Bargny

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Bargny
L'église de Bargny.
L'église de Bargny.
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Hauts-de-France
Département Oise
Arrondissement Senlis
Canton Nanteuil-le-Haudouin
Intercommunalité Communauté de communes du pays de Valois
Maire
Mandat
Alain Bara (DVD)
2001-2008
Code postal 60620
Code commune 60046
Démographie
Population
municipale
322 hab. (2014)
Densité 43 hab./km2
Géographie
Coordonnées 49° 10′ 45″ nord, 2° 57′ 24″ est
Altitude Min. 105 m
Max. 139 m
Superficie 7,54 km2
Localisation

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Bargny est une commune française située dans le département de l'Oise en région Hauts-de-France.


Géographie[modifier | modifier le code]

La commune de Bargny se situe sur le plateau du Valois-Multien, dont l'altitude est de 134 à 139 mètres. La municipalité ne possède aucun cours d'eau permanent. À l'est, un vallon sec, débouchant à la ferme de la Clergie (Antilly), la sépare de la commune de Cuvergnon. À l'ouest de la route de Betz, un autre vallon sec, moins prononcé, a parfois causé des inondations dans le village.

Le territoire communal est presque entièrement déboisé. Il est exploité sous la forme de vastes exploitations agricoles.

Le village de Bargny se situe au centre de la commune. Une route départementale le traverse (la RD 51constitue l'axe Betz (sud) - Ivors (nord-est). Deux routes vicinales, vers Ormoy-le-Davien et Antilly, la croisent au centre du village. Le bâti est disposé en ordre assez lâche, avec, notamment, un grand nombre de jardins, ainsi que trois mares (d'anciennes mares ont en effet été comblées). Il n'y a ni hameau, ni ferme isolée sur le territoire communal.

Toponymie[modifier | modifier le code]

Louis Graves [1]donne les toponymes suivants : Brinnacum, Berenniacum (1138), Berniacum (1145), Branacum, Berinneium, Bernegium, Brinnagum (1144), Beriniacum (1202), Bergniacum, Berinniacum, Berigniacum, Beregniacum, Berriginacum, Barregniacum, Berrgniacum, Beringiacum, Britanicum, Berigneium, Barniacum ; Bargni, Bergni (1202), Beregni (1234).

Cette liste pose toutefois problème, dans la mesure où elle mélange des toponymes attestés pour le village de Bargny (les derniers) avec les toponymes liés à la villa royale de Brinnacum (les premiers) que Graves, à la suite de l'abbé Jean Lebeuf, localisait à Bargny.

Histoire[modifier | modifier le code]

Le territoire de Bargny se situait aux limites de la cité gauloise des Meldes, puis à celles de l'évêché de Meaux, auquel il a appartenu jusqu'en 1791. Depuis 1789, il fait partie du département de l'Oise.

Ancien Régime

L'histoire de Bargny commence peut-être avec le Brinnacum, dont parle Grégoire de Tours à plusieurs reprises dans son Histoire des Francs[2]. Cette "villa" fut un des lieux favoris de résidence du roi mérovingien Clotaire Ier, ainsi que de son successeur Chilpéric Ier et de son épouse Frédégonde. L'abbé Jean Lebeuf[3] soutint la localisation de Brinnacum à Bargny, tandis que les commentateurs se divisaient entre plusieurs sites et que la majorité de ceux-ci optaient pour Braine (Aisne), dans le cadre d'une polémique qui dura tout le XIXe siècle.

Charlemagne ou son successeur Louis le Débonnaire fit don de la terre de Bargny à l'abbaye de Saint-Denis, qui la céda au Xe siècle aux seigneurs de Crépy (Crépy-en-Valois). Bargny était alors le siège d'un "maire" (officier dépendant du seigneur), qui administrait de nombreuses paroisses et tenait ses audiences sous un orme, puis sur une pierre, près un noyer, devant l'église[4].

À partir de la première moitié du XIIe siècle, Bargny dépend de plusieurs établissements religieux. Le principal est l'abbaye Notre-Dame-de-Lieu-Restauré. À sa fondation, en 1145, le comte Raoul Ier de Vermandois, comte de Crépy, dote la nouvelle institution des dîmes de Bargny[5]. En 1238, à l'érection de Bargny en paroisse, l'évêque de Meaux transmet à l'abbaye Notre-Dame-de-Lieu-Restauré le droit de nommer le desservant[6]. Par ailleurs, en 1329, en tant que comte de Crépy, Philippe de Valois, roi de France depuis l'année précédente, donne à la chartreuse de Bourgfontaine les redevances qu'il percevait encore à Bargny[7]. D'autres établissements religieux étaient aussi possessionnés à Bargny. Cette situation dura jusqu'à la Révolution[8].

Époque contemporaine

Durant le XIXe siècle, la société rurale est très diversifiée. À côté de jardiniers, de petits agriculteurs, d'artisans, on trouve déjà de gros cultivateurs, dont deux exploitent des surfaces de 325 et 150 hectares[9], sans doute héritiers des domaines religieux d'avant la Révolution. Certains habitants ont alors leur célébrité : M. Morel, pépiniériste réputé[10], et M. Desouches, qui défriche et plante des terres incultes, et reçoit pour cela la médaille d'or de la Société royale et centrale d'agriculture en 1844[11].

Durant les premières semaines de la Première Guerre mondiale, Bargny se retrouve au cœur de la tourmente de la première bataille de la Marne. Les Allemands ne restent qu'une petite semaine à Bargny, où se déroulent de rudes combats les 7, 8 et 9 septembre 1914[12]. Le village est pris, puis abandonné plusieurs fois. Le 10 septembre, « les villages (sont) dévastés, remplis de cadavres…, les meules brûlent encore »[13].

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs[14]
Période Identité Étiquette Qualité
Les données manquantes sont à compléter.
1792 1793 Pierre-Jean Congy    
1793 1793 Nicolas Roussin   officier public
1793 1795 Rémy Dorion   officier public
1795 1800 Pierre-Basile Pottier   agent municipal
1800 1815 Éloi Lefevre    
1815 1831 Guillaume-Victor Desouche    
1831 1836 Zacharie Carriat    
1836 1843 Joseph-Marie Morel    
1843 1854 Honoré-Pierre-Antoine Moquet    
1854 1882 Victor-François Triboulet    
1883 1887 Alfred Triboulet    
1887 1889 Léon Courtier    
1889 1892 Albert-Anatole Triboulet    
1892 1895 Jean-Baptiste Albert Lamboi    
1895 1908 Albert Triboulet    
1908 1916 Olivier Lebon    
1919 1923 Louis Maillard    
1924 1929 Jules Blay    
1929 1945 Édouard Triboulet    
1945 1971 Pierre Bardin    
1971 2001 Jacques Triboulet    
2020 en cours
(au 24 août 2014)
Martine Vanier   Elu pour le mandat 2014-2020[15]

Démographie[modifier | modifier le code]

Évolution démographique[modifier | modifier le code]

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du , les populations légales des communes sont publiées annuellement dans le cadre d'un recensement qui repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[16]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2007[17],[Note 1].

En 2014, la commune comptait 322 habitants, en augmentation de 16,67 % par rapport à 2009 (Oise : 2,1 % , France hors Mayotte : 2,49 %)

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
203 267 242 211 240 235 234 236 235
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
214 221 223 226 228 225 243 219 160
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
187 155 157 165 166 157 169 143 137
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2007 2011 2014
135 160 158 177 207 215 258 297 322
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[18] puis Insee à partir de 2006[19].)
Histogramme de l'évolution démographique

Pyramide des âges[modifier | modifier le code]

La population de la commune est relativement jeune. Le taux de personnes d'un âge supérieur à 60 ans (9,7 %) est en effet inférieur au taux national (21,6 %) et au taux départemental (17,5 %). À l'instar des répartitions nationale et départementale, la population féminine de la commune est supérieure à la population masculine. Le taux (53,9 %) est supérieur de plus de deux points au taux national (51,6 %).

La répartition de la population de la commune par tranches d'âge est, en 2007, la suivante :

  • 46,1 % d’hommes (0 à 14 ans = 24,4 %, 15 à 29 ans = 14,3 %, 30 à 44 ans = 29,4 %, 45 à 59 ans = 25,2 %, plus de 60 ans = 6,7 %) ;
  • 53,9 % de femmes (0 à 14 ans = 28,8 %, 15 à 29 ans = 15,8 %, 30 à 44 ans = 30,2 %, 45 à 59 ans = 12,9 %, plus de 60 ans = 12,2 %).
Pyramide des âges à Bargny en 2007 en pourcentage[20]
Hommes Classe d’âge Femmes
0,0 
90  ans ou +
1,4 
0,8 
75 à 89 ans
2,9 
5,9 
60 à 74 ans
7,9 
25,2 
45 à 59 ans
12,9 
29,4 
30 à 44 ans
30,2 
14,3 
15 à 29 ans
15,8 
24,4 
0 à 14 ans
28,8 
Pyramide des âges du département de l'Oise en 2007 en pourcentage[21]
Hommes Classe d’âge Femmes
0,2 
90  ans ou +
0,8 
4,5 
75 à 89 ans
7,1 
11,0 
60 à 74 ans
11,5 
21,1 
45 à 59 ans
20,7 
22,0 
30 à 44 ans
21,6 
20,0 
15 à 29 ans
18,5 
21,3 
0 à 14 ans
19,9 

Culture locale et patrimoine[modifier | modifier le code]

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Église Saint-Denis - Cloche de l'église sonnant 11h :

La petite église Saint-Denis conserve les restes d'une abside ronde du XIIe siècle, notamment caractérisée par une fenêtre en plein cintre basse et murée, dotée d'un cordon de billettes. L'église a été fortement remaniée aux XVIe et XVIIe siècles[22]. Elle a été restaurée dans les années 1990 par le SEV Valois-Développement en 1996, sous le mandat de Jacques Triboulet[23].

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

  • Clotaire Ier (roi des Francs de Soissons, 511-558, puis roi des Francs, 558-561), Chilpéric Ier (roi des Francs de Soissons, 561-584, et roi de Paris, 567-584) et son épouse Frédégonde, résidents fréquents du palatium de Brinnacum, localisation possible à Bargny.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean Lebeuf (abbé), "Sur la position d'un ancien palais de nos rois de la première race". Mémoires de l'Académie des Inscriptions et Belles Lettres, 1re partie, pp. 100-110.
  • Jean-Luc Piermay, "Betz et ses environs dans l'histoire", 1995, 130 p.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Par convention dans Wikipédia, le principe a été retenu de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique, pour les populations légales postérieures à 1999, que les populations correspondant à une enquête exhaustive de recensement pour les communes de moins de 10 000 habitants, et que les populations des années 2006, 2011, 2016, etc. pour les communes de plus de 10 000 habitants, ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee pour l'ensemble des communes.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Graves Louis, Précis statistique sur le canton de Betz. Annuaire de l'Oise, 1836, ré-édition Graves Louis, Cantons de Betz et Crépy-en-Valois, Res Universis, Paris, 1992.
  2. Grégoire de Tours, Histoire des Francs, livres I-VI : texte du manuscrit de Corbie, publié par Henri Omont -A. Picard, Paris, 1886, pages 118, 136, 172, 192.
  3. Lebeuf Jean (abbé), Histoire de la ville et de tout le diocèse de Paris, Prault père, Paris, 1758
  4. Carlier (abbé), Histoire du duché de Valois. Paris, Compiègne, Guillyn, Louis Bertrand, 1764, p. I, 126-127.
  5. Cartulaire de l'abbaye de Morienval.
  6. Carlier, op. cit., I, 461
  7. Carlier, op. cit., II, 70.
  8. Carlier, op. cit., I, 462.
  9. Graves Louis, Précis statistique sur le canton de Betz. Ré-édition : Graves Louis, Cantons de Betz et de Crépy-en-Valois, Res Universis, Paris.
  10. Bulletin des séances de la Société royale et centrale d'agriculture, Paris,1859
  11. Mémoires d'agriculture d'économie rurale et domestique, 1844, Paris, Bouchard-Huzard.
  12. Entre autres : 5e Régiment de dragons. Historique de la campagne 1914-1918 -H. Charles-Lavauzelle, Paris, 1920, 88 p., pp. 13-14
  13. Lecerf V., Bulletin paroissial, Paris, Paroisse Saint-Pierre de Montrouge, Paris, 1918
  14. « Les maires de Bargny », sur http://www.francegenweb.org (consulté le 24 août 2014).
  15. « Fiche commune : Bargny », Union des maires de l'Oise (consulté le 24 août 2014)
  16. L'organisation du recensement, sur le site de l'Insee.
  17. Calendrier départemental des recensements, sur le site de l'Insee.
  18. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  19. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 20062007 2008 2009 2010 2011201220132014 .
  20. « Évolution et structure de la population à Bargny en 2007 », sur le site de l'Insee (consulté le 1er novembre 2010)
  21. « Résultats du recensement de la population de l'Oise en 2007 », sur le site de l'Insee (consulté le 1er novembre 2010)
  22. Muller Eugène, Quelques notes de voyage, Comité archéologique de Senlis, tome IX, 1884, pp. 25-46.
  23. Dominique Vermand, "Eglises de l'Oise ; Canton de Betz ; Valois, Multien et Vallée de l'Ourcq", Beauvais, 34 p.