Claude-Antoine Prieur-Duvernois

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie À ne pas confondre avec Pierre-Louis Prieur, dit « Prieur de la Marne », autre député à la Convention nationale.
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Prieur et Duvernois.
Prieur de la Côte-d'Or
Claude-Antoine Prieur-Duvernois
Claude-Antoine Prieur-Duvernois
Fonctions
Parlementaire français
Assemblée législative, Assemblée constituante puis Conseil des Cinq-Cents
1er septembre 179110 avril 1798
Gouvernement Première République
Groupe politique Montagnards
Biographie
Date de naissance 22 septembre 1763 à Auxonne
Date de décès 11 août 1832 (à 68 ans) à Dijon
Résidence Côte-d'Or

Claude-Antoine Prieur-Duvernois dit « Prieur de la Côte-d'Or », né le 22 septembre 1763 à Auxonne (Côte-d'Or), mort célibataire le 11 août 1832 à Dijon, est un officier du génie qui exerça des responsabilités considérables au cours de la Révolution française. Il est l'un des cofondateurs de l'École polytechnique.

D'abord opposé a l’avènement du systeme métrique (il prônait d’étendre simplement le système de mesure de Paris a l'ensemble du territoire), il en entrava les travaux, profitant de son influence après la révolution pour faire fermer l'académie des sciences et faire guillotiner les scientifiques qui s'étaient opposés a lui (notamment Antoine Lavoisier). Toutefois, n'ayant pu en empêcher le succès, il chercha a s'en attribuer le mérite en devenant l'un de ses plus grands promoteurs. Voir a ce sujet l'article Figure de la Terre et méridienne de Delambre et Méchain

Biographie[modifier | modifier le code]

Cet officier du génie militaire, formé à l’École royale du génie de Mézières, s'était fait connaître par d'importants travaux scientifiques avant la Révolution. Élu député à l'Assemblée législative (1791), il parut peu à la tribune et travailla beaucoup dans les comités.

Réélu député à la Convention nationale par le département de la Côte-d'Or (1792), il vota la mort du roi, écarta l'appel au peuple et refusa le sursis. En tant que représentant en mission, il fit des tournées d'inspection technique dans les ports, de Lorient à Dunkerque. Il se trouvait à Caen lors de la proscription des Girondins (2 juin 1793) et fut retenu comme otage au château de Caen. La débâcle fédéraliste de Vernon (13 juillet 1793) lui rendit la liberté.

Dès son retour à Paris, il devint membre du Comité de salut public (14 août 1793). Après Louis Antoine Léon de Saint-Just, il était le plus jeune membre de ce Comité. Il sut s'entourer d'une élite de savants et de techniciens. En étroite collaboration avec Lazare Carnot, il se consacra entièrement à l'organisation des fabrications de guerre : armements, hôpitaux et récupération du salpêtre pour la fabrication de la poudre à canon.

Il participa avec Lazare Carnot, Gaspard Monge, Jacques-Élie Lamblardie et quelques autres à la création de l'École polytechnique. Pendant 5 ans, de 1793 à 1798, il protégea efficacement la nouvelle École contre plusieurs attaques politiques, ce que confirme l'historien et biographe de Prieur, Georges Bouchard  : « Nous croyons donc que, en toute équité, on doit attribuer à Monge le mérite d'avoir fondé l'École, à Prieur celui d'avoir permis à cette institution de survivre aux attaques dont elle était l'objet[1]. »

Épargné par les Thermidoriens, il échappa de justesse à l'arrestation en mai 1795. Il fit adopter l'unification du système métrique et l'usage du calcul décimal. Il fut réélu au Conseil des Cinq-Cents où il siégea jusqu'à mars 1798, puis il se retira de la vie publique après le 18 brumaire an VIII (9 novembre 1799). Ayant fondé à Dijon une manufacture de papiers peints, il vécut paisiblement en gagnant largement sa vie. Il fut créé comte d'empire en 1808, et en 1811 prit sa retraite de l'armée avec le grade de chef de brigade[2] (colonel). Éloigné de la politique, il ne fut pas inquiété à la Restauration quand la plupart des régicides furent bannis. Il mourut à l'âge de soixante-huit ans.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Paul Gaffarel, Prieur de la Côte-d'Or, Dijon, Librairie Noury, 1900, 354 p., [lire en ligne].
  • Paul Destray, Notes sur Prieur de la Côte d'Or et sa famille, extrait des Mémoires de la Société bourguignonne de géographie et d'histoire, t. 26, pagination factice 274 à 285, Dijon, Imprimerie Eugène Jacquot, 1910.
  • Paul Arbelet :
    • « La jeunesse de Prieur de la Côte d'Or », in Revue du dix-huitième siècle, Paris, Hachette, 1918.
    • « Prieur de la Côte d'Or, Ministre des munitions », in Revue politique et littéraire, revue bleue, no 1, p. 14-18, Paris, 1918.
    • « Prieur de la Côte d'Or. Révélations sur le Comité de salut public », in Revue politique et littéraire, revue bleue, no 1, p. 18-19, Paris, 1918.
    • « Prieur de la Côte d'Or. Révélations sur le Comité de salut public II », in Revue politique et littéraire, revue bleue, no 3, p. 76-80, Paris, 1918.
  • Camille Richard, Le Comité de Salut public et les fabrications de guerre sous la Terreur, Paris, F. Rieder et cie, 1921.
  • Georges Bouchard, Un Organisateur de la Victoire, Prieur de la Côte d'Or, Paris, Clavreuil, 1946.
  • Nicole et Jean Dhombres, Naissance d'un nouveau pouvoir : sciences et savants en France, 1793-1824, Paris, Payot, 1989, [compte rendu en ligne].
  • Emmanuel Grison, Prieur de la Côte d'Or (1763-1832), Dijon, 1991.
  • Claude Speranza, La science & l'arsenal ou Quelques aspects de l'héritage historique du Lycée Prieur de la Côte-d'Or relatifs aux sciences et aux techniques du Siècle des Lumières, Association Auxonne-Patrimoine, 1998.
  • Emmanuel Grison, « Claude-Antoine Prieur », in Bulletin de la SABIX, no 23, [lire en ligne]. Voir aussi Prieur et les attaques contre l'École polytechnique, Bulletin de la SABIX no 8.
  • Claudine Billoux, « Le fonds « Prieur de la Côte d'Or » ou les tribulations d'un « Trésor » ... Archivistique - Quelques acquisitions récentes de pièces d’archives par la SABIX et la Bibliothèque de l'École polytechnique », in Bulletin de la SABIX, no 8, 1991, [lire en ligne].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

  1. Georges Bouchard, Un organisateur de la Victoire : Prieur de la Côte d'Or, membre du Comité de Salut Public, Paris, R. Clavreuil,‎ 1946, p. 285.
  2. D’après Dictionnaire des parlementaires français de 1789 à 1889 (A.Robert et G.Cougny).