Coudun

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Coudun
Coudun
L'église Saint-Hilaire, XIIe siècle.
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Hauts-de-France
Département Oise
Arrondissement Compiègne
Canton Estrées-Saint-Denis
Intercommunalité Communauté de communes du Pays des Sources
Maire
Mandat
Bernard Formont
2014-2020
Code postal 60150
Code commune 60166
Démographie
Population
municipale
1 015 hab. (2015 en augmentation de 12,65 % par rapport à 2010)
Densité 98 hab./km2
Géographie
Coordonnées 49° 27′ 42″ nord, 2° 48′ 55″ est
Altitude Min. 37 m
Max. 149 m
Superficie 10,4 km2
Localisation

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Coudun est une commune française située dans le département de l'Oise, en région Hauts-de-France.

Ses habitants sont appelés les Coudunois et les Coudunoises.

Géographie[modifier | modifier le code]

Vue générale - Sud

Coudun est située dans la vallée de l'Aronde au pied du flanc nord-ouest du mont Ganelon, en amont et en aval du village, la rive gauche de l'Aronde est constituée de zones humides plantées en peupleraies qui bordent les pentes boisées du mont Ganelon, à l'ouest les coteaux sont recouverts par des terres agricoles qui s'étendent jusque sur le plateau de Margny les Compiègne et le carrefour des Sept-Voies.

De 1793 à 1833, Coudun et Giraumont ne formaient qu'une seule commune. Le hameau de Revenne situé à cheval sur les territoires de Coudun et de Braisnes-sur-Aronde est partiellement dépendant de Coudun.

Entre l'Aronde et le mont Ganelon passe la RN 1032, empruntant au nord du mont Ganelon, l'antique passage des chemins de barbarie[1]. Aucun accès à cette voie rapide n'a été prévu à ce jour pour desservir la commune qui en subit les nuisances mais n'en tire aucun profit économique au service de son développement industriel et commercial.

Les communes aux limites de son territoire sont Giraumont, Longueil-Annel , Clairoix, Bienville , Margny les Compiègne, Baugy , Braisnes-sur-Aronde et Villers-sur-Coudun .

Limites territoriales

Coudun est à 5 km au nord de Compiègne et fait partie de la communauté de communes du Pays des Sources dont elle est un des trois pôles d'activité avec Ressons sur Matz et Lassigny.

Toponymie[modifier | modifier le code]

Cosdunum  est le nom ancien de Coudun le plus crédible, cité pour la première fois dans la charte de Dagobert 1er en 638[2], il est encore d'usage dans les cartulaires de différentes abbayes aux XIIe et XIIIe siècles (St Martin de Tournai[3] , Ourscamps[4] ou Saint Yved de Braine[5]). Les autres appellations cités par différents ouvrages,  Cusdunum, Casdunum,  Culdunum, que l’on trouve uniquement dans les actes de Clotaire III en 657 et Louis IV en 936[6] , tous relatifs au même thème et inspirés par l’acte de Dagobert, sont issues  de copies effectuées aux XVIIe et XVIIIe siècles et ne doivent leur existence qu'à des erreurs de transcription - Le copiste était un habile calligraphe mais il lisait fort mal, aussi les textes sont-ils criblés de fautes - (Citation du chanoine Morel, cartulaire de Saint Corneille, page X[7]).

L’interprétation du nom n’est pas clairement établie, les interprétations proposées jusqu’ici se sont toujours focalisées sur l'interprétation controversée du suffixe dunum , colline, mont pour les uns, enceinte fortifiée[8] pour les autres. Le préfixe « cos » se voit attribué des significations qu’une réflexion critique ne peut que rejeter tant elles sont bien éloignées de ce qui a fait la raison d’être de cet emplacement  au cours des temps. Ainsi peut-on lire « vieux mont » ou « forteresse aux noisetiers ».

En droit féodal « cosduna » est un terme qui désigne la coutume ou le tribut au sens de fiscal du mot. On peut donc conjecturer en s’appuyant sur ce qui faisait la spécificité de ce lieu depuis l’antiquité  que Cosdunum résulte de la contraction de Cosduna et dunum , la place où l’on devait payer un tribut. C’est au contrôle du transit des voyageurs et des marchandises, à la perception des droits de passage que Coudun doit son existence et les seigneurs de Coudun leur puissance jusqu’à braver les ordres religieux et les prescriptions de leur suzerain.

Histoire[modifier | modifier le code]

Voies gauloises

Antiquité[modifier | modifier le code]

À l'époque gauloise, Coudun est située sur la frontière entre les territoires des Bellovaques, des Veromandiens et des Suessiones (rive gauche de l'Oise), c'est un point de passage important, situé à peu de distance du carrefour des Sept-Voies où se croisaient les principales voies de communication de la Gaule belgique.

Il est vraisemblable que le sommet du mont Ganelon (alt. : 149 m) qui surplombe la commune de Coudun (alt. : 43 m) ait été un oppidum gaulois ou à défaut un point de vigie tant sa situation géographique est stratégiquement essentielle au contrôle de la région.

Durant la période gallo-romaine, le site garda toute son importance stratégique, le plateau au sommet du mont Ganelon appelé Camp de César en garde la mémoire, la présence d'un camp romain au sud du mont sur le territoire de Clairoix est attestée par les fouilles effectuées dans les années 1800[9]. Sur le territoire de Coudun, la présence d'une grande villa gallo-romaine est révélée par les recherches en archéologie aérienne de R. Agache[10].

Moyen Âge[modifier | modifier le code]

Le document le plus ancien mentionnant Coudun est une charte de l’abbaye de Saint-Denis de 638[11],  par laquelle le roi Dagobert fait don à l’abbaye de Saint-Denis des  villages : Acuciaco (Aiguisy), Cosdunum (Coudun), Mediavillare (Moyenville), Magnovillare (Grandvillers-aux-Bois), Gellae (Jaux).

Cette donation est confirmée par Clotaire III en 657 [12] .

En 877, les terres de Coudun sont données par Charles le Chauve à l’abbaye Saint-Corneille de Compiègne lors de sa fondation[13] . En 936, un acte de Louis IV d’Outremer[14] prescrit la restitution à l’abbaye Saint-Corneille de ses biens spoliés par son prévôt Rothard, depuis nommé évêque de Meaux. Il y est indiqué que Rothard s’est approprié, entre autres, les terres bordant les deux rives et les droits de franchissement de l’Aronde et qu’il s’est fait construire un château fort[15] à Coudun. On peut donc estimer  au début des années 900 la fondation de ce fief, en une période de grands désordres dus aux attaques des Normands (l’abbaye Saint-Corneille est détruite en 882, incendiée en 912 et 916, les Normands[15] étaient à Noyon en 891-892 et en 925).

Rothard ne se plia pas à cette prescription, conserva les terres, fondant ainsi la lignée des seigneurs de Coudun. Ses descendants pour s’attirer les bonnes grâces de l’église firent quelques compromis ainsi qu’en atteste un acte de Hugues de Coudun vers 1092[16], pour la fondation d’un prieuré à Élincourt-Sainte-Marguerite par les bénédictins de Cluny.

Sceau de Raoul de Coudun sur l'acte de 1166 d'après De Gaignières dans Histoire de l'abbaye N-D d'Ourscamp- A. Peigné-Delacourt - Doc BnF

Les seigneurs de Coudun  tirent leur puissance du contrôle des droits de passage sur leur terre. En effet, ce territoire permet de  maîtriser le passage du mont Ganelon, par le nord à Coudun et au sud à Janville où le passage terrestre entre le mont Ganelon et l’Oise est le plus rétréci, les seigneurs de Coudun y tenaient un péage qui contrôlait la navigation sur l’Oise.

En 1166[17], Raoul de Coudun, chevalier et sire de Janville, accorde à l’abbaye d’Ourscamp un droit de passage sur ses terres et à la navigation sur l’Oise pour le transport des produits utiles à la vie de l’abbaye mais en excluant les produits destinés à faire commerce, pour lesquels les droits devront être réglés. Cet acte sera confirmé par un de ses descendants Robers de Coudun, chevalier, sire de Jehanville et ses deux fils Hugo et Raoul en 1305[18].

La seigneurie de Coudun, faute de descendant mâle s'éteint, ses terres passent dans la maison de Saint-Simon par le mariage vers 1260 de Béatrix de Coudun avec Simon de Saint Simon[19] (La route qui longe le mont Ganelon entre Clairoix et Coudun porte le nom de voie Saint-Simon). En 1332, pour les mêmes raisons, les terres de Coudun passent dans la maison de Rouvroy par le mariage de Marguerite de Saint-Simon avec Matthieu de Rouvroy dit le borgne qui au décès de ses beaux-parents en 1337, hérite de la moitié des terres de Coudun[20].

À la suite de ces différentes successions, le titre de seigneur de Coudun se retrouve dans plusieurs maisons[21]:

  • De 1334 à 1458 les Rouvroy de Saint-Simon (Jean I, Matthieu II, Gaucher)
  • De 1334 à 1415 les De Raineval (Guillaume, Raoul II, Jean)

En mai 1430, lors de la capture de Jeanne d'Arc par les Bourguignons, au siège de Compiègne, le Duc de Bourgogne, Philippe le Bon, bivouaque à Coudun[22].

Au XVe siècle, Jean Sorel (ou Soreau) écuyer, seigneur de Coudun[23] , (mort avant 1446), est le châtelain de Coudun, Il était marié à Catherine Tristan de Maignelais, fille de Jean Tristan de Maignelais (mort en 1462), châtelain de Verneuil-en-Bourbonnais, et de Marie de Jouy. De ce mariage sont issus cinq enfants, dont Agnès Sorel, favorite du roi Charles VII, qui donna naissance à trois filles, légitimées officiellement en tant que princesses de France et qui furent mariées à de grands seigneurs de la cour.

Vers 1580, les terres de Coudun sont rachetées par la famille d'Humières (Jacques?) et apparaissent dans la liste des fiefs de Charles d'Humières, seigneur de [...], Monchy, Baugy et Coudun, gouverneur de Compiègne qui décède en 1595 sans descendance, sa sœur Jacqueline, héritière, épouse Louis de Crevant, les terres de Coudun font alors partie de la maison Crevant d'Humières jusqu'à la Révolution française.

Le doyenné de Coudun[modifier | modifier le code]

L'importance de Coudun se traduit aussi au niveau des institutions religieuses, dont elle était un des dix doyennés du diocèse de Beauvais. En 1630, on dénombre sur ce doyenné : 1 collégiale, 34 cures Ce lien renvoie vers une page d'homonymie, 1 vicariat, 26 chapellenies, 1 une abbaye, 3 prieurés[24].

Coudun comportait deux paroisses :

  • Notre-Dame, la plus ancienne certainement, avec son église située à proximité du château, édifice de taille modeste si on s'en réfère au plan d'intendance de 1783. Elle sera détruite en 1794. Il n'en subsiste que peu de traces : la boulangerie rue Notre-Dame comporte, dans son angle, une niche abritant une statue de la Vierge.
  • Saint-Hilaire, avec son église construite au XIIe siècle, au sud du village, classée Monument Historique en 1924. Elle renferme en son clocher une cloche datant de 1661, gravée COULDUN.

On y trouvait aussi un hôtel-Dieu, une léproserie Saint-Ladre[25] et cinq chapelles[26] :

Chapelle Beate Marie, Chapelle de Gardinis, Chapelle in domo domini Regneval, Chapelle Sancti animosii, Chapelle Sancti Pietri .

Tous ces édifices ont disparu, il ne reste que quelques noms de voies ou de parcelles cadastrales pour en perpétuer la mémoire (voirie de l'hôtel-Dieu, champ Saint Pierre (aujourd'hui dénommé la Renette) , vallée Saint-Ladre).

Le camp de Coudun[modifier | modifier le code]

Coudun en 1698 - extrait du plan du camp de Coudun dressé par le sieur Pennier - Doc BnF

En 1698, du 28 août au 20 septembre, Louis XIV organise de grandes manœuvres militaires afin d'enseigner l'art de la guerre à son petit-fils le duc de Bourgogne[27]. Le quartier général du roi est implanté à Coudun où le 9 septembre est organisée une revue générale des troupes (60 000 hommes, 50 bataillons, 52 escadrons, 44 pièces d'artillerie); assistent à cette revue Jacques II le roi d'Angleterre, de nombreux représentants étrangers et les membres de la cour.

Extrait de l'almanach de 1699


Le maréchal De Boufflers chargé de l'organisation de ce camp tient ses quartiers à Coudun dans l'ancienne ferme du château. Il y organise l'accueil et la restauration de tous les visiteurs de marque dans un faste et une profusion qui marqua tous ses hôtes, au point de faire l'objet d'une représentation dans l'almanach de l'année 1699.

En 1764, on dénombrait 152 feux dans la commune de Coudun[28].

XIXe siècle[modifier | modifier le code]

Camps et grandes manœuvres[modifier | modifier le code]

De 1833 à 1847, six camps militaires[29], à l'image de celui de 1698, sont organisés en septembre à Compiègne. Ce sont à chaque fois environ 20000 hommes et 4500 chevaux qui séjournent durant plusieurs semaines dans le secteur de Compiègne, nécessitant un surcroit d'approvisionnements qui fait le bonheur des commerçants et des producteurs locaux. Le stationnement des troupes et les parades de revue s'effectuent sur le plateau de Margny essentiellement sur le territoire de la commune de Coudun. Les agriculteurs reçoivent une indemnisation pour l'occupation de leurs terres , les dégradations et les retards de mise en culture engendrés par le déroulement du camp.

Epidémie de choléra de 1849[modifier | modifier le code]

En 1832, une première épidémie de choléra frappe la France entre mars et septembre, alors que Compiègne est touchée[30], Coudun est épargnée. Ce ne sera pas le cas lors de l'épidémie de 1849, alors que le taux moyen de mortalité dans la commune sur les dix années précédentes est de 2,6 %, il passe cette année-là à 6,1 % ; du 27 août au 25 septembre, 23 décès sont enregistrés sur un total annuel de 34 La commune de Giraumont n'est pas épargnée, son taux de mortalité passe de 1,3 % à 6,6 %, ce sont 18 décès qui sont enregistrés du 31 août au 30 septembre sur un total annuel de 23.

Évolution de l'habitat[modifier | modifier le code]

Dans les recensements[31] de 1831 à 1866 , il est fait mention de la nature des habitations en les classant en fonction de la nature de leur toiture.

En 1831, pour Coudun seule, on dénombre 131 maisons dont 99 sont couvertes en chaume, 30 ont un toit en tuile et 2 un toit en ardoise.

En 1841, 144 maisons , 76 couvertes en chaume, 65 en tuile et 3 en ardoise

En 1866, 165 maisons, chaume 29, tuile 121, ardoise 15 .

Sucrerie de Coudun[modifier | modifier le code]

Sucrerie de Coudun en 1900

En 1855, trois agriculteurs de Coudun, Bienville et Margny les Compiègne fondent la société Desmaret Vervelle et Cie exploitant à Coudun une sucrerie équipée d’une machine à vapeur à cylindre vertical de 12 chevaux dont la chaudière est alimentée au charbon de terre (tourbe extraite localement dans les tourbières de Revennes et Braisnes).

En 1896, la sucrerie est rachetée  par Joseph Fantauzzi qui l'équipe d'une unité de distillation.

Dans les années 1930, un transbordeur aérien à godets est installé entre le plateau et la sucrerie afin d'en faciliter l'approvisionnement. Les godets descendent les betteraves vers la sucrerie et remontent simultanément les pulpes vers le plateau. Quelques blocs de béton, vestiges des fondations des pylônes, sont encore visibles sur les bords du chemin de Compiègne et de l'ancien chemin de Coudun à Compiègne.

La sucrerie cesse son activité en 1966[32]. Dans les années 1970, le site est reconverti en usine de reconditionnement de fûts métalliques par la société des Établissements Goux  qui ferme en 2007, activité reprise par la société Duo Métal en 2009 avec le concours du conseil régional de Picardie[33].

Guerre de 1870[modifier | modifier le code]

Suite à la capitulation de Sedan, les troupes prussiennes qui poursuivent leur avance sur Paris arrivent à Compiègne le 13 septembre 1870 et y séjourneront jusqu’en novembre 1871. Durant cette période l’armée prussienne rançonne les populations locales, contributions de guerre, impôts et réquisitions en nature sont imposées sous la menace. À la date du 24 septembre 1870, le garde du domaine de Rimberlieu indique dans ses carnets[34] que 64 Prussiens sont venus à Coudun, Giraumont et Bienville pour réquisitionner du blé, de la farine et du lard salé.

Coudun versera au total 29 000 francs (essentiellement sous forme de réquisitions en nature estimées à 24 417 francs) ce qui fait d’elle la commune la plus  touchée du canton de Ressons sur Matz avec une part de 11 % du total des contributions versées par les 22 communes du canton[35]

Chemin de fer[modifier | modifier le code]

Détournement du cours de l'Aronde. Superposition du cadastre napoléonien de 1824 et de la carte IGN de 1995.

En 1881 , le chemin de fer à voie unique reliant Compiègne à Roye est mis en service. Son édification nécessita de détourner le cours de l’Aronde afin d’établir le pont qui l’enjambe (le pont de Fer).

Entre 1884 et 1914, le trafic voyageur est assuré par quatre aller-retours par jour entre Compiègne et Roye.

La station du chemin de fer.

Durant la Première Guerre mondiale, d’octobre 1914 à mars 1917, cette voie ferrée qui longeait la ligne de front, fut d’un grand intérêt stratégique pour le ravitaillement, l’évacuation des blessés et les mouvements de troupes.

Le trafic voyageur fut officiellement arrêté en 1939, (quelques trains circulèrent encore entre 1940 et 1942). À partir de 1945, seuls circulaient des trains de marchandises desservant les  différents sites industriels situés le long de la ligne (sucreries de Coudun, Monchy Humières, scierie de Villers-sur-Coudun…).

En 1985, le seul trafic se réduisait au passage d’un train par semaine à destination du site Totalgaz de Ressons-sur-Matz.

À la fin des années 1990, la voie fut définitivement coupée à l’entrée de Coudun lors de la construction de la voie rapide RN 1032 mettant un terme définitif et irréversible à son utilisation.

Première Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Position des batteries du 46e RAC - juin 1918 - Doc ministère de la Défense - Mémoire des Hommes.

Fin août 1914, les premières troupes allemandes arrivent à Compiègne par le haut de Margny-lès-Compiègne[36], Coudun en contrebas du plateau n’échappe pas aux razzias menées par l’envahisseur dans le secteur pour ravitailler ses troupes. À partir d’octobre 1914 et jusqu’en mars 1917, le front se fixe à une quinzaine de kilomètres au nord, Coudun est alors un lieu de cantonnement des troupes, situé dans la zone des armées, le secteur en 1914 et 1915 est sous le contrôle du 13e Corps d'armée. En juin 1918, lors de la bataille du Matz, les batteries d’artillerie des 46 et 58e RAC sont positionnées à Coudun qui devient alors une cible pour l’artillerie et l’aviation allemande causant des destructions dans le centre du village. Du 13 au 30 juin 1918 le 58e RAC tire 33 000 obus, ses pertes s'élèvent à 20 tués, 83 blessés, 12 canons détruits[37].

Politique et administration[modifier | modifier le code]

La désignation du Maire d’une commune (entité administrative créée à la Révolution) a connu différents protocoles au cours du XIXe siècle.

Pour les périodes d’Empire (1er et 2d ) et la période monarchique de la Restauration, le maire est désigné par le préfet, soit parmi les membres du conseil municipal soit une personnalité extérieure à la commune.

Dans les périodes de République, la 2e de 1848-1851 et la 3e à partir de 1871, le maire des communes de moins de 6 000/20 000 habitants est élu par les membres du conseil municipal.

Liste des maires successifs[38],[39]
Période Identité Étiquette Qualité
1801 1813 Jean-Baptiste QUILLIET   Cultivateur (51 ans en 1801)
1813 1816 Louis-Pierre SALLEMBIEN   Cultivateur (47 ans en 1813)
1816 1822 Jean-François DESMAREST   Cultivateur (25 ans en 1816)
1822 1831 Louis-Pierre SALLEMBIEN   Cultivateur (56 ans en 1822)
1831 1837 Jean-François DESMAREST   Cultivateur (40 ans en 1831)
1837 1853 Noël DESMAREST   Cultivateur (44 ans en 1837)
1853 1858 Eloi-Joseph CUCU   Cultivateur (64 ans en 1853)
1858 1871 François JOLY   Propriétaire (50 ans en 1858)
1871 1881 Alfred LEGUILLON   Directeur de la sucrerie (48 ans en 1871)
1881 1891 Emile HENNIET dit MASSON   Cultivateur (64 ans en 1881)
1891 1900 Justin ALEXANDRE   Cultivateur (58 ans en 1891)
1900 1904 Elisée DANIEL   Rentier (64 ans en 1900)
1904 1919 Jules-Edmond (dit Paul) GUEUDET   Cultivateur (35 ans en 1904)
1919 1922 Eugène CAULIER   Tailleur Marchand de tissus (63 ans en 1919)
1922 1928 Léon-Paul LOIRE   Cultivateur (28 ans en 1922)
1928 1942 Emile GELLE   Rentier (59 ans en 1928)
1942 1945 Jules FANTAUZZI   Directeur de la Sucrerie (61 ans en 1942)
1945 1953 Louis LEFEVRE    
1953 1965 André LOIRE   Agriculteur
1965 1971 Gérard FANTAUZZI    
1971 1983 Pierre RICHARD   Chef d'entreprise
1983 1987 André GUERIOT    
1987[40] avril 2014 Joseph SANGUINETTE Apparenté
PS
Enseignant retraité
Conseiller général de Ressons-sur-Matz (1998[41] → 2015)
Vice-président du conseil général (? → 2015)
Vice-président du Pays des Sources (1997 → ?)
avril 2014[42] en cours
(au 24 octobre 2016)
Bernard FORMONT SE[43] Retraité du secteur privé

Démographie[modifier | modifier le code]

Analyse historique des données statistiques[modifier | modifier le code]

En 1793, la paroisse de Giraumont fut intégrée à la commune de Coudun et ce jusqu'en 1833 où elle devient une commune indépendante de Coudun.

Ce qui explique la diminution importante de la population entre les années 1831 et 1836 dans les données statistiques du paragraphe suivant.

Dans les recensements de 1851 à 1872, le maire devait, dans le récapitulatif, indiquer les raisons d'une variation de la population communale.

Ainsi peut-on lire les informations suivantes :

  • 1851 : « Diminution (-12) de la population due au choléra » (Voir § 3.5.2)
  • 1856 : « Augmentation (+23) due à des ouvriers employés à la sucrerie » (fondée en 1855)
  • 1861 : « Augmentation(+22) due à l'ensemble des travaux agricoles et industriels qui existent dans la commune et qui amènent des étrangers avec leur famille » (Bien que le recensement me fasse apparaître qu'un couple de nationalité belge sans enfant et un Polonais marié avec une Française et un enfant donc trois étrangers parmi les 22 nouveaux habitants)
  • 1866 : « Augmentation (+23) due à l'activité de la sucrerie »
  • 1872 : « Augmentation (+30) due à des naissances en excès par rapport aux décès et à l'arrivée de deux familles de Giraumont »

En 1982, augmentation de la population de 20 %, due à l'aménagement par la municipalité d'une zone pavillonnaire de 65 parcelles sur les terrains situés entre le village et la voie ferrée ; création de la rue des Acacias et de la rue des Rosiers.

Évolution démographique[modifier | modifier le code]

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[44]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2007[45].

En 2015, la commune comptait 1 015 habitants[Note 1], en augmentation de 12,65 % par rapport à 2010 (Oise : +2,23 %, France hors Mayotte : +2,44 %).

Évolution de la population  [ modifier ]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
780731797795801544542582570
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
593615638668675653625640637
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
669647643659692690705682713
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2007 2012
754755748902946951926921906
2015 - - - - - - - -
1 015--------
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[46] puis Insee à partir de 2006[47].)
Histogramme de l'évolution démographique

En 2014, avec 991 habitants, Coudun occupait le 175e rang en nombre d'habitants sur les 693 communes que compte le département.

Pyramide des âges[modifier | modifier le code]

La population de la commune est relativement jeune. Le taux de personnes d'un âge supérieur à 60 ans (21,5 %) est en effet supérieur au taux national (21,6 %) tout en étant toutefois inférieur au taux départemental (17,5 %). À l'instar des répartitions nationale et départementale, la population féminine de la commune est supérieure à la population masculine. Le taux (50,3 %) est du même ordre de grandeur que le taux national (51,6 %).

La répartition de la population de la commune par tranches d'âge est, en 2007, la suivante :

  • 49,7 % d’hommes (0 à 14 ans = 15,9 %, 15 à 29 ans = 15,1 %, 30 à 44 ans = 21,6 %, 45 à 59 ans = 27,7 %, plus de 60 ans = 19,6 %) ;
  • 50,3 % de femmes (0 à 14 ans = 17,9 %, 15 à 29 ans = 14,9 %, 30 à 44 ans = 17,9 %, 45 à 59 ans = 25,9 %, plus de 60 ans = 23,4 %).
Pyramide des âges à Coudun en 2007 en pourcentage[48]
HommesClasse d’âgeFemmes
0,2 
90  ans ou +
1,3 
5,0 
75 à 89 ans
6,5 
14,4 
60 à 74 ans
15,6 
27,7 
45 à 59 ans
25,9 
21,6 
30 à 44 ans
17,9 
15,1 
15 à 29 ans
14,9 
15,9 
0 à 14 ans
17,9 
Pyramide des âges du département de l'Oise en 2007 en pourcentage[49]
HommesClasse d’âgeFemmes
0,2 
90  ans ou +
0,8 
4,5 
75 à 89 ans
7,1 
11,0 
60 à 74 ans
11,5 
21,1 
45 à 59 ans
20,7 
22,0 
30 à 44 ans
21,6 
20,0 
15 à 29 ans
18,5 
21,3 
0 à 14 ans
19,9 

Culture locale et patrimoine[modifier | modifier le code]

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

L'église Saint-Hilaire, de style roman, construite en 1109, par Raoul seigneur châtelain de Coudun, est classée monument historique[50].

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Héraldique[modifier | modifier le code]

Armes de Coudun

Les armes de Coudun se blasonnent ainsi :

Parti : au premier de gueules à la fasce d'argent (seigneur de Coudun), au second d'argent fretté de douze pièces de sable (famille D'Humières).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2018, millésimée 2015, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2017, date de référence statistique : 1er janvier 2015.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Nom donné par Jules César aux chemins utilisés par barbares. Origine de Compiègne- Le Bon de Bicquilley - §4 page 81
  2. « Chartes de l’abbaye de Saint-Denis — Inventaire général des chartes de Saint-Denis : tome I (Archives nationales, LL 1189) (ISD-vol1) », sur saint-denis.enc.sorbonne.fr (consulté le 21 novembre 2016)
  3. « Charte de l’abbaye Saint Martin de Tournai 1155 Acte 77 page 81 / 139 du pdf »
  4. « Chartes de l'Evêque de Noyon signée à Coudun en 1159 », sur www.cn-telma.fr, (consulté le 21 novembre 2016)
  5. Olivier Guyotjeannin, Le chartrier de l'abbaye prémontrée de Saint-Yved de Braine (1134-1250) page 286 acte 144, École nationale des chartes, (ISBN 9782900791202, lire en ligne)
  6. statutes France. Laws, Philippe Lauer et Maurice Prou, Recueil des actes de Louis IV, roi de France (936-954) publié sous la direction de Maurice Prou, Paris Impr. nationale, (lire en ligne)
  7. Cartulaire de l'abbaye de Saint-Corneille de Compiègne. 1. 827-1216 / publié par le chanoine Morel,... ; Société historique de Compiègne (lire en ligne)
  8. Ernest Nègre, Toponymie générale de la France, Librairie Droz, (ISBN 9782600028837, lire en ligne)
  9. Actes du 91e congrès des sociétés savantes - Michel Roblin - page 218 .
  10. Revue archéologique de l'Oise- N°18 - 1980
  11. « Chartes de l’abbaye de Saint-Denis — Inventaire général des chartes de Saint-Denis : tome I /notice 7 (Archives nationales, LL 1189) (ISD-vol1) », sur saint-denis.enc.sorbonne.fr
  12. « Chartes de l’abbaye de Saint-Denis — Inventaire général des chartes de Saint-Denis : tome I / notice 12 », sur saint-denis.enc.sorbonne.fr
  13. Cartulaire de l’abbaye Saint-Corneille – Louis Carolus Barré Tome 1 -page 34
  14. Cartulaire de l’abbaye Saint-Corneille 1. 827-1216 par le chanoine Morel- page 33
  15. a et b Les Normans dans le Noyonnais IXe et Xe siècles - A. Peigné-Delacourt- Comptes rendus et mémoires du comité archéologique de Noyon. Tome IV - Pages 87-88
  16. Cartulaire de l’abbaye Saint-Corneille 1. 827-1216 par le chanoine Morel- page 94
  17. Cartulaire de l’abbaye N-D d’Ourscamp – A. Peigné-Delacourt – page 395
  18. Cartulaire de l’Abbaye N-D d’Ourscamp – A. Peigné-Delacourt – page 396
  19. Mémoires de Saint-Simon Tome 21- page 3
  20. Mémoires de Saint-Simon T 21 - page 12
  21. Agnès Sorel, tourangelle ou picarde- A. Peigné-Delacourt - page 12
  22. « Jeanne d'Arc - Henri Wallon - Le siège de Compiègne », sur www.stejeannedarc.net (consulté le 1er décembre 2016)
  23. Agnès Sorel était-elle Tourangelle ou Picarde ? / par Peigné-Delacourt,... (lire en ligne)
  24. Histoire du diocèse de Beauvais - Abbé Delettre - page 94
  25. Cartulaire de Royallieu - P Guynemer - page 312
  26. « Revue Mabillon : archives de la France monastique page 316 », sur Gallica
  27. Mémoires de Saint-Simon. Tome V- page 359
  28. Dictionnaire géographique, historique et politique des Gaules et de la France - Abbé Expilly - tome 2 – page 489
  29. J.F. CALLAIS, « Les Camps de Compiègne sous Louis-Philippe », Bulletin B36 Société Historique de Compiègne,‎
  30. Choléra-morbus observé à Compiègne, et spécialement à l'Hôtel-Dieu de cette ville, compte rendu par MM. Devivier et Villette,..., (lire en ligne)
  31. « Recensements de population - Archives en ligne - Archives départementales de l'Oise », sur archives.oise.fr
  32. « Sucrerie de Coudun (Oise) », sur sucrerie-francieres.pagesperso-orange.fr (consulté le 16 mai 2016)
  33. « Duo Métal rouvre ses portes », sur leparisien.fr (consulté le 16 mai 2016)
  34. Claude BOULET, « Casimir POUILLET Garde-bois et garde-chasse à Villers/Coudun », Bulletin de la Société historique de Compiègne,‎
  35. Théodore Lemas, Un département pendant l'invasion 1870-1871 / Th. Lemas, (lire en ligne)
  36. Compiègne pendant la guerre : 1914-1918 - J.-Robert Lefèvre - page 26
  37. JMO du 58e régiment d'artillerie de campagne - 26N1008/1- Mémoire de Hommes
  38. « Les maires de Coudun », sur http://www.francegenweb.org (consulté le 25 mars 2016).
  39. Liste affichée en Mairie et disponible sur le site municipal
  40. Régis Lefèvre, « Coudun. Sanguinette : « Il est temps de passer le flambeau » : Joseph Sanguinette, 75 ans, maire (PS) de Coudun depuis 1987 », Le Courrier picard,‎ (lire en ligne).
  41. Régis Lefèvre, « Joseph Sanguinette brigue un deuxième mandat », Le Parisien, édition de l'Oise,‎ (lire en ligne).
  42. « Coudun : Bernard Formont élu maire », Le Courrier picard,‎ (lire en ligne).
  43. Voir, par exemple, cet article
  44. L'organisation du recensement, sur le site de l'Insee.
  45. Calendrier départemental des recensements, sur le site de l'Insee
  46. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  47. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013, 2014 et 2015.
  48. « Évolution et structure de la population à Coudun en 2007 », sur le site de l'Insee (consulté le 2 novembre 2010)
  49. « Résultats du recensement de la population de l'Oise en 2007 », sur le site de l'Insee (consulté le 2 novembre 2010)
  50. Notice no PA00114644, base Mérimée, ministère français de la Culture