Jean-Urbain Guérin

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Portait de Pierre-Louis Roederer dessinée par Jean Urbain Guérin et gravée par Franz-Gabriel Fiesinger

Jean-Urbain Guérin, né à Strasbourg en 1760 et mort à Obernai en 1836, est un dessinateur et artiste peintre de miniatures français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Fils d'un graveur de Strasbourg, Jean Guérin, il reçoit sa première formation de son père, puis de Huin. D'après Prévost et d'Amat, Guérin aurait aussi étudié auprès de Regnault. Il est envoyé dans la capitale avec Kléber, son ami d'enfance. Il y fréquente les Alsaciens de Paris, en particulier Jean-Baptiste Weyler, qui lui conseille de faire une carrière dans l'élaboration de miniatures. Il poursuit donc son apprentissage auprès de David puis travaille avec Isabey, son cadet de 7 ans, qu'il a connu dans l'atelier de David.

Guérin lui-même nous apprend dans son livre de raison qu'il a réalisé, en 1791, le portrait de Georgiana, duchesse du Devonshire, amie de la reine Marie-Antoinette. Cette dernière, dont il fait également le portrait, protègera toujours le jeune artiste. Il peint encore Louis XVI et dessine le portrait de plusieurs députés du tiers-état (1785). Ceux-ci sont gravés quelque temps plus tard par Franz-Gabriel Fiesinger.

On retrouve Jean-Urbain Guérin, alors membre de la section des Filles Saint-Thomas (Garde Nationale), devant les Tuileries protégeant à son tour la famille royale contre les sans-culottes lors de la fameuse journée du 20 juin 1792. Suspect sous la Terreur il quitte la France, et s'engage dans l'armée de Desaix. Il ne revient qu'en 1798.

Au cours de sa carrière, il réalise le portraits de plusieurs généraux de la République dont celui, maintes fois recopié, de Kléber, son ami d'enfance et de Bonaparte. Il laissera aussi un portrait de Mozart[1].

Revenu en France sous le Consulat (1798), il entre au service de Joséphine de Beauharnais et expose au Salon jusqu'en 1827.

Il décéde à Obernai à l'âge de 76 ans.

Jean-Urbain Guérin reste, avec Isabey et Jacques Augustin, un des miniaturistes les plus réputés de son temps. Une anecdote rend compte de l'estime que lui portait le peintre David: « David professait pour ce beau talent une estime particulière. Sur le point de marier une de ses filles, il voulut devoir le portrait de la jeune fiancée au pinceau de Jean Guérin. Celui-ci, justement fier de ce choix, consentit volontiers, mais à condition que le peintre des Sabines poserait lui-même le modèle. Nous n'avons pas besoin de dire que cet ouvrage fut un des meilleurs de l'habile miniaturiste. »[2]

Jean-Urbain Guérin est l'oncle du peintre Gabriel-Christophe Guérin (1790-1846).

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • Bordeaux, musée des Arts décoratifs, Jeune homme au gant, aquarelle et gouache sur ivoire, achat de la ville en 1958.
  • Paris, musée du Louvre, une vingtaine de miniatures dont:
    • Portrait de Madame Jean-Baptiste de Boullogne en vestale, don David David-Weill en 1947.
    • Portrait du général Kléber, achat en 1849 de Monsieur Delattre.
    • Portrait de la comtesse de Montangon, don Félix Doisteau en 1919.
    • Portrait du comte Alphonse de Perrégaux, don David David-Weill en 1947.
  • Sur cette vingtaine huit miniatures furent données par Félix Doisteau, dix par David David-Weill.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. [image]Estampe gravé d'après guérin
  2. Annales de la Société libre des Beaux-Arts (article de M. Desains) cité par Frédéric Reiset (1869) Notice des dessins, cartons, pastels, miniatures et émaux exposés dans les salles du musée impérial du Louvre p. 324

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Sabre d'officier de cavalerie légère à monture hongroise, offert à Guérin par le général Kléber.

Sur les autres projets Wikimedia :

  • Georges Foessel, « Jean Urbain Guérin », in Nouveau dictionnaire de biographie alsacienne, vol. 14, p. 1322
  • Jules Renouvier, Histoire de l'art pendant la Révolution considéré principalement dans les estampes, librairie Renouard (Paris), 1863.
  • Leo R. Schidlof, La Miniature en Europe, Aux 16°, 17° et 19° siècles, Graz, 1964, p. 330-331.
  • Pierrette Jean-Richard, Inventaire des miniatures sur ivoire conservées au cabinet des dessins, musée du Louvre et musée d'Orsay, Paris, 1994, p. 154-164.
  • Catalogue de l'exposition, L'Âge d'or du petit portrait, Bordeaux, Genève, Paris, 1995, p. 52.
  • Portraits des maisons royales et impériales de France et d'Europe, Les miniatures du musée Condé à Chantilly, Somogy éditions d'art, 2007