Jean-Marie Roland de La Platière

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Jean-Marie Roland de La Platière
Image illustrative de l'article Jean-Marie Roland de La Platière
Fonctions
Député du Rhône-et-Loire à l'Assemblée législative
Ministre de l'Intérieur,
Ministre de la Justice
Biographie
Date de naissance
Lieu de naissance Thizy
Date de décès (à 59 ans)
Lieu de décès Bourg-Beaudouin
Nationalité Drapeau de la France France
Parti politique girondin
Conjoint Manon Roland
Profession Inspecteur des manufactures

Jean Marie Roland, vicomte de la Platière, né le à Thizy et mort le à Bourg-Beaudouin, est un économiste et homme d’État français.

Ses débuts[modifier | modifier le code]

Sa santé ne lui permettant pas de s’embarquer pour les Indes comme il le souhaitait, Jean Marie Roland entreprend de faire carrière dans le commerce et les manufactures et entre bientôt dans le corps des inspecteurs des manufactures. En 1776, il rencontre la jeune Manon Philipon, qui a vingt ans de moins que lui. Roland est à ce moment un économiste fort réputé, auteur de plusieurs études concernant notamment les manufactures, collaborateur de l’Encyclopédie. Homme honnête, rigoureux, sévère même, grand travailleur, il demande la main de Manon qui l’a séduit. Le mariage toutefois ne se fait pas tout de suite d’autant que Monsieur Philipon refuse son autorisation. En 1780 cependant alors qu’il vient d’être nommé inspecteur des manufactures à Amiens, il épouse Manon. De ce mariage naquit leur fille Eudora (1781-1858), et postérité[1].

L'étude de l'industrie[modifier | modifier le code]

Il s'est d'abord intéressé à sa région du Beaujolais, et plus largement à l'Ardèche, toute proche, où l'usine à soie créée par Jean Deydier s'était bâtie à Aubenas en 1669 en utilisant les apports techniques de la famille bolonaise Benay, déjà présents au XVIe siècle dans le bourg proche de Pélussin, puis s'est mécanisée en 1752, sous forme d'une manufacture royale qui utilise les travaux mécaniques et Vaucanson et emploiera jusqu'à 2000 ouvriers en 1830.

Dans ses Encyclopédies méthodiques de 1780 et 1784, il juge ces machines trop chères, compliquées, dépendantes de composants parisiens, et observe que les producteurs de soie du Piémont italien produisent moins cher, et en France la manufacture identique de Salon aussi[2].

Dans cet ouvrage, il révèle aussi que le conseil municipal de la ville de Lyon avait demandé en 1670 la venue du Bolonais Pierre de Benay (mort en 1690 sans descendance), qui s'est installé à Fores près d'Aubenas en créant un établissement modèle dont les élèves sont partis ensuite essaimer à Privas et Chomérac pour installer des systèmes mécanisés (tour et moulins du Piémont).

Installé ensuite à Amiens de 1781 à 1784, il publie divers ouvrages sur l’Art du fabricant d’étoffes en laine, puis l’Art du fabricant de velours de coton. Avec sa femme, Roland accomplit aussi un voyage d’étude en Angleterre. Nommé en 1784, grâce à Manon, inspecteur des manufactures à Lyon, il occupe ce poste lorsque éclate la Révolution.

Un ministre girondin[modifier | modifier le code]

Partisan des idées nouvelles, l’inspecteur des manufactures est élu en 1790 au conseil Général de la Commune de la ville, qui l’envoie à Paris l’année suivante, afin de démontrer à l’Assemblée l’état déplorable du commerce et des manufactures dans la région lyonnaise. Dans la capitale où il séjourne plusieurs mois, il se lie avec les jacobins Brissot et Buzot, mais également Pétion et Robespierre, et fréquente d'ailleurs la société des amis de la Constitution. À la fin de l’année, le couple Roland s’installe définitivement à Paris. Manon Roland, passionnée elle aussi par la politique reçoit bientôt dans son salon tous les hommes influents. À partir de là, le parti girondin se constituera chez les Roland. Grâce aux relations de sa femme, il entre en mars 1792 dans le « ministère Girondin » où il devient ministre de l’Intérieur. Son aspect bourgeois (simplicité de son costume, chapeau rond et souliers à rubans sans boucles) ne manque pas de choquer les courtisans et les huissiers du palais[3]. Le 10 juin 1792, le ministre de l’intérieur adresse une lettre à Louis XVI rédigée par Manon, dans laquelle il adjure le roi de renoncer à son veto et de sanctionner les décrets. Sa lettre rendue publique, Roland est renvoyé le 13 juin, ainsi que Clavière.

Le ministre, plutôt favorable jusqu’à maintenant à une monarchie constitutionnelle, rejoint le camp des Républicains. Après la journée du 10 août 1792, l’assemblée législative lui rend son portefeuille et il redevient ministre. En place au moment des massacres de Septembre, il se distingue par son inertie, ne prenant que des mesures bien trop tardives.

Élu à la Convention, Roland refuse son siège de député, préférant conserver son portefeuille au Ministère. Cependant après l’ouverture de la fameuse armoire de fer, le ministre de l’intérieur trie lui-même les documents découverts. Les Montagnards l’accuseront d’avoir ainsi fait disparaître des papiers compromettants pour la Gironde. Son attitude pendant le procès de Louis XVI, lorsqu’il essaie d’obtenir l’appel au peuple, augmente encore la haine que lui portent les Montagnards. Le 23 janvier 1793, las de toutes ces attaques et aussi fort atteint par les révélations de Manon qui vient de lui avouer son amour pour François Buzot, Roland démissionne.

La mort d'un proscrit[modifier | modifier le code]

Retiré dans sa petite maison de la rue de la Harpe, l’ancien ministre voudrait quitter Paris, mais l’Assemblée lui en refuse l’autorisation, et Manon ne veut pas s’éloigner de son cher Buzot. Dès lors, son destin est scellé.

Ses violentes attaques contre les Montagnards et la Commune de Paris le font décréter d’arrestation avec les Girondins, le 2 juin 1793. Il refuse de les suivre, alléguant que leurs ordres sont illégaux. Mis hors la loi, Roland parvint à s’échapper, grâce à Louis-Augustin Bosc d'Antic. Il quitte Paris et se réfugie à Rouen en Normandie, chez deux vieilles demoiselles qui l’hébergent au péril de leur vie. C’est là que le 10 novembre 1793, il apprend l’exécution de Manon. Après avoir brûlé ses papiers, il prend sa canne-épée, et quitte son refuge, marchant en direction de Paris. Au soir, il s’engage dans une allée et se tue de deux coups de sa canne épée contre un arbre avant de s’y empaler. On trouve sur lui ce billet : « Qui que tu sois qui me trouves gisant ici, respecte mes restes ; ce sont ceux d’un homme qui est mort comme il a vécu, vertueux et honnête. »

Après la mort de Jean-Marie Roland et de son épouse, leur fille Eudora Roland fut recueillie par Jacques Antoine Creuzé-Latouche puis par Louis-Augustin Bosc d'Antic.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Descendance dans les familles Chaley et Taillet, notamment.
  2. [Travaux de la commission française sur l’industrie des nations http://books.google.fr/books?id=SQMUAAAAYAAJ&pg=PA52&dq=Roland+de+la+Plati%C3%A8re&lr=&ei=sYbJSOftM4uWyATr9MSxAQ#PPA53,M1
  3. Jean-Marie Roland De La Platière, Œuvres, Volume 2, Bidault,‎ 1800, p. 82

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Edith Bernardin, Jean-Marie Roland et le ministère de l'Intérieur (1792-1793), Paris, Société des études robespierristes, 1964.
  • François Furet, Mona Ozouf, La Gironde et les Girondins, Paris, Payot, collection « Librairie du bicentenaire de la Révolution française », 1991.

Liens externes[modifier | modifier le code]

Chronologies[modifier | modifier le code]

Précédé par Jean-Marie Roland de La Platière Suivi par
Bon-Claude Cahier de Gerville
Ministre français de l’Intérieur
24 mars 1792 - 13 juin 1792
Jacques Antoine Mourgue
Marguerite-Louis-François Duport-Dutertre
Ministre français de la Justice
23 mars 1792 - 13 avril 1792
Antoine Duranthon
Clément Felix Champion de Villeneuve
Ministre français de l’Intérieur
10 août 1792 - 23 janvier 1793
Dominique Joseph Garat