire pour les victimes des conflits passés : celle des Îles Salomon vise à répondre aux traumatismes des conflits inter-ethniques de Guadalcanal (1999-2004), celle du Pérou traite le conflit du Sentier lumineux et du Mouvement Révolutionnaire Tupac Amaru (MRTA); celle du Guatemala a été mise en place après l'accord entre les guérilleros de l'URNG et le gouvernement, pour enquêter sur le conflit armé guatémaltèque; il y en a également en Côte d'Ivoire, où à la suite de la crise ivoirienne de 2010-2011, le président Alassane Ouattara l'a annoncée le jour même de l'arrestation de son rival Laurent Gbagbo, au Sierra Leone, au Timor oriental, au Chili (rapport Valech et rapport Rettig), en Argentine (CONADEP, « Commission nationale sur la disparition des personnes ») et au Maroc[45].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean-François Forges, Les voyages scolaires dans les camps nazis, Cahiers pédagogiques no 379, décembre 1999. disponible sur [13]

Filmographie[modifier | modifier le code]

  • Le Tchékiste est un film d'Alexandre Rogojkine réalisé en 1992 d'après le roman éponyme de Vladimir Zazoubrine écrit en 1922 (à la gloire du régime), et évoquant les génocides commis au nom du communisme.
  • Nuit et Brouillard[46]
  • Et puis les touristes (Am Ende kommen Touristen) est une fiction allemande réalisée par Robert Thalheim en 2007. Ce film interroge la possibilité de l'activité touristique sur le site de Auschwitz.
  • Nuit noire, 17 octobre 1961 est une fiction basée sur des faits réels qui se sont déroulés le 17 octobre 1961 à Paris et autour de cette date (période de guerre d'Algérie), où des manifestants algériens (aujourd'hui le nombre exacte reste indéterminé) ont été tués par les forces de l'ordre française. Les travailleurs algériens qui vivaient à Paris manifestaient contre un "couvre-feu" réservé au musulmans algériens de France vivant à Paris.
  • Shoah, film constitué uniquement de témoignages de personnes ayant connu la Shoah (en tant que victimes, témoins, ou participants au génocide).
  • La Déchirure est un film de Roland Joffé réalisé en 1984 et évoquant le début du génocide cambodgien.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Sébastien Ledoux, Pour une généalogie du « devoir de mémoire » en France, Centre Alberto Benveniste,‎ février 2009, 9 p. (lire en ligne).
  2. Ces célébrations continuent à exister avec les fêtes et les saints du calendrier, les fêtes officielles du souvenir militaire, ainsi que la commémoration du jubilé de la mort des grands hommes. Voir aussi la Vies parallèles des hommes illustres de Plutarque, et toute l'hagiographie laïque ou religieuse dans les livres scolaires de la Deuxième République.
  3. a, b et c Philippe Jéhin (2014), « HENSEL (Florian), Le Lingekopf de 1915 à nos jours », Revue d’Alsace , 139 | 2013, mis en ligne le 01 octobre 2016, consulté le 24 juin 2014
  4. a, b et c Olivier Lalieu, « L’invention du « devoir de mémoire » », Vingtième siècle : Revue d'histoire, no 69 (2001/1),‎ 2001 (lire en ligne)
  5. Boris Cyrulnik: Autobiographie d'un épouvantail, éd. Odile Jacob, 2008, ISBN 978-2-7381-2398-5 et Je me souviens…, éd. Odile Jacob poches, 2010, ISBN 978-2-7381-2471-5.
  6. Colloque Quelle histoire pour quelle mémoire?, Châteauroux, 31 mars 2001, sur [1] consulté le 1-er août 2011
  7. Ainsi l'historien roumain Neagu Djuvara déclarait lors d'une conférence de l'institut Erudio, le 11 nov. 2009, au Novotel Rive droite de Paris, que si le régime politique responsable d'un génocide est considéré comme un "hiatus" dans l'histoire d'une nation, le devoir de mémoire est cathartique, car le génocide suscite alors l'horreur des jeunes générations, et les incite à prendre des moyens pour que cela ne recommence pas, tandis que si c'est la nation tout entière, passée et présente, qui est tenue pour responsable, le devoir de mémoire est générateur de nouvelles formes de xénophobie, car le jeune se trouve accusé et culpabilisé par le seul fait d'être né dans cette nation, ce qui ne l'incite pas à ressentir de l'empathie pour les victimes, et peut le pousser à adhérer aux fantasmes des bourreaux; il ajoutait que si l'on appliquait cette seconde position à la France, il faudrait considérer tous les Français même actuels comme responsables des crimes du régime Vichyste.
  8. (fr) Rapport au Premier ministre du Comité pour la mémoire de l'esclavage [PDF] du 12 avril 2005 : « la très grande majorité de nos concitoyens du monde issu de l’esclavage sont convaincus que, malgré la loi du 21 mai 2001, l’histoire de la traite négrière, de l’esclavage et de leurs abolitions continue d’être largement ignorée, négligée, marginalisée. Ces concitoyens perçoivent cet état de fait comme un déni de leur propre existence et de leur intégration dans la République. »
  9. Paul Ricœur, La mémoire, l'histoire, l'oubli, 2000.
  10. (fr) Travail de la mémoire, politique mémorielle : enjeux des interdits et des refoulés de l'histoire contemporaine, conférence de Alain Brossat donnée le 11 avril 2002.
  11. (fr) Entretien avec Françoise Chandernagor pour le magazine Histoire, février 2006.
  12. Jared Diamond: De l'inégalité parmi les sociétés, Essai sur l'homme et l'environnement dans l'histoire, , (Gallimard, NRF essais, 2000), ISBN 2-07-075351-4.
  13. (fr) Dossier sur la loi reconnaissant le génocide arménien (Sénat).
  14. Taner Akçam : Un acte honteux : le génocide arménien et la question de la responsabilité turque, Denoël (collection « Médiations ») 2008, (ISBN 978-2207259634).
  15. Donald Niewyk et Francis Nicosia, The Columbia Guide to the Holocaust, Columbia University Press, 2000, p. 45 : « The Holocaust is commonly defined as the murder of more than 5 000 000 Jews by the Germans in World War II » : « Le mot "Holocauste" désigne communément l'assassinat de plus de 5 000 000 Juifs par les Allemands pendant la Seconde Guerre mondiale. » The Columbia Guide to the Holocaust, extraits en ligne.
  16. L’Assemblée générale, […]
    Notant que le 27 janvier a été désigné par l’Organisation des Nations unies Journée internationale de commémoration en mémoire des victimes de l’Holocauste,
    1. Condamne sans réserve tout déni de l’Holocauste ;
    2. Engage vivement tous les États membres à rejeter sans réserve tout déni de l’Holocauste en tant qu’événement historique, que ce déni soit total ou partiel, ou toute activité menée en ce sens: voir texte complet de la résolution sur sur le site de l'ONU [PDF]
  17. On the word Porrajmos – Ian Hancock
  18. [2]
  19. [3]
  20. Catherine Coquio, L'Histoire trouée, L'Atalante, 2004, 864 p., (ISBN 2841722481 et 9782841722488)
  21. « Communisme, nazisme : les musées du passé fleurissent à l'Est », Marianne, 9 juillet 2012.
  22. Westermann Grosser Atlas zur Weltgeschichte, 1985, ISBN 3-14-100919-8, page 161
  23. À titre d'exemple, en Roumanie, un "Mémorial de la Résistance et des victimes du communisme" a été fondé en 1993 par d'anciens dissidents à Sighet (sur [4] consulté le 1-er août 2011), puis une "Commission historique d'investigation et d'analyse des crimes du régime communiste" a été mise en place à Bucarest en 2005 et a rendu ses conclusions en 2007 : elle impute au régime 2.215.000 victimes en 45 ans soit environ 10 % de la population, en tenant compte non seulement des morts directement dues à la répression, mais aussi de celles dues à la pénurie institutionnalisée, aux disettes provoquées par les réquisitions, au manque d'énergie et donc de chauffage, au manque de sécurité dans le travail, à l'emploi massif des prisonniers pour les travaux dangereux et de grande envergure, et au manque de soins aux plus faibles du à l'indigence des fournitures médicales et pharmaceutiques (sur [5] consulté le 1-er août 2011).
  24. Voir sur (uk) Portail officiel du gouvernement ukrainien sur Holodomor, (ru) Archives ouvertes par le gouvernement russe sur les famines soviétiques de 1931-1933, et (en) (ru) [PDF]Famine in the USSR, 1929-1937 : New Documentary Evidences recueil d'archives sur les famines soviétiques de 1929-1934.
  25. Mémorial de Choeung Ek sur [6] consulté le 1-er août 2011.
  26. communiqué de la CEC du 19 décembre 2005 rappelant la définition juridique de cette complicité
  27. Jean-Arnaud Dérenset et Catherine Samary : Les conflits yougoslaves de A à Z, Éd. de l'Atelier, 2000 (ISBN 2-7082-3532-X)
  28. * M. Castillo, « La compétence du tribunal pénal pour la Yougoslavie », Revue générale de droit international public,‎ 1994, p. 61-87
    • E. David, « Le Tribunal international pénal pour l’ex-Yougoslavie », B.T.I.R.,‎ 1992, p. 565-598
    • C. Jorda, « Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie. Fonctionnement et perspectives. », Journal des tribunaux,‎ 1996, p. 769-771
    • K. Lescure, Le Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie, Paris, Montchrestien,‎ 1994
  29. Claude Liauzu (dir.): Dictionnaire de la colonisation française, Larousse, 2007, ISBN 978-2035833433 sur: [7] consulté le 14 août 2011.
  30. Pour le débat sur ces points, lire Le Siècle des communismes publié en 2000 aux Éditions de l'Atelier, sous la direction de sept chercheurs : Michel Dreyfus (directeur de recherche au CNRS), Bruno Groppo (chargé de recherche au CNRS), Claudio Sergio Ingerflom (directeur de recherche au CNRS), Roland Lew (professeur de sciences politiques à l'Université libre de Bruxelles), Claude Pennetier (chercheur au CNRS), Bernard Pudal (professeur de sciences politiques à l'Université de Montpellier I) et Serge Wolikow (professeur à l'Université de Dijon
  31. Jean-MichelChaumont, La concurrence des victimes : génocide, identité, reconnaissance, éditions la Découverte, Paris 1997, et Paul Goma et Norman Manea : Le témoignage littéraire dans l'engrenage de la concurrence mémorielle, par Nicolas Trifon.
  32. "Boutéflika accuse à nouveau la France de génocide"
  33. Gérard Vindt, article publié dans le n° 238 (juillet-août 2005) d’Alternatives Economiques, consulté le 14 auût 2011 sur: [8]
  34. Source : Bundesministerium für soziale Sicherheit, Generationen und Konsumentenschutz (BMSG): Ministère fédéral pour la sécurité sociale, les générations et le droit de la consommation sur Informationen auf der Webseite consulté le 1-er août 2011.
  35. Éric Toussaint: Les crimes de la Belgique coloniale au Congo, sur: [9].
  36. En 2008 Régis Debray a notamment déclaré:

    « Autant le devoir de mémoire est nécessaire, autant son abus est contre-productif. Je pense qu'il s'agit ici d'un abus de mémoire, puisque c'est donner à l'émotion la première place quand le but de l'école n'est pas émotionnel ni compassionnel, encore moins mortifère. (...) Il y a un risque d'escalade, d'une surenchère, d'une concurrence des mémoires. Celles-ci pourraient bientôt provoquer, dans le monde des banlieues, la revendication d'une adoption des victimes d'Israël en Palestine. Et puis il y a les Tsiganes, il y a les Arméniens, et puis il y a surtout les Noirs...(...) Au lieu d'unifier, j'ai peur que cette initiative ne divise selon des clivages communautaires et confessionnels. »

    ; voir: [10]
  37. "Faire de l’hôtel de la Marine un musée de l’esclavage"
  38. Projet AMAAO-MNHN, Michel Hignette et Eva Moreno, Banque de données « Géocorès » et Département de Recherche « Milieux et peuplements aquatiques », 2001.
  39. Le 29 septembre 1972, le premier ministre japonais Kakuei Tanaka avait déclaré que la patrie japonaise est intensément consciente du grave dommage que le Japon a causé par le passé au peuple chinois par la guerre et se le reproche vivement (sur (en) Joint Communiqué of the Government of Japan and the Government of the People's Republic of China) et les associations pacifistes demandent que le premier ministre japonais et/ou l’empereur se livre à la « dogeza », au cours de laquelle une personne s’agenouille et incline sa tête vers le sol – une façon très formelle de présenter ses excuses (dans Laurie A. Freeman : Japan's Press Clubs as Information Cartels, Japan Policy Research Institute, avril 1996, sur [11]
  40. * (en) Hiroshima Memorial Peace Museum, Hiroshima, Japon. Collection de vestiges et d'objets personnels. Pour une visite virtuelle, cliquez sur English Web Site à droite en haut puis la page suivante sur Main Building.
  41. Le musée Yūshūkan Yūshūkan (遊就館?) présente des objets historiques et des panneaux explicatifs retraçant l'histoire militaire du Japon du point de vue nationaliste et révisionniste : l'impérialisme japonais est présenté comme une libération des peuples asiatiques, les escadrons Tokkōtai y sont glorifiés, les crimes de guerre n'y sont pas évoqués, et le massacre de Nankin est nié : « Le Japon a établi une zone de sécurité pour les civils chinois et fait des efforts particuliers pour protéger les sites historiques et culturels. Au sein de la cité, les résidents purent à nouveau vivre en paix »: voir (en) Black museum of Japan's war crimes, Sunday Times, www.timesonline.co.uk.
  42. Marie-Claire Bergère La Chine de 1949 à nos jours, Armand Colin, Paris, 1987.
  43. * (en) Bruce M. Lockhart et William J. Duiker, Historical Dictionary of Vietnam, Scarecrow Press, Lanham Md, 2006 (3e éd.), 488 p. (ISBN 978-0-8108-5053-8)
    • Philippe Langlet et Thanh Tâm Quach, Introduction à l'histoire du Viêt Nam contemporain de la réunification au néocommunisme, Les Indes savantes, Paris, 2001.
  44. Texte du Rapport de la Commission "Vérité et réconciliation" en français : Amnistier l’Apartheid. Travaux de la Commission Vérité et Réconciliation sous la présidence de Desmond Tutu, trad. par Philippe-Joseph Salazar (dir.), Paris, Le Seuil, coll. "L’Ordre Philosophique", 2004, 352 p, (ISBN 2-02-068604.X184[à vérifier : isbn invalide]).
  45. {Voir Arnaud Martin: La mémoire et le pardon. Les commissions de la vérité et de la réconciliation en Amérique latine, Paris, L'Harmattan, 2009, sur Arnaud Martin, La mémoire et le pardon. Les commissions de la vérité et de la réconciliation en Amérique latine, Paris, L'Harmattan, 2009., consulté le 1-er août 2011.
  46. L'histoire

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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