Affaire Réveillon

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Le saccage de la Folie Titon (28 avril 1789).
Lieu des affrontements tels qu'ils sont en décembre 2005, en face de l’hôpital Saint-Antoine, au centre la fontaine de Montreuil de (1719), on voit une colonne de la place de la Nation et à gauche, la rue de Montreuil.

L'affaire Réveillon est une révolte populaire, qui eut lieu du 26 avril au 28 avril 1789 au faubourg Saint-Antoine, à Paris, en France. C'est un signe avant-coureur de la prise de la Bastille, le 14 juillet 1789.

Historique[modifier | modifier le code]

Jean-Baptiste Réveillon est un fabricant de papier employant 300 travailleurs à la Folie-Titon, où s'élève la première montgolfière, le 19 octobre 1783, et qui se situe sur l'actuelle rue de Montreuil, près de la station de métro Faidherbe Chaligny, à Paris.

À partir de 1784 la France connait une grave crise agricole. Après un hiver particulièrement rigoureux, le prix du pain augmente fortement dans les premiers mois de 1789. Le 23 avril, Réveillon suggère de faire baisser ce prix, mesure qui selon lui permettrait une baisse des salaires et donc du coût des produits manufacturés. L'idée est reprise par un autre patron, Henriot, fabricant de salpêtre[1].

Le 26 avril ont lieu des heurts entre ouvriers et bourgeois lors de la rédaction de cahiers dans la fabrique. Les effigies de Réveillon et Henriot sont portées jusqu’à la place de Grève où elles sont brûlées. Tout au long de la nuit les émeutiers crient dans la ville.

La foule et des ouvriers de la manufacture des glaces de Saint-Gobain située à proximité de la rue de Reuilly à l’emplacement de l'actuelle caserne Reuilly-Diderot, forcent les ouvriers de la fabrique à partir, assiègent puis pillent celle-ci. Une médaille décernée par le roi, pour « services rendus à l’art de la papeterie » disparaît.

Le 28 avril, la foule lance des pierres sur les troupes, ainsi que des tuiles et des meubles depuis les toits des maisons. Les troupes tirent. Du côté des soldats, 12 tués et 80 blessés ; de celui des insurgés, 200 tués et 300 blessés.

Les ouvriers transportent les corps des civils tués dans les rues.

Quelques jours plus tard, entre 500 et 600 hommes, après s’être réunis à Villejuif, tentent de forcer la prison de Bicêtre.

Analyses[modifier | modifier le code]

Plaques commémoratives de la Folie Titon, 31 bis rue de Montreuil, à Paris.

Ces évènements du faubourg Saint-Antoine étaient certainement spontanés, mais alimentèrent la psychose ambiante et la thèse du complot. Certains y verront la main de l'Angleterre ou celle de la faction d'Orléans que le baron de Besenval accuse sans preuve dans ses mémoires[1]. Jean-François Marmontel dans ses Mémoires, évoquant les propos d'Honoré Gabriel Riqueti de Mirabeau, accuse les hommes de mains du Duc d'Orléans[2].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Evelyne Lever, Philippe-Égalité, Fayard 1996 p. 298-305
  2. Le Drame maçonnique. Le Pouvoir occulte contre la France, Jean-François Marmontel dans ses Mémoires évoquant les propos d'Honoré Gabriel Riqueti de Mirabeau, cité par Paul Copin-Albancelli, éd. Lyon et Paris, Emmanuel Vitte et La Renaissance française, 1908, chap. X, p. 332

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