Trie-Château

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Trie-Château
Mairie (à g.) et la route d'Évreux à Breteuil.
Mairie (à g.) et la route d'Évreux à Breteuil.
Blason de Trie-Château
Héraldique
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Hauts-de-France
Département Oise
Arrondissement Beauvais
Canton Chaumont-en-Vexin
Intercommunalité Communauté de communes du Vexin Thelle
Maire
Mandat
Didier David
2014-2020
Code postal 60590
Code commune 60644
Démographie
Gentilé Triechâtelains
Population
municipale
1 563 hab. (2014 en augmentation de 3,3 % par rapport à 2009)
Densité 168 hab./km2
Géographie
Coordonnées 49° 17′ 06″ nord, 1° 49′ 20″ est
Altitude Min. 52 m
Max. 146 m
Superficie 9,29 km2
Localisation

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Liens
Site web mairie-trie-chateau.fr

Trie-Château est une commune française située dans le département de l'Oise et la région Hauts-de-France.

Géographie[modifier | modifier le code]

Trie-Château est un bourg du Vexin français au confluent de la Troesne et de l'Aunette. Trie-Château est située à 1 km de Gisors, à 6 km de Chaumont-en-Vexin, à 15 km d'Auneuil et à 30 km de Beauvais.

La commune est desservie par une gare de la ligne Paris-Saint-Lazare - Gisors-Embranchement desservie par les trains du Transilien J.

Toponymie[modifier | modifier le code]

Le nom est attesté sous les formes Tretum au XIe siècle, puis Tria au XIIe siècle[réf. nécessaire], Tria villa en 1337[1].

En dépit des mauvaises latinisations, certains spécialistes supposent une évolution phonétique à partir du gallo-roman *TRAIECTU « gué, passage d'eau », terme issu du latin trajectum et qui a régulièrement abouti à trait en français. Il partage vraisemblablement la même étymologie que le Trait (Seine-Maritime, Tractus 1025 ?) désignant un lieu de passage de la Seine, Utrecht (Pays-Bas, Rheno Trajectum, Utraiectum) désignant un lieu de passage en aval du Rhin et Maastricht (Pays-Bas, Mosae Trajectum, Masetrieth en 1051) désignant un lieu de passage de la Meuse (Maas). Trie aurait d'abord désigné un lieu de passage sur la Troesne qui était traversée par l'antique voie Beauvais - Saint-Clair-sur-Epte.

Albert Dauzat et Charles Rostaing ont rapproché Trie de Trilbardou (Seine-et-Marne, Tria vers 1172), Trilport (Sene-et-Marne, Tria portus 1221) et Treix (Haute-Marne, Trie 1188), qu'ils font remonter au francique thresk « jachère »[2], sans doute veulent-ils dire le vieux bas francique *thresk.

D'abord partie de Trie-la-Ville, l'ajout de la terminaison -Château est tardive.

Durant la Révolution, la commune, alors nommée Trie-Château (également orthographiée Trye), porte le nom de Trye-sur-Troesne[3].

Histoire[modifier | modifier le code]

La commune se situe à l'endroit où l'antique voie romaine (partant de Beauvais/Caesaromagus) franchissait la Troesne pour se diriger vers Saint-Clair-sur-Epte.

Lors de la septième croisade, en 1250, le roi Saint-Louis est fait prisonnier par les Ayyoubides de Baybars lors de la bataille de Fariskur. Afin de payer la rançon du roi, le seigneur de Rolleboise, Jacques de Trie[4], achète, au nom du roi, 120 arpents de bois dans la forêt d'Arthies[5].

En 1285, Renaud de Trie se trouve à Chauvency-le-Château près de Montmédy : il est l'un des invités du comte de Chiny et se distingue dans les joutes et dans le tournoi, dont il est l'un des héros. Jacques Bretel le met à l'honneur et le cite plusieurs fois dans son beau reportage poétique : Le Tournoi de Chauvency.

Jacques de Trie était l'un des seigneurs les plus riches de son temps. Il possédait dans le Vexin, les domaines de Sérifontaine, de la forêt de Thelle, de Vaumain, de Valvaux, de Vaudancourt, de la Trouée, de Lattainville, de la Villetertre, de Trie, de Magny, de Buhy, de Montreuil, de Coppières, d'Omerville, de Villarceaux, de Limay, de Rolleboise, de Mousseaux, de Méricourt en partie... Il épouse, le 20 février 1403, Catherine fille de Philippe de Florigny et de Marguerite le Drouais et meurt le 5 octobre 1432. De son mariage il eut 7 filles[6]

En 1835, Trie-la-Ville est détachée de Trie-Château.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
Les données manquantes sont à compléter.
1863 1870 Joseph Arthur de Gobineau   Conseiller général du Canton de Chaumont-en-Vexin (1870-1871)
mars 2001 2014 Jacques Karpoff   ex chef d'entreprise
2014[7] en cours
(au 19 octobre 2014)
Didier David SE Agriculteur

Démographie[modifier | modifier le code]

Évolution démographique[modifier | modifier le code]

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[8]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2006[9].

En 2014, la commune comptait 1 563 habitants[Note 1], en augmentation de 3,3 % par rapport à 2009 (Oise : +2,14 %).

          Évolution de la population  [ modifier ]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
866 786 902 1 088 1 110 773 793 851 900
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
748 852 777 702 777 816 873 840 896
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
881 942 874 840 804 808 783 758 730
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2011 2014
815 957 1 052 1 357 1 412 1 460 1 515 1 503 1 563
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[3] puis Insee à partir de 2006[10].)
Histogramme de l'évolution démographique

Pyramide des âges[modifier | modifier le code]

La population de la commune est relativement âgée. Le taux de personnes d'un âge supérieur à 60 ans (27 %) est en effet supérieur au taux national (21,6 %) et au taux départemental (17,5 %). À l'instar des répartitions nationale et départementale, la population féminine de la commune est supérieure à la population masculine. Le taux (51,4 %) est du même ordre de grandeur que le taux national (51,6 %).

La répartition de la population de la commune par tranches d'âge est, en 2007, la suivante :

  • 48,6 % d’hommes (0 à 14 ans = 17,1 %, 15 à 29 ans = 17,2 %, 30 à 44 ans = 17,9 %, 45 à 59 ans = 23,5 %, plus de 60 ans = 24,3 %) ;
  • 51,4 % de femmes (0 à 14 ans = 15 %, 15 à 29 ans = 14 %, 30 à 44 ans = 19 %, 45 à 59 ans = 22,4 %, plus de 60 ans = 29,6 %).
Pyramide des âges à Trie-Château en 2007 en pourcentage[11]
Hommes Classe d’âge Femmes
1,4 
90  ans ou +
4,2 
6,9 
75 à 89 ans
11,6 
16,0 
60 à 74 ans
13,8 
23,5 
45 à 59 ans
22,4 
17,9 
30 à 44 ans
19,0 
17,2 
15 à 29 ans
14,0 
17,1 
0 à 14 ans
15,0 
Pyramide des âges du département de l'Oise en 2007 en pourcentage[12]
Hommes Classe d’âge Femmes
0,2 
90  ans ou +
0,8 
4,5 
75 à 89 ans
7,1 
11,0 
60 à 74 ans
11,5 
21,1 
45 à 59 ans
20,7 
22,0 
30 à 44 ans
21,6 
20,0 
15 à 29 ans
18,5 
21,3 
0 à 14 ans
19,9 

Héraldique[modifier | modifier le code]

Blason ville fr Trie-Château (Oise).svg

Les armes de Trie-Château se blasonnent ainsi :

D'or à la bande d'azur.

Il s'agit des armes de la famille de Trie, seigneurs du lieu[13].

Économie[modifier | modifier le code]

L'un des centres commerciaux desservant l'agglomération de Gisors est situé à Trie-Château. Voir site internet www.mairie-trie-chateau.fr

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Monuments historiques[modifier | modifier le code]

Trie-Château compte six monuments historiques sur son territoire.

  • Dolmen des Trois Pierres, à La Garenne (classé monument historique par liste de 1862[14]).
  • Église Sainte-Madeleine (classée monument historique par liste de 1862[15]) : Organisée tout en longueur, elle se compose d'un narthex roman tardif des années 1160 ; d'une nef unique romane des alentours de 1100 ; et d'un chœur gothique de deux travées d'une centaine d'années plus récent. Le narthex, avec sa façade à la décoration exubérante, et son ancien portail latéral nord également richement décoré, constitue l'une des œuvres romanes les plus extravagantes dans le Vexin. Il est souvent comparé au croisillon nord de l'église Saint-Étienne de Beauvais. Or, seulement le rez-de-chaussée est authentique, exceptés certains éléments abîmés refaits pratiquement à l'identique au cours de la restauration des années 1860/67. Les parties hautes sont une création néo-romane imaginée par l'architecte Aymar Verdier. À l'intérieur, le narthex a été remanié, ou bien n'a jamais été achevé, car il n'est pas voûté, et des doutes sont permis que cela ait jamais été le cas. Il se trouve ainsi intégré dans la nef, mais séduit néanmoins par la décoration intérieure des fenêtres qui est presque analogue aux élévations extérieures. La nef proprement dite est de faible intérêt, mais elle partage avec le narthex une charpente gothique flamboyante munie d'une sablière sculptée et d'engoulants sous la forme de têtes d'homme grotesques, de facture rustique et d'un style naïf. Un arc triomphal fruste de dimensions restreintes ouvre sur le chœur gothique bâti vers 1200 à l'emplacement de l'ancien sanctuaire roman. Ce chœur constitue la seule partie de l'église qui soit voûtée d'ogives. Son architecture est de bon niveau, comme le souligne la décoration des fenêtres, mais fait aussi certains compromis imposés par les contraintes économiques, dont l'appareil en moellons et les colonnettes non monolithiques. Le chevet plat est éclairé par un triplet[16], qui rappelle qu'un triplet de trois baies romanes en provenance de Trie-Château est exposé au Victoria and Albert Museum[17].
  • Château de Trie (inscrit monument historique par arrêté du 28 janvier 1956[18]) : propriété traditionnelle des ducs de Longueville, il passa en 1694 à François Louis de Bourbon-Conti. Son petit-fils le mit en 1767 à la disposition de Jean-Jacques Rousseau. Il fut acheté par Joseph-Arthur de Gobineau en 1857 et transformé plus tard en mairie.
  • Hôtel de ville de Trie-Château (classé monument historique par liste de 1862[19]).
  • Porte de la ville du XVe siècle (classée monument historique par décret du 20 décembre 1936[20]).
  • Une tour d'enceinte transformée en maison d'habitation (inscrite monument historique par arrêté du 10 mai 1958[21]).

Autres éléments du patrimoine[modifier | modifier le code]

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean-René Baron, Jacques Beauroy, Philippe Bonnet-Laborderie, Monique Brennemann, Pierre Cayrol et Henri Fromage, Trie-Château et ses environs, Beauvais, coll. « Bulletin du G.E.M.O.B. n° 9 », , 48 p. (ISSN 0224-0475)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2017, millésimée 2014, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2016, date de référence statistique : .

Références[modifier | modifier le code]

  1. Albert Dauzat et Charles Rostaing, Dictionnaire étymologique des noms de lieu en France, Paris, Librairie Guénégaud, (ISBN 2-85023-076-6), p. 684a sous Treix
  2. Albert Dauzat et Charles Rostaing, op. cit.
  3. a et b Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  4. Généalogie des seigneurs de Trie dans le Vexin
  5. Monographie communale de Rolleboise aux AD des Yvelines
  6. Biographies. Anciens seigneurs, artistes, hommes de lettres, savants... du canton de Magny-en-Vexin, par Alfred Potiquet
  7. « Trie-Château », Cartes de France (consulté le 19 octobre 2014)
  8. L'organisation du recensement, sur le site de l'Insee.
  9. Calendrier départemental des recensements, sur le site de l'Insee
  10. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013 et 2014.
  11. « Évolution et structure de la population à Trie-Château en 2007 », sur le site de l'Insee (consulté le 14 novembre 2010)
  12. « Résultats du recensement de la population de l'Oise en 2007 », sur le site de l'Insee (consulté le 14 novembre 2010)
  13. Trie-Château dans l'Armorial des villes et des villages de France
  14. « Dolmen des Trois Pierres », notice no PA00114926, base Mérimée, ministère français de la Culture.
  15. « Église Sainte-Madeleine », notice no PA00114927, base Mérimée, ministère français de la Culture ; l'église n'est pas dédicacée à saint Étienne contrairement à ce qui est prétendu ; cf. Bernhard Duhamel, Guide des églises du Vexin français : Trie-Château, Paris, Éditions du Valhermeil, , 344 p. (ISBN 2-905684-23-2), p. 307-310 et Louis Graves, Précis statistique sur le canton de Chaumont-Oise, Beauvais, Achille Desjardins, , 130 p. (lire en ligne), p. 310.
  16. Dominique Vermand, Églises de l'Oise. Canton de Chaumont-en-Vexin. Vexin et pays de Thelle, Comité départemental du tourisme de l'Oise et Communauté de communes du Vexin-Thelle, , 56 p. (lire en ligne), p. 51-52.
  17. « Triple window », sur Victoria and Albert Museum (consulté le 12 septembre 2017).
  18. « Château de Trie », notice no PA00114925, base Mérimée, ministère français de la Culture.
  19. « Hôtel de ville », notice no PA00114928, base Mérimée, ministère français de la Culture.
  20. « Porte de la ville », notice no PA00114929, base Mérimée, ministère français de la Culture.
  21. « Tour d'enceinte », notice no PA00114930, base Mérimée, ministère français de la Culture.
  22. Voir site internet de la mairie de Trie-Chateau.