Isaac Le Chapelier

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Isaac Le Chapelier
Isaac Le Chapelier caricaturé en tant que « législateur de biribi » [1]

Isaac-René-Guy Le Chapelier, né le à Rennes, guillotiné le à Paris, est un homme politique français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Il fait ses études à la faculté de droit de Rennes[2]. Avocat à Rennes, il se fit remarquer en combattant les ordres privilégiés. Élu député du tiers état, il se montra un orateur brillant. Il fut d’ailleurs le quatrième président de l’Assemblée nationale constituante du 3 au 16 août 1789, succédant à François Alexandre Frédéric, duc de La Rochefoucaud-Liancourt et à Jean-Guillaume Touret qui avait refusé la présidence.

Avec Lanjuinais, Defermon et Coroller, il fut un des fondateurs du Club breton, ancêtre du Club des jacobins, où, quelques jours avant l’ouverture des États généraux, les députés de Bretagne se réunirent pour débattre ensemble de leur attitude, avant d’être rejoints par des députés d’autres provinces.

Lorsque, après les journées d’octobre 1789, le club se transporta à Paris, s’installant au couvent des Jacobins et prit le nom de Société des Amis de la Constitution, Le Chapelier en devint le premier président.

Le Chapelier fut un de ceux qui réclamèrent la transformation des biens du clergé en biens nationaux et se consacra à la préparation des lois les plus importantes.

Il fut notamment l’auteur de la loi qui porte son nom, la loi Le Chapelier du 14 juin 1791, interdisant les corporations, le compagnonnage, les coalitions ouvrières et le droit de grève.

Certaines amitiés qu’il contracta au Club des Feuillants le rendirent suspect aux Jacobins, qui l’accusèrent de vouloir rétablir l’autorité royale. Se sentant menacé, il s’enfuit en Angleterre, mais rentra pour empêcher la confiscation de ses biens.

Retiré à Forges-les-Eaux, il envoya, le 26 pluviose an II une lettre à Barère se proposant pour une mission d’espionnage à Londres où il disait « connaitre beaucoup de monde[3] ». Arrêté, il fut traduit devant le tribunal révolutionnaire, condamné à mort et guillotiné le même jour que Malesherbes.

Citations[modifier | modifier le code]

« Il n’y a de pouvoirs que ceux constitués par la volonté du peuple exprimée par les représentants ; il n’y a d’autorités que celles déléguées par lui ; il ne peut y avoir d’action que celle de ses mandataires revêtus de fonctions publiques.
C’est pour conserver ce principe dans toute sa pureté que, d’un bout de l’Empire à l’autre, la Constitution a fait disparaître toutes les corporations, et qu’elle n’a plus reconnu que le corps social et les individus.[…]
Il n’y a plus de corporations dans l’État ; il n’y a plus que l’intérêt de chaque individu et l’intérêt général. Il n’est permis à personne d’inspirer aux autres citoyens un intérêt intermédiaire, de les séparer de la chose publique par un esprit de corporation. »

— Exposé des motifs de la proposition de décret sur les sociétés populaires, Assemblée nationale constituante, 29 septembre 1791, publié dans les Archives parlementaires, 1re série, t. XXXI, p. 617–619.

« Il me parait à moi qu’il n’y a pas un homme sensé et véritablement humain qui puisse songer à proposer l’affranchissement des noirs[4] »

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Légende : « Toi qui portas les premières atteintes à la franchise de la presse, et châtras impitoyablement la Constitution, le signe de la réprobation est sur ton front, par-tout sur ton passage on te montrera du doigt, en disant : voici Chapelier, ce député breton, qui mit à ses pieds le bonnet de la liberté. »
  2. De l’enseignement du droit de la faculté de Rennes, Chatel Albert, Éditeur : impr. de Oberthür, 1888., p. 14.
  3. Olivier Blanc, Les Espions de la Révolution et de l’Empire, Éditions Perrin, Paris, 1995, 371 p., (ISBN 2-262-01116-8), p. 33.
  4. G. Minois, Nouvelle histoire de la Bretagne, p. 601, Fayard, Paris, 1992, ISBN 2-213-03017-0. « véritablement humain » est une contestation de la bonne conscience des abolitionnistes incapables de donner du travail aux esclaves libérés. La question restera débattue pendant des décennies sur un délai ou l’immédiateté de l’abolition. Cependant Le Chapelier se faisait là le porte parole de ses compatriotes négriers de Lorient et de Nantes qui avaient envoyé une protestation contre le projet de Necker.

Bibliographie[modifier | modifier le code]