Charlotte Corday

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Charlotte Corday

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Charlotte Corday par Jean Jacques Hauer

Nom de naissance Marie-Anne-Charlotte de Corday d’Armont.
Naissance 27 juillet 1768
Saint-Saturnin-des-Ligneries
Décès 17 juillet 1793 (guillotinée) (à 24 ans)
Paris
Nationalité Française

Marie-Anne-Charlotte de Corday d’Armont, retenue par l'Histoire sous le nom de Charlotte Corday (elle-même toutefois se faisait désigner et signait sa correspondance de son premier prénom Marie), née le 27 juillet 1768 à Saint-Saturnin-des-Ligneries[1] près de Vimoutiers dans le pays d'Auge, guillotinée le 17 juillet 1793 à Paris, est une personnalité de la Révolution française, célèbre pour avoir assassiné Jean-Paul Marat.

Noble et pieuse[modifier | modifier le code]

Le Ronceray, la maison où Charlotte Corday a grandi, près de Vimoutiers

Troisième enfant[2] de Jacques-François de Corday d’Armont, gentilhomme normand, ancien lieutenant aux armées du roi, et de Charlotte-Marie-Jacqueline de Gautier des Authieux de Mesnival (13 mars 1737, morte à Caen le 9 avril 1782), Charlotte Corday est l'arrière-arrière-arrière-petite-fille de Pierre Corneille[3] par sa fille. La légende populaire voulait que Charlotte Corday ait pu s'introduire chez Marat, ancien médecin du Duc d'Orléans, grâce à ses relations familiales, mais ce lien n'y fut pour rien. Sa famille, noble mais déclassée, vit dans une petite maison près de Vimoutiers. Les parents de Charlotte Corday ont eu cinq enfants dont quatre survivent à la petite enfance.

En butte à divers conflits familiaux sur la répartition de l'héritage entre lui et ses frères, Jacques François déménage à Caen, la grande ville la plus proche. Veuf en 1782, il se trouve dans la difficulté : comme beaucoup d'autres membres de la petite noblesse, il cherche à placer ses enfants. Refusée quelques années plus tôt dans la prestigieuse maison de Saint-Cyr, Charlotte Corday, alors âgée de treize ans, est admise avec sa sœur cadette à l'abbaye aux Dames à Caen, qui, en tant qu'abbaye royale, devait accueillir les jeunes filles pauvres issues de la noblesse de la province de Normandie. Elle y reste pensionnaire jusqu'en février 1791[4]. Son instruction est donc soignée.

Ses lectures sont alors sérieuses — notamment les auteurs classiques —, traduisant une vraie curiosité intellectuelle. Son père lui prête quelques volumes de Montesquieu et de Rousseau, ce qui permet de supposer qu'elle a acquis une certaine culture philosophique et donc politique, chose fréquente chez les femmes de la noblesse. Elle admire les philosophes, s'ouvre aux idées nouvelles, tout en conservant sa foi religieuse. Pourtant, solitaire, elle est aussi marquée par une piété en voie de transformation, à la fois plus intérieure et spectaculaire : elle cultive le goût du sacrifice, de la mort jeune et de la foi intérieure[5]. C'est au nom de cette foi, et non de son prétendu athéisme, qu'elle vivra son exécution comme un don de soi et refusera la confession ultime en prison[6]. Avec la Révolution, le vote de la loi établissant la Constitution civile du clergé le 12 juillet 1790 entraîne la suppression des ordres religieux et la fermeture des couvents qui sont déclarés biens nationaux.

Une femme politique[modifier | modifier le code]

Un de ses parents, Frédéric de Corday, racontera plus tard[7] : « Charlotte avait le feu sacré de l’indépendance, ses idées étaient arrêtées et absolues. Elle ne faisait que ce qu’elle voulait. On ne pouvait pas la contrarier, c’était inutile, elle n’avait jamais de doutes, jamais d’incertitudes. Son parti une fois pris, elle n’admettait plus de contradiction. Son oncle, le pauvre abbé de Corday m’en a parlé dans les mêmes termes, comme d’une personne qui avait un caractère d’homme. Elle avait, en outre un esprit assez railleur, assez moqueur… Elle était susceptible de sentiments nobles et élevés, de beaux mouvements. Avec l’énergie dont elle était douée, elle s’imposait et n’en faisait jamais qu’à sa tête. Quoique dans la famille les femmes soient toutes énergiques, il n’y en avait pas qui eussent un caractère aussi décidé, aussi capable. Si elle eût commandé un régiment, elle l’eût bien mené, cela se devine . »

« Rendue au siècle », la jeune femme retourna vivre chez son père, qui avait vendu la ferme « du Ronceray », où elle était née, pour en acheter de nouveaux fermages dits « la ferme des Bois ». Début juin 1791, Mlle de Corday quittait la campagne pour aller vivre à Caen, chez sa tante, Madame de Bretteville-Gouville, rue des Carmes où la violence révolutionnaire fut la plus manifeste. Elle avait vingt trois ans, défendait fièrement ses idées constitutionnelles dans un milieu où on comptait beaucoup de royalistes, et elle apprit avec étonnement l'annonce de la fuite et de l'arrestation du roi à Varennes, événement qui créa un grand émoi en France.

Puis vint l'époque où les Girondins, qui avaient une majorité toute relative à l'Assemblée, devaient résister au travail de sape des députés Montagnards. Lors de l'insurrection du 10 août, événement considérable, le roi était suspendu puis incarcéré à la tour du Temple, tandis que de nombreux "suspects", dont ses derniers serviteurs, répartis dans les prisons de Paris et de province, étaient exécutés sommairement entre le 2 et le 7 septembre 1792. C'est alors que Charlotte Corday découvrit avec indignation[réf. nécessaire] que le député jacobin Jean-Paul Marat, dans son journal radical l'Ami du peuple[8], se félicitait de ces massacres. Cet évènement refroidit tous les admirateurs de la Révolution ; Olympe de Gouges écrivait en effet en septembre : « Le sang, même celui des coupables, versé avec cruauté et profusion, souille éternellement les révolutions ». Puis secondant Louvet et les Girondins, Olympe de Gouges dénonça énergiquement le « boutefeu Marat » à l'opinion publique. Les critiques adressées par les Girondins, relayées par les journaux et les articles de Dulaure, Brissot, Condorcet, Mercier ou Charles de Villette, furent entendues à Caen.

Marat : un symbole de la Terreur[modifier | modifier le code]

Emportés par les assauts de la Commune et des députés prônant l'exagération révolutionnaire, dix-huit des vingt-deux Girondins proscrits et fugitifs trouvèrent refuge pour certains dans la région de Caen, dans le Calvados[5]. Ils y organisèrent des réunions politiques à l’Hôtel de l'Intendance rue des Carmes (la même rue où elle logeait chez sa tante) auxquelles Charlotte Corday assista à plusieurs reprises. Elle aperçut pour la première fois ces députés qu'elle admirait jusqu'alors de loin, et parmi eux, Buzot, député de l'Eure, Salle, Pétion, l'ancien maire de Paris, Valazé, Kervélégan, Mollevaut, Barbaroux, Louvet, Giroust, Bergoeing, Lesage, Duchastel, Henry-Larivière. Elle eut l'explication des circonstances qui préludèrent aux journées d’émeute des 31 mai et 2 juin 1793 perpétrés par la Commune contre la Convention qui fut en effet prise en otage par l'armée révolutionnaire. Indignée, elle se persuada que, dès lors, elle pouvait s'affranchir des règles du bon droit, et elle décida, non sans angoisse, de répondre à l'illégalité par l'illégalité. Marat qui, depuis son acquittement au Tribunal révolutionnaire, diffamait les Girondins et réécrivait sans cesse l'histoire, symbolisa à ses yeux l'injustice et le mensonge. Il devint sa cible, après qu'elle eut entendu le député girondin Pezenas s'indigner « Faites tomber la tête de Marat et la patrie est sauvée »[9].

Le 9 juillet 1793, elle quittait Caen pour le quartier du Palais-Royal à Paris où elle descendit à l’hôtel de la Providence rue des Vieux-Augustins nº 19[10], le 11 juillet à midi. Munie d’une lettre d’introduction du député Barbaroux, elle se rendit chez le député Claude Romain Lauze de Perret qui lui fit bon accueil. Dans la conversation, il lui apprit que Marat, souffrant, ne paraissait plus à la Convention[11]. Dans la matinée du 13 juillet, elle chercha par deux fois sans succès à se faire recevoir par l'Ami du Peuple. C’est alors qu’elle eut l’idée de lui faire parvenir un court billet :

« Je viens de Caen, votre amour pour la patrie doit vous faire désirer connaître les complots qu’on y médite. J’attends votre réponse. »

En fin de journée, sans réponse, elle décida d’écrire un second billet :

« Je vous ai écrit ce matin, Marat, avez-vous reçu ma lettre ? Je ne puis le croire, puisqu'on m'a refusé votre porte ; j'espère que demain vous m'accorderez une entrevue. Je vous le répète, j'arrive de Caen ; j'ai à vous révéler les secrets les plus importants pour le salut de la République. D'ailleurs je suis persécutée pour la cause de la liberté ; je suis malheureuse, il suffit que je le sois pour avoir droit à votre protection. »[12]

Puis Charlotte Corday mit le billet dans sa poche, sortit de sa chambre, fit appeler un fiacre et se rendit au nº 20 de la rue des Cordeliers. Elle avait, glissé dans son corsage rangée dans sa gaine sous le fichu rouge qui recouvrait sa gorge, un couteau de cuisine à manche d’ébène et virole d’argent qu'elle avait acheté le matin même pour 40 sous dans la boutique du coutelier Badin, sous les arcades du Palais-Royal, au 177 de l’actuelle galerie de Valois. Il est sept heures du soir quand son fiacre s’immobilise devant chez Marat[5].

L'attentat contre Marat[modifier | modifier le code]

Représentation de l’assassinat de Marat au XIXe siècle par Baudry, 1860

Alphonse de Lamartine, dans son Histoire des Girondins, t. II., Livre 44, Paris, Ratier, p. 100-2, a imaginé la scène :

« Elle descendit de voiture du côté opposé de la rue, en face de la demeure de Marat. Le jour commençait à baisser, surtout dans ce quartier assombri par des maisons hautes et par des rues étroites. La portière refusa d’abord de laisser pénétrer la jeune inconnue dans la cour. Celle-ci insista néanmoins et franchit quelques degrés de l’escalier, rappelée en vain par la voix de la concierge. À ce bruit, la maîtresse de Marat entrouvrit la porte, et refusa l’entrée de l’appartement à l’étrangère. La sourde altercation entre ces femmes, dont l’une suppliait qu’on la laissât parler à l’Ami du peuple, dont l’autre s’obstinait à barrer la porte, arriva jusqu’aux oreilles de Marat. Il comprit, à ces explications entrecoupées, que la visiteuse était l’étrangère dont il avait reçu deux lettres dans la journée. D’une voix impérative et forte, il ordonna qu’on la laissât pénétrer.

Soit jalousie, soit défiance, Albertine Marat obéit avec répugnance. Elle introduisit la jeune fille dans la petite pièce où se tenait Marat, et laissa, en se retirant, la porte du corridor entrouverte, pour entendre le moindre mot ou le moindre mouvement de son frère.

Cette pièce était faiblement éclairée. Marat était dans son bain. Dans ce repos forcé de son corps, il ne laissait pas reposer son âme. Une planche mal rabotée, posée sur la baignoire, était couverte de papiers, de lettres ouvertes et de feuilles commencées.

Charlotte évita d’arrêter son regard sur lui, de peur de trahir l’horreur de son âme à cet aspect. Debout, les yeux baissés, les mains pendantes auprès de la baignoire, elle attend que Marat l’interroge sur la situation de la Normandie. Elle répond brièvement, en donnant à ses réponses le sens et la couleur propres à flatter les dispositions présumées du journaliste. Il lui demande ensuite les noms des députés réfugiés à Caen. Elle les lui dicte. Il les note, puis, quand il a fini d’écrire ces noms : « C’est bien ! dit-il de l’accent d’un homme sûr de sa vengeance, avant huit jours ils iront tous à la guillotine ! »

À ces mots, comme si l’âme de Charlotte eût attendu un dernier forfait pour se résoudre à frapper le coup, elle tire de son sein le couteau et le plonge, avec une force surnaturelle, jusqu’au manche dans le cœur de Marat. Charlotte retire du même mouvement le couteau ensanglanté du corps de la victime et le laisse glisser à ses pieds. - « À moi ! ma chère amie ! à moi ! », s'écrie Marat, et il expire sous le coup. »

Charlotte Corday fut maîtrisée par Simone Évrard, la maîtresse de Marat, et ses gens de maison. Protégée contre la foule, elle fut conduite non loin, à la prison de l’Abbaye où elle subit une fouille en règle. Outre quelques objets personnels on trouva sur elle une feuille de papier pliée en huit, dans laquelle elle expliquait les raisons de son geste :

L'assassinat de Marat, par Jean-Joseph Weerts, vers 1880.

Adresse aux Français amis des lois et de la paix.

« Jusqu’à quand, ô malheureux Français, vous plairez-vous dans le trouble et dans les divisions ? Assez et trop longtemps des factieux, des scélérats, ont mis l’intérêt de leur ambition à la place de l’intérêt général ; pourquoi, victimes de leur fureur, vous anéantir vous-mêmes, pour établir le désir de leur tyrannie sur les ruines de la France ?

« Les factions éclatent de toutes parts, la Montagne triomphe par le crime et l’oppression, quelques monstres abreuvés de notre sang conduisent ces détestables complots […] Nous travaillons à notre propre perte avec plus de zèle et d'énergie que l'on n'en mit jamais à conquérir la liberté ! Ô Français, encore un peu de temps, et il ne restera de vous que le souvenir de votre existence !

« Déjà les départements indignés marchent sur Paris, déjà le feu de la discorde et de la guerre civile embrase la moitié de ce vaste empire ; il est encore un moyen de l'éteindre, mais ce moyen doit être prompt. Déjà le plus vil des scélérats, Marat, dont le nom seul présente l'image de tous les crimes, en tombant sous le fer vengeur, ébranle la Montagne et fait pâlir Danton, Robespierre, ces autres brigands assis sur ce trône sanglant, environnés de la foudre, que les dieux vengeurs de l'humanité ne suspendent sans doute que pour rendre leur chute plus éclatante, et pour effrayer tous ceux qui seraient tentés d'établir leur fortune sur les ruines des peuples abusés !

« Français ! vous connaissez vos ennemis, levez-vous ! Marchez ! que la Montagne anéantie ne laisse plus des frères, des amis ! J'ignore si le ciel nous réserve un gouvernement républicain, mais il ne peut nous donner un Montagnard pour maître que dans l'excès de ses vengeances […] Ô France ! ton repos dépend de l'exécution des lois ; je n'y porte pas atteinte en tuant Marat : condamné par l'univers, il est hors la loi. Quel tribunal me jugera ? Si je suis coupable, Alcide l'était donc lorsqu'il détruisait les monstres ! [...]

« Ô ma patrie ! Tes infortunes déchirent mon cœur ; je ne puis t'offrir que ma vie ! et je rends grâce au ciel de la liberté que j'ai d'en disposer ; personne ne perdra par ma mort ; je n'imiterai point Pâris (le meurtrier de Lepeletier de Saint-Fargeau) en me tuant. Je veux que mon dernier soupir soit utile à mes concitoyens, que ma tête portée dans Paris soit un signe de ralliement pour tous les amis des lois ! que la Montagne chancelante voie sa perte écrite avec mon sang ! que je sois leur dernière victime, et que l'univers vengé déclare que j'ai bien mérité de l'humanité ! Au reste, si l'on voyait ma conduite d'un autre œil, je m'en inquiète peu :

Qu'à l'univers surpris cette grande action,

Soit un objet d'horreur ou d'admiration

Mon esprit, peu jaloux de vivre en la mémoire,

Ne considère point le reproche ou la gloire.

Toujours indépendante et toujours citoyen,

Mon devoir me suffit, tout le reste n'est rien,

Allez, ne songez plus qu'à sortir d'esclavage !...

« Mes parents et mes amis ne doivent point être inquiétés, personne ne savait mes projets. Je joins mon extrait de baptême à cette adresse, pour montrer ce que peut être la plus faible main conduite par un entier dévouement. Si je ne réussis pas dans mon entreprise, Français ! Je vous ai montré le chemin, vous connaissez vos ennemis; levez-vous ! Marchez ! Frappez ! »

Le procès[modifier | modifier le code]

Charlotte Corday devant le tribunal révolutionnaire, par James Gillray

Transférée le 15 juillet à la Conciergerie, elle comparut le lendemain au Tribunal révolutionnaire.

Jacques Bernard Marie Montané présidait, assisté des juges Foucault, Roussillon et Ardouin. Fouquier-Tinville occupait sa place d’accusateur public. Au banc du jury siégeaient Jourdeuil, Fallot, Ganney, Le Roy, Brochet, Chrétien, Godin, Rhoumin, Brichet, Sion, Fualdès et Duplain. L’avocat choisi par l’accusée, le Girondin Doulcet de Pontécoulant, n’ayant pas répondu à l’invitation qu’on lui avait adressée (il semblerait d'ailleurs que Fouquier-Tinville ait tout fait pour que l'invitation arrive trop tard[réf. nécessaire]), le président nomma d’office Chauveau-Lagarde, présent à l’audience, défenseur de Charlotte Corday[13].

Après la lecture de l’acte d’accusation, l’audition des témoins, on donna lecture de la lettre qu’elle avait écrite à son père, le 16 juillet et qui avait été interceptée. Elle revendiquait son acte en ces termes :

« Pardonnez-moi, mon cher papa, d’avoir disposé de mon existence sans votre permission. J’ai vengé bien d’innocentes victimes, j’ai prévenu bien d’autres désastres. Le peuple, un jour désabusé, se réjouira d’être délivré d’un tyran. Si j’ai cherché à vous persuader que je passais en Angleterre, c’est que j’espérais garder l’incognito, mais j’en ai reconnu l’impossibilité. J’espère que vous ne serez point tourmenté. En tout cas, je crois que vous auriez des défenseurs à Caen. J’ai pris pour défenseur Gustave Doulcet : un tel attentat ne permet nulle défense, c’est pour la forme. Adieu, mon cher papa, je vous prie de m’oublier, ou plutôt de vous réjouir de mon sort, la cause en est belle. J’embrasse ma sœur que j’aime de tout mon cœur, ainsi que tous mes parents. N’oubliez pas ce vers de Corneille :

Le Crime fait la honte, et non pas l’échafaud !

C’est demain à huit heures, qu’on me juge. Ce 16 juillet. »

Après l’intervention de Chauveau-Lagarde, son défenseur, le jury reconnut que l’accusée avait commis l’assassinat « avec des intentions criminelles et préméditées ». Le tribunal condamna Charlotte Corday à la peine de mort et ordonna qu’elle soit conduite au lieu de l’exécution revêtue d’une chemise rouge réservée aux parricides[14].

L'exécution[modifier | modifier le code]

Portrait de Charlotte Corday, pastel réalisé dans sa cellule quelques heures avant son exécution par Jean-Jacques Hauer.
Charlotte Corday, La dernière toilette par Mathieu Ward, 1871.

Le récit de son exécution figure dans les Mémoires de Sanson, qui sont en réalité apocryphes et écrites par le jeune Balzac. Cette publication destinée à bien se vendre ne peut être prise comme un témoignage authentique. Elle révèle bien plutôt la place de Charlotte Corday dans la mémoire de la noblesse catholique et royaliste au XIXe siècle.

« Le mercredi 17, à dix heures du matin, j’allai demander l’ordre au citoyen Fouquier. Le citoyen Fouquier était en séance, il me fit répondre que j’eusse à attendre et à ne pas m’éloigner. Je redescendis et j’allai prendre une bouchée chez le citoyen Fournier. Vers une heure de l’après-midi, un citoyen qui descendait du Tribunal nous dit que la fille était condamnée. Je montai alors et je me trouvais dans la chambre des témoins lorsque le citoyen Fouquier la traversa avec le citoyen Montané. Il ne me vit pas, parce qu’il disputait fort vivement avec ledit Montané, qu’il accusait d’avoir été favorable à l’accusée. Ils restèrent plus d’une heure enfermés dans le cabinet. En sortant, le citoyen Fouquier m’aperçut et me dit avec colère : « Tu es encore là ? » Je lui observai que je n’avais pas eu d’ordre. Le citoyen Fabricius entra avec la minute et la copie du jugement qui fut signée, et nous descendîmes à la Conciergerie. Je parlai au citoyen Richard, et en lui parlant je vis la citoyenne son épouse, qui était toute pâle et comme tremblante. Je lui demandai si elle était malade. Elle me dit : « Attendez au tantôt, et peut-être le cœur vous défaillira-t-il plus qu’à moi. » Le citoyen Richard nous conduisit à la chambre de la condamnée. Les citoyens Firrase et Monet, huissiers du tribunal, entrèrent les premiers, je demeurai sur la porte. Il y avait dans la chambre de la condamnée deux personnes, un gendarme et un citoyen qui prenait son portrait. Elle était assise sur une chaise et écrivait sur le dos d’un livre. Elle ne regarda point les huissiers mais moi, et me fit signe d’attendre. Lorsqu’elle eut fini, les citoyens Firrase et Monet commencèrent la lecture du jugement et, pendant ce temps-là, la citoyenne Corday plia le papier qu’elle avait écrit dans la forme de lettre et la remit au citoyen Monet en le priant de la faire venir au citoyen député Pontécoulant. Alors elle a amené sa chaise au milieu de la chambre : s’étant assise, elle enleva son bonnet, dénoua ses cheveux couleur châtain-clair, qui étaient fort longs et fort beaux, et elle me fit signe de les couper. Depuis M. de La Barre, je n’avais pas rencontré tant de courage pour mourir. Nous étions là six ou sept citoyens dont le métier n’est pas fait pour attendrir beaucoup ; elle paraissait moins émue que nous tous et ses lèvres mêmes n’avaient pas perdu leur couleur. Lorsque ses cheveux furent tombés, elle en donna une partie au citoyen peintre qui l’avait dessinée et remit le reste au citoyen Richard pour son épouse. Je lui donnai la chemise rouge qu’elle passa et arrangea elle-même. Elle me demanda, alors que je me préparais à la lier, si elle devait garder ses gants, parce que ceux qui l’avaient liée lors de son arrestation l’avaient si fort serrée, qu’il lui en restait des cicatrices au poignet. Je lui dis qu’elle pouvait faire ce qu’elle désirait, mais que cette précaution était inutile parce que je saurais la lier sans lui faire aucun mal. Elle dit en souriant : « Au fait, ils n’en ont pas votre habitude », et elle me tendit ses mains nues.

Nous montâmes dans la charrette. Il y avait deux chaises, je l’engageai à s’asseoir, elle refusa. Je lui dis qu’elle avait raison et que, de la sorte, les cahots la fatigueraient moins, elle sourit encore, mais sans me répondre. Elle resta debout, appuyée sur les ridelles. Firmin, qui était assis derrière la voiture, voulut prendre le tabouret, mais je l’en empêchai, et je le mis devant la citoyenne, afin qu’elle pût y accoter un de ses genoux. Il plut et il tonna au moment où nous arrivions sur le quai ; mais le peuple, qui était en grand nombre sur notre passage, ne se dispersa pas comme d’habitude. On avait beaucoup crié au moment où nous étions sortis de l’Arcade, mais plus nous avancions, moins ces cris étaient nombreux. Il n’y avait guère que ceux qui marchaient autour de nous qui injuriaient la condamnée et lui reprochaient la mort de Marat. À une fenêtre de la rue Saint-Honoré, je reconnus les citoyens Robespierre, Camille Desmoulins et Danton. Le citoyen Robespierre paraissait très animé et parlait beaucoup à ses collègues, mais ceux-ci, et particulièrement le citoyen Danton, avaient l’air de ne pas l’écouter, tant ils regardaient fixement la condamnée. Moi-même, à chaque instant, je me détournais pour la regarder, et plus je la regardais, plus j’avais envie de la voir. Ce n’était pourtant pas à cause de sa beauté, si grande qu’elle fût ; mais il me semblait impossible qu’elle restât jusqu’à la fin aussi douce, aussi courageuse que je la voyais, je voulais m’assurer qu’elle aurait sa faiblesse comme les autres, mais je ne sais pas pourquoi, chaque fois que je tournais mes yeux sur elle, je tremblais qu’elle n’eut défailli. Cependant, ce que je regardais comme impossible est arrivé. Pendant les deux heures qu’elle a été près de moi, ses paupières n’ont pas tremblé, je n’ai pas surpris un mouvement de colère ou d’indignation sur son visage. Elle ne parlait pas, elle regardait, non pas ceux qui entouraient la charrette et qui lui débitaient leurs saletés, mais les citoyens rangés le long des maisons. Il y avait tant de monde dans la rue que nous avancions bien lentement. Comme elle avait soupiré, je crus pouvoir lui dire : « Vous trouvez que c’est bien long, n’est-ce pas ? » Elle me répondit : « Bah ! nous sommes toujours sûrs d’arriver », et sa voix était aussi calme, aussi flûtée que dans la prison.

Portait de Charlotte Corday, peinture réalisée par Hauer

Au moment où nous débouchâmes sur la place de la Révolution, je me levai et me plaçai devant elle pour l’empêcher de voir la guillotine. Mais elle se pencha en avant pour regarder et elle me dit : « J’ai bien le droit d’être curieuse, je n’en avais jamais vu ! » Je crois, néanmoins, que sa curiosité la fit pâlir, mais cela ne dura qu’un instant et presque aussitôt son teint reprit ses couleurs qui étaient fort vives. Au moment où nous descendions de la charrette je m’aperçus que des inconnus étaient mêlés à mes hommes. Pendant que je m’adressais aux gendarmes pour qu’ils m’aidassent à dégager la place, la condamnée avait rapidement monté l’escalier. Comme elle arrivait sur la plateforme, Firmin lui ayant brusquement enlevé son fichu, elle se précipita d’elle-même sur la bascule où elle fut bouclée. Bien que je ne fusse pas à mon poste, je pensai qu’il serait barbare de prolonger, pendant une seconde de plus, l’agonie de cette femme courageuse, et je fis signe à Firmin qui se trouvait auprès du poteau de droite, de lâcher le déclic. J’étais encore au pied de l’échafaud, lorsqu’un de ceux qui avaient voulu se mêler de ce qui ne les regardait pas, un charpentier nommé Legros, qui, pendant la journée avait travaillé à des réparations à la guillotine, ayant ramassé la tête de la citoyenne Corday, la montra au peuple. Je suis pourtant familiarisé avec ces sortes de spectacles et cependant j’eus peur. Il me semblait que c’était sur moi que ces yeux entrouverts étaient fixés et que j’y retrouvais encore cette douceur pénétrante et irrésistible qui m’avait tant étonné. Aussi, je détournai la tête. Ce ne fut que par des murmures que j’entendis autour de moi que j’appris que le scélérat avait souffleté la tête, ce furent les autres qui m’assurèrent qu’elle avait rougi à cette insulte. »

Quant à Jules Michelet, voici le récit qu’il fit dans son Histoire de la Révolution française :

« Au moment où Charlotte Corday monta sur la charrette, où la foule, animée de deux fanatismes contraires, de fureur ou d’admiration, vit sortir de la basse arcade de la Conciergerie la belle et splendide victime dans son manteau rouge, la nature sembla s’associer à la passion humaine, un violent orage éclata sur Paris. Il dura peu, sembla fuir devant elle, quand elle apparut au Pont-Neuf et qu’elle avançait lentement par la rue Saint-Honoré. Le soleil revint haut et fort ; il n’était pas sept heures du soir (17 juillet). Les reflets de l’étoffe rouge relevaient d’une manière étrange et toute fantastique l’effet de son teint, de ses yeux.

Lettre d'adieu autographe de Charlotte Corday à son père, du 16 juillet 1793, paraphé le 17 juillet par le tribunal criminel révolutionnaire. Archives nationales. AE/II/1368

On assure que Robespierre, Danton, Camille Desmoulins, se placèrent sur son passage et la regardèrent. Paisible image, mais d’autant plus terrible, de la Némésis révolutionnaire, elle troublait les cœurs, les laissait pleins d’étonnement.

Les observateurs sérieux qui la suivirent jusqu’aux derniers moments, gens de lettres, médecins, furent frappés d’une chose rare : les condamnés les plus fermes se soutenaient par l’animation, soit par des chants patriotiques, soit par un appel redoutable qu’ils lançaient à leurs ennemis. Elle montra un calme parfait, parmi les cris de la foule, une sérénité grave et simple ; elle arriva à la place dans une majesté singulière, et comme transformée dans l’auréole du couchant.

Un médecin qui ne la perdait pas de vue dit qu’elle lui sembla un moment pâle, quand elle aperçut le couteau. Mais ses couleurs revinrent, elle monta d’un pas ferme. La jeune fille reparut en elle au moment où le bourreau lui arracha son fichu ; sa pudeur en souffrit, elle abrégea, avançant elle-même au-devant de la mort.

Au moment où la tête tomba, un charpentier maratiste, qui servait d’aide au bourreau, l’empoigna brutalement, et, la montrant au peuple, eut la férocité indigne de la souffleter. Un frisson d’horreur, un murmure parcourut la place. On crut voir la tête rougir. Simple effet d’optique peut-être ; la foule, troublée à ce moment, avait dans les yeux les rouges rayons du soleil qui perçait les arbres des Champs-Élysées.

La Commune de Paris et le tribunal donnèrent satisfaction au sentiment public, en mettant l’homme en prison. »

Le poème d’André Chénier[modifier | modifier le code]

Charlotte Corday par François-Séraphin Delpech

André Chénier est l’auteur de ce poème, en l’honneur de Charlotte Corday :

ODE À MARIE-ANNE-CHARLOTTE CORDAY

Quoi ! tandis que partout, ou sincères ou feintes,
Des lâches, des pervers, les larmes et les plaintes
Consacrent leur Marat parmi les immortels ;
Et que, prêtre orgueilleux de cette idole vile,
Des fanges du Parnasse, un impudent reptile
Vomit un hymne infâme au pied de ses autels;

La Vérité se tait ! Dans sa bouche glacée,
Des liens de la peur sa langue embarrassée
Dérobe un juste hommage aux exploits glorieux !
Vivre est-il donc si doux ? De quel prix est la vie,
Quand sous un joug honteux la pensée asservie,
Tremblante, au fond du cœur se cache à tous les yeux ?

Non, non, je ne veux point t’honorer en silence,
Toi qui crus par ta mort ressusciter la France,
Et dévouas tes jours à punir des forfaits.
Le glaive arma ton bras, fille grande et sublime,
Pour faire honte aux Dieux, pour réparer leur crime,
Quand d’un homme à ce monstre ils donnèrent les traits.

Le noir serpent sorti de sa caverne impure,
A donc vu rompre enfin sous ta main ferme et sûre
Le venimeux tissu de ses jours abhorrés !
Aux entrailles du tigre, à ses dents homicides,
Tu vins redemander et les membres livides,
Et le sang des humains qu’il avait dévorés !

Son œil mourant t’a vue, en ta superbe joie,
Féliciter ton bras, et contempler ta proie.
Ton regard lui disait : « Va, tyran furieux,
Va, cours frayer la route aux tyrans tes complices.
Te baigner dans le sang fut tes seules délices;
Baigne-toi dans le tien et reconnais tes Dieux. »

La Grèce, ô fille illustre, admirant ton courage,
Épuiserait Paros, pour placer ton image
Auprès d’Harmodios, auprès de son ami ;
Et des chœurs sur ta tombe, en une sainte ivresse,
Chanteraient Némésis, la tardive Déesse,
Qui frappe le méchant sur son trône endormi.

Mais la France à la hache abandonne ta tête,
C’est au monstre égorgé qu’on prépare une fête,
Parmi ses compagnons, tous dignes de son sort.
Oh ! quel noble dédain fit sourire ta bouche,
Quand un brigand, vengeur de ce brigand farouche,
Crut te faire pâlir aux menaces de mort !

C’est lui qui dut pâlir ; et tes juges sinistres,
Et notre affreux sénat, et ses affreux ministres,
Quand, à leur tribunal, sans crainte et sans appui,
Ta douceur, ton langage et simple et magnanime,
Leur apprit qu’en effet, tout puissant qu’est le crime,
Qui renonce à la vie est plus puissant que lui.

Longtemps, sous les dehors d’une allégresse aimable,
Dans ses détours profonds ton âme impénétrable
Avait tenu cachés les destins du pervers.
Ainsi, dans le secret amassant la tempête,
Rit un beau ciel d’azur, qui cependant s’apprête
À foudroyer les monts, et soulever les mers.

Belle, jeune, brillante, aux bourreaux amenée,
Tu semblais t’avancer sur le char d’hyménée,
Ton front resta paisible, et ton regard serein.
Calme sur l’échafaud, tu méprisas la rage
D’un peuple abject, servile, et fécond en outrage,
Et qui se croit alors et libre et souverain.

La vertu seule est libre. Honneur de notre histoire,
Notre immortel opprobre y vit avec ta gloire,
Seule tu fus un homme, et vengeas les humains.
Et nous, eunuques vils, troupeau lâche et sans âme,
Nous savons répéter quelques plaintes de femme,
Mais le fer pèserait à nos débiles mains.

Non ; tu ne pensais pas qu’aux mânes de la France
Un seul traître immolé suffit à sa vengeance,
Ou tirât du chaos ses débris dispersés.
Tu voulais, enflammant les courages timides,
Réveiller les poignards sur tous ces parricides,
De rapine, de sang, d’infamie engraissés.

Un scélérat de moins rampe dans cette fange.
La vertu t’applaudit. De sa mâle louange
Entends, belle héroïne, entends l’auguste voix.
Ô vertu, le poignard, seul espoir de la terre,
Est ton arme sacrée, alors que le tonnerre
Laisse régner le crime, et te vend à ses lois !

André Chénier fut lui aussi guillotiné, le 7 thermidor an II (25 juillet 1794).

Postérité[modifier | modifier le code]

À sa mort, les accusateurs jacobins de Charlotte Corday pensent qu'elle a agi par amour pour un homme, aussi font-ils vérifier sa virginité. À leur grand dam, elle fut déclarée virgo intacta[15].

Dès son procès, elle est vue comme une tyrannicide libératrice ou honnie comme une meurtrière parricide. De nombreuses pièces de théâtre lui sont consacrées au XIXe siècle. Alphonse de Lamartine, dans son Histoire des Girondins, l'appelait « l’ange de l’assassinat ». Les historiens de ce siècle la dépeignent soit comme une ardente héroïne de la Révolution, soit comme une royaliste illuminée[5].

Peu de temps après sa mort, une controverse naît à Paris à propos de la couleur de ses cheveux. Son passeport la décrit brune alors que Jean-Jacques Hauer peint un portrait de Corday avec des cheveux blonds et poudrés. Cette histoire est liée au contexte anti-royaliste de l'époque, le poudrage des cheveux étant un symbole de la noblesse. Selon l'historienne Clémentine Portier-Kaltenbach, son corps aurait été autopsié à l'hôpital de la Charité pour attester de sa virginité (l'accusateur public lui ayant attribué de nombreux amants) puis transféré au cimetière de la Madeleine alors que son crâne aurait été conservé par Charles-Henri Sanson, remis à Roussin Corbeau de Saint Albin, secrétaire de Danton puis acquis par la famille Bonaparte et se trouverait aujourd’hui chez les descendants du prince Radziwiłł en 1859[16]. Les ossements du cimetière (dont le squelette de Charlotte Corday) désaffecté en 1794, ont été transférés dans les Catacombes de Paris[17].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Charlotte Corday conduite à la guillotine, tableau d'Arturo Michelena
  1. Aujourd'hui sur le territoire de la commune d'Écorches
  2. Son frère Charles François de Corday (1774 - fusillé à Auray, 1795).
  3. Généalogie de Charlotte Corday. Lien avec Pierre Corneille.
  4. Après la suppression des ordres religieux, (et la nationalisation des biens du clergé) survenue le 9 février 1790, la congrégation de Charlotte Corday, qui ne fut dissoute définitivement qu'en février 1791, obtient une année de sursis. Atlas historique Perrin 1987 et Bernardine Melchior-Bonnet, Charlotte Corday, Perrin, 2000.
  5. a, b, c et d Jean-Denis Bredin, « Charlotte Corday, "ange de l'assassinat" », émission Au cœur de l'histoire sur Europe 1, 6 mars 2012
  6. Lettre à Barbaroux, 16 juillet 1793.
  7. Lettre citée dans : Les Grandes Heures de la Révolution, tome III G. Lenotre André Castelot. Perrin 1963
  8. Dans l’Ami du peuple, le 19 août, Marat, avait déjà appelé au massacre des prisonniers : « Quel est le devoir du peuple ? Il n’y a que deux partis à prendre… Le plus sûr, le plus sage est de se porter en armes à l’Abbaye, d’en arracher les traîtres, de les passer au fil de l’épée… » Extrait du texte cité dans : Condorcet, un intellectuel en politique, Élisabeth et Robert Badinter, Fayard 1988, p. 470.
  9. (en) János Kis, Politics As a Moral Problem, Central European University Press,‎ 2008 (lire en ligne), p. 281
  10. Aujourd’hui 14 rue Hérold
  11. Elle avait projeté dans un premier temps de tuer Marat à la Convention nationale. Cette nouvelle l’obligera à changer son plan. Paris révolutionnaire G. Lenotre Perrin 1947.
  12. Ce billet fut retrouvé sur elle après le meurtre. Sur ce même billet, le commissaire qui procéda à la fouille nota : « La présente n’a point été remise à son adresse, devenue inutile par l’admission de l’assassin à sa 2eprésentation, vers les 7 heures et demie de relevée ; heure à laquelle elle a consommé son forfait. » Fac-similé du billet : Charlotte Corday, Bernardine Melchior Bonnet, Perrin 2000. Il semble donc que Charlotte Corday n’ait pas eu besoin d’utiliser ce second billet. (idem)
  13. Louis Du Bois, Charlotte de Corday : essai historique, offrant enfin des détails authentiques sur la personne et láttentat de cette héroine, Librairie Historique de la Révolution,‎ 1838 (lire en ligne), p. 141
  14. article 4, titre Ier, 1re partie, Code pénal de 1791
  15. (en) Stanley Loomis, Paris in the Terror, JB Lippincott,‎ 1964, p. 125
  16. Clémentine Portier-Kaltenbach, Histoires d'os et autres illustres abattis, Lattès,‎ 2007, 264 p. (ISBN 978-2709628303, lire en ligne)
  17. Image des Catacombes

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Alphonse de Lamartine, Histoire des Girondins, Paris, Furne, 1858, 4 (vol. , portrait in III, Typographie Henri Plon.
  • Jules Michelet, Histoire de la Révolution française, Paris, Gallimard, 1961-1962
  • Jean de La Varende, Mademoiselle de Corday, Rouen, Henri Defontaine, 1939
  • Gérard Walter, Actes du Tribunal révolutionnaire, Paris, Mercure de France, 1986
  • Jean-Denis Bredin, On ne meurt qu’une fois, Charlotte Corday, Paris, Fayard, 2006
  • Guillaume Mazeau, Charlotte Corday et la Révolution française en 30 questions, La Crèche, Gestes, 2006
  • Guillaume Mazeau, Le bain de l'histoire. Charlotte Corday et l'attentat contre Marat (1793-2009), Champ Vallon, coll. « La chose publique », 2009.
  • Guillaume Mazeau, Corday contre Marat. Deux siècles d'images, Versailles, Artlys, 2009.
  • Martial Debriffe, Charlotte Corday, Paris, France Empire, 2005
  • Bernardine Melchior-Bonnet, Charlotte Corday, Librairie Académique Perrin, 2000 (1re édition : 1972).
  • G. Lenotre, André Castelot, Les grandes heures de la Révolution française, Tome III - "Les dix journées de Charlotte Corday", Librairie Académique Perrin, 1963 (réédité en 1968).
  • Charles Vatel, Charlotte de Corday et les Girondins, Paris, H. Plon,‎ 1864-1872, 506 p. (lire en ligne)
  • Michel Onfray, La religion du poignard. Éloge de Charlotte Corday, Grasset, 2009, [compte rendu en ligne].
  • Michel Corday, Charlotte Corday, Ernest Flammarion, 1928.
  • Guillaume Mazeau, « Le procès Corday : retour aux sources », in Annales historiques de la Révolution française, no 343, 2006, p. 51-71, [lire en ligne].
  • Catherine Decours, Mémoires de Charlotte Corday : écrits dans les jours qui précédèrent son exécution, Plon, 2009 (roman)

Filmographie[modifier | modifier le code]

Littérature[modifier | modifier le code]

  • Alexandre Dumas, Ingénue, 1853.

Dans un chapitre, Marat présenté comme un satyre, est corrigé par Charlotte Corday qui sauve l'héroïne, Ingénue, d'une agression.

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Lien externe[modifier | modifier le code]