Lagny

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Lagny (homonymie).

Attention, ne pas confondre avec :

Lagny
L'église.
L'église.
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Picardie
Département Oise
Arrondissement Arrondissement de Compiègne
Canton Canton de Lassigny
Intercommunalité Communauté de communes du Pays des Sources
Maire
Mandat
Sebastien Nancel
2008 - 2014
Code postal 60310
Code commune 60340
Démographie
Population
municipale
546 hab. (2011)
Densité 51 hab./km2
Géographie
Coordonnées 49° 36′ 50″ N 2° 54′ 55″ E / 49.6139, 2.9153 ()49° 36′ 50″ Nord 2° 54′ 55″ Est / 49.6139, 2.9153 ()  
Altitude Min. 59 m – Max. 163 m
Superficie 10,77 km2
Localisation

Géolocalisation sur la carte : France

Voir la carte administrative de France
City locator 14.svg
Lagny

Géolocalisation sur la carte : France

Voir la carte topographique de France
City locator 14.svg
Lagny

Lagny est une commune française située au Nord-Est du département de l'Oise en région Picardie.

Géographie[modifier | modifier le code]

Toponymie[modifier | modifier le code]

Histoire[modifier | modifier le code]

Laigny-les-Châtaigniers (tel était l'ancien nom) [1], situé sur le canton de Lassigny (60), ne doit pas être confondu avec Lagny-le-Sec (60) ou Lagny-sur-Marne (77).

Des origines au Moyen Âge[modifier | modifier le code]

L'origine du nom du village, qui s'étend sur une rue d'environ deux kilomètres, à mi-pente sur le flanc sud d'une colline de 160 mètres, peut provenir de l'assemblage du mot lanon (vue étendue sur une plaine) et de gny, dérivé du latin ignis (foyer, feu, forges, lieu d'extraction de minerai de fer).

Le village est en léger surplomb d'une voie romaine, à quelques kilomètres au nord de Noyon, ce qui lui conférait une position stratégique.

Il n'est pas rare d'y trouver des pierres taillées, ou polies, en particulier près des marais (rosy et Marais de la pierre), ce qui tend à prouver que le site est habité depuis des temps très reculés.

Le versant est de la colline (près du château d'eau) cache un ancien cimetière contenant des sarcophages en pierre dits de l'époque des Templiers (un exemplaire serait au musée de Noyon).

Sur la colline, dans la partie ouest, on peut découvrir « Ch'Catelet », butte de terre de quelques mètres de haut qui domine toute la région qui selon certains écrits aurait pu être un observatoire romain.

Depuis le XVIe siècle[modifier | modifier le code]

Vers l'extrémité Est de la colline, près du point géodésique, se trouvait « Ch'moulin d'heu » dont il ne reste que la citerne. Un second moulin se trouvait à l'emplacement de la ferme dite « Du moulin de bas » que l'on retrouve sur les cartes du XVIIIe. Au XIXe siècle, un troisième moulin était en service sur le lieu-dit « Penchemont », près de l'ancienne voie romaine.

Ce village possédait un château fortifié détruit une première fois le 2 décembre 1430 par les Bourguignons qui avaient levé le siège de Compiègne. [1] Il fut reconstruit puis partiellement détruit sous Louis XV : dans les Archives Historiques et Ecclésiastiques de l'Artois et de Picardie publiées par P. Roger en 1842, on apprend que : « le marquis d'Harbouville possesseur de ce château, s'étant caché parmi les morts dans un combat, Louis XV fit détruire une des tours de son manoir. Les trois fils du marquis d'Harbouville, voulant réparer la faute de leur père, périrent les armes à la main dans moins d'une année. »

Le château fut ruiné vers 1792, puis de nouveau détruit en 1820 ; il reste quelques vestiges (près de l'église).

Certains lieux avaient des noms relativement significatifs, Ch'Carcan, Ch'ju d'Battoirs, la ruelle d'yô ou d'ieu (eau en Picard) qui menait aux nombreuses sources se déversant dans « Ch'Marais ».

Le village avait une activité agricole classique, avec de l'élevage et de nombreux métiers liés à l'exploitation du bois. En particulier, le châtaignier était utilisé pour la fabrication des échelles destinées à la cueillette des fruits. On y fabriquait aussi des tonneaux, des sabots, et du charbon de bois : des vestiges des fours subsistent sur le versant Nord-Est de la colline au lieu-dit « ché fours ».

Deux guerres mondiales[modifier | modifier le code]

Village se trouvant sur le front de la Première Guerre mondiale, il fut, dès le début des hostilités, occupé par un régiment de uhlans. Durant cette occupation, le 19 septembre 1914, à la droite de la Mairie, les Allemands ont fusillé : Picart Paul, maire ; Flamant Denis, curé ; Lavacquery Fernand ; Lavacquery Octave ; Leclerc Jules. Pris comme otages, ils ont été obligés de creuser leur tombe avant de mourir fusillés en représailles d'une attaque imaginaire. Un garde allemand paniqué aurait tiré suite à un bruit suspect. Une plaque commémorative au nom des suppliciés est apposée au mur de la mairie. Le commandant a fait rassembler toutes les femmes sur la place du village en vue de faire "son choix" mais une d'entre elles, dont le nom était toujours prononcé à voix basse, s'est portée volontaire.

À la fin de la guerre en 1918, le village était pratiquement totalement en ruine. À ce jour, certaines « ruines » subsistent encore.

Un réseau de cagnas abritait les troupes allemandes à l'ouest de la colline qui domine le village à 160 mètres. Les entrées sont encore visibles de nos jours.

Lors de la Deuxième Guerre mondiale le village a relativement été épargné. Quelques bombardements aériens ont eu lieu près du marais ou un convoi français avait été abandonné. Par contre le village a été évacué et plusieurs personnes ont été tuées sur la route de l'exode.

Du fait de son isolement des axes de communications, un réseau de résistance y a amené des équipages anglais et surtout américains qui ont séjourné plusieurs mois cachés dans quelques fermes, nourri par les familles. Il y a même eut un déserteur allemand que certains avaient pris pour un Anglais et qui fut maladroitement mis en contact avec ces aviateurs américains provoquant une angoisse énorme quand ceux-ci ont découvert son origine allemande. Heureusement ce déserteur était loyal, Schaefer, connu sous le surnom d'Alfred. Il s'est même engagé pour remercier la France disait-il, dans la Légion Étrangère Française et est mort en Indochine en 1948.

Un petit livre paru aux USA retrace le parcours de ces pilotes, abattus près de Péronne dans la somme et qui ont trouvé refuge à Lagny d'avril à septembre 1944.

Un livre écrit par ces pilotes, paru aux USA retrace leur parcours dont un chapitre est consacré à Lagny.

Des années 1960 à aujourd'hui[modifier | modifier le code]

Dans les années 1960, le village avait deux écoles, un bureau de poste, deux boulangeries, deux épiceries, un garage automobile, un maréchal-ferrant, un poissonnier, deux grainetiers, trois bistrots, un menuisier, un plâtrier, une entreprise de plomberie couverture, une entreprise de maçonnerie et de nombreuses fermettes.

À cette même époque, un marché aux fruits rouges se tenait sur la place du village vers fin juin et en juillet. Des centaines de kilos de cerises étaient chargés dans des camions chaque soir.

Vers 1964, le village a compté plus de 600 habitants, essentiellement des ouvriers de la Société Ballot employés à l'achèvement du canal du Nord à l'abandon depuis plus de 50 ans.

À ce jour, il ne subsiste qu'un boulanger, un bistrot et quelques exploitations agricoles. Le marché aux fruits rouges n'existe plus, les fruits, pour une grande partie, servent de nourriture aux sansonnets qui peuvent piller un cerisier adulte en quelques minutes.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
mars 2001   André Van Moorleghem    
mars 2008   Sebastien Nancel    
Les données manquantes sont à compléter.

Démographie[modifier | modifier le code]

Évolution démographique[modifier | modifier le code]

En 2011, la commune comptait 546 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 1],[Note 2].

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
693 800 837 765 796 876 838 839 844
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
755 721 715 669 658 623 616 608 607
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
581 557 570 448 514 478 463 453 435
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2005 2006 2010
530 500 469 479 478 465 480 483 533
2011 - - - - - - - -
546 - - - - - - - -
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[2] puis Insee à partir de 2004[3])
Histogramme de l'évolution démographique


Pyramide des âges[modifier | modifier le code]

La population de la commune est relativement jeune. Le taux de personnes d'un âge supérieur à 60 ans (20,4 %) est en effet supérieur au taux national (21,6 %) tout en étant toutefois inférieur au taux départemental (17,5 %). Contrairement aux répartitions nationale et départementale, la population masculine de la commune est supérieure à la population féminine (51,7 % contre 48,4 % au niveau national et 49,3 % au niveau départemental).

La répartition de la population de la commune par tranches d'âge est, en 2007, la suivante :

  • 51,7 % d’hommes (0 à 14 ans = 20,6 %, 15 à 29 ans = 17,3 %, 30 à 44 ans = 25,8 %, 45 à 59 ans = 17,3 %, plus de 60 ans = 18,9 %) ;
  • 48,3 % de femmes (0 à 14 ans = 21,1 %, 15 à 29 ans = 12,5 %, 30 à 44 ans = 25 %, 45 à 59 ans = 19,4 %, plus de 60 ans = 22 %).
Pyramide des âges à Lagny en 2007 en pourcentage[4]
Hommes Classe d’âge Femmes
1,6 
90  ans ou +
0,9 
5,2 
75 à 89 ans
6,9 
12,1 
60 à 74 ans
14,2 
17,3 
45 à 59 ans
19,4 
25,8 
30 à 44 ans
25,0 
17,3 
15 à 29 ans
12,5 
20,6 
0 à 14 ans
21,1 
Pyramide des âges du département de l'Oise en 2007 en pourcentage[5]
Hommes Classe d’âge Femmes
0,2 
90  ans ou +
0,8 
4,5 
75 à 89 ans
7,1 
11,0 
60 à 74 ans
11,5 
21,1 
45 à 59 ans
20,7 
22,0 
30 à 44 ans
21,6 
20,0 
15 à 29 ans
18,5 
21,3 
0 à 14 ans
19,9 

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Cliquez sur une vignette pour l’agrandir

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Cliquez sur une vignette pour l’agrandir

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, et afin de permettre une comparaison correcte entre des recensements espacés d’une période de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant aux années 2006, 2011, 2016, etc., ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Dictionnaire de la noblesse page 377, tome IV, seconde édition, Paris 1772 (sur GoogleBooks)
  2. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  3. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2005, 2006, 2010, 2011
  4. « Évolution et structure de la population à Lagny en 2007 », sur le site de l'Insee (consulté le 4 novembre 2010)
  5. « Résultats du recensement de la population de l'Oise en 2007 », sur le site de l'Insee (consulté le 4 novembre 2010)