Marais breton

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46° 55′ 28″ N 2° 03′ 14″ O / 46.924476, -2.053757

Marais breton
Pays France
Subdivision administrative Pays de la Loire
Subdivision administrative Loire-Atlantique
Vendée
Ville(s) principale(s) Beauvoir-sur-Mer, Bouin, Bourgneuf-en-Retz, Challans,
Saint-Jean-de-Monts
Coordonnées 46° 55′ 28″ N 2° 03′ 14″ O / 46.924476, -2.05375746° 55′ 28″ Nord 2° 03′ 14″ Ouest / 46.924476, -2.053757  
Superficie approximative 450 km2
Région(s) naturelle(s)
voisine(s)
Pays de Retz
Bocage vendéen

Le Marais breton (le Conseil général de la Vendée l'a rebaptisé Marais breton-vendéen) est une zone géographique humide située au bord de l'océan Atlantique. Il marque la limite entre deux anciennes provinces françaises, la Bretagne et le Poitou, et s'étend sur deux départements, la Loire-Atlantique et la Vendée, tous deux inclus dans la région administrative des Pays de la Loire.

Le Marais breton est protégé par des digues et des dunes (stabilisées par des pins, forêt des Pays de Monts) car dans les alentours de Bouin, par exemple, les terres parfois en dessous du niveau de l'océan étaient autrefois soumises à de fréquents raz-de-marée. Un système de vannage empêchant les eaux salées de remonter dans plusieurs zones du marais a autrefois été également mis en place afin de rendre le marais breton compatible avec l'agriculture. Le marais est un lieu d’observation privilégié et un site touristique original.

Localisation géographique[modifier | modifier le code]

Le Marais breton s'étend sur 45 000 ha comprenant un réseau de canaux (étiers), des prairies humides et des polders d'une grande richesse biologique. Il s'étend, du nord au sud, des communes de Les Moutiers-en-Retz à Saint-Gilles-Croix-de-Vie sur le littoral et de Machecoul à Challans dans les terres, à l'est.

Histoire[modifier | modifier le code]

À l'origine, la zone faisait partie d'une ancienne grande baie recouverte par l'océan (la baie de Bretagne). Des nombreuses îles parsemant cette baie, seule l'île de Noirmoutier est encore entourée par la mer. Bouin, Beauvoir-sur-Mer, Sallertaine sont d'anciennes îles aujourd’hui rattachées au continent. Au cours de la Préhistoire, une sédimentation fluviale en provenance de la Loire et de la Charente a créé une zone de dépôt à versements successifs fermant la baie peu à peu. L’homme a favorisé cet ensablement en construisant des digues et des canaux lors de l'aménagement de marais salants.

Les premières salines ont été creusées au début de l’ère chrétienne sous l’influence des Romains. Les moines bénédictins du XIe au XIIIe siècle entreprirent la construction d'installations salicoles : fosses, étiers.

Le marais était réputé, depuis le Moyen Âge jusqu'au XVIIIe siècle, pour ses marais salants qui ont hissé le Marais breton au rang de plus grand producteur de sel en France (du XVe au XVIIIe siècle avec jusqu'à 30 000 tonnes produites par an). La consommation de sel était alors beaucoup plus importante que maintenant car utilisé comme principal agent de conservation des aliments : la salaison était très répandue.

Les deux paroisses qui produisaient à cette époque le plus de sel étaient celles de Bouin et de Bourgneuf. Celui-ci était ensuite exporté principalement vers les pays nordiques par les marchands de la Hanse depuis les ports de Bourgneuf-en-Retz puis du Collet. Mais l'envasement progressif de la baie (provoqué en partie par les tonnes de lest de cale que les navires larguaient avant de charger le sel) mit fin au commerce à grande échelle, l'accès aux ports devenant de plus en plus difficile pour les navires. Cette zone de production est alors progressivement abandonnée au profit des salines de la mer Méditerranée.

L'activité agricole a progressivement supplanté l'activité salicole et engage un réaménagement des marais. L'eau salée est progressivement rejetée vers la mer au profit des eaux de pluie qui remplissent les étiers du marais. De nos jours, l'eau du marais est complètement douce à l'exception d'une zone située à l'ouest de Bourgneuf gardée salée, notamment pour les activités ostréicoles. Des fossés plus larges et moins nombreux ont été aménagés et creusés pour assurer une meilleure irrigation du marais breton.

Culture[modifier | modifier le code]

Au niveau musical, le Marais Breton possède un répertoire de musique et danses traditionnelles proches de régions voisines (Bocage vendéen et Haute-Bretagne), mais dispose d'un instrument de musique qui lui est propre, la Veuze, ainsi que d'une danse, la maraîchine.

Aujourd'hui[modifier | modifier le code]

Aujourd'hui les activités ostréicoles ont pris le relais (huîtres Vendée-Atlantique) et le tourisme s'est considérablement développé autour des stations balnéaires de la Baie de Bourgneuf (Les Moutiers-en-Retz, Noirmoutier, etc.) et de la côte vendéenne (Saint-Gilles-Croix-de-Vie, Saint-Jean-de-Monts, etc.).

L'activité salicole connaît depuis quelques années un nouveau souffle dans le Marais breton, notamment sur l'île de Noirmoutier, à Beauvoir-sur-Mer et à Bourgneuf-en-Retz, dû notamment au regain d'intérêt des activités traditionnelles et au potentiel touristique qu'il suscite, autant que pour la qualité de la production.

Les éoliennes de Bouin installées en 2002 sont devenues des attractions visibles dans tout le nord du marais. Elles produisent de l'énergie pour près de 20 000 habitants du marais et du nord de la Vendée.

Les marais salants[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Marais salant.

Surtout concentrés sur la frange littorale de la Baie de Bourgneuf, ils produisent du sel de qualité grâce à plusieurs facteurs :

  • Facteur géomorphologique : la terre argileuse permet de construire des bassins et des œillets[1] étanches, nécessaires au processus d'évaporation de l'eau. Évaporation favorisée notamment par la propriété qu'a cette terre de restituer la chaleur accumulée.
  • Facteur climatique : le temps ensoleillé et les douces brises estivales constituent des conditions idéales pour une récolte régulière du sel.

Faune et Flore[modifier | modifier le code]

Selon Natura 2000, le Marais breton fait partie d'un cadre géographique plus large englobant également la forêt des Pays de Monts, la baie de Bourgneuf, et l'île de Noirmoutier[2].

La faune[modifier | modifier le code]

Une faune riche et particulière singularise ce milieu de marais où hérons, aigrettes blanches, busards des roseaux et canards colonisent l’espace.

La flore[modifier | modifier le code]

Certaines plantes dites halophiles ne poussent que dans les milieux salés. Dans les marais salants, les espèces végétales sont réparties selon la salinité et la nature du terrain sur lequel elles poussent. La salicorne et l'obione poussent près de l'eau salée en bas des bosses alors que la moutarde noire pousse sur des terrains moins salés sur les bosses.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. En saliculture, un œillet est un bassin de marais salant en forme de rectangle, sur lequel on fait évaporer l’eau de mer et on recueille le sel.
  2. « Marais Breton, baie de Bourgneuf, île de Noirmoutier et forêt de Monts », Natura 2000 (consulté le 04/08/2011)