Bataille de Fleurus (1794)

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Bataille de Fleurus
La bataille de Fleurus, par Jean Baptiste Mauzaisse, 1837.
La bataille de Fleurus, par Jean Baptiste Mauzaisse, 1837.
Informations générales
Date 26 juin 1794
Lieu Fleurus
Issue Victoire décisive française
Belligérants
Drapeau français République française Drapeau du Saint-Empire Saint-Empire
Provinces-Unies Provinces-Unies
Royaume de Grande-Bretagne Royaume de Grande-Bretagne
Drapeau de l'Électorat de Hanovre Électorat de Hanovre
Commandants
Jean-Baptiste Jourdan
Jean-Baptiste Kléber
Jean Étienne Championnet
Frédéric de Saxe-Cobourg
Johann von Beaulieu
Forces en présence
89 592 hommes
incluant 12 000 cavaliers
100 canons
52 000 hommes
incluant 18 000 cavaliers
111 canons
Pertes
~ 5 000 morts ou blessés
1 canon
Banner of the Holy Roman Emperor (after 1400).svg
208 morts
1 017 blessés
361 prisonniers
1 mortier perdu[1]
(armée de Cobourg)

2 800 prisonniers[1]
(garnison de Charleroi)

Prinsenvlag.svg
~ 700 morts, blessés ou prisonniers[1]
Première coalition
Batailles
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Coordonnées 50° 28′ 55″ N 4° 33′ 07″ E / 50.48207, 4.55184 ()50° 28′ 55″ Nord 4° 33′ 07″ Est / 50.48207, 4.55184 ()  

Géolocalisation sur la carte : Belgique

(Voir situation sur carte : Belgique)
 Différences entre dessin et blasonnement : Bataille de Fleurus (1794).

La bataille de Fleurus du 8 messidor an II (26 juin 1794) a lieu entre les coalisés (Royaume-Uni, Autriche, Hanovre) et la France. Les Français remportent une bataille décisive à Fleurus, entre Charleroi et Namur, dans les Pays-Bas autrichiens (Belgique actuelle).

Les coalisés, commandés par le prince de Saxe-Cobourg, ont pour objectif de lever le siège de Charleroi, ignorant que la ville a accepté une reddition secrète la veille. Organisés en cinq colonnes, ils frappent simultanément les forces françaises déployées en arc de cercle autour de Charleroi et appuyées à ses deux extrémités sur la Sambre.

Déroulement[modifier | modifier le code]

La gauche française recule d'abord à travers le bois de Monceau jusqu'à Marchienne, mais là, les Autrichiens, s'apercevant de la prise de Charleroi, hésitent. Kléber en profite pour les faire charger par ses troupes et les forcer à reculer.

Morlot, au centre, se replie sur Gosselies, tandis que Championnet doit abandonner Heppignies. Mais Jourdan amène des renforts et fait reprendre ce dernier village.

Le général autrichien Beaulieu, qui l'a compris, arrive avec une nouvelle colonne ; mais Jourdan fait donner les réserves, et les Français, après les plus grands efforts, restent maîtres du village de Lambusart. Ainsi partout le combat s'est rétabli : la fin du jour approche. Beaulieu, apprenant, lui aussi, la prise de Charleroi, recule, et Cobourg se décide à ordonner une retraite générale sur Bruxelles.

La bataille eut lieu toute la journée sous un soleil brûlant, et, par endroits, au milieu de véritables incendies, les moissons ayant pris feu.

Le soir, de lassitude, le prince Cobourg abandonne le champ de bataille sur lequel il laisse 5 000 morts et blessés.

Le lendemain, les coalisés abandonnent la Belgique et battent en retraite en Allemagne. Les Autrichiens perdent définitivement le contrôle de cette région. Les Français prennent Bruxelles (10 juillet) et Anvers (27 juillet) alors que le corps expéditionnaire anglais est rembarqué. La dernière bataille sur le territoire de l'actuelle Belgique se déroulera à Sprimont le 18 septembre.

Ballon d'observation[modifier | modifier le code]

La compagnie d'aérostiers transporte le ballon à Fleurus.

Cette bataille voit la première utilisation militaire d'un ballon d'observation dans l'histoire de l'aérostation. Le capitaine de la compagnie d'aérostiers Coutelle et un officier peuvent ainsi observer le dispositif des coalisés. La présence de ce ballon espion affecte le moral des coalisés[2].

Caractéristiques du ballon "L'Entreprenant" :

  • volume parfaitement sphérique d'un diamètre de 27 pieds (environ 9 mètres) ;
  • d'une capacité de 523 m³, il est gonflé à l'hydrogène (H²) ;
  • l'imperméabilisation de l'enveloppe a été réalisée par Jean-Marie-Joseph Coutelle et Nicolas-Jacques Conté (inventeur du crayon) ; ainsi, "L'Entreprenant" restera deux mois entiers plein de gaz à l'armée de Sambre-et-Meuse ;
  • le ballon peut élever une nacelle occupée par deux hommes et atteindre l'altitude de 500 mètres, mais en pratique, il suffit qu'il atteigne 250 à 400 mètres pour être opérationnel.

Lieu d'observation de la bataille de Fleurus :

Le ballon captif « L'Entreprenant » s'est élevé à Jumet, sur le plateau occupé actuellement par le dépôt du TEC Charleroi et l'extrémité ouest de la piste de l'aéroport de Gosselies. C'est là aussi que se trouvait l'état-major [3] du général français Jourdan et les représentants du Peuple Guyton de Morveau, Gillet et Saint-Just, « sur le plateau du moulin de Jumey... »[4] construit à l'altitude approximative de 180 mètres [5].

Ordre de bataille de l'armée française le 20 juin[modifier | modifier le code]

L'armée française est forte de 89 592 hommes, moins les 8 625 hommes de la division Muller qui ne participent pas à la bataille.

Aile droite[modifier | modifier le code]

Elle est commandée par le général Marceau et est composée des:

  • division Marceau (brigades Lorge et Hardy) forte de 7 961 hommes ;
  • division Mayer (brigades Prestal et Lecourbe) forte de 8 517 hommes.

Cette aile avait sa droite au niveau de Auvelais et du bois de Copiaux en s'appuyant sur la Sambre et avait sa gauche aux alentours du Campinaire (proche de Lambusart). Les avant-gardes occupaient Wanfercée-Baulet et Velaine.

Centre[modifier | modifier le code]

Le centre de l'armée est composé de trois divisions :

  • division Lefebvre (brigades : Leval, Jacopin et Sultzmann) pour une force de 8 815 hommes. Cette division était rattachée à celle de Marceau au Campinaire (sur sa droite donc) et sa gauche était à Wagnelée. Son avant-garde était à Fleurus ;
  • division Championnet (brigades : Legrand, Grenier et Lerivint) pour une force de 9 088 hommes. Cette division avait sa droite à Wagnelée et sa gauche aux alentours d'Heppignies. Son avant-garde tenait Mellet et Saint-Fiacre ;
  • division Morlot (brigades : Olivier et Simon) pour une force de 8 578 hommes. Cette division avait sa droite en avant de Gosselies et sa gauche en avant de Thiméon.

Réserves du centre[modifier | modifier le code]

  • réserve d'infanterie Hatry composée des brigades Chapsal et Bonnet pour une force de 11 064 hommes, positionnée en retrait du centre à Ransart.
  • division de cavalerie Dubois composée des brigades Soland et d’Hautpoul pour une force de 2 713 cavaliers. Elle est positionnée elle aussi à Ransart.

Aile gauche[modifier | modifier le code]

Elle est composée de trois divisions, dont une, la division Muller, n’est pas présente le jour de la bataille car envoyée en renfort au général Schérer pour défendre la Sambre jusqu'à Maubeuge :

  • division Kléber (brigades : Duhesme, Fusier et Schlachter) pour une force de 9 969 hommes. Cette division est positionnée sur sa droite aux alentours de Gosselies et sur sa gauche sur les hauteurs en avant de Jumet, formant une seconde ligne de l'aile gauche ;
  • division Montaigu (brigades : Richard, Poncet et Boisset) pour une force de 8 358 hommes. La droite de cette division est située à Piéton, son centre à Trazegnies et sa gauche aux alentours du bois de Monceau (Monceau-sur-Sambre) et de Forchies ;
  • division Muller (brigades : Ransonnet et Chevalier) forte de 8 625 hommes ; cette division ne participe pas à la bataille.

Réserve de gauche[modifier | modifier le code]

Les pertes[modifier | modifier le code]

D'après Jean-de-Dieu Soult, 5 000 soldats français ont été mis hors combat tandis que les coalisés ont laissé 7 000 morts. Les pertes coalisées sont cependant exagérées par les Français. D'après Waldeck, ils ont perdu 5 000 hommes, dont les 2 800 hommes de la garnison de Charleroi. Le 4 juillet, l'état des pertes est dressé au quartier général de Cobourg, à Waterloo ; le bilan des troupes impériales à Fleurus est de 208 morts, 1 017 blessés, 361 prisonniers, un mortier, 3 caissons et un étendard. Selon l'historien Victor César Eugène Dupuis, les Hollandais ont probablement perdu environ 700 hommes[1].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles de Wikipédia[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

  • Gunther Rothenberg, The Art of Warfare in the Age of Napoleon, Bloomington, Indiana University Press, 1980, ISBN 0-253-31076-8
  • Christian Draguet, Le ballon de Fleurus : Itinéraire des aérostiers en juin 1794, Montigny-le-Tilleul, Éditions Scaillet,‎ 1994, 176 p.
  • Victor Selle de Beauchamp, Souvenirs de la fin du 18e siècle. Extrait des mémoires d'un officier des aérostiers : Aux armées de 1793 à 1799, Paris, Ledoyen et Paul Giret,‎ 1853, 92 p.

Notes[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c et d Victor César Eugène Dupuis, Les opérations militaires sur la Sambre en 1794: Bataille de Fleurus, p.372. archive, p.372
  2. Frédéric Lewino et Gwendoline Dos Santos, « 26 juin 1794. Pour la première fois, un ballon est utilisé pour espionner l'ennemi », sur Le Point.fr,‎ 25 juin 2013
  3. Victor Selle de Beauchamp, Souvenirs de la fin du 18e siècle. Extrait des mémoires d'un officier des aérostiers : Aux armées de 1793 à 1799, Paris, Ledoyen et Paul Giret,‎ 1853, p. 45-50
  4. Moulin en bois et non en pierre comme figuré erronément sur les aquarelles de F.de Myrbach, illustrant certaines scènes de la bataille
  5. Christian Draguet, Le ballon de Fleurus : Itinéraire des aérostiers en juin 1794, Montigny-le-Tilleul, Éditions Scaillet,‎ 1994, 176,la transmission des observations était assurée par des pavillons de marine attaché au cable de soutient,on peut voir cela sur une maquette exposée au musée de l'air salle des balons p., p. 21/24-57-58-73-76/79-103-116-117-130