Guerre des Paysans (1798)

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Guerre des Paysans
La guerre de paysans – le rassemblement, huile sur toile de Constantin Meunier, 1875.Meunier Museum, Bruxelles.
La guerre de paysans – le rassemblement, huile sur toile de Constantin Meunier, 1875.
Meunier Museum, Bruxelles.
Informations générales
Date 12 octobre - 5 décembre 1798
Lieu Départements réunis (Flandre, province de Liège, Luxembourg)
Issue Victoire républicaine
Belligérants
Drapeau français République française Blanc croix rouge.svg Paysans contre-révolutionnaires
Commandants
Claude-Sylvestre Colaud
Jean-François Micas
Henri Antoine Jardon
François Barthélemy Beguinot
Emmanuel Jozef van Gansen
Jan Cornelis Eelen
Pieter Corbeels
Emmanuel Rollier
Albert Meulemans
Michiel van Rompay
Antoine Constant
Franz Seger
Jan-Baptist Eeckhoudt
Charles de Loupoigne
Forces en présence
8 000 hommes en octobre[1]
25 000 hommes en novembre[2]
Plusieurs dizaines de milliers d'hommes
Pertes
5 608 morts[1]
1 687 prisonniers[1]
(dont 300 exécutés)[3]
643 prêtres déportés[1]
Guerres de la Révolution française
Batailles
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La Guerre des paysans de 1798 (en néerlandais : Boerenkrijg) est une insurrection contre-révolutionnaire de paysans de Flandre, de la région de Liège et du Luxembourg contre la République française.

En 1794, la victoire française à la Bataille de Fleurus provoque l'invasion et l'annexion à la République française des Pays-Bas autrichiens qui deviennent les 9 départements réunis. L'insurrection éclate en octobre 1798, par rejets des lois anti-catholiques et de la conscription instaurées par les Républicains, elle s'achève en décembre lorsque les rassemblements sont écrasés par les Français lors de divers combats décisifs livrés à Bornem, Diest, Mol et Hasselt.

La guerre des paysans[modifier | modifier le code]

Mémorial des brigands à Ingelmunster

Les rebelles adoptent différents signes de ralliement, l'emblème le plus répandu étant une croix rouge sur fond blanc, elle est arborée sur les drapeaux, cousue sur la poitrine ou portée sur les chapeaux et les brassards. On relève des cocardes noires et jaunes de l'Autriche, d'autres oranges ou encore les couleurs noires, jaunes et rouges des États belgiques unis. Les rebelles flamands ornent souvent leurs chapeaux d'une branche de buis ou d'un plumet vert[4].

En Flandre (départements de la Lys et de l'Escaut) et au Brabant (départements des Deux-Nèthes et de la Dyle) la guerre s'appelle Boerenkrijg. Une troupe de 5 000 à 10 000 « brigands » poursuivie à travers la Campine par l'armée française, menée par le général wallon Jardon, est défaite à Hasselt (département de la Meuse-Inférieure), le 5 décembre 1798. Il y a eu plusieurs centaines de morts et une sévère répression (170 exécutions des chefs de file). Un autre groupe est allé en direction de la côte, au-devant des Britanniques.

Aux Pays wallons, comme le Brabant-Wallon, le Hainaut (département de Jemappes), Namur (département de Sambre-et-Meuse) et Liège (département de l'Ourthe) il y avait une faible résistance, supportée par exemple par l'abbé de Gembloux, dom Colomban Wilmart. Mais en général, l'acceptation de l'adhésion à la France et la collaboration des autorités locales à la conscription étaient plus importantes.

Au Luxembourg (département des Forêts) on parle de Klëppelkrich (guerre des gourdins). Après quelques premiers attroupements à la mi-octobre 1798, les insurgés se rassemblèrent dans le nord du pays. Le 30 octobre 1798, ils furent défaits et mis en fuite par deux colonnes de gendarmes et de soldats français à Clervaux et à Arzfeld. Le massacre de deux gendarmes français à Asselborn par des insurgés rentrés chez eux marqua la fin de l'insurrection au Luxembourg. Une trentaine d'insurgés furent condamnés à mort par des tribunaux militaires[5]. Les sentences furent exécutées par la fusillade ou par la guillotine. Au Luxembourg, Michel Pintz, l'un des responsables de la fusillade d'Asselborn, est devenu une figure emblématique de la révolte.

La révolte antirévolutionnaire ou mouvement de libération connaissent toujours des interprétations très différentes :

  • les historiens catholiques ont glorifié le caractère clérical de cette guerre ;
  • les historiens nationalistes du XIXe siècle ont interprété ces événements comme une révolte nationale belge, alors que cette rébellion était avant tout contre-révolutionnaire [6] ;
  • à l'opposé, le conflit étant presque exclusivement localisé en terre flamande, les historiens flamands ont interprété la résistance à la conscription comme un événement national flamand.

Bilan humain[modifier | modifier le code]

Pour l'historien Xavier Rousseaux, environ 5 000 insurgés sont morts, 1 800 ont été faits prisonniers et parmi ces derniers 300 ont été exécutés[3].

Selon les données militaires collectées par les autorités républicaines dans les 9 départements réunis, 5 608 insurgés ont été tués par l’armée ou la gendarmerie et 1 687 sont arrêtés, 648 prêtres ont également été capturés et déportés. Les pertes sont surtout importantes dans le département de la Dyle, où l'on a recensé 2 712 rebelles tués et 304 prisonniers ainsi que 120 prêtres[1].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d et e Joseph Tordoir, La guerre des Paysans (1798-1799) en Hesbaye brabançonne chez les chouans… belges !
  2. Jean-Gabriel Peltier, Paris pendant l'année 1798, Volume 19, p.646.
  3. a et b Xavier Rousseaux, Rebelles ou brigands ? La « guerre des paysans » dans les départements « belges » (octobre-décembre 1798)
  4. Auguste Orts, La Guerre des Paysans, p. 211
  5. Émile Haag, 2011. Le « Klëppelkrich » Épopée et réalité octobre-novembre 1798, in : Une réussite originale. Le Luxembourg au fil des siècles. Voir pp. 215-223.
  6. http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/ahess_0395-2649_1968_num_23_5_421994

Lien externe[modifier | modifier le code]