Jean-Sifrein Maury

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Jean-Sifrein Maury
Image illustrative de l'article Jean-Sifrein Maury
Biographie
Naissance
à Valréas (États pontificaux)
Ordination sacerdotale 1769 par le
card. Paul d’Albert de Luynes
Décès
à Rome (Italie)
Cardinal de l’Église catholique
Créé
cardinal
par le
pape Pie VI
Titre cardinalice Cardinal-prêtre
de la Trinité-des-Monts
Évêque de l’Église catholique
Consécration épiscopale par le
card. Francesco de Zelada
Fonctions épiscopales Archevêque de Montefiascone (Italie)
Archevêque de Paris (France)

Blason
(en) Notice sur www.catholic-hierarchy.org

Jean-Sifrein (ou Siffrein) Maury, né à Valréas (États pontificaux) le et mort à Rome (Italie) le , est un écrivain et ecclésiaste français, cardinal et archevêque de Paris.

Biographie[modifier | modifier le code]

Fils d'un cordonnier pauvre, Jean-Siffrein Maury montra très jeune de grandes dispositions intellectuelles et fut admis au séminaire Saint-Charles à Avignon. Âgé de vingt ans, il vint chercher fortune à Paris et publia un Éloge funèbre de Monseigneur le Dauphin (1766), (en hommage au dauphin Louis-Ferdinand mort prématurément le 2 décembre 1765) et un Éloge du roi Stanislas le Bienfaisant (1766), en hommage au beau-père de Louis XV, Stanislas Leszczyński, qui venait de mourir. L'année suivante, il fut nommé sous-diacre à Meaux et concourut aux prix de l'Académie française avec un Éloge de Charles V, roi de France (1767) et un Discours sur les avantages de la paix, mais il n'obtint que les félicitations. En 1771, son Éloge de Fénelon eut un accessit.

Il fut ordonné prêtre en 1769 et nommé, en 1772, chanoine et official de l'évêque de Lombez. La même année, il prononça devant l'Académie un Panégyrique de Saint Louis et en 1775, un Panégyrique de Saint Augustin devant l'assemblée du clergé de France. Ces discours établirent sa réputation et il fut appelé à prêcher à Versailles devant le Roi. En 1777, il publia son Essai sur l'éloquence de la chaire[1], ouvrage devenu un classique sur le sujet. En 1781, il fut nommé prieur de Lihons au diocèse de Noyon. Il entra à l'Académie française le 27 janvier 1785. La même année, il prononça son discours religieux tenu pour le plus remarquable, le Panégyrique de Saint Vincent de Paul.

« Danse aristocrate. Il ne sçait sur quel pied danser. »
Caricature anonyme de 1790 montrant le cardinal Maury sur une corde raide tenue par le diable habillé en bouffon, encouragé à gauche par deux aristocrates et harcelé à droite par deux membres du tiers état.

Il fut élu député du clergé aux États généraux de 1789 pour la circonscription de Péronne, dans le ressort de laquelle se situait son prieuré de Lihons. Il défendit les intérêts du clergé et de la noblesse et s'opposa à Mirabeau, élu du tiers état. Il lutta contre l'émancipation des Juifs de France en 1789 et 1790. Il protesta notamment contre la Constitution civile du clergé et défendit l'autorité pontificale. Quand l'Assemblée constituante fut dissoute, il émigra et fut accueilli à bras ouverts à Coblence, puis à Rome. Le , il y fut sacré archevêque in partibus de Nicée et nommé ambassadeur de la Cour de Rome à Francfort-sur-le-Main pendant l'élection impériale. En 1794, il reçut le chapeau de cardinal et fut nommé évêque titulaire des diocèses réunis de Montefiascone et de Corneto, qui comptaient parmi les plus riches d'Italie. Il joue un rôle important pendant le conclave de 1799-1800 en proposant l'élection du futur Pie VII.

Il se rallia à l'Empire, et fut nommé sénateur (1806), aumônier du roi de Westphalie, membre de l'Académie française (1806), comte de l'Empire (1810) avant d'accepter en 1810 l'archevêché de Paris, malgré l'opposition de Pie VII, alors prisonnier à Savone (Italie), qui lui avait défendu d'accepter ce siège[2]. Il soutint activement Napoléon Ier dans ses mandements et ses sermons.

À la Restauration, on lui fit payer durement son ralliement à l'Empire.

Repoussé par le roi, la noblesse et le clergé, il fut déposé par le chapitre de Paris, exclu de l'Académie et exilé. Il retourna en 1814 à Rome, où le Pape le fit mettre six mois en prison au château Saint-Ange, puis chez les Lazaristes, pour punir sa désobéissance. Rentré en grâce, il mourut en 1817 dans un monastère.

Œuvres[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b icône Commons Pierre Larousse, « Éloquence de la chaire (essai sur l’) », Grand dictionnaire universel du XIXe siècle, vol. 7e,‎ 1870 (lire en ligne), p. 387
  2. « Au vénérable Frère le cardinal Jean Maury, évêque de Montefiascone et Corneto, à Paris.

    Vénérable Frère, salut et bénédiction apostolique.
    Il y a cinq jours que nous avons reçu la lettre par laquelle vous nous apprenez votre nomination à l'archevêché de Paris, et votre installation dans le gouvernement de ce diocèse. Cette nouvelle a mis le comble à nos afflictions et nous pénètre d'un sentiment de douleur que nous avons peine à contenir, et qu'il est impossible de vous exprimer. Vous étiez parfaitement instruit de notre lettre au cardinal Caprara, pour lors archevêque à Milan, dans laquelle nous avons exposé les motifs puissants qui nous faisaient un devoir, dans l'état présent des choses, de refuser l'institution canonique aux évêques nommés par l'empereur.
    Vous ne rougissez pas de prendre parti contre nous dans une lutte que nous ne soutenons que pour défendre la dignité de l'Église. Est-ce ainsi que vous faites assez peu de cas de notre autorité pour oser en quelque sorte, par cet acte public, prononcer contre nous, à qui vous deviez obéissance et fidélité? Mais ce qui nous afflige encore davantage, c'est de voir qu'après avoir mendié près d'un chapitre l'administration d'un archevêché, vous vous soyez, de votre propre autorité, et sans nous consulter, chargé du gouvernement d'une autre église, bien loin d'imiter le bel exemple du cardinal Joseph Fesch, archevêque de Lyon, lequel, ayant été nommé avant vous au même archevêché de Paris, a cru si sagement devoir absolument s'interdire toute l'administration spirituelle de cette église, malgré l'invitation du chapitre.
    Où veut-on en venir ? On veut introduire dans l'Église un usage aussi nouveau que dangereux, au moyen duquel la puissance civile puisse insensiblement parvenir à n'établir, pour l'administration des sièges vacants, que les sujets qu'il lui plaira. Et qui ne voit évidemment que c'est non-seulement nuire à la liberté de l'Église, mais encore ouvrir la porte au schisme et aux élections invalides ?
    Quittez donc sur-le-champ cette administration ; non-seulement nous vous l'ordonnons, mais nous vous en prions, nous vous en conjurons, pressé par la charité paternelle que nous avons pour vous, afin que nous ne soyons pas forcé de procéder malgré nous, et avec le plus grand regret, conformément aux saints canons. »

    — Donné à Savone, le . (in Félix Dupanloup, Réponse de Mgr l'évêque d'Orléans à M. le baron Molroguier, Ch. Douniol,‎ 1860, 16 p. (lire en ligne)).)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Fauteuil 15 de l’Académie française
1806-1816
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