Charles-François-Gabriel Morisson

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Portrait de Morisson

Charles-Louis-François-Gabriel Morisson, né le 16 octobre 1751 à Palluau, mort le 16 janvier 1817 à Bourges, était un magistrat et homme politique français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Homme de loi avant la Révolution, il devient membre du directoire du département de la Vendée le 29 juin 1790 et fut élu, le 2 septembre 1791, député de la Vendée à l'Assemblée législative, le 2e sur 9, par 196 voix sur 290 votants. Il siégea au côté droit, demanda le 1er janvier 1792 l'ajournement du décret d'accusation contre les princes français émigrés, fit partie le 8 mars du comité féodal, et s'opposa le 18 juillet à l'envoi de commissaires aux frontières.

Élu par le même département membre de la Convention le 5 septembre 1792, le 7e sur 9, avec 189 voix sur 310 votants, il prit place parmi les modérés, et fut un des quatre conventionnels qui, en novembre 1792, protestèrent contre le décret déclarant que Louis XVI pouvait être jugé et serait jugé par la Convention.

Le 29 décembre, il reprocha aux Jacobins « de traiter de scélérats tous ceux qui ne pensaient pas comme eux. Vous citez toujours Brutus, s'écria-t-il; mais si César eût été sans armes et sans puissance, ce Brutus fût peut-être devenu son défenseur.» Il demanda le bannissement du roi et de sa famille avec une pension d'un demi-million. Dans le procès du roi, il répondit au 1er appel nominal: « Je ne veux pas prononcer sur aucune des questions posées; je dirai, si on l'exige, les motifs de mon refus.» Et, au 3e appel nominal: « J'opinerais sur la question, s'il ne s'agissait que de prendre une mesure de sûreté générale; mais l'assemblée a décrété qu'elle porterait un jugement, et moi je ne crois pas que Louis soit justiciable. Je m'abstiens donc de prononcer.»

Le 12 août 1793, accusé par Garnier de Saintes de correspondre avec les royalistes, il se défendit; son attitude très réservée lui permit de traverser la Terreur sans autre danger. Après le 9 thermidor, il fut envoyé en mission dans les départements de l'Ouest, à Brest, à Cherbourg pour aider à la pacification; le 9 ventôse an III, il écrivit à la Convention pour annoncer la soumission des chefs vendéens. Le 23 vendémiaire an IV, dix-sept départements l'élurent an Conseil des Cinq-Cents; le 10 floréal suivant, il fit adopter un projet de résolution sur l'application de l'amnistie aux Chouans, et sortit du Conseil le 1er germinal an V.

Nommé aussitôt juge au tribunal d'appel à Poitiers, il passa en la même qualité au tribunal d'appel de Bourges en l'an VII, et fut maintenu comme conseiller à la même cour lors de la réorganisation de la magistrature en 1811. Il mourut à ce poste, après avoir vainement le 28 octobre 1814, sous la première Restauration, rappelé son attitude pendant la Révolution, pour obtenir d'être conseiller à la cour de Cassation, ou tout au moins à la cour royale de Paris.

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