Parti de gauche (France)

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Parti de gauche
Image illustrative de l'article Parti de gauche (France)
Logo officiel
Présentation
Coordinateur national Éric Coquerel
Fondation 1er février 2009[1]
Siège 20-22 rue Doudeauville
75018 Paris
France
Positionnement Gauche
Adhérents 9 000[2] (2014)
Idéologie Écosocialisme[3]
Républicanisme[4]
Socialisme
Euroscepticisme
Affiliation européenne GUE/NGL
Coalition Front de gauche
Couleurs Rouge et vert
Site web www.lepartidegauche.fr
Représentation
Députés
0 / 577
Sénateurs
0 / 348
Députés européens
1 / 72

Le Parti de gauche (PG) est un parti politique français classé à gauche, fondé le 1er février 2009[1]. Lancé par les parlementaires Jean-Luc Mélenchon et Marc Dolez le 12 novembre 2008[5], après leur départ du Parti socialiste (PS)[6] à la suite du congrès de Reims, le PG fédère des personnalités et des regroupements issus de traditions politiques diverses, et revendique une orientation socialiste, écologiste et républicaine. Allié au Parti communiste français, à Gauche unitaire ( la Gauche unitaire quittera le Front de gauche en avril 2014 ) et à six autres organisations de gauche et d'extrême-gauche dans le cadre du Front de gauche, le Parti de gauche entend fédérer l'ensemble des sensibilités de la gauche antilibérale — qu'il nomme aussi « l'autre gauche » — au sein d'une même alliance, afin de mobiliser les Français dans le cadre du mouvement social et des élections pour parvenir au pouvoir et impulser un changement de société.

Le PG est coprésidé à partir du congrès du Mans en novembre 2010, par Jean-Luc Mélenchon et Martine Billard[7]. En janvier 2014, le Parti de gauche compte 9 000 adhérents[2]. Fin août 2014, Jean-Luc Mélenchon et Martine Billard démissionnent, et la direction du parti est désormais assumée par un coordinateur national, Éric Coquerel.

Son journal hebdomadaire À Gauche est envoyé à tous les adhérents mais aussi aux simples abonnés. Il est tiré à plus de 15 000 exemplaires par semaine.

Orientation politique[modifier | modifier le code]

Jean Jaurès, référence de la pensée socialiste selon le Parti de gauche.

Idéologie[modifier | modifier le code]

Le PG est un parti socialiste démocratique[8][réf. insuffisante], se référant à l'analyse marxiste avec l'objectif de l'adapter aux réalités contemporaines. Il se présente comme l'héritier de l'expérience des luttes féministes, antiracistes, écologistes et altermondialistes et promeut le « dépassement » du capitalisme par une méthode (la « révolution citoyenne ») respectueuse des institutions démocratiques. Il met en avant les impératifs sociaux et écologiques, qu'il relie dans le concept de « planification écologique ». Le Parti de gauche se définit ainsi comme un parti politique d'éducation populaire, « ouvert et démocratique », « alliant réflexion et action », « unitaire et fédérateur », internationaliste et « de perspective européenne »[9]. Il est classé à gauche, ou à l’extrême gauche de l’échiquier politique[10].

Lors de son congrès de Bordeaux en mars 2013, le Parti de Gauche adopte un manifeste pour l'écosocialisme composé de 18 thèses, rattachant ainsi le Parti de Gauche au courant écosocialiste. Ce manifeste revendique un un socialisme débarrassé de la logique productiviste, ainsi qu'une écologie farouchement anticapitaliste[11]. Le Parti de Gauche rejoint ainsi d'autres mouvements se réclamant de l'écosocialisme, comme la Quatrième Internationale - Secrétariat unifié, en France le NPA ou Les Alternatifs, Izquierda Unida en Espagne ou SYRIZA en Grèce. Ce manifeste pour l'écosocialisme a également été adopté en décembre 2013 par le Parti de la gauche européenne, auquel appartient le PG.

Programme[modifier | modifier le code]

Dans les mois suivant sa fondation, le PG met la crise économique et la catastrophe écologique actuelle sur le compte du système capitaliste. Il prône donc un « renversement politique » et affirme qu'une « autre voie » est possible. Le PG ambitionne de devenir majoritaire, en s'appuyant sur une mobilisation massive, populaire et citoyenne, pour ensuite prendre des responsabilités gouvernementales afin d'appliquer un programme républicain de rupture avec la domination du capitalisme. Il veut agir « en faveur de l'implication citoyenne à tous les niveaux de la vie sociale, dans la protestation comme dans l'action gouvernementale »[12]. Soucieux de « reformuler l'idéal socialiste pour tourner la page du capitalisme », il propose à ce titre un juste partage des richesses, une réhabilitation de la souveraineté populaire qu'il qualifie d'exigence républicaine, le « dépassement » du système capitaliste et celui du modèle productiviste en inventant un « alterdéveloppement ». Il souhaite atteindre ces objectifs en s'attelant à trois tâches : faire face à la droite, rassembler « l'autre gauche » pour gagner les élections et devenir à terme « un parti pour réinventer la gauche ». Lors de ce Congrès constituant, le PG propose donc d'organiser ce qu'il qualifie de « travail programmatique » autour de cinq axes :

  • Faire face à « l'urgence sociale » en redéfinissant ce qui doit revenir sous contrôle public et en inversant l'ordre du partage des richesses entre le capital et le travail sous toutes ses formes.
  • Faire face à « l'urgence environnementale » en installant la planification écologique pour engager une transition vers un modèle d'alter-développement.
  • Faire face à « l'urgence démocratique » pour réaliser la refondation républicaine et laïque des institutions et de la société française afin d'inventer la société de ce que Jean Jaurès appelait « la démocratie jusqu'au bout ».
  • Faire face à « l'urgence européenne » en tournant la page du « modèle de construction libérale de l'Europe dont le Traité de Lisbonne est la règle du jeu antidémocratique et antisociale ».
  • Faire face à « l'urgence économique, sociale et écologique planétaires », en démocratisant les institutions des Nations Unies, en reconnaissant « la supériorité des normes sociales et environnementales » et en réorientant les politiques de coopération, notamment.

En 2009, le Parti de gauche propose également vingt-neuf « mesures d'urgence » pour faire face à la crise économique. Ces mesures ont pour objet de combattre les licenciements et les délocalisations, de faire reculer la précarité du travail et la précarité sociale, d'augmenter le pouvoir d'achat et de modifier le partage des richesses, de développer l'emploi et d'amorcer un alterdéveloppement, d'instaurer une maîtrise publique du système financier afin de contrer la spéculation et de maîtriser le développement[13].

En vue des élections présidentielles et législatives de 2012, le Parti de Gauche, avec les cinq autres formations qui composent alors le Front de Gauche, se dote d'un programme partagé intitulé L'Humain d'abord[14]. Parmi les principales mesures de ce programme, sur le plan économique on peut citer l'augmentation de SMIC à 1 700 euros bruts, la retraite à 60 ans à taux plein ou encore l'instauration d'un salaire maximum, l'interdiction des licenciements boursiers et la création d'un pôle public financier. Sur le plan politique, ce livre-programme propose le passage à une Sixième république[15].

Positionnement[modifier | modifier le code]

Le Parti de gauche est un parti politique classé à gauche, se définissant au côté des autres organisations membres du Front de gauche en 2009 comme un parti de la « gauche de transformation sociale »[16], parfois qualifié également de parti de gauche radicale[17].

Des personnalités politiques de droite, notamment de l'UMP[18], assimilent également le Front de Gauche, dont le PG fait partie, à l'extrême-gauche, dénonçant ainsi les accords électoraux qu'opère le Parti socialiste avec ceux-ci[19],[20].

Selon deux responsables du Parti de gauche, cette assimilation du Front de Gauche à l'extrême-gauche de la part de l'UMP aurait même pour but de « dresser un écran de fumée devant leur rapprochement idéologique avec le FN[21] ». Dans un article consacré à « la famille de la gauche anticapitaliste en Europe occidentale », les politologues Jean-Michel De Waele et Mathieu Vieira pensent au contraire que le PG et le PCF font partie de ce qu'ils jugent être la composante la plus modérée de « l'anticapitalisme partisan », à savoir « l'aile gauche de la social-démocratie »[22].

Organisation interne[modifier | modifier le code]

Animé par la volonté de porter des orientations politiques et un fonctionnement « novateurs et originaux », en particulier en matière de démocratie et de culture populaire, le PG se veut ouvert à la diversité des expériences de ses militants. Ses statuts[12] déclarent à ce titre que le PG « ne veut pas de chapelles, de culte du chef ou de domination des spécialistes de la politique » et qu'il a vocation à devenir « un parti organisé pour être efficace qui n'épuise pas son énergie dans des luttes internes ». Se définissant comme « accueillant », « ouvert et démocratique », le PG, en tant que parti d'éducation populaire, demande à chacun de ses membres d'être « en veille et en formation politiques permanentes et d'aider les autres à acquérir cette formation ». Il entend consacrer l'énergie que lui insufflent ses militants à son engagement « dans la vie associative, syndicale, intellectuelle et culturelle de la société ».

Adhérents et structures locales[modifier | modifier le code]

Premier logotype du PG.

L'adhésion au Parti de gauche est ouverte à toute personne qui n'est pas déjà membre d'un parti politique. Chaque adhérent est tenu de se tenir à jour de cotisation, cotisation proportionnelle à son niveau de revenus. Depuis 2010, il faut être adhérent depuis au moins deux mois pour prendre part aux votes et investitures internes[12]. La cotisation d’élu correspond à 20 % des indemnités d’élu en plus de la cotisation normale.

Les adhérents du Parti de gauche se réunissent en « comités », chaque comité correspondant à une circonscription législative. Par souci pratique, certains comités regroupent plusieurs circonscriptions ou, à l'inverse, une partie seulement d'une circonscription. Chaque comité doit compter au moins cinq adhérents s'il veut prendre part aux activités décisionnelles du Parti de gauche. Le comité est tenu de se réunir au moins dix fois par an, et élit, au scrutin majoritaire plurinominal à un tour, un trésorier, deux cosecrétaires chargés de l'animation et deux correspondants à la coordination départementale toujours une femme et un homme dans un souci de parité[12].

Les comités peuvent se subdiviser en « cercles », comprenant entre cinq et neuf adhérents, sur la base du lieu d'habitation ou de travail. Chaque cercle élit un responsable, chargé d'organiser ses réunions et activités. Les responsables de cercle coordonnent entre eux et avec les cosecrétaires de comité leurs activités militantes[12].

Tous les comités locaux d'un même département participent à une « coordination départementale ». La coordination départementale représente le Parti de gauche dans le département auprès des organisations politiques et syndicales avec lesquelles le PG interagit. Elle est composée de représentants de chaque comité et d'adhérents du départements élus, chargés de certaines tâches transversales (matériel, site Internet etc.). Chaque comité élit plusieurs représentants (deux minimum, plus selon le nombre de membres), à parité hommes/femmes. Les adhérents chargés des tâches transversales sont élus par l'ensemble des adhérents du département réunis en « assemblée générale »[12].

Lorsqu'une coordination départementale réunit plus de vingt membres, elle peut se doter d'un secrétariat élu en son sein.

L'investiture des candidats du PG aux élections a lieu en assemblée générale départementale, ainsi que l'élection des membres du Conseil national. Dans tous les cas de figure, et ce quelle que soit l'instance concernée, les élections internes et investitures aux élections se font par vote à bulletin secret. Les votes sur des résolutions ou des textes politiques se font à main levée[12].

Le PG revendiquait 6 000 adhérents en décembre 2009[23], et 8 000 en novembre 2010. Selon Martine Billard, le profil des adhérents du PG en 2010 est différent de celui qui existait à la fondation du Parti. Alors qu'il était initialement composé essentiellement d'anciens militants socialistes, les nouveaux militants du PG seraient plutôt des syndicalistes et des personnes n'ayant appartenu à aucune organisation politique depuis une à deux décennies[24]. Le cap des 10 000 adhérents est atteint lors de la campagne des élections présidentielles de 2012. Là aussi, il s'agit bien souvent d'individus n'ayant appartenu à aucune formation politique[25]. Lors du Conseil National du Parti de Gauche du 28 avril 2012, Martine Billard annonce que le parti compte plus de 11 000 adhérents.

Instances nationales[modifier | modifier le code]

Les comités du Parti de gauche sont représentés au sein du « Conseil national » (CN), instance délibérative habilitée à discuter des rapports proposés par le Bureau national et les commissions thématiques. Ses membres sont élus pour un mandat de huit mois en Assemblée générale départementale des adhérents, à raison de deux délégués par tranche de cinquante adhérents, en respectant la parité homme/femme. Le CN se réunit au moins trois fois par an sur convocation du Bureau national[12].

Le Bureau national (BN) du Parti de gauche est constitué de soixante membres, élus à parité homme/femme par des délégués des adhérents réunis en « congrès », dans le cadre d'un système électoral mixte, avec prime majoritaire pour la liste arrivée en tête. Cette instance dispose d'un pouvoir décisionnel, et doit rendre compte de son action devant le Conseil national. Le BN se réunit au moins huit fois par an, et chacun de ses membres doit s'impliquer dans au moins une des commissions du PG[12].

Une fois constitué, le BN élit en son sein le « Secrétariat national » (SN), constitué de vingt-deux secrétaires nationaux, tous responsables d'une tâche organisationnelle (trésorerie, propagande, élus, etc.) ou d'un thème politique précis (mouvement social, international, économie, etc). Le SN se réunit toutes les semaines et est doté d'un pouvoir décisionnel sur la base de l'orientation fixée par le BN lors de sa dernière réunion[12].

Le BN organise enfin des commissions thématiques, ouvertes à tous les adhérents. Elles débattent de sujets prédéfinis et doivent présenter un rapport, fruit de ces débats, devant le CN au moins une fois par an. Des commissions fonctionnelles sont chargées d'assister les différents secrétaires nationaux dans leur tâche. À la demande des adhérents, une « commission démocratie interne », chargée de recenser les éventuels dysfonctionnements constatés au cours de la période transitoire et de formuler des propositions pour y remédier, avait été mise en place[12] mais n'a pas été reconduite dans les nouveaux statuts qui ont été adoptés au Congrès du Mans des 19-21 novembre 2010.

Les instances nationales élaborent le programme et les statuts du PG, qui sont par la suite validés par le congrès après amendements par les comités. Le congrès est constitué de délégués des comités élus en leur sein. Le nombre de délégués varie en fonction du nombre d'adhérents du comité[12].

La direction nationale du PG[modifier | modifier le code]

Le secrétariat national du PG[26]
Secrétaire national aux élections et aux élus Gabriel Amard
Secrétaire nationale à l’égalité, au féminisme et à la culture Delphine Beauvois
Secrétaire nationale à l’international et au développement du réseau écosocialiste à l’international Martine Billard
Secrétaire national au développement du parti Manuel Bompard
Secrétaire nationale aux médias du parti Christiane Chombeau
Secrétaire national à la politique territoriale et à l’éducation François Cocq
Secrétaire national à la coordination politique du parti Éric Coquerel
Secrétaire national à la lutte contre l’extrême droite et à la laïcité Alexis Corbière
Secrétaire nationale à la santé, à la protection sociale et à l’enfance Marie-Laure Darrigade
Secrétaire national à la bataille idéologique François Delapierre
Secrétaire national à l’économie et au travail Guillaume Étiévant
Secrétaire nationale au combat pour la constituante et la 6e République Raquel Garrido
Secrétaire nationale à l’organisation Helen Gilda-Duclos
Secrétaire national aux luttes sociales et aux entreprises Philippe Juraver
Secrétaire national aux évènements et au programme Bastien Lachaud
Secrétaire national au développement du parti Jean-Charles Lallemand
Secrétaire nationale à l’aménagement territorial et à la ruralité Pascale Le Néouannic
Secrétaire national aux luttes écologiques et à l’ESS François Longérinas
Secrétaire nationale déléguée aux relations unitaires Élisa Martin
Délégué national à la prospective Jean-Luc Mélenchon
Secrétaire générale - trésorière Marie-Pierre Oprandi
Secrétaire national à la formation Benoît Schneckenburger
Secrétaire nationale à l’agit prop, à l’éducation populaire et aux émancipations urbaines Danielle Simonnet

Histoire[modifier | modifier le code]

Scission du Parti socialiste[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Congrès de Reims.
Jean-Luc Mélenchon, cofondateur du Parti de gauche.

Le PG est issu d'une scission du Parti socialiste (PS) opérée durant le congrès de Reims, sur la base de divergences sur la ligne politique à adopter. Le 7 novembre 2008 a lieu, dans le cadre de ce congrès, le vote des militants socialistes pour départager les différentes motions et définir ainsi la ligne politique du PS. Les courants animés par Jean-Luc Mélenchon et Marc Dolez, respectivement Trait d'union et Forces militantes, font alors partie de la motion C, conduite par Benoît Hamon et qui rassemble pour la première fois tous les courants de l'aile gauche du PS. Elle n'obtient que 18,52 % des suffrages, les militants plébiscitant les trois motions issues de la majorité sortante[27]. L'aile gauche du PS voit son score diminuer de moitié par rapport au congrès précédent : les motions conduites par Laurent Fabius et par le Nouveau Parti socialiste avaient alors capitalisé 45 % des suffrages militants[28]. S'estimant marginalisés, MM. Mélenchon et Dolez font part de leur intention de quitter le parti immédiatement après la publication des résultats.

Ils justifient leur choix par le fait que ce vote traduit une très large victoire de la majorité sortante, qui emporte 80 % des suffrages et, parmi elles, de celle prônant l'alliance au centre (motion E soutenue par Ségolène Royal et la majeure partie des courants et personnalités de l'aile droite du PS, arrivée en tête avec 29 % des voix)[6]. Se jugeant trop éloignés de cette ligne politique qu'ils ont toujours dénoncée, et estimant qu'elle est devenue majoritaire au sein de leur parti, ils décident, « par fidélité à leurs engagements » et dans un souci d'indépendance d'action, de quitter le PS, pour créer un nouveau mouvement « sans concession face à la droite »[29]. Ils appellent dans la foulée « à la constitution d'un front de forces de gauche pour les élections européennes »[30]. Un site Internet provisoire destiné à promouvoir leur initiative, « Ça suffit comme ça », est très rapidement mis en place. Leur appel trouve dès le lendemain un écho favorable auprès du Parti communiste français qui, par la voix du député européen Francis Wurtz, leur propose une union pour créer un « Front progressiste européen »[31], conformément à l'appel lancé par le PCF dès le 24 octobre[32].

Création du Parti de gauche[modifier | modifier le code]

Structuration du futur parti et meeting de lancement[modifier | modifier le code]

De gauche à droite, au premier rang, François Delapierre, Jean-Luc Mélenchon et Oskar Lafontaine lors du premier meeting de lancement.

MM. Mélenchon et Dolez annoncent officiellement le 12 novembre 2008 la création du Parti de gauche dont le congrès fondateur devait à l'origine avoir lieu 7 février 2009[1]. Lors d'une conférence de presse, ils affirment vouloir prendre pour modèle le parti allemand Die Linke (« La Gauche »)[6], fondé en 2007 par des scissionnistes du Parti social-démocrate d'Allemagne et les ex-communistes d'Allemagne de l'est, qui connaît un succès électoral grandissant. Pour la République sociale (PRS), association fondée en mai 2004 par Jean-Luc Mélenchon en dehors du PS et Forces militantes, rejoints par le syndicaliste Claude Debons et le parti MARS-Gauche républicaine, présidé par Éric Coquerel, s'investissent pleinement dans la fondation du nouveau parti[33]. Le site officiel du PG est lancé dans la même journée. Dans les journées suivantes, le PG est rejoint par plusieurs élus locaux, notamment de l'Essonne et des Hauts-de-Seine et par deux conseillers de Paris. D'autres personnalités issues du Mouvement des citoyens (MDC) font également part de leur intérêt pour le nouveau parti, comme le député Jacques Desallangre ou l'ancien député Pierre Carassus. Le 18 novembre, le PG et le Parti communiste français (PCF) forment une alliance en vue des européennes, le « Front de gauche », qu'ils veulent ouvert à toutes les formations politiques de gauche qui se sont opposées à la ratification du défunt Traité constitutionnel européen.

Le 22 novembre, suite aux résultats du second tour de l'élection du premier secrétaire du PS, le Parti de gauche reçoit le soutien de nouveaux socialistes démissionnaires. Ainsi Franck Pupunat, dirigeant du Mouvement Utopia, annonce qu'il rejoint, à titre personnel, le Parti de gauche[34], accompagné par plusieurs autres animateurs de ce courant[35], de même que Jacques Généreux[36], économiste, membre du Conseil national du PS et du courant NPS. Au cours de la semaine suivante, le député-maire divers gauche de Tergnier (Aisne) Jacques Desallangre et le sénateur MRC de la Loire-Atlantique François Autain rallient le PG[37], qui dispose alors de deux députés et de deux sénateurs. Le Mouvement de la gauche progressiste, parti politique actif dans la Sarthe, annonce au même moment son intention de participer à la fondation du Parti de gauche. Au Sénat et à l'Assemblée nationale, Jean-Luc Mélenchon et Marc Dolez quittent les groupes parlementaires socialistes pour rejoindre des groupes plus à gauche (respectivement CRC-SPG et GDR).

Public au meeting de lancement.

Un premier meeting de lancement a eu lieu le 29 novembre, en présence du coprésident de Die Linke Oskar Lafontaine, dans le gymnase de l'Île-des-Vannes, situé sur le territoire communal de L'Île-Saint-Denis (Seine-Saint-Denis)[38]. L'évènement a rassemblé entre un millier, selon la journaliste de l'AFP dépêchée sur place (qui aurait volontairement sous-estimé l'affluence réelle en raison d'une frustration selon le PG[39]), et plus de 3 000 personnes selon les organisateurs. Se sont succédé à la tribune les membres fondateurs du parti, M. Lafontaine, ainsi que l'ambassadrice de Bolivie en France, porteuse d'un message de soutien du président Evo Morales[40], ou encore le cinéaste Robert Guédiguian[41]. Lors de son discours de clôture, Jean-Luc Mélenchon a exhorté les écologistes de gauche à rejoindre la coalition du « Front de gauche » plutôt que celle d'« Europe Écologie » en vue des élections européennes, a confirmé la stratégie d'alliance avec le PCF et a annoncé qu'une rencontre était prévue avec Olivier Besancenot[40]. Il présente également le PG comme un parti aspirant à gouverner sur la base d'une nouvelle majorité à gauche[42].

Attaché à l'idée du dialogue avec les différentes organisations politiques de la gauche de transformation et les syndicats, le PG envoie des délégations à la rencontre d'un certain nombre de partis politiques et d'organisations syndicales entre novembre 2008 et janvier 2009[43].

Le 24 janvier 2009, le PG tient son premier forum sur la planification écologique au Sénat, en présence d'Hervé Kempf et de Martine Billard. Les conclusions des débats qui y ont lieu servent de base à la rédaction d'un texte présenté au congrès constitutif de la semaine suivante, et posent les fondations du volet écologique du programme du PG qui sera élaboré lors du congrès de l'automne 2009.

Congrès constitutif[modifier | modifier le code]

Marc Dolez à la tribune du Congrès constitutif du PG.

Le premier congrès du Parti de gauche s'est tenu à Limeil-Brévannes (Val-de-Marne) du 30 janvier au 1er février 2009. Il devait initialement avoir lieu une semaine plus tard, mais a finalement été avancé pour ne pas avoir lieu en même temps que le congrès fondateur du Nouveau Parti anticapitaliste, avec lequel des négociations en vue d'une alliance pour les élections européennes étaient encore en cours[44]. Ce congrès de « l'urgence » était consacré à « la réponse à la crise qui s'aggrave et à la préparation des élections européennes ». Il a permis la constitution effective du PG en parti politique organisé. Les quelque 600 délégués des différents comités (chaque comité correspondant à une circonscription législative) ont débattu des mesures d'urgence pour répondre à la crise économique, des statuts du PG, de l'orientation qu'il doit prendre jusqu'à son congrès programmatique de l'automne 2009 et de la stratégie à adopter pour les élections européennes de 2009. Les principaux amendements apportés par les différents comités aux textes qui leur étaient proposés ont été soumis aux suffrages des délégués. Le projet de texte d'orientation et le texte relatif à l'organisation des élections européennes ont été approuvés à la quasi-unanimité. Les mesures d'urgences proposées par le PG pour remédier à la crise économique ainsi que les statuts du nouveau parti ont été longuement débattus, richement amendés et finalement très largement approuvés par les délégués.

Plusieurs représentants des partis et organisations politiques invités à rejoindre le front de gauche étaient présents, notamment Marie-George Buffet, secrétaire nationale du Parti communiste, longuement ovationnée[45]. Des représentants de partis politiques d'autres pays étaient aussi présents. Les délégués du Parti socialiste unifié du Venezuela et du parti allemand Die Linke ont notamment été très chaleureusement accueillis. Le congrès a pris fin après un discours de Jean-Luc Mélenchon appelant à élargir autant que possible le Front de gauche, en particulier au NPA. Le prochain congrès, consacré au programme, se tiendra à l'horizon de l'automne 2009[44].

La création du Front de gauche et l'élargissement du Parti de gauche[modifier | modifier le code]

Le Front de gauche pour changer d'Europe[modifier | modifier le code]

Jean-Luc Mélenchon et Marie-George Buffet, secrétaire nationale du Parti communiste français, lors d'un meeting du Front de gauche au Zénith de Paris le 8 mars 2009.

Le 18 novembre 2008, à l'occasion d'une rencontre avec le Parti communiste français (PCF), les deux partis ont officiellement annoncé leur alliance, qu'ils qualifient de « partenariat », dans le cadre d'un « front de gauche pour une autre Europe démocratique et sociale, contre la ratification du Traité de Lisbonne et les traités européens actuels ». Ils précisent que ce front est ouvert « à tous les partis qui se sont engagés dans la bataille du « non » de gauche contre le projet de Traité Constitutionnel Européen », appelant le Nouveau Parti anticapitaliste (NPA) d'Olivier Besancenot, le Mouvement républicain et citoyen (MRC) de Jean-Pierre Chevènement et Les Alternatifs à rejoindre leur coalition[46].

La proposition du Front de gauche a été dans un premier temps favorablement accueillie par les Alternatifs et la CNCU, les premiers rejetant finalement l'hypothèse de leur participation au Front de gauche au terme d'une consultation interne, et les seconds préférant ne prendre position que dans le cadre de la Fédération pour une alternative sociale et écologique dont ils sont membres. Le Parti ouvrier indépendant a finalement décidé de ne pas prendre part à ces élections, tandis que Lutte ouvrière a déposé ses propres listes. Aucun accord n'ayant été trouvé avec le Nouveau Parti anticapitaliste, celui-ci ne fera pas partie du Front de gauche, mais sa minorité, menée par Christian Picquet et son nouveau parti, la Gauche unitaire, est désormais partie intégrante du Front de gauche. Le Mouvement républicain et citoyen, en désaccord sur la nature de la construction européenne et qui souhaitait étendre le Front de gauche au Parti socialiste, ce que le PG et le PCF refusent compte tenu du fait que le PS soutient la ratification du Traité de Lisbonne, a finalement refusé l'alliance.

Le Front de gauche pour changer d'Europe, initialement formé par le PCF et le PG, sera finalement composé, en plus de ces deux partis, de la Gauche unitaire, de dissidents du MRC rassemblés au sein de l'organisation République et socialisme, ainsi que de plusieurs groupements locaux comme l'Alternative démocratie socialisme (ADS) dans le centre et de plusieurs personnalités indépendantes. C'est devant 6 000 personnes, au Zénith de Paris, que la campagne nationale des élections européennes a officiellement été lancée. Le Front de gauche réalise un score national de 6,05 % des suffrages exprimés (6,47 % si l'on inclut la liste de l'Alliance des Outre-mers soutenue par le FG), et fait élire quatre de ses candidats (cinq en incluant l'Outre-mer), dont Jean-Luc Mélenchon, élu dans la circonscription Sud-Ouest, avec un score de 8,15 % des voix.

Congrès fondateur et ralliement de Martine Billard[modifier | modifier le code]

Martine Billard, députée écologiste de Paris, ralliant le Parti de gauche.

Le 8 juillet 2009, Martine Billard, l'une des quatre députés des Verts, annonce qu'elle quitte son parti pour se rapprocher du PG[47]. Critiquant « cette évolution au centre que subissent les Verts avec Europe Écologie »[48], elle appelait alors « les écologistes qui se reconnaissent dans l'antilibéralisme et dans l'antiproductivisme à participer collectivement » à la convention nationale du PG des 5 et 6 décembre 2009. Elle annonçait dans le même temps le ralliement de plusieurs autres militants issus des verts et d'autres courants de l'écologie politique[49], qui s'organisent dans un premier temps dans le courant « Gauche écologiste » pour coorganiser avec le PG la Convention nationale au terme de laquelle ils sont définitivement intégrés au Parti de gauche. Ils seraient près de 300 militants à l'avoir suivie[50]. Martine Billard a été proposée à cette même occasion pour occuper la fonction de porte-parole[51]. Au terme[réf. souhaitée] de la convention, un premier texte programmatique de plus de 80 pages, baptisé « Lignes d'horizon », a été adopté après débats et amendements et une nouvelle version du logotype du PG, intégrant une nuance de vert et le sous-titre « ÉCOLOGIE · SOCIALISME · RÉPUBLIQUE » a été rendu public[52].

Selon Jacques Généreux (ancien secrétaire national à l'économie au PG) dans Le Socialisme néomoderne, « la « vraie » écologie est socialiste » et « prône la rupture avec le productivisme tout en donnant les moyens économiques suffisants aux classes moyennes et populaires d'assurer la transition énergétique » (détaxation des produits et services écologiques sains et surtaxation des produits et services polluants et malsains par exemple) « la transformation profonde des modes de vie et de déplacement qui articule étroitement progrès social et préservation écologique de la planète ».

Le PG a repoussé son congrès fondateur au mois de juin de l'année 2010[53]. Le voulant ouvert et en capacité d'opérer un « dépassement », il appelle ses comités à coorganiser ce congrès avec toutes les organisations et personnalités isolées susceptibles de l'intégrer[54]. Ce congrès se tient finalement au Mans, du 19 au 21 novembre 2010[55]. À l'issue de ce congrès, auquel participent 700 délégués, le Parti de Gauche est dirigé par deux coprésidents, Jean-Luc Mélenchon et Martine Billard. Il joue également un rôle de consolidation de parti puisque les statuts définitifs du PG y sont adoptés. Le Parti de Gauche prépare également lors de ce congrès les échéances électorales de 2012, et en particulier l'élection présidentielle pour laquelle Jean-Luc Mélenchon brigue l'investiture du Front de Gauche[56].

Élections régionales[modifier | modifier le code]

Les instances nationales du PG définissent très tôt la stratégie du parti pour les mois à venir[57] : constitution d'un front permanent de tous les partis de la gauche anticapitaliste, dans les luttes comme dans les urnes, incluant la formation de listes de rassemblement aussi larges que possible aux premiers tours des élections régionales de 2010. Il s'adresse à ce titre à ses partenaires de coalition lors des élections européennes, à savoir le Parti communiste français et la Gauche unitaire, mais aussi à d'autres partenaires potentiels, comme le NPA, les Alternatifs, la Fédération pour une alternative sociale et écologique ou encore le club République et socialisme. Le PG souhaite faire en sorte que ces listes de large rassemblement obtiennent des scores supérieurs à ceux des listes menées par le Parti socialiste, pour inverser le rapport de force au sein de toute la gauche. Dans le cas contraire, le PG se dit ouvert à l'idée d'une fusion avec les listes menées par le Parti socialiste, à condition qu'elles ne comprennent pas de représentants du MoDem.

Au terme d'une longue procédure de consultations internes, le PCF vote l'idée d'un Front de gauche « élargi » et autonome au premier tour dans 17 régions métropolitaines sur 22[58]. Après une série de « rencontres unitaires », les discussions achoppent entre le NPA et les composantes du Front de gauche sur la question des conditions posées à la participation aux exécutifs régionaux avec le PS et les Verts. Un accord national est finalement signé entre, d'une part, les trois composantes du Front de gauche et, d'autre part, le M'PEP, le PCOF, Les Alternatifs, République et Socialisme et, dans un premier temps, la FASE pour présenter des listes intitulées « Ensemble pour des régions à gauche, solidaires, écologiques et citoyennes » dans les 17 régions dans lesquelles le PCF a opté pour l'autonomie au premier tour. Dans trois de ces régions (Languedoc-Roussillon, Limousin et Pays de la Loire), le NPA s'ajoute à ce rassemblement. Dans les cinq autres régions, le PG opte pour une stratégie variable dépendante des contextes locaux. Il présente ainsi des listes communes avec le NPA en Bourgogne, en Champagne-Ardenne et en Basse-Normandie, et constitue des listes avec des dissidents du PCF et les autres forces signataires de l'accord national des listes « Ensemble » en Bretagne et en Lorraine. Sur l'ensemble de ces listes, le PG en mène quatre auxquelles il faut ajouter 24 têtes de liste départementales[59].

Le résultat global des listes Front de gauche, 7 % dans les 17 régions dans lesquelles il était présent au premier tour permet au PG, au terme de fusions avec le PS et Europe écologie au deuxième tour, d'obtenir 17 élus dans les conseils régionaux[60].

Manifestations contre la réforme des retraites[modifier | modifier le code]

Le Parti de gauche se montre très présent dans les manifestations contre la réforme des retraites, un thème qui a dominé en septembre 2010 la Fête de l'Humanité. Les 23 et 24 octobre, le Front de gauche (PG, Parti communiste français et Gauche unitaire) organisent une collecte nationale de soutiens aux salariés grévistes, réunissant notamment 6 000 euros à Paris[61].

Élections cantonales[modifier | modifier le code]

Le Parti de gauche présenta des candidats sous l'étiquette Front de Gauche et obtient 5 élus selon les résultats officiels[62].

Élections présidentielle et législatives de 2012[modifier | modifier le code]

Pour la présidentielle de 2012, le Parti de gauche, dans le cadre du Front de gauche, soutient Jean-Luc Mélenchon, qui arrive en quatrième position à l'issue du premier tour avec 11,10 % des voix (3 984 822 voix).

Lors des législatives de 2012, une centaine de candidats du Parti de gauche sont investis par le Front de gauche, le reste des candidatures provenant essentiellement du Parti communiste. Jean-Luc Mélenchon termine troisième, derrière Marine Le Pen et le socialiste Philippe Kemel[63]. Martine Billard, coprésidente du PG et députée sortante de la Première circonscription de Paris (disparue pour les élections de 2012 à la faveur du redécoupage des circonscriptions législatives en 2010) est battue dès le premier tour dans la nouvelle Cinquième circonscription de Paris Paris, tandis que Marc Dolez, réélu dans la Dix-septième circonscription du Nord avec 100 % des suffrages exprimés (Monique Amghar (PS) s'étant désistée), devient le seul député du PG, jusqu'à l'annonce le 19 décembre 2012 de sa sortie du PG. Le Front de Gauche dans son ensemble ne fait élire que 10 députés contre 18 sortants.

Troisième congrès (2013)[modifier | modifier le code]

Une manifestation du Parti de gauche le 5 novembre 2013 à Toulouse.

Le troisième congrès du Parti de gauche se tient du 22 au 24 mars 2013 à Bordeaux. Sur le plan idéologique, c'est la notion d'écosocialisme qui est au cœur des débats. Selon Jean-Luc Mélenchon, cette doctrine est une « nouvelle synthèse à gauche », basée sur la constatation que, selon lui, « L’émancipation ne peut être atteinte par la croissance sans fin »[64]. Sur le plan électoral, le Parti de gauche définit sa stratégie pour les élections municipales de 2014, prônant la formation dans un maximum de villes de « listes autonomes » du Front de gauche, annonçant d'ores et déjà que cet objectif de listes autonomes serait atteint dans 60 villes dont Paris, Lyon et Marseille[65]. Ce congrès est également marqué par plusieurs attaques lancées contre le Parti socialiste et le gouvernement de Jean-Marc Ayrault, en particulier contre le ministre de l'Économie et des Finances Pierre Moscovici[66].

Les échecs de 2014[modifier | modifier le code]

L'année 2014 est marquée par deux échecs électoraux et le départ de Jean-Luc Mélenchon de la codirection du parti[67].

Élections municipales de 2014[modifier | modifier le code]

Alors que le Parti de Gauche voulait avoir des listes du Front de Gauche dans la plupart des villes de France, le Parti Communiste Français préfère dans certaines villes partir au côté du PS, notamment à Paris, afin de sauver ses élus. Au bout du compte, Mélenchon constate que dans la moitié des villes de plus de 20000 habitants, le PCF partira avec le PG, et dans l'autre moitié, le PCF partira avec le PS[68]. Au sortir du scrutin, le PG considère que là où la stratégie d'autonomie vis a vis du PS a été appliquée, la digue électorale a selon lui tenu en comparaison de l’effondrement général du PS au niveau national. Un focus particulier est mis sur Grenoble où EELV s'est allié au PG. La liste arrive en tête au premier tour et remporte la ville, malgré le maintien du PS au second tour et son refus d'une fusion technique. L'exemple grenoblois devrait servir de guide pour les régionales à venir et globalement pour la refondation de la gauche appelée de ses vœux par le co-président du PG[69].

Élections européennes de 2014[modifier | modifier le code]

Le PG annonce qu'il lance sa campagne pour les élections européennes les 15 et 16 février 2014, sans le PCF[70]. Les négociations reprennent avec les partenaires du Front de Gauche après les municipales. Un accord sur les têtes de liste est finalement annoncé le 8 avril 2014[71] : le Parti de Gauche et le PCF présentent trois têtes de liste chacun. Pour le PG, Jean-Luc Mélenchon est tête de liste dans le Sud-Ouest (comme en 2009), Corinne Morel Darleux (conseillère régionale Rhône-Alpes) est tête de liste dans le Centre, Gabriel Amard l'est dans l'Est. Par ailleurs, Éric Coquerel (conseiller régional Île-de-France) est numéro deux dans le Sud-Est, Raquel Garrido l'est en Île-de-France.

Malgré l'effondrement du PS, les résultats du Front de gauche, qui arrive en sixième position, sont décevants, avec un score similaire aux élections de 2009 (6,34 % des voix et 3 élus)[72], alors que l'objectif était de dépasser le Parti socialiste. Jean-Luc Mélenchon, un mois après les élections, en tire un constat d'« échec » du Front de gauche, rejetant la responsabilité sur le PCF et les accords électoraux conclus entre celui-ci et le PS aux élections municipales[73].

Suppression de la co-présidence du parti[modifier | modifier le code]

Le 22 août 2014, Jean-Luc Mélenchon annonce que le statut de co-présidents du PG, occupés jusqu'alors par Martine Billard et lui-même, sera supprimé[74] et la création d'une direction collégiale[75], avec une fonction de coordination confiée à Éric Coquerel.

Arrivées et départs du parti[modifier | modifier le code]

Le Parti de gauche a connu depuis sa fondation l'arrivée de nouveaux militants et le départ d'autres.

Les nouveaux adhérents[modifier | modifier le code]

Lors d'une convention nationale organisée les 5 et 6 décembre 2009, la députée Martine Billard et ses soutiens de la « Gauche écologiste », démissionnaires d'Europe Écologie Les Verts, intègrent officiellement le PG. Martine Billard est nommée à cette occasion porte-parole nationale.

En février 2011, à la suite du premier congrès du Nouveau Parti anticapitaliste depuis sa fondation, certains militants du NPA décident de rejoindre le Parti de gauche. C'est notamment le cas de Leila Chaibi et Maël Goepfert, tous les deux membres du Collectif L'Appel et la Pioche[76],[77].

En juillet 2012, Raoul-Marc Jennar, tête de liste du NPA dans la circonscription Sud-est lors des élections européennes de 2009, annonce son adhésion au PG[78].

Les départs[modifier | modifier le code]

Janvier 2011, l'économiste Christophe Ramaux, membre de la commission économie du PG, a quitté le parti. Il regrettait l'absence de programme du parti, la tonalité du livre de Jean-Luc Mélenchon Qu’ils s’en aillent tous, et le manque d'ouverture et de débat à l'intérieur du parti[79].

En août 2011, l'ex-syndicaliste Claude Debons annonce lui aussi son départ en déplorant que le parti n'ait pas « su faire vivre un certain pluralisme des idées et des expériences » et « un centralisme inadapté à notre époque »[80]. En juillet 2012, le maire de Grigny, René Balme, décide de quitter le PG, qui lui avait demandé de se justifier devant les instances nationales du parti, suite à la polémique provoquée par la publication d'un article de Rue89 révélant qu'il était le fondateur et l'animateur d'un site hébergeant des textes conspirationnistes[81]. Le 21 août 2012, Franck Pupunat, l'un des fondateurs du parti, annonce qu'il se met en congé du PG, invoquant notamment le besoin d'une « relation sereine avec la gauche au pouvoir »[82].

19 décembre 2012, Marc Dolez, député du Nord et cofondateur du PG avec Jean-Luc Mélenchon, décide de quitter le parti[83]. Il explique sa décision en indiquant que Jean-Luc Mélenchon « concentre ses critiques sur l'exécutif de gauche au lieu de s'attaquer à la droite »[84]. Il juge les propos de Jean-Luc Mélenchon comme trop centrés sur une critique du Parti socialiste. « Nos propositions sont rendues souvent inaudibles à cause de l'outrance du verbe […] Je ne crois pas à la thèse de deux gauches irréconciliables ni au mythe du recours […] Je ne me résoudrai jamais à considérer que le gouvernement va échouer et que nous serons là à ramasser les morceaux. Si la social-démocratie devait s'effondrer, je crains que ce ne soit au profit de la droite extrême. », déclare-t-il[85]. En février 2014, 56 militants quittent le parti, dénonçant « l’absence d’écoute » et une « dérive autoritaire » des instances régionales et nationales[86], sur fond de querelles pour les investitures pour les élections municipales de mars.

Joseph Rossignol, ex-maire de Limeil-Brévannes et ancien député de la 3e circonscription du Val-de-Marne a quant à lui quitté le parti de gauche en désaccord avec la stratégie de celui-ci[87].

Siège[modifier | modifier le code]

Le premier siège du parti se situe 68 avenue de la République, dans le 11e arrondissement de Paris avant de rester au 8 rue Chassagnolle dans la commune des Lilas le temps de trouver un nouveau local afin de répondre à l'affluence d'adhérents. Il déménage ensuite au 20-22 rue Doudeauville, dans le 18e arrondissement de Paris.

Militants[modifier | modifier le code]

Personnalités membres ou sympathisantes[modifier | modifier le code]

Jacques Généreux, ancien secrétaire national à l'économie.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c « Congrès fondateur du Parti de gauche », sur l'agenda du Parti de gauche.
  2. a et b « Le Parti de gauche, rongé par la désertion de ses militants », lepoint.fr/,‎ 12 juillet 2014 (consulté le 15 juillet 2014)
  3. Manifeste pour l’écosocialisme adopté par le Congrès du Parti de Gauche du 22 au 24 mars 2013, lepartidegauche.fr
  4. La société que nous voulons, lepartidegauche.fr, 5 décembre 2008
  5. « Mélenchon rêve de peser à la gauche de la gauche », Le Figaro, 12 novembre 2008.
  6. a, b et c « Ça suffit comme ça ! », communiqué de Jean-Luc Mélenchon et Marc Dolez, sur le site du Parti de gauche.
  7. « 2012 : Mélenchon met en garde contre "le piège mortel du vote utile du PS" », AFP, 20 novembre 2010.
  8. Jonathan Bouchet-Petersen, « Mélenchon revendique son tropisme sud-américain », liberation.fr, 25 août 2012.
  9. Extraits du document présentant le Parti de gauche à destination des adhérents potentiels, p. 3, repris par le « Guide de l'adhésion au Parti de gauche », p. 7.
  10. Sophie de Ravinel, « L’extrême gauche place Hollande sous surveillance », in lefigaro.fr, 12 avril 2012.
  11. Manifeste pour l’écosocialisme adopté par le Congrès du Parti de Gauche du 22 au 24 mars 2013, sire lepartidegauche.fr
  12. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k et l « Statuts transitoires du PG adoptés par le congrès constituant », sur le site du Parti de gauche.
  13. « Face à la crise, il faut résolument changer de cap ! Les 29 mesures du Parti de Gauche », sur le site du Parti de gauche.
  14. L'Humain d'abord - Le programme du Front de gauche et de son candidat commun Jean-Luc Mélenchon. Ed. Librio, 95 pp. ISBN 978-2-290-04064-5
  15. Le Front de gauche se félicite des bonnes ventes de son livre-programme, Raphaëlle Besse Desmoulières, lemonde.fr, 19 octobre 2011
  16. Ensemble, pour des régions à gauche, solidaires, écologiques et citoyennes
  17. La gauche radicale ne veut pas baisser sa garde, Sophie de Ravinel, Le Figaro, 10 janvier 2013
  18. Alexandre Lemarié, « L'UMP justifie sa stratégie du "ni-ni" en liant Front de gauche et Front national », in lemonde.fr, 12 juin 2012.
  19. Le Front de Gauche est-il d'extrême gauche?, Laurent de Boissieu
  20. Front républicain ou Front national, les raisons et limites du « ni-ni »
  21. Alexis Corbière et Laurent Maffeïs, Robespierre, reviens !, Paris, Bruno Leprince,‎ 2012 (ISBN 2364880378), p. 80
  22. Jean-Michel De Waele, Mathieu Vieira, « La famille de la gauche anticapitaliste en Europe occidentale, Une approche comparative (1989-2009) » in Jean-Michel De Waele, Daniel-Louis Seiler, Les Partis de la gauche anticapitaliste en Europe, Economica, 2012.
  23. « Le Parti de Gauche : début de l'acte II », 9 décembre 2009, sur le site du Parti de gauche.
  24. Le Parti de gauche, une formation politique moins monolithique qu’elle n’apparaît, L'Humanité, 19 novembre 2010.
  25. « Le cap des 10 000 adhérents au Parti de Gauche a été dépassé », 31 mars 2012, sur le site du Parti de gauche.
  26. Le Parti de Gauche » Le Secrétariat National du PG
  27. « Réunion entre Delanoë, Aubry et Hamon », Le Nouvel Observateur, 14 novembre 2008.
  28. Résultats du congrès du Mans du Parti socialiste, sur le site de la section de Metz du Parti socialiste.
  29. « Jean-Luc Mélenchon quitte le PS », Le Figaro, 7 novembre 2008.
  30. « Jean-Luc Mélenchon quitte le PS », Le Monde, 7 novembre 2008.
  31. « Le PCF tend la main à Mélenchon et Dolez », Le JDD, 8 novembre 2008.
  32. « Résolution du Conseil National pour les élections européennes », sur le site du Parti communiste français.
  33. Annonce de la création du Parti de gauche, sur le site du Parti de gauche.
  34. « Pupunat quitte le PS pour Mélenchon », Le Figaro, 22 novembre 2008.
  35. Michel Soudais, « Les animateurs d’Utopia quittent le PS », Politis,‎ 22 novembre 2008.
  36. « Pourquoi je quitte le PS », sur le blog de Jacques Généreux.
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  38. « Dernière minute! », sur le site du Parti de gauche.
  39. « L’intoxiqueuse », sur le site du Parti de gauche.
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  41. « Un lancement réussi pour le Parti de Gauche », sur le site du Parti de gauche.
  42. « Mélenchon à la recherche d'une nouvelle majorité de gauche pour gouverner », Le Monde, 29 novembre 2008.
  43. « Le front est en marche », « Compte rendu officiel de la rencontre entre le Parti de Gauche et le Parti ouvrier indépendant », « Compte rendu de la rencontre entre le parti de Gauche et le secrétariat de la coordination nationale des collectifs unitaires (CNCU) », sur le site du Parti de gauche.
  44. a et b « Deux Congrès pour le PG en 2009 », sur le site du Parti de gauche.
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  50. Une conseillere regionale rejoint le parti de gauche, sur le site courrier-picard.fr, non trouvé le 18 octobre 2014.
  51. « Mélenchon fan d'écologie », Sylvia Zappi pour Le Monde, 5 décembre 2009.
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  62. Ministère de l'Intérieur : Second tour des élections cantonales 2011 : les résultats
  63. Yann Duvert, Législatives. À Hénin-Beaumont, Mélenchon éliminé au bout du suspense L'Express, 10 juin 2012
  64. L’écosocialisme comme réponse à la crise , L'Humanité, 22 mars 2013
  65. Municipales : le Parti de gauche annonce des listes autonomes dans 60 villes, lepoint.fr, 24 mars 2013
  66. Parti de gauche : Mélenchon l’imprécateur, Rosalie Lucas, Le Parisien, 25 mars 2013
  67. Rémy Dodet, Mélenchon, le cogneur en a sa claque Libération, 24 juillet 2014
  68. Mélenchon moins naïf vis-à-vis du PCF, Europe 1, 16 février 2014
  69. Jean-Luc Mélenchon salue «avec émotion» la victoire d'Eric Piolle à Grenoble, sur le site liberation.fr du 12 mai 2014
  70. Le Front de gauche en péril, sur le site lejdd.fr du 16 février 2014
  71. Elections européennes : le Front de gauche s'accorde enfin, sur le site liberation.fr du 8 avril 2014
  72. Results of the 2014 European elections - Results by country - France - European Parliament
  73. Mélenchon veut prendre du recul par rapport au Front de gauche Bfmtv,
  74. Jean-Luc Mélenchon quitte la coprésidence du Parti de gauche itélé, 22 août 2014
  75. Jean-Luc Mélenchon quitte la direction du Parti de gauche Le Figaro, 22 août 2014
  76. « Nous partons et nous continuons » sur le site rezocitoyen.org du 14 février 2011.
  77. « Après le congrès du NPA, Leilla Chaïbi, Maël Goepfert et leurs camarades rejoignent le Parti de Gauche », 15 février 2011, sur le site du Parti de gauche.
  78. « De l’engagement. Les raisons d’une adhésion », publié le 15 juillet 2012 sur http://www.jennar.fr
  79. « L'économiste Christophe Ramaux claque la porte du Parti de gauche », Le Monde,‎ 18 janvier 2011
  80. « Claude Debons claque la porte du Parti de gauche », Mediapart,‎ 23 août 2011 (consulté le 11 septembre 2011).
  81. René Balme quitte le Parti de Gauche, Le Figaro, 6 juillet 2012.
  82. Pupunat, cofondateur du Parti de Gauche, se met "en congé" de cette formation, Le Point, 21 août 2012.
  83. Marc Dolez quitte le Parti de gauche et « sa dérive un peu gauchisante » L'Humanité.fr, 19 novembre 2012
  84. AFP, Marc Dolez quitte le Parti de Gauche Le Point.fr, 19 décembre 2012
  85. « Rififi au Parti de gauche », Le Monde, 19 décembre 2012.
  86. PG: démission d’une cinquantaine de militants aquitains, sur le site liberation.fr du 14 février 2014
  87. Joseph Rossignol quitte le Parti de Gauche suite au refus de Front républicain de Jean-Luc Mélenchon, 94.citoyens, 7 octobre 2013.« Toujours en accord avec l’analyse et le projet du Parti de Gauche mais en désaccord avec sa stratégie depuis les élections législatives de 2012, Joseph Rossignol, maire de Limeil Brévannes, a donné sa démission du mouvement de Jean-Luc Mélenchon ce lundi 7 octobre suite au refus de ce dernier d’appeler à voter pour l’UMP contre le FN au second tour de la cantonale partielle de Brignoles (Var). »
  88. Maurice Charrier rejoint le Front de gauche, Le Progrès, 29 mai 2009.
  89. Présidentielle / Desallangre opte pour Hollande : vote utile ou vengeance ?, L'Union Presse, 10 mars 2012.
  90. « Meeting de lancement, discours de Robert Guédiguian », sur le site du Parti de gauche.
  91. « Le colosse de Le Pen et le philosophe de Mélenchon », Le Parisien, 21 janvier 2012.
  92. « Benoît Schneckenburger, le garde du corps philosophe de Mélenchon », Rue89, 18 octobre 2011.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

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