Claire Lacombe

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Claire Lacombe, née le 4 mars 1765 à Pamiers est une actrice et militante révolutionnaire et féministe française. On ignore les conditions de son décès mais on sait qu’il est postérieur à 1798. Son nom de théâtre était Rose Lacombe.

Biographie[modifier | modifier le code]

Son acte de baptême mentionne qu'elle est la fille légitime de ses parents, son père Bertrand Lacombe était marchand, ce qui signifie qu'ils étaient mariés et donc, qu'elle n'est pas issue d'un milieu de comédiens, contrairement à ce qu'affirme Lamartine[1].

Avant la Révolution, elle est actrice, non sans succès, à Marseille et à Lyon. En 1792, elle arrive à Paris où elle fréquente le club des Cordeliers. Elle obtient une « couronne civique » pour avoir participé à l’assaut du palais des Tuileries avec un bataillon de Fédérés (10 août 1792). L’hiver suivant, elle est proche du groupe des Enragés (elle est un temps la compagne de Jean-Théophile Leclerc qui épousera plus tard Pauline Léon) et milite contre le chômage ou l’accaparement des richesses, préoccupations sociales qui l’amènent à fonder avec Pauline Léon la Société des républicaines révolutionnaires en mai 1793.

On sait que Claire Lacombe était belle femme, comme le dit avec condescendance le montagnard Choudieu, député de Maine-et-Loire : « Mlle Lacombe n’avait d’autre mérite qu’un assez beau physique. Elle représentait dans nos fêtes publiques la déesse de la liberté. Elle avait, comme Mlle Théroigne, une grande influence dans les groupes. Elle n’avait aucune qualité brillante, mais ses manières convenaient à la masse du peuple. »

Le 12 mai 1793, les Républicaines Révolutionnaires demandent le droit de porter les armes pour combattre en Vendée. Claire Lacombe joue un rôle important au cours des évènements du 31 mai et du 2 juin, participant aux débats et poussant à l’insurrection. En août, elle réclame par une pétition que tous les nobles de l’armée soient destitués et le 5 septembre, elle demande même l’épuration du gouvernement. Cette fois, les Jacobins s’en prennent à elle et l’accusent de délits imaginaires, certes peu crédibles, mais extrêmement dangereux à l’époque : avoir donné asile à des aristocrates par exemple.

Arrêtée le 16 septembre elle est relâchée le soir même. Le 7 octobre 1793, elle se présente à la barre de la Convention et réfute les arguments de ses adversaires, dénonçant au passage l’oppression dont sont victimes les femmes, ajoutant même : « Nos droits sont ceux du peuple, et si l’on nous opprime, nous saurons opposer la résistance à l’oppression ».

Le gouvernement n’apprécie pas et, quelques jours plus tard, Claire Lacombe est impliquée dans une affaire qui cause sa perte : des femmes de la Halle accusent les Républicaines Révolutionnaires de les avoir forcées à prendre le bonnet rouge, habit réservé aux hommes. Victorieuses, les femmes de la Halle auraient même fouetté Claire Lacombe au passage. Cet évènement sert de prétexte au gouvernement révolutionnaire qui interdit tous les clubs féminins, à commencer par les Républicaines Révolutionnaires.

La chute des Enragés puis celle des hébertistes mettent Claire Lacombe en danger et elle doit se cacher. Elle est arrêtée le 2 avril 1794 avec Pauline et Jean-Théophile Leclerc. Elle est libérée le 1er fructidor an III (18 août 1795), un an après les époux Leclerc. Elle reprend ensuite son métier de comédienne. Trois mois plus tard, elle quitte Paris pour Nantes, où elle a un engagement. De retour à Paris en prairial an VI, on perd sa trace après 1798.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Françoys Larue-Langlois, Claire Lacombe : citoyenne révolutionnaire, Paris, Punctum, coll. « Vies choisies », 2005, 164 p., 18 cm (ISBN 2-35116-002-9)

Évocations dans la littérature[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Larue-Langlois, 2005