Soulèvement de Lyon contre la Convention nationale

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Le soulèvement de Lyon contre la Convention nationale est un mouvement contre-révolutionnaire qui eut lieu de juin à novembre 1793.

Une ville confrontée à la crise économique[modifier | modifier le code]

En 1789, Lyon est avec Paris la seule agglomération à dépasser de façon certaine les 100 000 habitants. Ville de banque, de négoce et de manufactures, elle vit surtout de la soierie, qui occupe un tiers de la population. Mais la France est alors plongée dans une crise économique très grave, et cette industrie est en crise. Selon Arthur Young, agronome britannique qui visite la ville en décembre, 20 000 personnes vivent de la charité et souffrent de la disette, et les couches populaires sont confrontées à la misère. 1 695 maîtres-ouvriers faisant fonctionner 3 370 métiers, n'ont plus de travail, près de 10 000 compagnons vivent de secours, 2 000 ateliers disparaissent et plus de 4 000 ouvriers de la soie quittent la ville. En février 1790, un rapport officiel compte 25 000 personnes assistées, soit plus de la moitié des travailleurs et de leurs familles[1], et rend le traité de commerce franco-britannique signé à Versailles le 26 septembre 1786 responsable de la crise[2].

Deux émeutes dirigées contre les barrières d'octroi agitent la ville, en juin 1789 et juillet 1790. Le peuple de la ville espère que les États généraux de 1789 vont supprimer les droits d'octroi, établis par l'oligarchie marchande pour acquitter le loyer des emprunts sans imposer les propriétés. Toutefois, la nouvelle municipalité issue des élections maintient l'octroi. Cette mesure provoque une nouvelle émeute, qui contraint les édiles à reculer ; mais l'Assemblée constituante rétablit provisoirement les barrières. Cette décision déclenche une nouvelle émeute, accompagnée du pillage des maisons des plus riches et de la demande de la taxation des denrées de première nécessité[2].

Lourds de conséquence, ces conflits sociaux révèlent les intérêts communs des élites royalistes, autour d'Imbert-Colomès, et patriotes, autour de Roland. De même, les maîtres-ouvriers s'opposent à la taxation des prix, qui entraînerait celle des salaires des compagnons, qu'il ne serait ainsi plus possible de réduire. De leur côté, les compagnons qui ont encore du travail ont des liens plus étroits avec les maîtres et les fabricants qu'avec les chômeurs, prêts à accepter n'importe quelle rétribution[2].

Une opposition politique[modifier | modifier le code]

Louis François Perrin de Précy, chef des insurgés lyonnais. Peinture de Jean-Joseph Dassy.

En septembre 1790, les sans-culottes lyonnais fondent 32 clubs de section, baptisés : « Sociétés populaires des Amis de la Constitution ». Elles s'opposent aux sociétés bourgeoises, notamment la « Société des Amis de la Révolution » (la première qui ait vu le jour), qui n'admet que des citoyens actifs, et celle des « Amis de la Constitution », affiliée au club des Jacobins, qui exige une cotisation élevée. Un comité central, bientôt connu sous le nom de « Club central », réunit des délégués des clubs sectionnaires. Contrôlé d'abord par les Rolandins, le « Club central » passe bientôt entre les mains des éléments les plus avancés, autour de Marie Joseph Chalier[3].

Le directoire du département de Rhône-et-Loire est alors dominé par des royalistes constitutionnels. Le rolandin Vitet devient maire de Lyon. Le « Club central » s'oppose au premier dès la fin de 1791, au second en juin 1792[4].

Le passage des fédérés marseillais, puis la journée du 10 août 1792 radicalisent la situation. Tandis que Roland occupe le poste de ministre de l'Intérieur à Paris, huit officiers et quatre prêtres sont tués lors de « septembrisades »[4].

En novembre 1792, le girondin Nivière-Chol est élu maire de Lyon à la place de Vitet élu à la Convention. Confronté au marasme économique, il se voit autorisé par l'Assemblée à emprunter trois millions[Quoi ?] par voie de souscription sans intérêt sur les citoyens en proportion de leur fortune, mesure qui aigrit la bourgeoisie et la rapproche des royalistes[4].

Le 6 février 1793, le « Club central » demande la création d'un tribunal révolutionnaire. Opposé à cette proposition, le maire veut mobiliser la troupe, ce qui provoque une insurrection populaire[4].

Pour dénouer les crises, Nivière-Chol démissionne et est réélu. Cependant, partisans et adversaires de Chalier s'opposent dans les clubs sectionnaires, qui eux-mêmes s'opposent au « Club central ». Nivière-Chol ayant à nouveau démissionné, le modéré Gilibert est élu maire, contre Bertrand, ami de Chalier. Toutefois, fragilisé par la nouvelle de la trahison de Dumouriez, Gilibert démissionne, et Bertrand accède à la mairie le 9 mars 1793[4].

Le pouvoir des Chaliers va durer 80 jours. La municipalité prend des mesures extraordinaires : création d'une boulangerie municipale le 14 mars, taxation des vivres (qui disparaissent des boutiques), enrôlement de volontaires, institution d'un comité de salut public lyonnais composé de 7 membres (2 du département, 2 du district, 3 de la commune) le 8 avril. Allant plus loin, le « Club central » exige l'établissement d'un maximum des grains et propose le 4 mai la permanence de la guillotine et de l'assemblée des sociétés populaires, l'institution d'un tribunal révolutionnaire, d'un comité de surveillance et d'une armée révolutionnaire pour remplacer la garde nationale, enfin, une contribution forcée des riches. Le 14 mai, le Conseil général de la Commune vote la création de l'armée révolutionnaire - un fonds de six millions[Quoi ?] prélevé sur les riches doit assurer ses frais - et la réunion en commun, chaque jour, du département, du district et de la commune[5].

Cette dernière mesure déclenche une contre-offensive. Les jours suivants, sur les 32 sections, 7, 12, puis la majorité, s'opposent à l'arrêté municipal. À Paris, le député girondin Chasset obtient de la Convention l'annulation des arrêtés instituant des tribunaux extraordinaires dans les communes, et quatre représentants (Albitte, Dubois-Crancé, Gauthier et Nioche) sont envoyés à Lyon. Confortées dans leur décision, dans la dernière semaine de mai, toutes les sections, sauf 6, s'opposent à l'arrêté du 14 mai[6].

La chute de Chalier[modifier | modifier le code]

Le 29 mai, une assemblée des sections réunie à l'Arsenal décide de renverser la municipalité, défendue uniquement par les bataillons de cinq sections et une partie des troupes de ligne. Venus à l'Arsenal, les représentants Gauthier et Nioche sont mis en garde à vue. Dans la nuit, les « Chalier » sont arrêtés, et le modéré Bénami est nommé président provisoire. Le lendemain, Coindre devient maire, et le juge Ampère (père du physicien André-Marie Ampère) est désigné pour instruire le procès de Joseph Chalier et de ses amis[6].

Confronté à des insurrections fédéralistes après les journées du 31 mai et du 2 juin 1793, la Convention considère qu'il s'agit d'une révolte girondine. De fait, dès la mi-juin, des contacts sont noués avec les départements voisins et les autres villes insurgées, Marseille, Nîmes et Bordeaux. Dans la ligne des mouvement fédéralistes, Lyon exige la réunion des conventionnels suppléants à Bourges. Par ailleurs, la municipalité constitue une armée de 10 000 hommes composée d'éléments populaires, mais commandée par des royalistes, le comte de Précy, assisté de Clermont-Tonnerre, Virieu, Pantigny, Nolhac, Villeneuve, La Roche d'Angly et le chevalier de Melon[6].

La Convention envoie à Lyon Lindet pour négocier. Mais les dirigeants de l'Arsenal, soutenus par le député girondin fugitif Birotteau refusent tout accommodement. Le 30 juin, 207 délégués des cantons du département et des sections urbaines nomment une « Commission populaire républicaine et de salut public du Rhône-et-Loire » qui envoie une Adresse des autorités constituées de Lyon aux armées, aux citoyens et à tous les départements de la République. Ayant mandé en vain les autorités lyonnaises, la Convention prend une série de décrets, les 12 et 14 juillet, mettant hors la loi Birotteau, destituant les dirigeants lyonnais, séquestrant leurs biens, invitant les individus entrés à Lyon depuis le 29 mai à en sortir et ordonnant aux représentants à l'Armée des Alpes de rétablir à Lyon les lois de la République[6].

Dans ce contexte d'exacerbation du conflit, Chalier est condamné à mort le 16 juillet et guillotiné le lendemain, suivi le 31 juillet par Ryard, qui commandait les troupes de la commune le 29 mai. Le Jacobin Rousseau Hiddins s'est suicidé en prison[7] et un autre leader montagnard a été massacré dans la rue. Parmi les autorités, de même, les républicains modérés sont progressivement remplacés par des royalistes[6].

Le siège de Lyon[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Siège de Lyon.
Le Siège de Lyon.

L'armée des Alpes, sous les ordres de Kellermann, fait alors face à une offensive des Piémontais en Savoie et ne peut pas faire mouvement avant le 10 août 1793. Le 12, les représentants scindent le département révolté, créant la Loire, avec Feurs comme chef-lieu et le Rhône. Le 21, la Convention envoie Couthon, Châteauneuf-Randon et Maignet appuyer leurs six collègues représentants (Albitte, Dubois-Crancé, Javogues, Gauthier, Nioche et Reverchon). Le lendemain, le bombardement de la ville commence, et, en septembre, elle est encerclée ; le 29 septembre, au sud-ouest, le fort de Sainte-Foy est enlevé[6].

Le 3 octobre, Couthon somme les Lyonnais de se rendre, et une trêve est observée jusqu'au 7. Après des délibérations dans les sections, le 8, une délégation est envoyée pour négocier, malgré l'opposition de Précy, tandis que les forts de Saint-Irénée et de Saint-Just tombent[6].

Le lendemain, à l'aube, Précy s'échappe de la ville par Vaise, au nord-ouest, et se cache, avant de passer en Suisse. Les autorités civiles capitulent à midi[6].

La répression[modifier | modifier le code]

Le 9 octobre, les représentants créent une « Commission militaire », afin de juger les personnes prises les armes à la main, et une « Commission de justice populaire », devant statuer sur les autres « rebelles ». Trois jours plus tard, la Convention décide la formation d'une « Commission extraordinaire » de cinq membres chargée de « punir militairement et sans délai les criminels contre-révolutionnaires de Lyon »[8].

Joseph Fouché, miniature sur ivoire par Jean-Baptiste Sambat.

Le 11 octobre, les représentants décident la destruction des murailles de la ville. Le lendemain, Barère fait décréter par la Convention que « Lyon perdra son nom, elle sera appelée Ville-Affranchie. Elle sera détruite. Tout ce qui fut habité par le riche sera démoli, il ne restera que la maison du pauvre, les habitations des patriotes égarés ou proscrits, les édifices spécialement employés à l'industrie et les monuments consacrés à l'humanité et à l'instruction publique. Il sera élevé sur les ruines de Lyon une colonne qui attestera à la postérité les crimes et la punition des royalistes de cette ville avec cette inscription : Lyon fit la guerre à la liberté ; Lyon n'est plus. » En fait, sur une liste de 600 maisons, une cinquantaine seulement sont détruites[6].
À l'instar de la ville devenue Ville-Affranchie, divers quartiers, places et rues sont rebaptisés. C'est ainsi que le quartier Bellecour devient le Canton de la Fédération ou Canton Égalité, la place Bellecour devient place de la Fédération ou place de l'Égalité, le quartier de La Croix-Rousse devient Commune-Chalier, le quartier de l'Hôtel-Dieu devient Canton-sans-Culotte, le quartier de la Halle aux Blés devient Canton Chalier, etc[9].

La « Commission militaire » statue dès le 11 octobre et fait fusiller 106 personnes, dont les lieutenants de Précy. La « Commission de justice populaire », qui fonctionne à partir du 21 octobre, fait guillotiner 79 personnes, dont Bénami, Coindre et le juge de paix Ampère. Les deux commissions disparaissent le 9 décembre. Quant à la « Commission révolutionnaire extraordinaire » qui siège du 30 novembre 1793 au 6 avril 1794, présidée par le général Parein, elle décide d'emblée de substituer des mitraillades collectives aux fusillades individuelles et à la guillotine. Les 4 et 5 décembre, 60, puis 208 ou 209 condamnés sont tués par trois pièces de canon chargées à mitraille dans la plaine des Brotteaux, près de la grange de Part-Dieu. Cette méthode est abandonnée le 17 décembre[8].

La responsabilité de ces massacres a été imputée non seulement à la Commission Parein, mais aussi aux représentants Collot d’Herbois et Fouché, nommés le mois précédent pour remplacer Couthon, rappelé à Paris. Parmi les victimes de cette commission, on compte quelques rares personnalités : l'ancien président du département Debost, l'ex-constituant maconnais Merle, l'architecte urbaniste Morand, le bourreau qui avait exécuté Chalier, le chanoine Roland (frère du ministre), des Feuillants, des Rolandins, des prêtres, des religieux et religieuses, des négociants, marchands et fabricants, des aristocrates, des gens du peuple (ouvriers, domestiques), mais aussi des contre-révolutionnaires expédiés de Feurs, de Montbrison, de Saint-Étienne et des départements voisins (Loire, Ain, Saône-et-Loire, Isère, Allier). Cette variété rend très difficile une évaluation exacte des exécutions. Pour sa part, lors de sa dernière séance du 17 germinal (6 avril 1794), la « Commission extraordinaire » affirme avoir fait exécuter 1 684 personnes, en avoir acquitté 1 682 et en avoir condamné à la détention 162[10].

Au total, les trois commissions auraient donc exécuté 1 867 personnes. Toutefois, entre le 20 germinal (10 avril) et Thermidor, le tribunal criminel du département prend le relais, condamnant au moins 15 personnes à la peine de mort, dont 3 avaient déjà été condamnées par contumace par la « Commission extraordinaire » et arrêtées après le 17 germinal. À ces victimes, il faudrait ajouter les victimes du siège, tuées, mortes de famine ou de misère, dont le chiffre est inconnu. De même, conformément à la loi de Prairial, les suspects sont envoyés ensuite à Paris pour être jugés, comme l'évêque constitutionnel Lamourette et l'ancien constituant Jean-Jacques-François Millanois[11].

Les suites[modifier | modifier le code]

Le 10 germinal (30 mars 1794), Fouché est rappelé à Paris, après un séjour de quatre mois. Le 1er mai, les représentants en mission décident de ramener à l'Hôtel de ville les institutions jusque-là dispersées alentour (le Conseil du district à Condrieu, celui du département à Villefranche, le tribunal criminel à Neuville-sur-Saône). De même, les autorités tentent de réhabiliter les manufactures et le commerce, notamment des manufactures de galons d'or et d'argent. À la veille du 9 thermidor, les Robespierristes lyonnais, pensant être maîtres de la situation, commencent à vouloir demander des comptes à Fouché[11].

Toutefois, le 1er août parvient la nouvelle de l'exécution de Robespierre. Dans le courant de thermidor et au début de fructidor, les autorités sont épurées, avec la révocation du président, de l'accusateur public et du greffier du tribunal criminel, l'arrestation de l'agent national et de quatre autres prévenus. Le 8 août, les Jacobins lyonnais sont à leur tour épurés[11].

Le 4 fructidor an II (21 août 1794), la Convention donne, par décret, mission aux montagnards Louis Joseph Charlier et Pierre-Pomponne-Amédée Pocholle d’affermir le gouvernement révolutionnaire de « Ville Affranchie », avant de l'étendre le 9 fructidor (26 août) aux départements du Rhône et de la Loire[12]. Leur mission se veut apaisante, et Charlier déclare : « On a voulu vous faire un monstre du gouvernement révolutionnaire, la terreur a régné dans vos murs ; rassurez vous, bons citoyens, la terreur n’est que pour les méchants... » Arrivés le 17 fructidor (3 septembre), leur mission dure trois mois[13].

La ville est alors confrontée à une crise des subsistances — le charbon et le blé manquent, et l’institution de la carte de pain ne suffit pas pour assurer la subsistance de la population — à l'inflation des prix et au dépérissement de la soierie, principale activité industrielle de la ville. En même temps qu'ils s'attachent à assurer la subsistance et la distribution de bois, Charlier et Pocholle maintiennent les neuf Comités révolutionnaires et ordonnent des mesures sévères pour la surveillance des étrangers.

Sous leur action, la réaction l'emporte : la Société populaire est dissoute le 6 septembre, le maire, Bertrand, doit démissionner, remplacé par Salamond, ex-maire de Montélimar, le 9, et 13 terroristes — ceux « qui avaient dirigé les administrations du district, des cantons et des sections et avaient commis des actes arbitraires, exercé des vengeances particulières et dilapidé la chose publique » — sont arrêtés par les représentants le 12[14].

Sollicités, lors de célébrations de la cinquième sans-culottide, afin d'obtenir le retrait des décrets d'exception votés contre la ville, les envoyés en mission en rendent compte à la Convention qui, sur un rapport de Villers, vote, le 16 vendémiaire an III (7 octobre 1794), un décret rendant à la ville son nom de Lyon (article 1) : « Commune-Affranchie reprendra son ancien nom de Lyon ; elle n’est plus en état de rébellion et de siège. » Annoncée à Lyon le 21, la nouvelle déclenche des scènes de liesse : « on offre deux couronnes civiques aux Pères du peuple Pocholle et Charlier, avec un quatrain analogue ; ils répondirent qu’il fallait réserver ce présent si honorable aux premiers Lyonnais qui monteraient à la brèche… »

Dans une lettre adressée au comité de salut public le 7 frimaire (27 novembre) dans laquelle ils rendent compte de leur action avant leur retour à Paris, les deux envoyés en mission affirment : « Lyon est assez tranquille ; le travail et la sécurité renaissent ; l’industrie redouble d’efforts pour réparer ses pertes et ses malheurs ; des mesures sont prises pour que la plaie des dilapidations qui ont dévoré la fortune publique soit enfin sondée. » Le 11 frimaire (1er décembre), cette adresse est lue devant la Convention : « Le conseil général de la commune de Lyon félicite la Convention d’avoir rendu cette ville à la République et au commerce. Il fait part des excellentes mesures que prennent dans le département Charlier et Pocholle pour déjouer les projets des conspirateurs, et faire revivre les arts et les mœurs »[15].

Au printemps 1795, la Terreur blanche s'abat à son tour sur la ville, dirigée contre les terroristes[16].

Mémoire[modifier | modifier le code]

On retrouve la liste des victimes des mitraillades dans la chapelle expiatoire des Brotteaux, érigée sur les lieux des massacres. Elle fut établie d'après les comptes tenus par la commission.

Les ossements des 209 lyonnais, fusillés le 3 décembre 1793 dans la plaine des Brotteaux, sont conservés dans la crypte de la chapelle des Brotteaux, rue de Créqui, dans le 6e arrondissement de Lyon, depuis la Restauration. La chapelle a été détruite et reconstruite une vingtaine de mètres plus loin à la fin du XIXe siècle. Le 2 juillet 1906, les ossements des victimes de la Terreur furent déplacés de l'ancienne chapelle des Brotteaux dans la nouvelle.

À l'occasion des célébrations du bicentenaire de la Révolution en 1989, deux associations nommées Lyon 89 et Lyon 93[17], regroupant des descendants des victimes du siège et de la répression, ont été fondées à Lyon. Une troisième association, Rhône 89, républicaine et laïque, est davantage tournée vers la connaissance historique[18].

Le siège de Lyon a suscité plusieurs chansons populaires. Parmi elles, un chasseur du bataillon de la Déserte a écrit en 1793 sur l'air de la chanson Aussitôt que la lumière d'Adam Billaut[19], les « Fantassins du Lyonnais »[20], également appelé « La Ligue noire » en référence à son premier couplet.

Source principale[modifier | modifier le code]

  • Albert Soboul, Dictionnaire historique de la Révolution française, Quadrige/PUF, 1989, p. 688-696, entrée « Lyon » de Jean-René Suratteau

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (ja) Takashi Koï, Lyon no France kakumei – jiyu ka byoudou ka [La Révolution française à Lyon. Liberté ou Égalité], Tokyo, Rikkyo University Press,‎ 2006, 729 p. (ISBN 4-901988-07-7)
  2. a, b et c Jean-René Suratteau, « Lyon », in Albert Soboul, Dictionnaire historique de la Révolution française, 2005, p. 689.
  3. Jean-René Suratteau, « Lyon », in Albert Soboul, Dictionnaire historique de la Révolution française, 2005, p. 689-690.
  4. a, b, c, d et e Jean-René Suratteau, « Lyon », in Albert Soboul, Dictionnaire historique de la Révolution française, 2005, p. 690.
  5. Jean-René Suratteau, « Lyon », in Albert Soboul, Dictionnaire historique de la Révolution française, 2005, p. 690-691.
  6. a, b, c, d, e, f, g, h et i Jean-René Suratteau, « Lyon », in Albert Soboul, Dictionnaire historique de la Révolution française, 2005, p. 691.
  7. Dominique Godineau "S'abréger les jours : le suicide au XVIIe siècle", 2012
  8. a et b Jean-René Suratteau, « Lyon », in Albert Soboul, Dictionnaire historique de la Révolution française, 2005, p. 693.
  9. Noms révolutionnaires des communes de France, p. 78-79.
  10. Jean-René Suratteau, « Lyon », in Albert Soboul, Dictionnaire historique de la Révolution française, 2005, p. 693-694.
  11. a, b et c Jean-René Suratteau, « Lyon », in Albert Soboul, Dictionnaire historique de la Révolution française, 2005, p. 695.
  12. Le texte de la Convention précise « au département de Rhône-et-Loire » alors que, le 29 brumaire an II, elle l’avait divisé en deux.
  13. Charles-Narcisse Moignon, ami d’enfance de Charlier, qu’il avait sauvé de l’échafaud, sera son secrétaire ; ensemble, ils réorganiseront les hôpitaux, Moignon étant médecin et ayant de l’ascendant sur lui.
  14. Jean-René Suratteau, « Lyon », in Albert Soboul, Dictionnaire historique de la Révolution française, 2005, p. 696.
  15. Journal de France, 2 décembre 1794, et Jean-Paul Barbier, Le Révolutionnaire Louis-Joseph Charlier, 1995.
  16. Raymonde Monnier, « Terreur blanche », in Albert Soboul, Dictionnaire historique de la Révolution française, 2005, p. 1025-1026.
  17. L'Association Lyon 93 a été fondée par l'ingénieur Jacques Tournier en 1983, 190 ans après les évènements. Voir Daniel Bideau, Lyon sera détruite, Lyon, La Taillanderie, 1988, 143 pages, p. 132.
  18. Bruno Benoit, L'Identité politique de Lyon, entre violences collectives et mémoire des élites (1786-1905), Paris, L'Harmattan, 1999, 239 pages, introduction de Maurice Garden, p. 14 (ISBN 2738474659).
  19. Alphonse Balleydier, Histoire politique et militaire du peuple de Lyon pendant la Révolution française (1789-1795), L. Curmer, 1845, tome 1, chapitre XXX, p. 377-378 Lire en ligne.
  20. Chant des Fantassins du Lyonnais

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Alphonse Balleydier, Histoire politique et militaire du peuple de Lyon pendant la Révolution française (1789-1795), Paris, L. Curmer, 1845.
  • Gérard Bruyère, Des monuments aux victimes du siège de Lyon et de quelques autres pyramides, dans Union des sociétés historiques du Rhône, Actes des Journées d’études, X (1993), Amplepuis et sa région, Lyon, Archives départementales du Rhône, 1994, p. 87-117, [1] ill. en noir.
  • Sébastien Charlety (1857-1945), « La Journée du 29 mai 1793 », La Révolution française, tome 39, 1900.
  • Bill Edmonds, « Federalism and Urban Revolt in France in 1793 », The Journal of Modern History, vol. 55, n° 1, mars 1983, p. 22-53.
  • Renée Fuoc (1929-1955), La Réaction thermidorienne à Lyon (1795), Lyon, Imprimerie artisitque en couleurs, 1957.
  • Maurice Garden, Lyon et les Lyonnais au XVIIIe siècle, Paris, Les Belles lettres, 1970
  • Élisabeth Hardouin-Fugier, Le Souvenir des victimes de 1793 à Lyon : du cénotaphe (1795) aux chapelles (1906), Pratiques religieuses dans l'Europe révolutionnaire (1770-1820), actes du colloque, Chantilly, 27-29 novembre 1986, Brepols, 1988, p. 660-668, catal. p. 715.
  • Édouard Herriot, Lyon n'est plus, 4 volumes (« Jacobins et Modérés », « Le Siège », « La Réaction », « La Répression »), Paris, Hachette, 1937-1940.
  • Takashi Koï, « Les « Châliers » et les sans-culottes lyonnais (1792-1793) », Annales historiques de la Révolution française, 1978, p. 127-131 (thèse de 3e cycle, 1974)
  • Claude Riffaterre, Le Mouvement antijacobin et antiparisien à Lyon et dans le Rhône-et-Loire en 1793. 29 mai-15 août, Annales de la Faculté des Lettres de Lyon, tome 1, 1912, tome 2, 1928 (rééd. Genève, Megariotis, 1979, 2 volumes, 490 et 682 pages).
  • Louis Trénard (1914-1994)
    • Histoire sociale des idées : Lyon, de l'Encyclopédie au Préromantisme, Grenoble, Imprimerie de l'Allier, 2 volumes, 1958.
    • « The Social Crisis in Lyons on the Eve of the French Revolution », in Jeffry Kaplow (dir.), New Perspectives on the French Revolution : Reading in Historical Sociology, New York, 1965.

Liens externes[modifier | modifier le code]