Sérifontaine

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Sérifontaine
La mairie.
La mairie.
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Hauts-de-France
Département Oise
Arrondissement Beauvais
Canton Beauvais-2
Intercommunalité Communauté de communes du pays de Bray
Maire
Mandat
Patrick Thibaut
2014-2020
Code postal 60590
Code commune 60616
Démographie
Population
municipale
2 867 hab. (2014)
Densité 140 hab./km2
Géographie
Coordonnées 49° 21′ 14″ nord, 1° 46′ 16″ est
Altitude Min. 56 m – Max. 200 m
Superficie 20,43 km2
Localisation

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Liens
Site web mairie-de-serifontaine.fr

Sérifontaine est une commune française située dans le département de l'Oise, en région Hauts-de-France.

Géographie[modifier | modifier le code]

Sérifontaine est située à l'extrémité nord du Vexin français, la moins nette de ce pays limité à l'est par l'Oise, au sud par la Seine, à l'ouest par l'Epte qui le sépare du Vexin Normand.

Le territoire de la commune s'étend sur 2 043 hectares, entre 56 et 200 mètres d’altitude. Il est situé sur un emplacement singulier, un gué et un élargissement du cours de l’Epte, et monte sur le plateau au-dessus de l’Epte, sans atteindre toutefois le rebord du Bray.

Sérifontaine est ainsi posée sur la frontière de la Normandie. Frontière qui serpente de-ci de-là : quelques minutes en voiture en suivant la D 915 vers Gournay-en-Bray au nord ou vers Gisors au sud et l’on est en Normandie, mais on y est aussi en quelques pas vers l’ouest. Et ce n’est pas tout : quelques minutes à cheval vers Flavacourt et les Sérifontainois de jadis étaient à la limite de la forêt de Thelle, une ou deux lieues au nord, ils entraient en pays de Bray dès Talmontiers, en tout cas à Neuf-Marché. Or les habitants du Bray sont eux-mêmes assez difficiles à définir puisqu'ils ne sont ni Normands, ni Picards, ni Beauvaisins. C’est dire que les Sérifontainois n’étant pas même Brayons sont peu faciles à qualifier.

Administrativement, Sérifontaine est depuis les années soixante en Picardie. Or celle-ci, historiquement commencerait plutôt à Beauvais, et encore. Au total, Sérifontaine, qui n’a jamais eu de relation historique avec Beauvais, est bien seule et jusqu’à 2012 n’appartenait même à aucune communauté de communes (il faut toutefois noter que Sérifontaine, commune ouvrière, était d'une autre couleur politique que les communes environnantes).

Toponymie[modifier | modifier le code]

Histoire[modifier | modifier le code]

Sérifontaine est une petite cité qui a eu un important destin industriel commencé à l’aube du XIXe siècle.

Habitée au néolithique, au moins sur le site de Champignolles, occupée par les Romains, quelque part entre Flavacourt et Droittecourt, Sérifontaine a été continuellement habitée depuis l’époque mérovingienne. Dès le XIe siècle au moins, le site est fortifié, probablement sur les deux rives (à Sérifontaine et sur la motte de Thierceville où se trouvait le premier château Saussart) quand apparaissent les premiers conflits entre le roi de France et le duc de Normandie.

Son histoire à l’époque médiévale est faite de liens multiples. La seigneurie de Sérifontaine est d'abord liée au destin de la famille des seigneurs de Boury [1], qui y occupent, durant tout le XIIe siècle une fortification détruite en par Richard Cœur de Lion, lors du premier sac de Sérifontaine.

La seigneurie passe en 1267 par alliance chez les seigneurs de Trie[2], qui y construisent probablement l'ancêtre du vieux château dont on voit les restes dans le parc Jacques-Duclos. Ce sont de grands seigneurs qui vont détenir Sérifontaine jusqu'à l’occupation anglaise du XVe siècle.

Au printemps 1419, le sire de l’Isle-Adam, qui combat avec le parti bourguignon contre les Anglais, confie la capitainerie de Gisors à Lyonnel de Bournonville, assisté d’un écuyer picard, Daviot de Gouy. Encerclés par les Anglais dans Gisors, ils réussissent une sortie et gagnent avec 200 à 300 hommes le château de Sérifontaine où campait un corps de quelques centaines d’Anglais et d’Irlandais. Ils pénètrent de nuit dans Sérifontaine et y exécutent un des carnages les plus sanglants de la campagne. Mais ils y sont rattrapés par cinq cents Irlandais qui brûlent le village et démolissent le donjon principal. C’est pendant l'occupation anglaise, en 1422, que le chœur ancien de l'église de Sérifontaine brûla.

Au XVIe siècle la seigneurie passe par alliance dans les familles de Maricourt et de Gamaches, elle est enfin achetée en 1650 par Charles III Fouilleuse de Flavacourt.

Après la Révolution, les derniers propriétaires issus de cette famille vendent leurs domaines, puis d’autres seigneurs arrivent au XIXe siècle : des chevaliers d’industrie comme Charles-Marie d’Arlincourt, général et baron d’Empire, qui développe plusieurs usines de laminage du cuivre et du zinc, et dont les descendants se lassent vite de l’industrie mais se construisent aux marges du bourg un château agrandi jusqu'à la veille de la Première Guerre mondiale et qui reprend le vieux nom de Saussart.

Suivent des entrepreneurs, mais aussi un spéculateur, Pierre-Eugène Secrétan, emporté en 1889 par une retentissante faillite dite « krach du cuivre ». L'activité renaît avec la « Compagnie française des métaux » dont les guerres vont assurer quelques décennies de prospérité.

La CFM fusionne en 1962 avec les Tréfileries du Havre pour former Tréfimétaux, dont Sérifontaine n’est que l’un des nombreux sites. Il y a une nouvelle fusion, en 1967, ou plutôt le rachat de ce groupe du cuivre par le fragile géant de l’aluminium, Péchiney, qui revendra la branche cuivre en 1987 à l’italien SMI, repris ensuite par l’allemand KME, qui fermera presque tous les sites dont celui de Sérifontaine en 2009. Il faut aussi signaler sur le hameau de Droittecourt l'installation des pianos Kriegelstein[3],[4] en 1896[5], puis des filtres Rellumix après la Seconde Guerre mondiale.

Cette aventure industrielle ne résume pas l’histoire contemporaine de Sérifontaine, même si elle lui donne sa couleur particulière, et notamment une municipalité d'obédience communiste presque ininterrompue depuis 90 ans, par rapport aux bourgs plus ruraux et conservateurs qui l’entourent[6].

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
Les données manquantes sont à compléter.
18?? 18?? Baron Charles-Marie Prévost d'Arlincourt   Général et entrepreneur
  191? Georges Kriegelstein[7]   Facteur de pianos
1918 mars 1965 Pierre-Eugène Boyer PCF Conseiller général (1945 → 1951)
mars 1965 2004[8] Bernard Leduc PCF Décédé en fonction
2004[8] avril 2014[9] René Grousset PCF  
avril 2014[10] en cours
(au 10 octobre 2014)
Patrick Thibaut se  

Une liste des maires est actuellement publiée par le site de la mairie de Sérifontaine. Incomplète et partiellement erronée elle doit être amendée. Depuis Pierre-Eugène Boyer, la municipalité se réclame de la "Liste Démocratique d'Union Ouvrière". La référence au PCF est implicite mais il n'existe pas de section locale dudit Parti.

Sérifontaine n'appartenait toujours, en 2013, à aucune intercommunalité, et adhérait directement au Pays du Grand Beauvaisis. Dans le cadre de la loi du 16 décembre modifiée par celle du , le préfet de l'Oise a soumis à la commission départementale de coopération intercommunale (CDCI) de l'Oise l'extension du périmètre de la communauté de communes du pays de Bray à la commune de Sérifontaine[11]. Cette extension a été approuvée par la CDCI en 2013. Cependant la communauté de communes a demandé un report et met en œuvre un audit financier préalable. La population n'a pas été consultée sur le choix de la communauté de communes malgré les demandes de plusieurs Sérifontainois qui souhaitaient l'adhésion à la communauté de communes Gisors-Epte-Lévrière ou à celle du Vexin-Thelle et le préfet a refusé le principe d'une consultation. L'adhésion est effective depuis le . Trois semaines plus tard, le maire de Sérifontaine donnait une interview pour dire qu'il aurait préféré être rattaché à la Normandie[12].

Démographie[modifier | modifier le code]

Évolution démographique[modifier | modifier le code]

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du milieu des années 2000, les populations légales des communes sont publiées annuellement. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[13]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2006[14],[Note 1].

En 2014, la commune comptait 2 867 habitants, en augmentation de 6,46 % par rapport à 2009 (Oise : 2,1 % , France hors Mayotte : 2,49 %)

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
562 576 727 723 799 1 001 923 861 840
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
864 928 930 980 1 154 1 364 1 235 1 252 1 353
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
1 455 1 494 1 473 1 545 1 986 1 785 1 506 1 411 1 734
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2011 2014
2 028 2 209 2 340 2 358 2 477 2 632 2 553 2 844 2 867
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[15] puis Insee à partir de 2006 [16].)
Histogramme de l'évolution démographique

Pyramide des âges[modifier | modifier le code]

La population de la commune est relativement jeune. Le taux de personnes d'un âge supérieur à 60 ans (18,8 %) est en effet inférieur au taux national (21,6 %) tout en étant toutefois supérieur au taux départemental (17,5 %). À l'instar des répartitions nationale et départementale, la population féminine de la commune est supérieure à la population masculine. Le taux (51 %) est du même ordre de grandeur que le taux national (51,6 %).

La répartition de la population de la commune par tranches d'âge est, en 2007, la suivante :

  • 49 % d’hommes (0 à 14 ans = 19,2 %, 15 à 29 ans = 23,1 %, 30 à 44 ans = 21 %, 45 à 59 ans = 20,4 %, plus de 60 ans = 16,5 %) ;
  • 51 % de femmes (0 à 14 ans = 18,7 %, 15 à 29 ans = 19,5 %, 30 à 44 ans = 19,2 %, 45 à 59 ans = 21,5 %, plus de 60 ans = 21 %).
Pyramide des âges à Sérifontaine en 2007 en pourcentage[17]
Hommes Classe d’âge Femmes
0,2 
90  ans ou +
0,4 
5,5 
75 à 89 ans
7,4 
10,8 
60 à 74 ans
13,2 
20,4 
45 à 59 ans
21,5 
21,0 
30 à 44 ans
19,2 
23,1 
15 à 29 ans
19,5 
19,2 
0 à 14 ans
18,7 
Pyramide des âges du département de l'Oise en 2007 en pourcentage[18]
Hommes Classe d’âge Femmes
0,2 
90  ans ou +
0,8 
4,5 
75 à 89 ans
7,1 
11,0 
60 à 74 ans
11,5 
21,1 
45 à 59 ans
20,7 
22,0 
30 à 44 ans
21,6 
20,0 
15 à 29 ans
18,5 
21,3 
0 à 14 ans
19,9 

Culture locale et patrimoine[modifier | modifier le code]

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Monument historique[modifier | modifier le code]

Sérifontaine ne compte qu'un seul monument historique sur son territoire.

Autres éléments du patrimoine[modifier | modifier le code]

  • Un menhir « la Borne du Bois Madame » et divers mégalithes.
  • Le vieux château (considéré par certaines sources comme datant du XIIIe siècle, il est plus probablement remanié au XVIIe siècle, et largement détruit après 1860, la partie restante n'en représentant pas plus de 15 %).
  • La ferme de Champignolles, avec sa petite « chapelle ».
  • L'usine construite à partir de 1830 par le général d'Arlincourt (voir notamment les restes d'un bâtiment d'origine à fenêtres ogivales) et agrandie jusque dans les années 1990.
  • Le château du Saussart (stricto sensu situé sur la commune de Bazincourt-sur-Epte) juste à la sortie du bourg, face à l'usine : il a été construit à la fin du XIXe siècle principalement dans le style Louis XIII, par le petit-fils du général d'Arlincourt, Jacques Guyot d'Arlincourt. Sa « tour du XVe » est en réalité une copie de celle de Maintenon. Son parc comporte une ferme plus ancienne, et des bâtiments d'un laminoir.
Cliquez sur une vignette pour l’agrandir.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

  • Renaud de Trye, seigneur de Sérifontaine, amiral de France, époux de Jeanne de Bellange, meurt en 1406.
  • Hortense-Félicité de Nesle (1715-1799), dernière marquise de Flavacourt, dite « la Poule », fut la seule des cinq sœurs de Nesle à se refuser aux avances du roi Louis XV le Bien-Aimé.
  • Le général baron Charles-Marie Prévost d'Arlincourt (1787-1860), fondateur de l'usine Saint-Victor, maire de la commune.
  • Georges Kriegelstein, facteur de pianos, maire de la commune en 1911.
  • Pierre-Eugène Boyer (1882-1966), maire de la commune, conseiller général communiste de l'Oise.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jacques Favier, Sérifontaine, une commune au bord de l'Epte, éditions Alan Sutton, 2011

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Par convention dans Wikipédia, le principe a été retenu de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique, pour les populations légales postérieures à 1999, que les populations correspondant à une enquête exhaustive de recensement pour les communes de moins de 10 000 habitants, et que les populations des années 2006, 2011, 2016, etc. pour les communes de plus de 10 000 habitants, ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee pour l'ensemble des communes.

Références[modifier | modifier le code]

  1. [PDF] Famille de Boury.
  2. [PDF] Famille de Trie.
  3. Pianos Kriegelstein.
  4. Annuaire des cinq départements de la Normandie sur Gallica.
  5. Kriegelstein à Droittecourt.
  6. Jacques Favier, Sérifontaine, une commune au bord de l'Epte, éditions Alan Sutton, 2011.
  7. Les Temps du changement dans le bassin de l'Epte.
  8. a et b « Sérifontaine : chute d'un bastion communiste », Le Parisien,‎ (lire en ligne).
  9. « SÉRIFONTAINE : fin de 60 ans de liste ouvrière », Le Courrier picard, édition de Beauvais et sa région,‎ (lire en ligne).
  10. Le Courrier picard, édition d'Abbeville, 11 avril 2014, p. 2.
  11. Fanny Dollé, « Le choix de l'intercommunalité divise les habitants du bourg : L'irréductible gaulois du canton du Coudray-Saint-Germer est sommé, par la préfecture, de rejoindre une intercommunalité. Le choix du Pays de Bray ne fait pas l'unanimité en ville. », Le Courrier picard, édition Beauvais et sa région,‎ (lire en ligne).
  12. Mélanie Canot, « La commune voulait être normande : Le 1er janvier, Sérifontaine a intégré la communauté de communes du Pays de Bray, à regret. La commune voulait intégrer une collectivité normande », Le Courrier picard, édition Beauvais et sa région,‎ (lire en ligne).
  13. L'organisation du recensement, sur le site de l'Insee.
  14. Calendrier départemental des recensements, sur le site de l'Insee
  15. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  16. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 20062007 2008 2009 2010 2011201220132014 .
  17. « Évolution et structure de la population à Sérifontaine en 2007 », sur le site de l'Insee (consulté le 14 novembre 2010)
  18. « Résultats du recensement de la population de l'Oise en 2007 », sur le site de l'Insee (consulté le 14 novembre 2010)
  19. Notice no PA00114911, base Mérimée, ministère français de la Culture.