Enragés

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Les Enragés.

Lors de la Révolution française, les Enragés étaient un groupe de révolutionnaires radicaux qui eurent notamment pour représentant le prêtre constitutionnel Jacques Roux. Ils revendiquent l'égalité civique et politique mais aussi sociale, préconisant la taxation des denrées, la réquisition des grains et des taxes sur les riches.

On peut les situer à gauche des Montagnards. Ils sont combattus aussi bien par Maximilien de Robespierre que par Danton, Marat et les Hébertistes. Leurs idées furent reprises et développées par Babeuf. Marat, dans son journal Le Publiciste de la République française du 4 juillet 1793, décrivait les Enragés de la façon suivante : « Ces intrigants ne se contentent pas d’être les factotums de leurs sections respectives, ils s’agitent du matin au soir pour s’introduire dans toutes les sociétés populaires, les influencer et en devenir enfin les grands faiseurs. Tels sont les 3 individus bruyants qui s’étaient emparés de la section des Gravilliers, de la Société fraternelle et de celle des Cordeliers : je veux parler du petit Leclerc, de Varlet et de l’abbé Renaudi soi-disant Jacques Roux »[1]. S’ajoute à ces trois personnages, une garde rapprochée composée essentiellement de Pauline Léon et de Claire Lacombe, toutes deux membres des Républicaines Révolutionnaires, ainsi que les séides de ces différents personnages au sein de leurs sections.

Que ce soit dans la propagande de Varlet, celle de Roux, Leclerc, ou celle des Républicaines Révolutionnaires comme Claire Lacombe et Pauline Léon, la référence au caractère populaire de la souveraineté, son exercice direct par le peuple est permanente. Cette aspiration à une démocratie populaire, corollaire dans la réflexion enragée d’une critique de la représentation nationale s’appuie sur une méfiance viscérale envers les représentants du peuple. Celle-ci s’accompagne naturellement de la volonté de contrôler fortement ces mandataires du peuple. Jacques Roux écrira ainsi : « Peuple ! Sous le règne de la liberté, tu dois avoir sans cesse les yeux fixés sur tes magistrats »[2]

Pour Varlet, la défiance pour les représentants du peuple est la même : « Point de députés sans pouvoirs, sans mandats. Ce principe nous garantit de la Tyrannie législative »[3]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Daniel Guérin, Bourgeois et bras-nus : 1793-1795, Paris, Gallimard, 1973. Nouvelle édition : Paris (21 bis rue de Simplon, 75018), les Nuits rouges, 1998, ISBN 9782913112018
  • David Gilles, « Représentation et souveraineté chez les Enragés (1792-1794) », Le concept de Représentation dans la pensée politique, AFHIP vol. XV, PUAM, 2003, pp. 253-287.
  • Claude Guillon, Notre patience est à bout (1792-1793, les écrits des enragé(e)s), Radicaux Libres, IMHO, 2009.
  • Roger Boussinot, Les mots de l'anarchie, Éditions Delalain, 1983.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Marat in Le publiciste de la République française, Paris, n°233, 4 juillet 1793
  2. Jacques Roux in Le Publiciste de la République française, n°247, 25 juillet 1793, p. 4.
  3. Varlet Jean-François, Projet d’un mandat spécial et impératif 1793.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]