Mauges

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Mauges
Image illustrative de l'article Mauges
Bords de la Sèvre, près du Longeron

Pays France
Région française Pays de la Loire
Département français Maine-et-Loire
Siège du pays Cholet
Régions naturelles voisines Segréen, Saumurois
Pays (div. territoriale) Pays des Mauges

Les Mauges sont une région naturelle et historique, correspondant au sud-ouest de l'actuel département du Maine-et-Loire et de l'ancienne province d'Anjou. Ses principales villes sont Cholet et Beaupréau.

La dénomination « pays des Mauges » désigne officiellement une intercommunalité, dont les limites ne correspondent pas strictement à celles que la tradition retient.

Les mémoires et le patrimoine local des Mauges ont été marqués par le soulèvement vendéen et la répression qui s'en est suivie, à partir de 1793.

Sommaire

[modifier] Étymologie

À la différence d'autres pays du Maine-et-Loire (Baugeois, Saumurois, Segréen), le nom des Mauges ne fait donc pas référence à une ville.

Selon une légende récurrente, « Mauges » serait une déformation de « mauvaises gens »[1], et proviendrait même de Jules César, qui aurait appelé ainsi (ou, du moins, malae gentes) la population du pays.

En réalité, le nom des Mauges semble être lié à la richesse en minerais du sous-sol, comme on en a plusieurs attestations au Moyen Âge : Metallica regio (XIe siècle), Metallica (1060), Pagus Metallicus (1047)[réf. nécessaire][2] ; le mot latin metallicus a ensuite évolué pour devenir Mauges[3] : « Il ne paraît pas douteux, d'après ces diverses formes du nom primitif, que l'origine n'en soit due […] à ces nombreuses exploitations de mines de fer et de plomb, peut-être aussi de houille, metalla, répandues autrefois dans le pays et dont, notamment près de Saint-Pierre-Montlimart, à la Salle-Aubry, à Saint-Rémy, on voit encore les profondes excavations » [3].

Une autre étymologie est parfois avancée : elle relie le nom des Mauges à un groupe de colons-soldats d'origine barbare utilisés comme troupes auxiliaires de l'armée romains, phènomène assez fréquent en Gaule à partir du IIIe siècle (par exemple, les Taïfales à Tiffauges) ; il s'agirait de membres du peuple des Medalges, qui seraient originaires du Caucase. On trouve une formule : Pagus Medalgicus (843) qui pourrait renvoyer à ce peuple[réf. nécessaire][4]. Cette hypothèse paraît moins bien étayée que la précédente.

[modifier] Géographie

Légende : CorineLandCover1995Leg.jpg

[modifier] Situation et limites

En tant que région naturelle[5], les Mauges sont situées à l'extrême sud-est du Massif armoricain. Elles sont délimitées au nord par la Loire (fleuve), à l'est par le Layon (rivière)[6],[7], à l'ouest par la Sèvre nantaise (rivière) et par la Moine (rivière)[8].

La limite sud est plus floue. En cette partie, la campagne se confondant avec celle de la Vendée proche, les limites sont moins nettes, d'où le nom parfois donné aux Mauges de « Vendée angevine »[6].

[modifier] Relief et géologie

L'Anjou méridional se compose à l'Est de terrains secondaires et tertiaires (Saumurois) et à l'Ouest de terrains primaires (Mauges). Dans ces derniers, on trouve un pays de bocage sur des terrains anciens, composés de schistes et de granites[7]. La morphologie des Mauges se présente sous la forme d’un plateau se relevant légèrement au Sud.

Ce paysage de bocages sillonné de vallées encaissées, en particulier celles de l'Èvre et de la Sèvre nantaise, culmine au puy de la garde et ses 210 m[9], Saint-Georges-des-Gardes étant le plus haut village des Mauges.

[modifier] Hydrographie

Les Mauges sont traversées du sud au nord par l'Èvre, seul affluent de la Loire prenant sa source en Maine-et-Loire. Taillant son parcours dans le plateau des Mauges, l’Èvre est une rivière sauvage et sinueuse qui glisse vers la Loire à travers le bocage. « Elle était là, elle fut pour moi tout de suite avec son odeur terreuse de vase et de racines, son sommeil dissolvant, digérant, infusant lentement les feuilles mortes qui pleuvaient des arbres d’automne » (Julien Gracq, Les Eaux étroites).

De Beaupréau à Saint-Florent-le-Vieil, de nombreux ponts et de moulins ponctuent la rivière (la Chaperonnière, le moulin de Moine, le moulin Neuf, le moulin de la Godinière, le moulin Chauvreau...). Plusieurs endroits sont remarquables : le cirque de Courossé, falaise dominant la rivière, la « roche qui boit », lieu de légendes, et le pont médiéval de Bohardy[10].

On trouve également dans la région les rivières la Moine et la Sèvre nantaise.

[modifier] Climat

Le climat angevin est tempéré, de type océanique. Il est particulièrement doux, compte tenu de sa situation entre les influences océaniques et continentales. Généralement les hivers sont pluvieux, les gelés rares et les étés ensoleillés.
Le relief plus marqué des Mauges provoque une accentuation des précipitations[11].

[modifier] Histoire

L'Anjou de l'Ancien régime

[modifier] Préhistoire et Antiquité

Les plus anciennes traces de présence humaine remontent à 10 000 ans avant notre ère : des bifaces ont été retrouvés sur le site du Fuilet[réf. nécessaire][12], près de Cholet.

Plusieurs dolmens et menhirs témoignent du peuplement de la région à l'époque néolithique, notamment au Fief-Sauvin et à Saint-Macaire-en-Mauges.

À l'époque gauloise, l'appartenance du territoire des Mauges n'est pas établi avec certitude : il relève peut-être du peuple des Ambilatres, ou bien de celui des Anagnutes[13], alors que les Namnètes et les Andécaves se trouvent au nord de la Loire ; après la conquête romaine, il relève probablement de la cité (civitas) des Pictons[14], appartenant donc à la province d'Aquitaine (capitale : Saintes), puis d'Aquitaine Seconde (capitale : Bordeaux) à partir du IVe siècle. La cité des Pictons devient évêché de Poitiers à la fin de l'Empire romain, comté de Poitiers à l'époque franque.

[modifier] Moyen Âge

À l'époque de Charlemagne et de Louis le Pieux, le territoire des Mauges fait partie du royaume d'Aquitaine[15] créé en 781 pour le jeune Louis. Une des résidences royales se trouve dans la proche localité de Doué (actuelle Doué-la-Fontaine), où Louis apprend la nouvelle de la mort de Charlemagne en 814. Après le règne de Louis le Pieux, le territoire fait partie des conquêtes bretonnes du milieu du IXe siècle (règne de Nominoë et Erispoë). Au Xe siècle, les Mauges sont réintégrées au royaume de Francie occidentale, la Bretagne prenant alors sa forme définitive.

Au cours du XIe siècle, Foulques Nerra, comte d'Anjou, conquiert la plus grande partie des Mauges[16], aux dépens de la Bretagne et du Poitou. La Bretagne conserve le petit territoire situé entre Sèvre nantaise, Moine et Divatte[réf. nécessaire].

À cette époque la région est couverte d'un vaste massif forestier, où seule la vallée de l'Èvre est défrichée[17].

Outre leurs attaches angevines historiques, politiques et culturelles, c'est de cette histoire que les Mauges conserveront une influence poitevine au niveau dialectal et architectural, bretonne et nantaise au niveau musical, historique ou économique.[réf. nécessaire]

L'existence de Beaupréau est attestée en 1075 (Bello Pratello). Cholet date aussi de cette époque.

[modifier] Temps modernes

Les Mauges ne constituent pas plus qu'au Moyen Âge une entité administrative. Les paroisses des Mauges dépendent de la province d'Anjou et de la sénéchaussée d'Angers, qui couvre un territoire englobant la moitié Ouest de l'Anjou.

[modifier] Époque contemporaine

[modifier] La période de la Révolution française

En 1791 et 1792, la question religieuse soulevée par la Révolution et l'organisation des nouveaux impôts sont à l'origine de troubles divers.[réf. nécessaire]

Comme dans le sud de la Loire-Inférieure et en Vendée, les populations rurales des Mauges ne sont pas favorables à l'installation de la République en septembre 1792, mais on trouve probablement des républicains dans les bourgs[18] et bien sûr à Cholet, principal point d'appui des gardes nationaux. Comme ailleurs, l’insurrection éclate dans les Mauges en mars 1793[19] à la suite de la décision de la Convention de lever 300 000 soldats (jusqu'alors, il n'y a aucun service militaire obligatoire, mais seulement des engagements volontaires ; la levée des 300 000 hommes constitue donc une nouveauté radicale qui est refusée dans de nombreuses régions).

En 1793, la région est l'un des théâtres d'opération des guerres de Vendée, dans le cadre de l'armée catholique et royale d'Anjou et du Haut-Poitou (avec notamment la division de Cholet et de Beaupréau, commandée par Bonchamps, et celle de Saint-Florent-le-Vieil, commandée par d'Elbée) qui concerne les territoires entre le Loroux-Bottereau, Bressuire et Angers ; en octobre 1793, a lieu la bataille de Cholet qui est une victoire des Républicains, dirigés entre autres par Kléber, en présence de Carrier, représentant en mission à Nantes. Cette défaite des armées royalistes est au point de départ de la traversée de la Loire et de la Virée de Galerne, qui aboutit en décembre à leur écrasement à Savenay.

À partir d'octobre 1793, les Mauges sont (comme les autres régions de la Vendée militaire) l'objet d'une reprise en main par les Républicains, ce qui se traduit par une répression parfois extrême (colonnes infernales).

Article détaillé : Guerre de Vendée.

[modifier] Le découpage administratif depuis 1790

Lors de la création des départements en 1790, le Maine-et-Loire est divisé en huit districts : Angers, Baugé, Châteauneuf, Cholet, Saint-Florent, Saumur, Segré et Vihiers[20].

En 1800, ils sont remplacés par les arrondissements d'Angers, de Baugé, de Beaupréau, de Saumur et de Segré.

En 1857, la sous-préfecture de Beaupréau est déplacée à Cholet.

[modifier] L'évolution économique et sociale

Le XXe siècle est marqué par une assez forte industrialisation (de ce point de vue, Cholet apparaît comme le pôle industriel de la région dite du « Choletais »). Une des grandes réussites de l'industrie des Mauges est l'industrie de la chaussure, notamment l'entreprise « Eram » (Saint-Pierre-Montlimart) autour de la famille Biotteau. Dans l'après-guerre, les ouvriers des Mauges, issus de la paysannerie, sont initiés à la vie sociale par le biais de la JOC et du syndicat CFTC ; les années 1960 sont d'ailleurs marquées par quelques conflits à Saint-Pierre-Montlimart[21].

[modifier] Culture et patrimoine

[modifier] Patrimoine

Plusieurs ouvrages sont classés aux Monuments historiques[22].

Préhistoire
Bâtiments religieux
Châteaux
  • Château de Chemillé (XIIe et XIIIe siècle)
  • Château fort dit château des Hayes des XVe et XVIe siècles à Andrezé
  • Château de la Guérinière des XVIIe et XVIIIe siècles à Bégrolles-en-Mauges
  • Château de la Tremblaye à Cholet (fin construction 1862)
Bâtiments civils

[modifier] Musées

[modifier] Personnalités des Mauges

[modifier] Intercommunalités

[modifier] Structure de pays

L'intercommunalité Pays des Mauges est un syndicat mixte regroupant 7 communautés de communes. Situé dans un triangle entre Nantes, Angers et Cholet, il compte 71 communes.
Ce pays ne correspond pas totalement aux limites géographiques, d'où parfois la confusion avec l'appellation territoriale.

[modifier] Communauté d'agglomération

L'intercommunalité Communauté d'agglomération du Choletais est une structure intercommunale groupant 13 communes.

Chanteloup-les-Bois, Cholet, Le May-sur-Èvre, Mazières-en-Mauges, Nuaillé, La Romagne, Saint-Christophe-du-Bois, Saint-Léger-sous-Cholet, La Séguinière, La Tessoualle, Toutlemonde, Trémentines, Vezins

[modifier] Bibliographie

  • Teddy Véron, L'intégration des Mauges à l'Anjou au XIe siècle, Pulim, 2007.

[modifier] Voir aussi

[modifier] Articles connexes

[modifier] Liens externes

[modifier] Notes et références

  1. Cf. l'album d'Étienne Davodeau, Les Mauvaises Gens.
  2. Il faudrait indiquer plus précisément dans quels documents ces expressions se trouvent.
  3. a et b Célestin Port, Dictionnaire Historique de Maine-et-Loire, Lachèse Belleuvre & Dolbeau, 1876, t.2 p. 617 et 618
  4. Même remarque.
  5. Bénédicte et Jean-Jacques Fénié, Dictionnaire des pays et provinces de France, Éditions Sud-Ouest, 2000
  6. a et b P.Wagret J.Boussard J.Levron S. Mailliard-Bourdillon, Visages de l'Anjou, Horizons de France, 1951, p. 23
  7. a et b Louis Poirier, Essai sur la morphologie de l'Anjou méridional (Mauges et Saumurois), Annales de Géographie, 1935, t.44 n°251 p. 474
  8. Célestin Port, Dictionnaire Historique de Maine-et-Loire, Lachèse Belleuvre & Dolbeau, 1874, t.1 p. X
  9. Adolphe Joanne, Géographie du département de Maine-et-loire, Hachette et Cie, 1875, p.6
    et, Célestin Port, Dictionnaire historique géographique et biographique de Maine-et-Loire, 1878, Édition révisée de 1996 par André Sarazin et Pascal Tellier, t.4 p. 75
  10. Inventaire visuel des ponts jetés en travers de l'Èvre, Ponts anciens
  11. Comité Météorologique Départemental, Climat de Maine-et-Loire, Consulté le 4 août 2011
  12. La page du Fuilet ne fournit malheureusement aucun détail sur ces trouvailles.
  13. Les Ambilatres et les Anagnutes sont deux peuples particulièrement mal connus.
  14. peuple favorisé par les Romains qui lui attribuent par ailleurs le pays de Retz (avec la ville de Ratiatum, « Rezé »)
  15. Teddy Véron, L'intégration des Mauges à l'Anjou au XIe siècle, Pulim, 2007, p. 29
  16. Teddy Véron, op. cit., p. 13 et 14
  17. Teddy Véron, op. cit., p. 36
  18. Comme en Loire-Inférieure, à Machecoul, ou plusieurs dizaines de républicains sont massacrés au début de l'insurrection.
  19. P.Wagret J.Boussard J.Levron S. Mailliard-Bourdillon, Visages de l'Anjou, Horizons de France, 1951, p. 73
  20. Jean Sibenaler, Les premiers préfets de Maine-et-Loire, Cheminements, 2000, p. 17
  21. Cf. l'album d'Etienne Davodeau, Les Mauvaises Gens, qui raconte l'histoire de ses parents, ouvriers et syndicalistes.
  22. Ministère de la Culture, Monuments historiques et inventaire du patrimoine culturel, base Mérimée, Consultée le 2 juin 2011
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