Néologisme

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Un néologisme est un mot (nom commun, adjectif, expression) nouveau ou apparu récemment dans une langue, le phénomène de création de nouveaux mots communs étant appelé, de manière générale, « néologie ». Les linguistes distinguent[1] :

  • Le néologisme de forme qui est un mot nouveau au sens de qui n'existait pas, un mot forgé : par exemple, en informatique, courriel (pour e-mail et pour courrier électronique) ;
  • Le néologisme d'emprunt lexical d'un mot étranger sans modification (parking, etc.) ou avec une francisation minime (sérendipité, etc.) ;
  • Le néologisme de sens — appelé aussi néosémie — qui est l'emploi d'un mot qui existe dans le lexique d'une langue dans un sens nouveau : par exemple, quand « virus » passe d'un emploi en biologie à un emploi en informatique.

À côté de ces néologismes traditionnels, la plus grande partie des néologismes est constituée de néologismes déposés propres, appelés « marques ». C'est l'objet de l'onomastique et des articles consacrés aux marques, au naming et au branding.

Définitions[modifier | modifier le code]

Étymologie[modifier | modifier le code]

Du grec ancien νέος/néos, « nouveau », et λόγος/lógos, « parole ».

Définitions linguistiques[modifier | modifier le code]

Certains auteurs distinguent :

Définition linguistique : le néologisme objectif[modifier | modifier le code]

Dans un sens général, un néologisme est tout mot nouveau entré dans le lexique d'une langue. La plupart du temps cependant on réserve l'emploi de néologisme à la création et à l'utilisation d'un mot ou d'une expression qu'on vient de former à partir d'éléments déjà existants dans la langue elle-même. De nombreux néologismes apparaissent pour des raisons pratiques et perdent rapidement leur valeur de nouveauté. Le néologisme est d'usage limité (à un jargon, un sociolecte, technolectes etc.). S'il se maintient dans le lexique (et n'est pas seulement un effet de mode), les locuteurs n'auront, au bout d'un temps variable, plus l'intuition de sa nouveauté. C'est quand le néologisme est acquis par un assez grand nombre de locuteurs qu'on peut dire qu'il est lexicalisé. Dans ce cas, il commence généralement par être admis par certains dictionnaires. Il convient de se rappeler que ceux-ci ne font que représenter l'usage : ce n'est pas parce qu'un dictionnaire accepte un néologisme que celui-ci est, ipso facto, lexicalisé mais l'inverse.

L'emprunt de mots d'une langue vers une autre, de l'anglais au français par exemple (« mail », « internet », « parking » etc.) est une méthode de création naturelle de néologisme; le répertoire de la Délégation générale à la langue française en recense ainsi plus de 3 000 en 2008.

Définition stylistique : le néologisme subjectif[modifier | modifier le code]

En littérature on utilise souvent des néologismes pour des considérations esthétiques, dans le cadre des mythopoeïa par exemple comme chez Henri Michaux[3] qui invente des mots aux qualités descriptives poétiques, comme: « endosque », « rague », « roupète », « pratèle ». Raymond Queneau, Boris Vian dans L'écume des jours, Alfred Jarry dans son Ubu forment de nombreux néologismes, ce qui aboutit à créer l'équivalent d'une langue parallèle.

Voir : Figure de style

Néologicité[modifier | modifier le code]

Les linguistes ne précisent pas nettement pendant combien de temps un néologisme reste un néologisme. « Virus (informatique) », par exemple ? Ou « phablette » ? Certains avancent un chiffre moyen d'entre 4 à 10 ans. D'autres pensent que c'est l'introduction dans un dictionnaire de langue, la dictionnarisation, qui met fin au statut temporaire de néologisme.

La néologicité est le sentiment de nouveauté que l'on a face à un néologisme et le temps qu'il dure[4].

Elle dépend de l'utilité du néologisme et la néophilie du groupe social de référence

Exemples de néologismes communs[modifier | modifier le code]

Voici une liste de 3.000 néologismes [1]

Certains de ces néologismes ont été créés de toute pièce par volonté de contrer l'utilisation de mots anglais ou étrangers, notamment dans le domaine informatique (par exemple courriel, tapuscrit...). Nous de traiterons que des mots communs, les néologismes propres (marques, titres, etc. ) étant tout autre chose, du domaine de l'onomastique

  • Adulescent, contraction de adulte et adolescent (ce néologisme est un mot-valise)
  • Alunir, par changement du radical de atterrir sur la lune
  • Arobasque a fini par devenir un nom propre utilisé par une petite société de Brie-Comte-Robert après avoir été un nom commun pour franciser arobase en relation avec arabesque' '[réf. nécessaire]
  • Aubette Tentative faite pour remplacer Abribus
  • Baladeur, néologisme créé par une des commissions ministérielles de terminologie pour lutter contre le franglais et remplacer le produit-marque (branduit) Walkman (1979).
  • cédérom est un des néologismes issus des acronymes informatiques (voir plus haut) des supports CDROM
  • Consom'action, néologisme qui exprime l'idée selon laquelle on peut « agir en consommant » ou « voter avec son caddie » en choisissant de consommer de façon citoyenne et non plus seulement de manière consumériste [réf. nécessaire]
  • Courriel, contraction de courrier électronique comme alternative à e-mail et à ses variantes
  • Dévédé est un des néologismes issus des acronymes informatiques (voir plus haut) des supports DVD.
  • e-commerce, pour le commerce consacré exclusivement à Internet ; le e (provenant de l'anglais electronic, qui signifie électronique, cette graphie étant déconseillée par la Commission générale de terminologie et de néologie) est ajouté à commerce, bien qu'il pourrait y avoir d'autres néologismes utilisant d'autres racines comme « télécommerce », où la racine grecque télé signifie loin, comme « cybercommerce », cybercafé, utilisant la racine grecque kubernân qui signifie gouverner.
  • Fractale : néologisme créé par Benoît Mandelbrot en 1974, il désigne une courbe ou surface de forme irrégulière ou morcelée qui se crée en suivant des règles déterministes ou stochastiques impliquant une homothétie interne.
  • Frontage : mot créé en 2012 par l'urbaniste Nicolas Soulier et calqué sur l'anglais frontage (1620) pour désigner le terrain compris entre la base d'une façade et la chaussée.
  • Informatique : Crée en 1962 par Philippe Dreyfus pour son entreprise Société d'Informatique Appliquée, calque de l'allemand Informatik (1957), mot-valise créé à partir d'information et automatique. il fut officiellement consacré par Charles de Gaulle qui trancha lors d’un Conseil des ministres entre « informatique » et « ordinatique ». Le mot est maintenant parfaitement lexicalisé.
  • Logiciel est un des néologismes créés par une des commissions ministérielles de terminologie pour lutter contre le franglais
  • Pourriel, contraction de poubelle et courriel (ou de pourri et courriel) pour désigner du courrier électronique (souvent publicitaire) non sollicité et envahissant ; exemple : le spam
  • Phablette, créé en 2010 pour désigner les smartphones de taille intermédiaire entre l'iPhone et les tablettes.
  • Tapuscrit désigne un texte qui n'est pas manuscrit mais tapé à la machine à écrire ou à l'ordinateur.
  • Madelle, tentative faite pour « mademoiselle »
  • Photophoner : Verbe pour décrire l'action d'envoyer par [réf. nécessaire] photophone une photo prise avec ce même photophone, néologisme crée en 2002 par le journaliste Pierre-Alain Buino pour traduire l'américain camera-phone.
  • Unicifier : Néologisme forgé [réf. nécessaire] à partir du terme « unicité » qui exclut toute pluralité
  • VTT (Vélo tout terrain) (1983), néologisme créé par une des commissions ministérielles de terminologie pour lutter contre le franglais [réf. nécessaire] et remplacer mountainbike et MTB.

Pour mémoire, néologismes historiques[modifier | modifier le code]

  • Aéroplane, 1855, supplanté par Avion
  • Avion
  • Autobus, mot-valise créé en 1906 sur automobile et sur bus, ancienne désinence latine lexicalisée par métanalyse puis hypostase à partir d'omnibus. Le mot est maintenant lui aussi parfaitement lexicalisé et le suffixe bus permet de construire d'autres néologismes comme abribus (marque déposée)
  • Automobile, créé en 1890 en tant qu'adjectif pour qualifier les tramways à vapeur par opposition aux tramways à vapeur
  • Omnibus (1826).

Néologismes de sens[modifier | modifier le code]

Voir : néosémie

  • Virus (informatique)

Méthodes mondiales de traduction des néologismes étrangers[modifier | modifier le code]

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Les langues ont recours à une gamme de méthodes de traduction pour faire face au lexique des nouvelles technologies et tendances.

  • Ne pas traduire
    • français week-end
    • néerlandais computer
  • Modifier l'orthographe
    • français bogue
    • arabe istratigiya pour signifier stratégie
    • anglais américain maneuver (la version anglaise est manoeuver)
  • Traduire littéralement:
    • français code source pour l'anglais source code
    • arabe كرة القدم pour football
  • Analyser le sens pour créer un mot composé
    • islandais gervitungl, littéralement lune artificielle pour signifier satellite
    • chinois 电脑 dian nao, littéralement cerveau électrique pour signifier ordinateur
  • Modifier une racine existante selon ses règles de morphologie ou avec affixe
    • russe самолет, signifiant soi-volant
    • russe излучение, de à partir de + lumière + participe de nom pour signifier rayonnement
    • français alunissage, téléchargement, ailière
  • Étendre le sens d'un mot
    • allemand Kern- pour nucléaire
    • anglais fire-wall ou français pare-feu dans le domaine de l'informatique
    • français suisse/québécois parc, jadis l'étendue pour laisser paître le cheptel, devenu l'espace pour garer les véhicules
  • Faire ressurgir un mot tombé en désuétude
    • arabe haatif pour téléphone, signifiant quelqu'un qui appelle mais qui ne se voit pas
    • islandais sími pour téléphone
  • Choisir un mot dont le sens et le son ressemblent au terme étranger (en:phono-semantic matching)
    • français bloc-notes pour blog
    • islandais eyðni comme paire phonosémantique de l'anglais AIDS
    • utilisation de la racine trilitéral arabe t/q/n pour le mot technologie

Néologismes politiques[modifier | modifier le code]

Comme la langue française en général, le vocabulaire politique évolue de façon constante et voit régulièrement apparaître des nouvelles expressions et des néologismes. Parfois créés sans but partisan, ces expressions nouvelles et néologismes politiques peuvent aussi être le fait d'une communication politique active, dans un but de publicité médiatique ou de propagande. Les idées politiques sont parfois diffusées grâce à ces expressions nouvelles et néologismes destinés à être diffusés par les médias. Cette diffusion permet une propagation de l'idéologie sous-tendue par la création du néologisme. De fait, ces expressions nouvelles et ces néologismes sont généralement utilisés par un bord politique, et rejetés par les autres. Certains s'appliquent directement à une personne, d'autres sont créés pour soutenir une idée.

En psychiatrie[modifier | modifier le code]

En psychiatrie, le néologisme est une tendance linguistique qui consiste en l'utilisation immodérée et pathologique de mots nouveaux créés soit à partir de sons, soit par fusion de mots ou de fragments de mots usuels, et utilisé par un malade dans certains états délirants. Les néologismes renvoient au diagnostic de psychose ou d'aphasie sensorielle[réf. nécessaire]. Le psychiatre allemand Emil Kraepelin a ainsi étudié les troubles du langage intérieur dans le rêve, ce qu'il a nommé les néologismes dans le rêve.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Sablayrolles, 2002.
  2. Définition du néologisme sur le site du cnrtl.
  3. Définition du néologisme littéraire sur le site lettres.org.
  4. http://gerflint.fr/Base/Algerie9/bouzidi.pdf Dr. Boubakeur Bouzidi Université de SétifNéologicité et temporalité dans le processus néologiqueNéologicité et t

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Figure mère Figure fille
dérivation lexicale, néologie
Antonyme Paronyme Synonyme
jeu de mot, mot-valise

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Le QSJ
  • (fr) H.France, Dictionnaire de la langue verte : archaïsmes, néologismes, locutions étrangères, patois,‎ 1990