Boury-en-Vexin

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Boury-en-Vexin
Le château de Boury-en-Vexin.
Le château de Boury-en-Vexin.
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Hauts-de-France
Département Oise
Arrondissement Beauvais
Canton Chaumont-en-Vexin
Intercommunalité Communauté de communes du Vexin Thelle
Maire
Mandat
Marie-José Depoilly
2014-2020
Code postal 60240
Code commune 60095
Démographie
Population
municipale
337 hab. (2014)
Densité 30 hab./km2
Géographie
Coordonnées 49° 14′ 30″ nord, 1° 44′ 13″ est
Altitude Min. 37 m – Max. 141 m
Superficie 11,09 km2
Localisation

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Boury-en-Vexin est une commune française située dans le département de l'Oise, en région Hauts-de-France.

Géographie[modifier | modifier le code]

La commune se situe à 65 km environ au nord-ouest de Paris, à l'est du Vexin français. Elle est limitrophe des départements du Val-d'Oise et de l'Eure.

Toponymie[modifier | modifier le code]

Le nom du village est peut-être d'origine gallo-romaine : Burrius étant le nom d’un personnage d'origine gauloise qui aurait contrôlé la région à cette époque. Buricium est le nom du village utilisé pour la première fois dans une charte de l'abbaye de Saint-Denis en 862, probable cacographie pour *Buriacum, nom de domaine basé sur le suffixe -acum. Ce n’est qu’au début du XIIe siècle que le nom du village évolue en Boury[réf. nécessaire].

Histoire[modifier | modifier le code]

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Antiquité[modifier | modifier le code]

L’histoire de Boury est riche en événements et en vestiges du passé. Son peuplement remonte au temps les plus anciens. La fréquentation du site depuis le Néolithique (5000 à 3000 av. J.-C.) est attestée par la découverte en de nombreux endroits d’outils en pierre taillée ou polie (couteaux à moissonner, haches, grattoirs, pointes, perçoirs). La présence dans les terres cultivées de nombreux débris de silex fait supposer qu’il y avait plusieurs sites du travail de la pierre, l’un au nord du village sur les Groux, l’autre au sud sur le plateau entre Parnes et Boury.

En 57 av. J.-C., César entreprend la conquête des Gaules et après avoir vaincu Vercingétorix à Alésia, il battit à Clermont, en 51 av. J.-C., Coréus, chef des tribus gauloises bellovaques et véliocasses, ces derniers étant ceux qui habitaient Boury. Le pays des Véliocasses faisait partie, à l’arrivée de Jules César, de la Gaule Belgique et s'étendait au-delà de Rotomagus le long de la Seine, dont cette dernière ville était la capitale. Auguste, successeur de J. César, divisa les Gaules en provinces romaines et le pays des Veliocasses fit partie de la Seconde Lyonnaise avec Rouen pour métropole. La paix romaine marqua d’une empreinte définitive les débuts de notre civilisation : la romanisation a pénétré en douceur la société gauloise, lui apportant des améliorations mais bénéficiant en retour d’une bonne exploitation du territoire et de ses ressources, en particulier agriculture et élevage qui étaient plus performants en Gaule qu'en Italie. Elle conduisit à un habitat dispersé. Plusieurs villas gallo-romaines, exploitations agricoles vivant plus ou moins en autarcie, se répartirent alors sur le territoire de la commune. Les tuiles épaisses à gros rebord, les débris de poterie qui parsèment les terres à l'endroit où se dressaient les bâtiments en sont la preuve. Les emplacements sont nombreux aux lieux-dits le Bois Cordonnier, la Terre Potard, la Cucque, la Chartre. Près de Beaujardin, à la Terre-Potard on découvre des thermes gallo-romains avec hypocauste ou foyer souterrain, et près de Montbines, au lieu-dit la Tuile (que l'on prononçait Thieule autrefois), un trésor de 54 pièces en bronze d'époque romaine, postérieures au Ier siècle de notre ère, fut découvert en 1834.

Moyen Âge[modifier | modifier le code]

Quand les Romains furent expulsés de la Gaule au Ve siècle, et après les invasions barbares venues du nord, le Vexin fut annexé à la Neustrie depuis Clovis jusqu’à Charles-le-Simple. De l'époque mérovingienne ne subsistent que des sarcophages avec leurs cercueils taillés d’un bloc dans la pierre. On en découvre au XIXe siècle en plusieurs endroits sur le territoire de Boury : au lieu-dit le Plan des Cantiers, aux Jeunes-Plants près du Chesne d’Huy, le long du vieux chemin de Gisors et même, curieusement, à la base de la motte artificielle du fort de ville. Sur le côté droit du vieux chemin de Gisors, on découvrit en 1785 un sarcophage en pierre contenant les os d’un corps humain très grand ainsi qu’une épée et des étriers d’où le nom de côte du Général.

Vers 630, Dagobert Ier fonde l'abbaye de Saint-Denis et lui confie d'immenses domaines dont le Vexin. Celui-ci sera érigé vers 750 en comté ; les comtes du Vexin sont les vassaux et les défenseurs de cette abbaye. Un siècle plus tard, des pirates scandinaves, les Normands, apparaissent sur les côtes de France et ne tardent pas à remonter fleuves et rivières. En 846, le roi Charles II le Chauve réunit au château de Neaufles-Saint-Martin les Grands du royaume pour définir les lieux où pourraient être dressées des défenses contre les Normands et les empêcher de remonter la Seine. En 877, il signe à Pitres, dans l'Eure, un édit qui ordonne à tout propriétaire d'un domaine d'une certaine importance, de construire une défense et de réunir autour de lui quelques hommes d'armes prêts à intervenir contre les attaques des Vikings. C’est l’origine de la Maison Forte de Boury et c’est à partir de ce moment que le village commence à prendre quelque importance.

En 911 et 946, le roi de France traite avec les Vikings et concède au chef normand, Rollon, par les accords de Saint-Clair-sur-Epte, tout le territoire entre l'Epte et la mer. Le Vexin est alors partagé en deux : Vexin normand à l’ouest qui deviendra le duché de Normandie, et Vexin français à l’est, possession du roi de France. Cette partition engendrera plusieurs siècles de guerres entre les deux voisins. Ainsi, Boury devient un poste avancé du Vexin Français et sera fortifié de bonne heure comme Trie et Courcelles, antérieurement à Gisors dont le château ne sera construit qu’après 1097.

Dans le haut Moyen Âge, le village était protégé par une enceinte fortifiée entourée de fossés, à l'intérieur de laquelle se trouvaient la forteresse et l'église mais aussi un prieuré fondé au XIIe siècle par Eustache de Boury pour les moines de l'ordre de Saint-Benoît, le manoir seigneurial, le moulin et les maisons d'habitation.

Cet ensemble défensif n'était pas vain car les conflits se multiplièrent, surtout quand le duc de Normandie devint roi d'Angleterre en 1066, et que les ambitions des deux souverains ne cessèrent de grandir. Dans tout le cours du XIIe siècle, Boury eut beaucoup à souffrir des hostilités entre les rois de France et d’Angleterre. La frontière se voit âprement disputée. Boury est ravagée et incendiée en 1119 par Robert de Dangu, allié des Anglais. À la fin du XIIe siècle, le roi de France, Philippe-Auguste et le roi d’Angleterre, duc de Normandie, Richard Cœur de Lion se réconcilient un instant pour partir en croisade contre les infidèles. Philippe-Auguste revient le premier et profitant de l'absence de son adversaire, cherche à s'emparer de ses domaines. Richard Cœur de Lion l'apprend et revient aussitôt, mais sur le chemin du retour, il est d’abord retenu prisonnier par le duc d'Autriche. À son retour, la guerre est inévitable. Le 27 septembre 1198, Richard Cœur de Lion s'empare de Courcelles (sans trop de mal car il n'y avait que sept hommes dans la garnison), puis de Boury dans la même journée. Accourant depuis Mantes au secours de ses places, Philippe-Auguste se heurte à l'armée de Richard, 1 500 chevaliers et 40 000 hommes de pied, massée entre Beausseré, dans la boucle de l'Epte et Chambors sur le Réveillon, sur près de 8 km. Philippe, surpris, est bousculé, il traverse malgré tout la ligne des adversaires et tente de se réfugier dans Gisors. Mais au passage de l'Epte à l'entrée de la ville, le pont de bois, sous le poids des hommes, des armes et des chevaux, s'effondre dans la rivière. Le roi est sauvé. En souvenir de cet événement, une Vierge dorée fut placée, en 1856, en cet endroit sur le parapet du pont. Les morts de ce combat auraient été enterrés dans une fosse commune, au lieu-dit « la fosse à Richard » indiquée sur le plan terrier de 1764.

Au XIIIe siècle, un des seigneurs le plus représentatif de cette époque est Jean II de Boury dit le Croisé. Il multiplie les dons, aux Templiers, à l'abbaye de Fontaine-Guérard en Vexin normand, à l'église Sainte-Marie-du Val. L'église et le prieuré de Boury profiteront largement de ses libéralités et l’église sera profondément remaniée. Il part en pèlerinage à Saint-Jacques-de-Compostelle et, avec deux de ses fils, accompagne Saint Louis pour la 7e croisade. Les trois mourront en Terre sainte en 1248. Un autre fils, Guillaume II, mort en 1271, est le dernier seigneur de la famille primitive de Boury. Sa terre de Boury échoua à sa fille Isabelle qui la porta par son mariage à Ancel de l’Isle de l’illustre Maison de l'Isle-Adam.

La famille de l’Isle tint la seigneurie pendant un siècle et demi. Boury eut beaucoup à souffrir pendant cette période, le village pris et repris à maintes reprises, et la population confrontée à une existence incertaine et pénible. Cette période difficile mais marquée par une certaine expansion, se termine par un siècle de calamités : famines, peste, la guerre de Cent Ans (1337-1449) et l'occupation anglaise (1419-1444) qui ruinera à peu près complètement le pays. Rouen tombe aux mains des Anglais le 19 janvier 1419. Un mois plus tard, la Normandie est totalement investie et les forteresses qui bordent l'Epte, ne pouvant espérer aucun secours, tombent les unes après les autres. Les seigneurs de Boury, Jacques de l'Isle et sa sœur Simone refusant allégeance à l'Anglais se réfugient auprès du roi de France, Charles VII. Le roi d'Angleterre, Henri V, donne la seigneurie de Boury à deux de ses capitaines John Poltrot et Richard Merbury. L'ancien seigneur, Jacques de l'Isle, se fait tuer au cours des combats et le domaine reviendra, après l'expulsion des Anglais en 1449, à sa fille Guillemette de Boury, épouse de Guillaume de Fontaine. Leur fils, Guillaume II de Fontaine, vendra la seigneurie en 1498 à un parent, Jean du Bec-Crespin, sénéchal de Normandie, membre d'une puissante et vieille famille normande qui possédait de nombreuses terres dans la région.

Époque moderne[modifier | modifier le code]

Le fils de Jean du Bec fut vice-amiral de France. Son petit-fils Charles II du Bec devint un ardent adepte de la Réforme. Sa sœur, Françoise du Bec-Crespin, épousera un seigneur voisin, Jacques Mornay, seigneur de Buhy, dont elle aura plusieurs enfants dont Philippe Duplessis Mornay, ami et conseiller d'Henri IV, qu'on nommera « le pape des huguenots ». Elle instruira ses enfants dans la religion réformée. Une colonie protestante se formera dans la région autour de Boury, à Vaudancourt, au Chesne d'Huy, atteignant jusqu'à 150 personnes au XVIIe siècle. Les réformés qui se rendaient au temple de Buhy, empruntaient pour ce faire, le chemin qui a longtemps conservé son nom de «  chemin des huguenots ». Lors de la révocation de l'Édit de Nantes en 1685, les protestants seront expulsés. Le hameau du Chesne d'Huy perdra alors de son importance; il est réduit aujourd'hui à une seule ferme.

En 1580, Boury sera érigée en baronnie par le roi Henri III. À la mort de Georges du Bec-Crespin, fils de Charles II, la baronnie de Boury passe par succession à son gendre Jacques de Pellevé, et elle restera entre les mains de cette famille de Pellevé pendant un siècle. Le dernier seigneur de Boury du nom, Emmanuel de Pellevé, se fait tuer au passage du Rhin en 1672, à la tête de son régiment qu'il entretenait de ses propres deniers. Il avait obtenu en 1652 que la baronnie de Boury fut érigée en marquisat. Sa veuve se retire au château de Vaudancourt et elle cède, en 1681, la baronnie à Guillaume Aubourg, seigneur d'Aubevoye et d'Escrépigny. Il est le fils d'un capitaine des bourgeois de la ville de Rouen, nommé par Henri IV à la vicomté de la ville. Guillaume Aubourg, garde des Rôles des Offices de France et grand audiencier de France abandonnera la vieille demeure seigneuriale, mal adaptée à la nouvelle manière de vivre sous le Roi Soleil, et fit construire le château en 1685 sur les plans de Jules Hardouin-Mansart. Quatre ans plus tard les travaux sont achevés ainsi que les jardins et les parterres à la française attribués à Le Nôtre. Le roi Louis XIV confirme le titre de marquis attaché à la seigneurie de Boury ; les armoiries des Aubourg sont « d'azur au lion d'or accompagnées à dextre d'une étoile du même et à senestre, d'une larme d'argent ».

Puis arrivent les troubles de la Révolution. Les Aubourg n'échappent que de justesse à la guillotine. Charles III Aubourg emprisonné au château de Chantilly avec sa famille sera libéré en octobre 1794 après thermidor. Il réintègre son domaine sous les acclamations de la population. Le marquis avait, pendant sa détention, confié trois de ses plus jeunes enfants à son fermier, receveur principal de la seigneurie resté à Boury, le sieur Pelletier. Celui-ci eut deux fils qui s'illustrèrent dans les armées de la République et de l'Empire. Le plus jeune, Aimé Sulpice Victor Pelletier, devient général de brigade et sera mortellement blessé en 1813 à la bataille de Wachau. L'aîné, Louis François Élie Pelletier, sera promu général de division, grand officier de la Légion d'honneur, et créé comte de Montmarie par Napoléon 1er. Il meurt en 1854, son nom figure sur l'Arc de Triomphe à Paris.

En 1815, Boury est occupé par les Prussiens (une brigade de 200 hommes) puis par des soldats polonais. Charles III Aubourg, marquis de Boury, père de neuf enfants laisse à sa mort en 1823, une succession difficile et, finalement, le domaine doit être vendu. Il s'était transmis jusqu’alors par alliances et successions dans la famille de ses fondateurs. En 1818, le marquis Charles II Aubourg légua à la commune un terrain, au nord du village, pour servir de cimetière en remplacement de l’ancien qui entourait l’église, devenu vétuste et exigu. Son fils Guillaume IV, maire de Boury, réalisa le projet et conserva pour sa famille un enclos privé au centre du nouveau cimetière. En 1837, le comte Auguste de La Ferronnays fit aussi ouvrir un cimetière particulier pour sa famille. Son épouse fit ériger après la mort de sa fille Alexandrine, une très belle croix finement sculptée, en marbre de Carrare, qui domine leur sépulture.

Le château est acheté en 1823 par Mme Tassin de Villiers qui pendant treize ans fit beaucoup de bien dans la commune avec discrétion et discernement. Elle est enterrée à gauche de la petite allée qui conduit au cimetière de la famille de Boury.

Le château et les deux parcs furent achetés en 1835 par le comte Auguste de La Ferronnays, ambassadeur de France, pair de France et ministre des Affaires Étrangères sous le roi Charles X. La grande ferme passa à la comtesse de Lagrange, propriétaire du château de Dangu et le bois de la Bellée devint la propriété d’Adolphe Brongniart le célèbre botaniste, membre de l’Institut. Une des filles de La Ferronnays, Pauline, mariée à un diplomate anglais, Augustus Craven, écrivit un livre le Récit d’une Sœur, l'histoire de son frère et de son époux. Cet ouvrage romantique entaché de mysticisme eut un grand succès. Une autre, Eugénie, épousa le comte Adrien de Mun de qui est né Albert de Mun, le célèbre orateur, membre de l’Académie française. Le fils aîné Charles fut élu conseiller général de l’Oise, puis député du Gers mais aussi maire de Boury pendant 12 ans. Il était marié à la comtesse de Lagrange. Sous les auspices des La Ferronnays, Boury connut une certaine célébrité mais à la mort de la comtesse douairière, le château dut être mis en vente par les héritiers.

Tombé entre les mains de spéculateurs, il faillit être démoli mais il est racheté, en 1851, par la famille Vialet ; celle-ci lui apporte de nombreuses modifications et le conserve jusqu'en 1875. La succession Vialet était prête à céder le château à un entrepreneur qui voulait en récupérer pierres et charpentes lorsqu'il fut sauvé par un descendant par alliance du dernier seigneur de Boury portant le nom de Aubourg.

En octobre 1870, Gisors a été occupé par les troupes allemandes. En décembre, les Prussiens concentrent des troupes pour faire face à une armée française qui, depuis Rouen, avance vers Étrépagny. Boury doit alors loger 400 cavaliers saxons mais. sans plus de dommages que les lourdes fournitures imposées par les occupants.

D’autre personnages célèbres se feront connaître à Boury, au cours du XIXe siècle : notamment la sculptrice Hélène Bertaux qui exposa au Salon de 1876 un marbre célèbre "La jeune fille au bain" exécutée à Boury (d’après une jeune fille du village qui lui avait servi de modèle). Elle fut également la fondatrice et la première présidente de l’Union des femmes peintres et sculpteurs (U.F.P.S.) en 1881, et réussit, par son opiniâtreté, à faire enfin admettre les femmes à l'École nationale des beaux-arts (1897), puis à concourir au prix de Rome (1903) .

Période contemporaine[modifier | modifier le code]

Boury prend dès le XIXe siècle le visage qu'il possède encore aujourd'hui. Les maisons s'organisent autour de deux axes parallèles et deux places. Sur l'une d'elles existe encore l'énorme tilleul qui fut planté en 1848. Les toits de tuiles ou d'ardoises remplaçaient les couvertures en chaume. Il n’y a pas d'industrie dans le village. Le four à chaux établi près du chemin de Gisors, disparaît à la fin du XVIIIe siècle. Sous le premier Empire une famille de quatre personnes fabriquait des dominos. Il y eut ensuite deux tisserands, des soldats démobilisés, qui n'existèrent qu'un moment. Une bonneterie s'installe en 1837 et occupe quinze ouvriers et quelques femmes, mais en 1857, elle avait perdu de son importance et ferma bientôt. Au cours de ce siècle, de nombreuses femmes étaient dentellières comme au siècle précédent. Deux moulins coexistaient, le moulin banal issu de l'Ancien Régime établi dans la grande ferme, et le moulin Galet installé en 1825 à la sortie du village vers Dangu. Ils cessèrent toute activité dans le dernier quart de ce siècle. Les fours à pain, que l’on retrouve dans presque chaque maison, se sont éteints à la même époque.

Pendant la Première Guerre mondiale, la commune a échappé à l’invasion mais 18 de ses habitants sont morts au combat. Au début de juin 1940, presque toute la population, effrayée par le bombardement de Gisors, émigra jusque dans l’Orne. Les Allemands, après avoir traversé le village ne laissèrent ensuite qu’un poste à Montbines et habitèrent des maisons vides. Il n’y eut d’occupation totale et permanente qu’après novembre 1943. Après deux bombardements anglais faits par erreur les 10 et 17 juillet autour du village, mais sans victimes et sans dommages, Boury fut libérée le 29 août 1944 sans résistance des occupants. Cinq combattants de Boury sont morts au cours de cette guerre.

Après le passage de l'occupant, le château, dévasté, ne dut son sauvetage et sa restauration, que grâce à l’énergie et à la persévérance de son propriétaire.

Au début du XXe siècle, on trouve installés dans le village, une boulangerie, une boucherie, une charcuterie, plusieurs épiceries-débits de boissons et même un hôtel-restaurant appelé « Lit-on-dort ». Mais aujourd’hui, tous ces petits commerces ont disparu. Une autre particularité de Boury, rare pour un village rural, est d'avoir abrité, pendant plus de trois siècles, une étude notariale.

Le nombre des artisans a également diminué au cours de cette période : ainsi la belle forge du maréchal-ferrant, qui fonctionnait depuis plus d’un siècle dans le très ancien bâtiment de la « petite ferme de la seigneurie », a-t-elle fermé ses portes. Seules persistent encore des activités en rapport avec le bâtiment.

L'agriculture reste le moteur économique essentiel du village avec ses quatre fermes, 580 hectares de terres labourables sur un total de 1071 hectares pour toute la commune. L’évolution de la population est à l’image de ce qui s’est passé dans le canton de Chaumont ; la poussée démographique de la fin du XVIIIe et du XIXe siècle fait passer le village de 340 habitants vers 1725 à la pointe de 582 en 1841, puis c'est la chute, 280 habitants en 1975 et une reprise amorcée par suite de l'éclatement, jusque dans les campagnes du Sud de l'Oise, des banlieues de la capitale.

Aujourd’hui, le village de Boury-en-Vexin s'est agrandi de nouvelles constructions, et rénové du fait d’un certain engouement pour des résidences dites secondaires. Mais dans l'ensemble, l'harmonie, le charme et le style du vieux village ont pu être préservés, tant par ses anciens habitants, que par ses nouveaux occupants, conscients d'être dépositaires d'un précieux patrimoine.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
Les données manquantes sont à compléter.
maire en 1847  ? Comte Charles Marie Auguste
Ferron de La Ferronnays
(1805-1863)
Majorité
gouvernementale
Député du Gers (1847-1848)
Propriétaire du château de Dangu (Eure)
         
mars 2001 en cours
(au 25 août 2014)
Marie-Josée Depoilly DVD[1] Retraitée de la fonction publique
Réélue pour le mandat 2014-2020[2]

Finances locales[modifier | modifier le code]

Cette sous-section présente la situation des finances communales de Boury-en-Vexin[Note 1].

Pour l'exercice 2013, le compte administratif du budget municipal de Boury-en-Vexin s'établit à 207 000 € en dépenses et 179 000 € en recettes[A2 1] :

En 2013, la section de fonctionnement[Note 2] se répartit en 197 000 € de charges (564 € par habitant) pour 162 000 € de produits (464 € par habitant), soit un solde de -35 000 € (-100 € par habitant)[A2 1],[A2 2] :

  • le principal pôle de dépenses de fonctionnement est celui des achats et charges externes[Note 3] pour une valeur totale de 99 000 € (50 %), soit 282 € par habitant, ratio supérieur de 45 % à la valeur moyenne pour les communes de la même strate (194 € par habitant). Pour la période allant de 2009 à 2013, ce ratio fluctue et présente un minimum de 144 € par habitant en 2009 et un maximum de 282 € par habitant en 2013 ;
  • la plus grande part des recettes est constituée des impôts locaux[Note 4] pour un montant de 52 000 € (32 %), soit 148 € par habitant, ratio inférieur de 48 % à la valeur moyenne pour les communes de la même strate (286 € par habitant). En partant de 2009 et jusqu'à 2013, ce ratio augmente de façon continue de 125 € à 148 € par habitant.

Les taux des taxes ci-dessous sont votés par la municipalité de Boury-en-Vexin[A2 3]. Ils ont varié de la façon suivante par rapport à 2012[A2 3] :

La section investissement[Note 5] se répartit en emplois et ressources. Pour 2013, les emplois comprennent par ordre d'importance[A2 4] :

  • des dépenses d'équipement[Note 6] pour une valeur totale de 10 000 € (100 %), soit 30 € par habitant, ratio inférieur de 92 % à la valeur moyenne pour les communes de la même strate (368 € par habitant). Sur les 5 dernières années, ce ratio fluctue et présente un minimum de 7 € par habitant en 2010 et un maximum de 65 € par habitant en 2012 ;
  • aucun remboursement d'emprunt[Note 7].

Les ressources en investissement de Boury-en-Vexin se répartissent principalement en[A2 4] :

  • subventions reçues pour une valeur totale de 4 000 € (24 %), soit 13 € par habitant, ratio inférieur de 86 % à la valeur moyenne pour les communes de la même strate (95 € par habitant). Depuis 5 ans, ce ratio fluctue et présente un minimum de 0 € par habitant en 2011 et un maximum de 15 € par habitant en 2012 ;
  • aucune nouvelle dette.

L'endettement de Boury-en-Vexin au peut s'évaluer à partir de trois critères : l'encours de la dette[Note 8], l'annuité de la dette[Note 9] et sa capacité de désendettement[Note 10] :

  • pas d'encours pour la dette. Sur les 5 dernières années, ce ratio diminue de façon continue de 26 € à 1 € par habitant[A2 5] ;
  • aucune annuité pour la dette. Depuis 5 ans, ce ratio diminue de façon continue de 17 € à 0 € par habitant[A2 5] ;
  • la capacité d'autofinancement (CAF) pour une somme de -35 000 €, négligeable compte tenu du nombre d’habitants de la commune et inférieur de 152 % à la valeur moyenne pour les communes de la même strate (194 € par habitant). Sur la période 2009 - 2013, ce ratio fluctue et présente un minimum de -100 € par habitant en 2013 et un maximum de 102 € par habitant en 2012[A2 6]. La capacité de désendettement est très élevé, de plus de 50 années en 2013. Sur une période de 14 années, ce ratio présente un minimum de moins d'un an en 2012 et un maximum en 2013.

Héraldique[modifier | modifier le code]

Blason de Boury-en-Vexin Blason D'azur au lion d'or accompagné en chef à dextre d'une étoile du même et à senestre d'une larme d'argent[3].
Détails Le statut officiel du blason reste à déterminer.

Démographie[modifier | modifier le code]

Évolution démographique[modifier | modifier le code]

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du , les populations légales des communes sont publiées annuellement dans le cadre d'un recensement qui repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[4]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2007[5],[Note 11].

En 2014, la commune comptait 337 habitants, en diminution de -1,46 % par rapport à 2009 (Oise : 2,1 % , France hors Mayotte : 2,49 %)

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
387 402 428 501 522 546 582 572 501
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
502 479 501 466 457 413 403 406 430
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
432 396 365 366 381 328 310 300 304
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2007 2011 2014
321 282 280 289 331 306 343 340 337
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[6] puis Insee à partir de 2006[7].)
Histogramme de l'évolution démographique

Pyramide des âges[modifier | modifier le code]

La population de la commune est relativement jeune. Le taux de personnes d'un âge supérieur à 60 ans (18,7 %) est en effet supérieur au taux national (21,6 %) tout en étant toutefois inférieur au taux départemental (17,5 %). À l'instar des répartitions nationale et départementale, la population féminine de la commune est supérieure à la population masculine. Le taux (50,1 %) est du même ordre de grandeur que le taux national (51,6 %).

La répartition de la population de la commune par tranches d'âge est, en 2007, la suivante :

  • 49,9 % d’hommes (0 à 14 ans = 15,2 %, 15 à 29 ans = 15,2 %, 30 à 44 ans = 22,2 %, 45 à 59 ans = 31 %, plus de 60 ans = 16,4 %) ;
  • 50,1 % de femmes (0 à 14 ans = 14 %, 15 à 29 ans = 15,7 %, 30 à 44 ans = 19,8 %, 45 à 59 ans = 29,7 %, plus de 60 ans = 20,9 %).
Pyramide des âges à Boury-en-Vexin en 2007 en pourcentage[8]
Hommes Classe d’âge Femmes
0,0 
90  ans ou +
0,6 
4,1 
75 à 89 ans
11,0 
12,3 
60 à 74 ans
9,3 
31,0 
45 à 59 ans
29,7 
22,2 
30 à 44 ans
19,8 
15,2 
15 à 29 ans
15,7 
15,2 
0 à 14 ans
14,0 
Pyramide des âges du département de l'Oise en 2007 en pourcentage[9]
Hommes Classe d’âge Femmes
0,2 
90  ans ou +
0,8 
4,5 
75 à 89 ans
7,1 
11,0 
60 à 74 ans
11,5 
21,1 
45 à 59 ans
20,7 
22,0 
30 à 44 ans
21,6 
20,0 
15 à 29 ans
18,5 
21,3 
0 à 14 ans
19,9 

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Monuments historiques[modifier | modifier le code]

Église Saint-Germain.
Portail du château.

Boury-en-Vexin compte deux monuments historiques sur son territoire.

Articles détaillés : Église Saint-Germain et Château de Boury.
  • Église Saint-Germain, rue du Fort-de-Ville (inscrite monument historique par arrêté du 17 juillet 2000[10]) : Fondée au début du XIIe siècle par le seigneur local, elle se présente comme un édifice composite, mais d'un plan rectangulaire assez simple et d'un unique niveau d'élévation, de six travées de long et de trois travées de large. Les deux travées de chœur du début du XIIe siècle constituent la partie la plus ancienne. Légèrement plus récents sont la croisée du transept, en même temps base du clocher, et le croisillon sud, du second quart du XIIe siècle. Ces quatre travées sont de style gothique, mais les fenêtres ont été refaites à la période flamboyante, et les voûtes du chœur ont été reprises en sous-œuvre à la Renaissance. Du fait de deux importantes campagnes de reconstruction au second quart et à la fin du XVIe siècle, l'architecture flamboyante et Renaissance règne sur les autres parties de l'église et les deux élévations extérieures visibles depuis la voie publique, à l'exception du bas-côté nord de la nef, qui ne date que de la fin de l'Ancien Régime, et est voûté de curieuse manière par des voûtes en berceau perpendiculaires à l'axe. Les grandes arcades montrent un type de piliers qui, dans le Vexin, n'existe qu'à Boury. Le bas-côté sud de la nef est particulièrement réussi, et possède un portail secondaire intéressant. Toute l'élévation méridionale séduit par ailleurs par la belle homogénéité de ses fenêtres aux réseaux flamboyants. En revanche, ni la façade occidentale et son portail, ni le clocher présentent de l'intérêt, et le chœur souffre de l'absence de fenêtres.[11].
  • Château de Boury, RD 6 (classée monument historique par arrêté du 18 juin 1931, y compris la chapelle, l'orangerie, l'écurie, la buanderie, le colombier, une fontaine, l'abreuvoir et le parc[12]).

Autres éléments du patrimoine[modifier | modifier le code]

  • Le dolmen et le menhir de la Béllée.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Cette sous-section Finances locales est issue d'une synthèse des données du site alize2.finances.gouv.fr du ministère de l'Économie et des Finances. Elle est présentée de façon standardisée pour toutes les communes et ne concerne que le périmètre municipal. Pour constituer cette partie, l'outil Finances locales version 1.2.1 : Yin Yang Kappa Logo de l'outil Finances localesLettre grecque Kappa en majuscule et minuscule a effectué la synthèse des 98 pages du site alize2.finances.gouv.fr concernant Boury-en-Vexin. Finances locales est un logiciel libre distribué en copyleft sous licence GNU GPL version 3.
  2. La « section de fonctionnement » est constituée des dépenses courantes et récurrentes nécessaires au bon fonctionnement des services municipaux et à la mise en œuvre des actions décidées par les élus, mais sans influence sur la consistance du patrimoine de la commune.
  3. Le poste « achats et charges externes » regroupe les achats non stockés de matières et fournitures (eau, énergie...), le petit matériel, les achats de crédits-bails, les locations, primes d'assurances...
  4. Les « impôts locaux » désignent les impôts prélevés par les collectivités territoriales comme les communes pour alimenter leur budget. Ils regroupent les impôts fonciers, la taxe d'habitation ou encore, pour les entreprises, les cotisations foncières ou sur la valeur ajoutée.
  5. La section « investissement » concerne essentiellement les opérations visant à acquérir des équipements d’envergure et aussi au remboursement du capital de la dette.
  6. Les « dépenses d’équipement » servent à financer des projets d’envergure ayant pour objet d’augmenter la valeur du patrimoine de la commune et d’améliorer la qualité des équipements municipaux, voire d’en créer de nouveaux.
  7. Les « remboursements d'emprunts » représentent les sommes affectées par la commune au remboursement du capital de la dette.
  8. L'« encours de la dette » représente la somme que la commune doit aux banques au de l'année considérée
  9. L'« annuité de la dette » équivaut à la somme des intérêts d'emprunts de la commune et du montant de remboursement du capital au cours de l'année
  10. La « capacité de désendettement » est basée sur le ratio suivant défini par la formule : ratio = encours de la dettecapacité d'autofinancement. Ce ratio montre, à un instant donné, le nombre d'années qui seraient nécessaires au remboursement des dettes en considérant les ressources de Boury-en-Vexin.
  11. Par convention dans Wikipédia, le principe a été retenu de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique, pour les populations légales postérieures à 1999, que les populations correspondant à une enquête exhaustive de recensement pour les communes de moins de 10 000 habitants, et que les populations des années 2006, 2011, 2016, etc. pour les communes de plus de 10 000 habitants, ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee pour l'ensemble des communes.

Base de données du ministère du Budget, relative aux comptes des communes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. EIP, Annuaire des Mairies de l'Oise (60), Cannes, Les Éditions Céline, coll. « Annuaire des maires de France », , 254 p. (ISBN 9782352581604, lire en ligne), p. 43
  2. « Boury-en-Vexin », Cartes de France (consulté le 25 août 2014)
  3. http://armorialdefrance.fr/page_blason.php?ville=3344
  4. L'organisation du recensement, sur le site de l'Insee.
  5. Calendrier départemental des recensements, sur le site de l'Insee
  6. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  7. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 20062007 2008 2009 2010 2011201220132014 .
  8. « Évolution et structure de la population à Boury-en-Vexin en 2007 », sur le site de l'Insee (consulté le 14 novembre 2010)
  9. « Résultats du recensement de la population de l'Oise en 2007 », sur le site de l'Insee (consulté le 14 novembre 2010)
  10. « Église Saint-Germain », notice no PA60000033, base Mérimée, ministère français de la Culture.
  11. Bernhard Duhamel, Guide des églises du Vexin français : Boury-en-Vexin, Paris, Éditions du Valhermeil, , 344 p. (ISBN 2-905684-23-2), p. 72-74.
  12. « Château de Boury », notice no PA00114545, base Mérimée, ministère français de la Culture.