Chelles (Oise)

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Chelles
Chelles (Oise)
Porche de l'église de Chelles.
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Hauts-de-France
Département Oise
Arrondissement Compiègne
Canton Compiègne-2
Intercommunalité Communauté de communes des lisières de l'Oise
Maire
Mandat
Christian Deblois
2014-2020
Code postal 60350
Code commune 60145
Démographie
Gentilé Chellois
Population
municipale
524 hab. (2016 en augmentation de 11,73 % par rapport à 2011)
Densité 58 hab./km2
Géographie
Coordonnées 49° 21′ 12″ nord, 3° 02′ 07″ est
Altitude Min. 56 m
Max. 150 m
Superficie 9,08 km2
Localisation

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Chelles

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Chelles

Chelles est une commune française située dans le département de l'Oise, en région Hauts-de-France.

Ses habitants sont appelés les Chellois.

Chelles a eu sur son territoire une maison royale carolingienne, le palais du Chesne (Palatium Casnum) aux IXe et Xe siècles, sise sur la plaine du Chêne-Herbelot entre Bérogne et Pierrefonds.

Géographie[modifier | modifier le code]

La commune de Chelles est située dans le Soissonnais historique dépendant cependant du département de l'Oise entre deux massifs forestiers : la forêt de Retz au sud et la forêt de Compiègne à l'ouest. Le territoire (908 hectares), à peu près rectangulaire, s'étend à l'est et à l'ouest du vallon de la petite rivière de Vandy depuis le point ou la rivière de ce nom reçoit le ru de Hautefontaine, jusqu'à la limite du département de l'Aisne.

Le chef-lieu est placé dans la vallée, un peu vers le nord, sur l'ancienne voie romaine de Senlis à Soissons dite chaussée Brunehaut. Une section nommée Vichelles, ancien hameau, est réunie au corps du village par des constructions intermédiaires depuis le Moyen Âge. Le hameau de Bérogne est dans la vallée au sud de Chelles. Quelques maisons encore plus au sud forment un écart appelé les Bourbettes.

Toponymie[modifier | modifier le code]

Histoire[modifier | modifier le code]

Ce petit village paisible est un lieu chargé d'histoire et c'est sur son territoire, sur le plateau entre Bérogne et Pierrefonds, qu'était érigée à l'époque mérovingienne puis carolingienne une villa royale, « le palais du Chesne » (Palatium Casnum) qui fut plusieurs fois le séjour des premiers rois francs. C'est d'ailleurs à la suite de la destruction de cette villa royale par les Normands au Xe siècle que fut construit le premier château de Pierrefonds, siège de la plus grande châtellenie du Valois et l'une des plus importantes de tout le royaume au cours des règnes des premiers rois capétiens aux XIe et XIIe siècles.

Le village de Chelles (Kala, puis Cala et Cella au XIIIe siècle) est fort ancien et sa curée fut l'une des premières fondées dans tout le Soissonnais. En effet, sa situation sur la voie romaine connue sous le nom de chaussée Brunehaut, à l'endroit où celle-ci franchit le ru de Vandy, en fit un lieu assez fréquenté. Dans les premiers temps du christianisme une chapelle y fut fondée ; de là vint, par corruption, le nom de cette localité.

Dès le haut Moyen Âge, vers le VIe ou VIIe siècle, l'église posséda la suzeraineté du lieu. En effet, dès qu'il fut permis de doter les églises, un seigneur de Chelles donna à l'église du lieu la plupart des biens qu'il possédait. Ces biens vinrent au pouvoir du chapitre de la cathédrale de Soissons. Par la suite, c'est cette dernière qui procédait à la nomination d'un clerc aux fonctions curiales pour la paroisse de Chelles.

L'histoire du duché de Valois rédigé par Claude Carlier en 1764 nous apprend que les chanoines mirent dès le IXe siècle leur terre sous la surveillance d'un noble auquel ils firent présent d'un domaine sis à Chelles même, à titre de « garde » ou « sauvement ». Mais dès le Xe siècle, cette protection étant devenue insuffisante, le chapitre eut recours au seigneur de Pierrefonds, lui demandant un chevalier qui serait chargé de la défense du pays, et en faveur duquel on instituerait un domaine avec le titre de vicomté. Le châtelain de Pierrefonds accepta l'offre pour lui-même. Ainsi le « Sauvement » et la « Vicomté » constituèrent deux fiefs distincts, longtemps héréditaires et qui retournèrent au XIe siècle au chapitre de Soissons.

Bérolde, héritier du Sauvement fut élu évêque de Soissons sous le règne de Robert Ier. Il céda à son clergé son droit de sauvement avant l'an 1052.

Jean Ier de Pierrefonds possédait en 1098 la vicomté de Chelles. Manquant de fonds pour son voyage en Terre Sainte, il céda lui aussi à la cathédrale Saint-Gervais de Soissons son droit de vicomté moyennant seize marcs d'argent et deux sols de cens à ses successeurs, payables le jour de Saint-Denis neuf octobre. Par le même accord, le chapitre de Saint-Gervais s'obligea à faire chanter à son intention une messe toutes les semaines pendant son absence, à donner un repas à l'issue de la messe et à laver les pieds à un pauvre tous les samedis jusqu'à son retour de Jérusalem. Mais cette donation n'empêcha pas que la terre de Chelles ne relevât toujours du château de Pierrefonds. La seigneurie resta aux deux fils de Jean, Vermond et Hervé, puis un fils de ce dernier, Payen de Chelles. Enfin, le domaine devint la propriété d'Agathe de Pierrefonds qui épousa Conon le comte de Soissons, dont il n'y eut pas de descendance.

Le domaine fit alors retour au chapitre de Soissons mais dépendait toujours de l'exemption de Pierrefonds.

Les rois avaient droit de gîte en ce lieu. En septembre 1155, le roi Louis le Jeune affranchit les hommes de Chelles qui dépendaient de lui et en 1156 abandonna son droit de gîte à Chelles en faveur du chapitre cathédral.

En 1275, les officiers du roi ayant émis des prétentions sur la justice de Chelles, les chanoines de Soissons en appelèrent au Parlement qui, par un arrêt parlementaire du mois de juin les confirma dans leurs droits de haute, moyenne et basse justice sur les vassaux du domaine.

Au XIVe et début du XVe siècle la contrée fut ravagée par la guerre de Cent Ans notamment par les Bourguignons punissant ainsi les habitants de leur fidélité au pouvoir royal.

En 1591, on trouve la trace dans les titres de noblesse du duché de Valois du sieur Nicolas de Livre, bailli de Senlis, propriétaire des fiefs de Ronquerolles, de Cautieulx (Courtieux?) et de Martimont.

Le fief de Ronquerolles, appelé aussi Camp des Sarrasins ou Cimetière des Protestants est situé tout près du château de Chelles au sud. On y a déterré depuis le XVIe siècle une grande quantité de sarcophages en forme d'auge, d'où l'on a extrait des armures, des armes et instruments de bronze. Louis Grave dans son « Précis statistique du canton d'Attichy » édité en 1836, nous apprend également que de nombreux cercueils ont été trouvés dans l'ancien parc du château de Chelles ainsi que sur le flanc du coteau voisin. Ils sont alignés d'orient en occident et contiennent des poteries, des ustensiles de bronze et des monnaies.

Alerté par ces découvertes, monsieur le président de Roucy a procédé en 1863 à des fouilles archéologiques. Plus de 1700 tombes furent exhumées d'un véritable cimetière franc. De nombreuses monnaies gauloises et des monnaies en bronze romaines des empereurs Marc Aurèle, de Faustin, de Gallien, de Claude le Gothique, de Constantin, de Valentinien ont été déterrées.

Une légende locale prétendait que le roi Chilpéric avait été inhumé à Chelles, mais aucune des tombes mises au jour ne pouvait être considérée comme une sépulture royale. En réalité Chilpéric fut assassiné à Chelles en Seine-et-Marne.

Le château de Chelles, qui était situé vis-à-vis de l'église, fut démoli en 1770. Il n'en reste qu'une seule tour cylindrique à toit conique en pierre, à fenêtres étroites divisées par un meneau transverse. On devine un porche de style gothique sur l'ancien mur de ce manoir féodal. Cette construction (en fait deuxième château de Chelles) date probablement de la fin du XVe siècle.

Le hameau de Bérogne[modifier | modifier le code]

Le hameau de Bérogne (Béronne aux XIIe et XIIIe siècle) situé dans la vallée de Vandy au sud de Chelles, formait une seigneurie distincte soumise à la coutume de Valois tandis que Chelles était de la coutume de Senlis.

Ce lieu également fort ancien a toujours fait partie de la paroisse de Chelles. Ces premiers seigneurs étaient en fait les intendants ou gouverneurs de la maison royale le Palais du Chesne (Palatium Casnum) situé sur la plaine vers l'ouest en direction de Pierrefonds au lieu-dit le Chêne-Herbelot.

Le Palais du Chesne ayant été ravagé par les Normands au Xe siècle, les derniers rois de race carolingienne délaissèrent cette maison royale au profit d'autres plus sûres (ou plus récente comme celle de Trosly). On planta au milieu des ruines, un arbre qui s'est conservé de siècle en siècle et que la sollicitude publique a toujours remplacé avec soin lorsque l'âge amenait sa destruction. Le dernier Chêne-Herbelot, abattu par un ouragan en 1806, avait huit mètres de circonférence et vingt mètres d'élévation sans branches. En retirant de terre les racines, on rencontra des pans de murs alignés suivant la direction du chemin de Chelles. L'emplacement appartenait autrefois au chapitre de Soissons.

Le châtelain de l'époque, Oger de Bérogne, ayant perdu son fief chercha un lieu propre à être fortifié, pour y bâtir ce qu'on nommait une ferté. Il choisit le sommet de la montagne de Pierrefonds à l'endroit escarpé où une pente fort raide descend sur l'actuelle église Saint-Sulpice (qui fut fondée un siècle plus tard). On sait donc que le premier château de Pierrefonds a été fondé par Oger de Bérogne au cours du Xe siècle et, que cette tige des seigneurs de Bérogne se mêla avec une puissante famille venant de la grande Maison carolingienne Pipinides de Quierzy-sur-Oise (qui subit le même sort que le Palais du Chesne) donnant ainsi naissance aux puissants et respectés Nivelon seigneurs de Pierrefonds.

Mais revenons à l'autre partie des héritiers d'Oger de Bérogne ; celle qui hérita d'une partie de l'ancien domaine pour former la seigneurie de Bérogne sur la paroisse de Chelles.

Carlier retrouve la trace d'un Baudoin de Bérogne, chevalier en 1122, qui figure comme témoin avec Dreux de Courtieux et Henry de Banru à l'acte de donation faite à Morienval d'une pièce de terre sise à Jaulzy. Cet acte, qui est au nom d'une dame de Pierrefonds, a été passé dans l'église de Saint-Jean de Cuise.

Le cartulaire de Sainte-Geneviève de Paris contient un titre de l'an 1183, au bas duquel on lit le nom d'un Philippe de Bérogne parmi les souscriptions. Toujours d'après l'abbé Carlier dans son Histoire du Duché de Valois, dans laquelle il admet sa propre erreur sur la mention de Philippe Auguste délivrant une charte de commune aux habitants de Baron, canton de Nanteuil le Haudoin et non pas ceux de Bérogne, il est acquis que les titres du XIIIe siècle font état de plusieurs seigneurs de Bérogne qui ont joui en leur époque d'un certain prestige :

Renaud de Bérogne, fut bailli de Vermandois en 1231.

Guillaume Le Sellier, ayant fondé une chapelle dans l'église collégiale de Saint-Thomas de Crépy, ce bénéfice fut conféré à un ecclésiastique appelé Barthélémi de Bérogne.

En 1273, vivait un chevalier nommé Raoul de Béronne, qui avait épousé Marguerite de Pierrefonds. Ce chevalier nous est connu par un acte de donation faite à l'église collégiale de Saint-Thomas de Crépy, au mois de septembre de la même année. Marguerite survécut à son mari, qu'elle avait perdu en 1286. Carlier pense que ce Raoul de Bérogne n'est autre qu'un certain Raoul de Morienval, qui vendit en 1277, la part qu'il avait dans la vicomté de Pierrefonds.

On doit encore mettre au nombre des personnes illustres qui ont porté le nom de Béronne, Guillaume de Béronne, élu évêque de Senlis en 1308. Guillaume de Béronne avait été doyen de l'église cathédrale de cette ville. Dès que Guillaume fut nommé évêque de Senlis, les chanoines de la cathédrale confèrent la dignité de doyen à Jean de Pierrefonds.

Nous savons maintenant que la maison des seigneurs de Bérogne s'est éteinte vers le milieu du XIVe siècle.

Le village autrefois considérable était situé près du chemin de Saint-Éloi, appelé « Calccia Sancti Eligii » dans les titres des XIIIe et XIVe siècle. Ce chemin reliait Noyon à Villers-Cotterêt (en longeant la petite rivière de Vandy de Taillefontaine dans l'Aisne au Port de La Motte où elle se jette dans l'Aisne).

Bérogne fut totalement anéanti par les Bourguignons et les Anglais, sous le règne de Charles VI entre 1410 et 1415, pour se venger des habitants qui avaient sauvé leurs effets et leurs personnes en se réfugiant dans le château de Pierrefonds. La plupart des familles qui composaient le bourg de Bérogne s'établirent à Pierrefonds après ce désastre.

Les seigneurs de Bérogne possédaient le fief de Banru, commune de Montigny l'Engrain, et à une époque reculée le fief de Vaubéron sur le territoire actuel de Mortefontaine (département de l'Aisne). On notera l'étymologie commune de ces localités. Il y avait un fief de la Douye à Bérogne, d'où relevait un autre fief de Villers, sis à Saintines près de Verberie.

Les habitants de Bérogne jouissaient du droit de pâturage et de ramassage de bois mort dans la forêt sur 278 arpents, en vertu d'une déclaration de 1529. En 1727 cette étendue fut réduite à 226 arpents.

En 1773, le duc d'Orléans fonda un moulin à Bérogne sur le Rû de Vandy. Ce moulin devait également servir aux habitants du hameau voisin, Roy Saint Nicolas.

Il y avait une chapelle à Bérogne. Bergeron, historien du Valois pour la Reine Margot, parle de deux effigies de Chevaliers, peints avec la cotte blanche jusqu'aux talons sur les vitaux de la chapelle de Bérogne. Cette chapelle dédiée à saint Sulpice a été abandonnée dans le XVIIIe siècle. On démolit le chœur et une grande partie de la nef en 1810. Louis Grave détaille en 1836, les ruines de cette chapelle encore présente sur une arête de la colline de la Croix rouge qui domine le vallon. Il y voyait encore un portail roman en saillie sous un fronton et quelques arcades romanes du reste de la nef.

On a retrouvé en 1803 derrière cette chapelle des sarcophages d'origine franque, ainsi que dans l'ancien cimetière de Bérogne.

Avant la Révolution, Chelles faisait partie du diocèse de Soissons et du doyenné de Vivières, du bailliage de Villers-Cotterêts (anciennement celui de Pierrefonds), et de l'élection de Crépy généralité de Soissons.

Lors de la division de la France en département en 1790, Chelles fit partie du canton de Pierrefonds, district de Compiègne. Le canton de Pierrefonds ayant été supprimé le 23 vendémiaire an X, Chelles entra dans le canton d'Attichy jusqu'en mars 2015 pour passer ensuite à celui de Compiègne-2.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
Les données manquantes sont à compléter.
mars 2001 2014 Jean-Claude Naudin    
2014[1] En cours
(au 28 août 2014)
Christian Deblois   Cadre supérieur (secteur public)

Démographie[modifier | modifier le code]

Évolution démographique[modifier | modifier le code]

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[2]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2004[3].

En 2016, la commune comptait 524 habitants[Note 1], en augmentation de 11,73 % par rapport à 2011 (Oise : +2,22 %, France hors Mayotte : +2,44 %).

Évolution de la population  [ modifier ]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
259285325349366386401412421
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
394415428398413417400335361
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
356355367358344324280315302
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2004 2009 2014
269230209267334384412460521
2016 - - - - - - - -
524--------
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[4] puis Insee à partir de 2006[5].)
Histogramme de l'évolution démographique

Pyramide des âges[modifier | modifier le code]

La population de la commune est relativement jeune. Le taux de personnes d'un âge supérieur à 60 ans (19,1 %) est en effet inférieur au taux national (21,6 %) tout en étant toutefois supérieur au taux départemental (17,5 %). À l'instar des répartitions nationale et départementale, la population féminine de la commune est supérieure à la population masculine. Le taux (50,6 %) est du même ordre de grandeur que le taux national (51,6 %).

La répartition de la population de la commune par tranches d'âge est, en 2007, la suivante :

  • 49,4 % d’hommes (0 à 14 ans = 25,1 %, 15 à 29 ans = 7,1 %, 30 à 44 ans = 27,7 %, 45 à 59 ans = 20,7 %, plus de 60 ans = 19,4 %) ;
  • 50,6 % de femmes (0 à 14 ans = 21,5 %, 15 à 29 ans = 12 %, 30 à 44 ans = 25,8 %, 45 à 59 ans = 21,9 %, plus de 60 ans = 18,9 %).
Pyramide des âges à Chelles en 2007 en pourcentage[6]
HommesClasse d’âgeFemmes
0,0 
90  ans ou +
0,4 
2,2 
75 à 89 ans
5,6 
17,2 
60 à 74 ans
12,9 
20,7 
45 à 59 ans
21,9 
27,7 
30 à 44 ans
25,8 
7,1 
15 à 29 ans
12,0 
25,1 
0 à 14 ans
21,5 
Pyramide des âges du département de l'Oise en 2007 en pourcentage[7]
HommesClasse d’âgeFemmes
0,2 
90  ans ou +
0,8 
4,5 
75 à 89 ans
7,1 
11,0 
60 à 74 ans
11,5 
21,1 
45 à 59 ans
20,7 
22,0 
30 à 44 ans
21,6 
20,0 
15 à 29 ans
18,5 
21,3 
0 à 14 ans
19,9 

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Le palais du Chesne, Palatium Casnum[modifier | modifier le code]

Ancienne Maison royale fondée par les Mérovingiens aux premiers temps de la conquête de la Gaule par les Francs.

Nous savons qu'elle fut le séjour de nombreux rois à l'époque carolingienne.

Emplacement[modifier | modifier le code]

Les savants ont ignoré la position exacte pendant plusieurs siècles. La découverte de cette position est due aux recherches de D. Michel Germain au XVIIe siècle. Ce savant a retrouvé les traces du Palatium Casnum entre Bérogne et le Chêne-Herbelot dans des ruines qui n'existent plus. On sait aussi que lors de l'ouragan de 1806 qui abattit le chêne Herbelot de l'époque, on retrouva en dégageant ces racines, des pans de mur alignés sur l'ancien chemin de Chelles à Crépy. Dans la deuxième moitié du XXe siècle, avec la mécanisation de l'agriculture et des labours de plus en plus profonds, les agriculteurs de Chelles remontaient de temps à autre, près de cet endroit, des blocs de pierre taillés qui auraient pu avoir servi a des ouvrages maçonnés. Le promeneur d'aujourd'hui, sachant à quel point les rois de cette époque reculée aimaient la chasse, n'aura aucun mal à imaginer que cet emplacement devait être pour eux idyllique. La vue sur les forêts voisines de Retz et de Compiègne (vestige de l'antique forêt de Servais allant du Parisis au Laonnois, défrichée par les Lettes aux IIIe et IVe siècles de notre ère) est saisissante du nord-ouest au sud-est. La vue sur l'est, au-dessus de Bérogne et du vallon du Vandy, sur la montagne de Soissons est dégagée sur de nombreux kilomètres.

Histoire[modifier | modifier le code]

Ce palais doit être mis au nombre des maisons royales de second ordre.

Il n'a en effet pas eu l'importance des Palais de Cuise à Saint-Jean-au-Bois ou de Verberie près de Compiègne et l'appareillage de sa construction devait être autant en bois qu'en pierre ce qui explique aussi toutes les difficultés que nos historiens et archéologues ont eu au cours des derniers siècles à en retrouver des vestiges.

Voici les traces écrites qui nous sont parvenues :

En l'an 855, Le roi Charles le Chauve passa quelque temps au Palais de Chesne. Ce séjour nous est connu par une charte qu'il y data et que D. Bouquet a insérée dans sa collection (Recueil, Hist.Gaul. tom 8 p. 544 ).

À la mort de Charles le Chauve en 877 (devenu empereur d'Occident deux ans auparavant), son fils Louis le Bègue, qui était à Orville, se rendit à Compiègne et, conseillé par Hincmar, archevêque de Reims et ancien abbé de Saint-Corneille, convoqua les grands vassaux. Cette réunion eut lieu au Palais du Chesne. La veuve du défunt empereur, Richilde, sœur de Boson duc de Provence, y vint d'Italie. Elle apportait à Louis le Bègue l'acte par lequel son père, avant de mourir, lui avait transmis ses droits sur le royaume. Elle lui remit également l'épée dite de Saint-Pierre, le manteau royal, la couronne et le sceptre. Les grands vassaux, réunis au Palais du Chesne reconnurent Louis le Bègue comme roi et exigèrent du nouveau souverain le maintien de leurs privilèges. Les prélats présentèrent à Louis le Bègue cette requête : « Nous vous prions de nous accorder que, conformément au premier capitulaire, lequel, d'accord avec ses fidèles et les vôtres et les légats du siège apostolique, votre seigneur empereur a très récemment, à Kiersy (Quierzy-sur-Oise), déclaré devoir par vous et par lui observé, vous nous gardiez à nous et aux églises, qui nous sont confiées le privilège canonique de nos droits légitimes et que vous nous donniez protection, telle qu'un Roi la doit avec justice, en son royaume, à chaque évêque et aux églises qui lui sont confiées ». Le roi accorda ce que lui demandaient les prélats. On exigea ensuite de Louis le Bègue qu'il se déclara roi « par la miséricorde de dieu et l'élection du peuple ». La déclaration suivante fut signée par le souverain : « Moi, Louis, établi par la miséricorde de Dieu et l'élection du peuple, je promets, prenant en témoignage l'église de Dieu, à tous les ordres, à savoir les évêques, prêtres, chanoines et nonnes, de leur garder en leur entier les règlements écrits par les pères du peuple, dont, par la miséricorde de Dieu, le gouvernement m'a été confié en l'assemblé générale de nos fidèles, les lois et statuts, conformément à ce qu'ont inséré dans leurs actes les rois et empereurs qui m'ont précédés et ont ordonné de tenir inviolablement et observer à jamais ». Louis, proclamé roi à l'assemblée du Palais de Chène, fut sacré à l'abbaye de Saint-Corneille à Compiègne par Hincmar. Le pape Jean VIII le sacra de nouveau au concile de Troyes. Deux ans plus tard, Louis le Bègue mourait à Compiègne.

Les Normands saccagèrent et détruisirent le Palais de Chesne au cours du Xe siècle. Il fut délaissé.

Il y avait un châtelain ou gouverneur au Palais de Chesne qui avait pour mission de le défendre quand les rois n'y séjournaient pas. Les seigneurs de Bérogne avaient cette charge. Le Palais du Chesne détruit, ils se partagèrent entre chevaliers les biens qui avaient appartenu au domaine. On sait qu'Oger de Bérogne s'installa quelques kilomètres plus à l'est sur un lieu escarpé plus facilement défendable, Pierrefonds. Sa descendance se mêla avec la famille des seigneurs de Quierzy-sur-Oise, dont la grande maison royale fut aussi saccagée et détruite par les Normands. De là naquirent les puissants seigneurs de Pierrefonds, dont Nivelon 1er né au tout début de XIe siècle nous est bien connu sur les ruines du Palais de Chesne.

Église de Chelles[modifier | modifier le code]

Dédiée à saint Martin, elle était conférée par le chapitre de la cathédrale de Soissons.

C'est l'une des premières fondées dans le Soissonnais.

L'édifice actuel remanié au cours des siècles appartient à plusieurs époques. Sa façade est la partie la plus récente tandis que la nef, pourvue de nombreux contreforts et de fenêtres ogives larges, géminées, dont les divisions sont arrondies du côté nord et tréflées au midi, appartient au dernier temps du style ogival. Le chœur est un monument curieux du style dit de transition. Extérieurement, il est roman ou à plein cintre, tandis que les arcades intérieures sont ogivales. Il présente un hémicycle accompagné de deux chapelles de manière à former trois absides selon le plan des plus anciennes églises. On y relève des constructions du XIe siècle. Le clocher carré, placé sur le cœur, laisse voir sur chaque face deux fenêtres accouplées, à boudins et dentelures, ou la pointe de l'ogive est à peine sensible. On lit sur les vitraux les dates de 1539, 1555, 1574 et 1578. L'ensemble de cet édifice a trente mètres de longueur totale sur treize mètres de largeur.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Histoire du duché de Valois : ornée de cartes et de gravures : contenant ce qui est arrivé des temps gaulois au XVIIIe siècle écrit par l'abbé Claude Carlier édité chez Louis Bertrand à Compiègne en 1764 Tome 1 et Tome 2
  • Précis Statistique sur le canton d'Attichy par Louis Graves en 1836 édition Res Universis 1991
  • Monographie des villes et Villages de France E. Mermet
  • Histoire de Villers-Cotterêts et ses environs Abbé Poquet
  • Mémoires et Documents pour servir à l'histoire des pays qui forment aujourd'hui le département de l'Oise Vicomte de Caix de Saint Aymour 1898 - 1916

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2019, millésimée 2016, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2018, date de référence statistique : 1er janvier 2016.

Références[modifier | modifier le code]