Marion Maréchal-Le Pen

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Marion Maréchal-Le Pen
Marion Maréchal-Le Pen, le 22 avril 2012.
Marion Maréchal-Le Pen, le 22 avril 2012.
Fonctions
Députée de la 3e circonscription de Vaucluse
En fonction depuis le 20 juin 2012
Élection 17 juin 2012
Législature XIVe
Groupe politique non inscrits
Prédécesseur Jean-Michel Ferrand
Biographie
Date de naissance 10 décembre 1989 (25 ans)
Lieu de naissance Saint-Germain-en-Laye (Yvelines, France)
Nationalité Drapeau de la France Française
Parti politique Front national (depuis 2008)
Conjoint Matthieu Decosse[1]
Diplômée de Université Panthéon-Assas
Religion Catholique[2],[3]
Résidence Saint-Cloud (Hauts-de-Seine)[4]

Marion Maréchal-Le Pen, née le 10 décembre 1989 à Saint-Germain-en-Laye (Yvelines), est une femme politique française.

Elle adhère en 2008 au Front national, dont le fondateur, Jean-Marie Le Pen, est son grand-père et dont l'actuelle présidente, Marine Le Pen, est sa tante. Elle est élue députée de la troisième circonscription de Vaucluse le 17 juin 2012, devenant à 22 ans la plus jeune députée de l'histoire de la République française.

Jeunesse et vie familiale[modifier | modifier le code]

Marion Maréchal-Le Pen est la fille de Samuel Maréchal et de Yann Le Pen, qui ont divorcé en 2007[5]. Elle porte, à titre d'usage, le nom de famille de son père, suivi de celui de sa mère. Samuel Maréchal n'est pas le père biologique de Marion Maréchal-Le Pen, puisqu'il a reconnu cette dernière comme sa fille après avoir rencontré Yann Le Pen. Entre temps, Marion Maréchal-Le Pen a été élevée par sa mère, aidée de sa tante, Marine Le Pen. Dans un livre de Christine Clerc, sa mère déclare que Roger Auque, qu'elle a connu à 15 ans, est son père biologique[6],[7],[8]. En 2013, Marion Maréchal-Le Pen porte plainte contre le magazine L'Express pour atteinte à la vie privée après la révélation de l'identité de son père biologique[9].

Plus notablement, elle est la petite-fille de l'homme politique français Jean-Marie Le Pen, fondateur et ancien président du Front national, et la nièce de Marine Le Pen, qui a succédé à Jean-Marie Le Pen à la tête du parti[10]. En 1992, à l'âge de deux ans, Marion pose dans les bras de son grand-père sur une affiche officielle de sa campagne régionale en Provence-Alpes-Côte d'Azur[11].

En 2012, elle est étudiante en master de droit public[12] à l'université Panthéon-Assas[13]. Cependant, elle abandonne ses études pour se consacrer pleinement à sa fonction de députée[14].

Elle se marie, le 29 juillet 2014, à la mairie de Saint-Cloud, avec Matthieu Decosse, âgé de 30 ans, chef d'entreprise dans l'événementiel[15],[16]. Le journal Minute annonce, en avril 2014, qu'elle est enceinte, ce qu'elle confirmera quelques jours plus tard, tout en portant plainte contre ce journal[17]. Le 3 septembre 2014, elle accouche d'une petite fille, prénommée Olympe, à la clinique de Saint-Cloud.

Carrière politique[modifier | modifier le code]

Débuts[modifier | modifier le code]

Elle est d'abord proche de « certains milieux de jeunes UMP », s'affirmant « séduite par le personnage de Nicolas Sarkozy »[18]. En 2008, après avoir été déçue par celui-ci, elle adhère au Front national[13]. Elle entre en politique lors de l'élection municipale du 9 mars 2008 à Saint-Cloud, en se présentant sur la liste FN, qui obtient 6,3 % des voix[19],[20].

Lors des élections régionales de 2010, Marion Maréchal-Le Pen figure en deuxième position sur la liste du Front national dans les Yvelines. Elle explique alors y « faire ses classes » et se déclare, à l'époque, proche de sa tante Marine Le Pen, qui n'est pas encore à la tête du Front national[21]. La liste menée en région Île-de-France par Marie-Christine Arnautu obtient 8,83 % des suffrages au premier tour[22],[23].

Députée et ascension au sein du FN[modifier | modifier le code]

Marion Maréchal-Le Pen à Livré-la-Touche (Mayenne), le 1er septembre 2012.

Lors des élections législatives françaises de 2012, elle se présente dans la troisième circonscription de Vaucluse. Son grand-père, Jean-Marie Le Pen, a vivement souhaité sa candidature car il jugeait que la circonscription était gagnable et qu'il fallait « marquer le coup pour effacer l'affaire Carpentras », dans laquelle le FN avait été indirectement accusé[24]. Celui-ci a d'abord essuyé le refus de sa petite-fille, avant que Samuel Maréchal ne s'entretienne avec lui et qu'elle n'accepte[11].

Le 10 juin 2012, elle arrive en tête du premier tour avec 34,65 % des suffrages exprimés, en ballottage avec le député sortant Jean-Michel Ferrand (30,03 %) et la socialiste Catherine Arkilovitch (21,98 %)[25],[26]. Cette dernière se maintient en dépit de la consigne du Parti socialiste[27]. Le 17 juin, au second tour, Marion Maréchal-Le Pen est élue députée de la troisième circonscription de Vaucluse, avec 42,09 % des voix, dans une triangulaire face aux candidats de l'UMP (35,82 %) et du PS (22,08 %)[28],[26]. Son suppléant est Hervé de Lépinau, vice-président de la Ligue du Sud[29]. Elle est alors la seule élue à l'Assemblée nationale qui soit membre du Front national[30].

Son élection et l'abaissement de l'âge requis pour se présenter de 23 à 18 ans en 2011 lui permettent de devenir, à 22 ans, la plus jeune députée de l'histoire de la République française[31]. Le 26 juin 2012, lors de l'élection du président de l'Assemblée nationale, elle est secrétaire de séance en tant que benjamine des députés[32].

À l'Assemblée nationale, elle siège en tant que députée non-inscrite[33]. Elle est membre de la commission des Affaires culturelles et de l'Éducation[34]. Son assistant parlementaire spécialisé dans les médias et la communication est un ancien membre du « directoire » du Groupement de recherche et d'études pour la civilisation européenne (GRECE), ancien journaliste au mensuel Le Choc du mois et ancien militant RPR puis UMP ainsi que dans « des petites chapelles d'extrême droite » d'après Le Monde[35],[16]. Ses deux autres assistants parlementaires sont Alexandre Heuzey (Paris) et Rémy Rayé (Carpentras) ; Victoria Dufour, ancienne trésorière du Groupe union défense à Lyon, a également été son assistante durant la première année de son mandat. Elle a confié sa communication à une entreprise lyonnaise, Janus international, dirigée par des anciens de l'Action française[16]. Par ailleurs, elle est conseillée par sa mère, Yann Le Pen, et par son père, Samuel Maréchal[36],[16].

Membre du groupe d'amitié France-Russie à l'Assemblée nationale, Marion Maréchal-Le Pen s'est rendue à Moscou le 10 décembre 2012, lors d'un forum organisé par la Douma, la chambre basse du Parlement russe ; selon son entourage, elle a ensuite été reçue par le président de la Douma, Sergueï Narychkine[37]. Le 22 janvier 2013, elle s'est rendue au Reichstag, à Berlin, à l'occasion des 50 ans du traité de l'Élysée, pour une rencontre entre les députés français et les députés allemands[38].

Ne souhaitant pas mener une liste aux élections municipales de 2014, elle opte pour une présence sur la liste FN en 10e position à Sorgues ; la liste est battue par le candidat UMP sortant dès le premier tour[39].

En novembre 2014, elle arrive première lors du vote des militants du Front national pour le comité central du parti ; elle devance Louis Aliot, Steeve Briois et Florian Philippot, régulièrement présenté comme son rival. Elle n'intègre pas le bureau exécutif, la plus haute instance du parti, refusant « que Marine Le Pen se fasse reprocher le fameux “Front familial” comme on entend si souvent de façon injuste » — eu égard à la présence de Louis Aliot, compagnon de Marine Le Pen ; elle explique également ce choix par le refus de la présidente du FN de constituer des vice-présidences politiques, qui avaient fait l'objet de son intérêt[40].

Opinions politiques[modifier | modifier le code]

Un temps séduite par Nicolas Sarkozy, Marion Maréchal-Le Pen déclare, en 2012, ne pas être d'extrême droite, et se montre favorable à l'« union des droites »[41],[18]. Qualifiée dans la presse de « libérale-conservatrice » ou de « catholique conservatrice », elle incarne l'aile droite du FN. Elle est par ailleurs une admiratrice de Napoléon Bonaparte à travers notamment la biographie que lui a consacrée Jacques Bainville ; elle indique cependant ne pas être monarchiste[16],[42],[43].

Contrairement à d'autres membres du Front national, elle se prononce contre la peine de mort, mais pour une « perpétuité réelle »[44]. Elle souhaite le déremboursement de l'avortement lorsque cette intervention est répétée, tout en affirmant ne pas vouloir « remettre en cause absolument le droit à l'IVG[45],[41] ». En 2013, elle s'oppose à la loi ouvrant le mariage aux couples de personnes de même sexe, défilant plusieurs fois dans les rues de Paris, entourée de cadres du parti et de sympathisants, mais sans Marine Le Pen[46],[47].

Sur le plan économique, elle affirme : « L'État a fait la France, l'étatisme l'a tuée. Ma génération critique fortement l'assistanat. Il faut remettre le goût du travail, réformer la protection sociale »[35]. Lors d'un bureau politique du FN, elle a notamment contesté la priorité donnée, selon elle, à l'économique et au social plutôt qu'à la sécurité et à l'immigration au sein de son parti : « Sinon on fait du sous-Chevènement ou du sous-Mélenchon »[11]. Elle est à l'origine du cercle frontiste Cardinal, destiné à rassembler des patrons de petites et moyennes entreprises, afin de faire remonter leurs doléances à Marine Le Pen[48].

Pour le politologue Jean-Yves Camus, Marion Maréchal-Le Pen représente un électorat « méridional, héritier du poujadisme : des artisans, commerçants et classes moyennes sensibles à l'idée de libérer les énergies productives »[49]. Pour son confrère Sylvain Crépon, elle développe un discours « sensible à la question identitaire, à l’immigration, ce qui correspond aux attentes de son électorat du sud-est, et pas seulement pied-noir »[50]. Cette ligne politique l'oppose à certains cadres du FN, Florian Philippot en particulier, dont l'ancrage électoral est distinct[49],[50].

Publications[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. C. B., « Exclusif : Marion Maréchal-Le Pen se marie demain », Laprovence.com,‎ 28 juillet 2014 (lire en ligne)
  2. « La « 3e génération Le Pen » intrigue », Europe 1, 18 juin 2012.
  3. Selon lemouv.fr
  4. « Marion Maréchal-Le Pen, la plus jeune députée élue de l'histoire de la République », 20 minutes.fr, 17 juin 2012.
  5. Corine Chabaud, « Marion Maréchal ou l'avenir des Le Pen », sur lavie.fr,‎ 19 juin 2012
  6. L'identité du véritable père de Marion maréchal-Le Pen, Le Parisien
  7. Marion Le Pen : à la découverte du père
  8. Marion Le Pen : à la découverte du père : http://www.lexpress.fr/actualite/politique/marion-le-pen-a-la-decouverte-du-pere_1297762.html
  9. Marion-Maréchal Le Pen porte plainte, France Télévisions
  10. Guillemette Faure, « Portrait de Marine Le Pen en fille de sa mère », Les Inrockuptibles,‎ 5 juin 2011 (lire en ligne)
  11. a, b et c Renaud Dély et Maël Thierry, Marine - Marion : "Dallas" chez les Le Pen, Le Nouvel Observateur, 23 juin 2013
  12. Adrien Oster, « Législatives 2012 : entendu au marché avec Marion Maréchal-Le Pen, candidate dans le Vaucluse », Le Huffington Post, 8 juin 2012.
  13. a et b Chloé Woitier, « Marion, le nouveau visage du clan Le Pen », Le Figaro,‎ 25 avril 2012 (lire en ligne)
  14. Paul Larrouturou, « Pourquoi Marion Maréchal-Le Pen a arrêté ses études », in lelab.europe1.fr, 13 décembre 2012.
  15. « Marion Maréchal-Le Pen se marie demain », laprovence.com, 28 juillet 2014.
  16. a, b, c, d et e Abel Mestre, « Marion Maréchal, à la droite des Le Pen », Le Monde, 24 novembre 2014
  17. « Marion Maréchal-Le Pen enceinte: elle confirme sa grossesse et maintient sa plainte contre Minute », Le Huffington Post,‎ 30 avril 2014 (lire en ligne)
  18. a et b http://www.lexpress.fr/actualite/politique/marion-marechal-le-pen-dit-avoir-ete-attiree-par-sarkozy_1136659.html
  19. « Marion Maréchal-Le Pen, égérie frontiste et plus jeune députée de l'histoire politique française », France Télévisions – Législatives 2012, 17 juin 2012.
  20. Résultats des municipales de 2008, Le Parisien.
  21. « Dans la famille Le Pen, voici la petite fille », L'Express, 4 décembre 2009.
  22. Ministère de l'Intérieur
  23. Résultats des élections régionales 2010 - Île-de-France - Yvelines (78), sur interieur.gouv.fr, le site du ministère de l'Intérieur. Consulté le juin 2012.
  24. David Doucet, « Marion Maréchal-Le Pen, la jeune pousse de la dynastie FN », Les Inrockuptibles,‎ 4 juillet 2012 (lire en ligne)
  25. « Marion Maréchal-Le Pen en tête dans le Vaucluse », Le Nouvel Observateur,‎ 10 juin 2012 (lire en ligne)
  26. a et b Résultats des élections législatives 2012 - Vaucluse (84) - 3e circonscription, sur interieur.gouv.fr, le site du ministère de l'Intérieur. Consulté le 18 juin 2012.
  27. « Contre l'avis du parti, la candidate PS se maintient contre Marion Le Pen », sur europe1.fr, le site d'Europe 1, 11 juin 2012. Consulté le 18 juin 2012.
  28. « Marion Le Pen, plus jeune députée de l'histoire de la République », Le Journal du dimanche,‎ 17 juin 2012 (lire en ligne).
  29. Romain Cantenot, « Législatives : Marion Le Pen veut casser son image de parachutée », La Provence,‎ 17 mai 2012 (lire en ligne)
  30. Gilbert Collard, l'autre représentant élu sous la même étiquette lors de ce scrutin, n'étant pas membre du parti « Deux élus pour le FN, qui retrouve l'Assemblée mais sans Marine Le Pen », AFP, sur 20minutes.fr, le site de 20 minutes, 17 juin 2012. Consulté le 18 juin 2012.
  31. Sophie Huet, « L'âge de l'éligibilité à l'Assemblée abaissé à 18 ans », Le Figaro,‎ 22 décembre 2010 (ISSN 0182-5852, lire en ligne)
  32. « Les députés votent pour élire leur président à l'Assemblée nationale », BFM TV, 26 juin 2012.
  33. « XIVe législature : la composition des six groupes politiques de l'Assemblée », lelab.europe1.fr, 27 juin 2012.
  34. « Mme Marion Maréchal-Le Pen », sur assemblee-nationale.fr, le site officiel de l'Assemblée nationale. Consulté le 25 juin 2012.
  35. a et b Marion Maréchal-Le Pen cherche la différence, Le Monde, 29 avril 2013
  36. Marine Turchi, « Du GRECE au GUD: la galaxie radicale de Marion Maréchal-Le Pen », Mediapart, 29 janvier 2014
  37. « Marion Maréchal-Le Pen à Moscou à un forum organisé par la Douma », sur 20minutes.fr (consulté le 7 décembre 2013)
  38. « Marion Maréchal-Le Pen, la « paria » fait front au Reichstag », sur Berlin-Paris (consulté le 7 décembre 2013)
  39. « Marion Maréchal-Le Pen envisage des "alliances de circonstance" avec l'UMP », lemonde.fr, 17 mars 2013.
  40. FN: Maréchal-Le Pen espère avoir désormais «sa propre légitimité», Libération, 30 novembre 2014
  41. a et b « Marion Maréchal-Le Pen sur RTL : “Je ne suis pas d'extrême droite” », sur www.rtl.fr, RTL,‎ 8 novembre 2012 (consulté le 12 novembre 2012)
  42. Abel Mestre, « Congrès du FN : derrière l’unité affichée, des luttes intestines », Le Monde, 28 novembre 2014
  43. Louis Hausalter, « Au Front national, une chef mais deux courants », Europe 1, 28 novembre 2014
  44. « Peine de mort : Marion Maréchal-Le Pen dit non », 20 minutes, 11 octobre 2012.
  45. http://www.ladepeche.fr/article/2012/10/11/1462630-marion-m-le-pen-sur-les-ivg-l-etat-n-a-pas-a-rembourser-l-inattention-de-certaines-femmes.html
  46. « Marion Maréchal Le Pen agite l'argument de la polygamie », déclaration sur LCI, reprise par Europe 1, 29 novembre 2012.
  47. Abel Mestre, « FN : la renaissance de Bruno Gollnisch, l'émergence de Marion Maréchal », Le Monde, 14 janvier 2013.
  48. Abel Mestre & Caroline Monnot, « Le « cardinal » Axel Loustau à la tête d’un cercle patronal du FN », blog "Droite(s) extrême(s) de journalistes au Monde, 14 octobre 2014
  49. a et b Ariane Nicolas, FN : jusqu'où ira Marion Maréchal-Le Pen ?, France TV Info, 28 novembre 2014
  50. a et b FN : "Florian Philippot et Marion Maréchal-Le Pen incarnent deux tendances", L'Obs, 28 novembre 2014

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

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