Ressons-sur-Matz

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Ressons-sur-Matz
Ressons-sur-Matz
Vue générale du village.
Blason de Ressons-sur-Matz
Héraldique
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Hauts-de-France
Département Oise
Arrondissement Compiègne
Canton Estrées-Saint-Denis
Intercommunalité Communauté de communes du Pays des Sources
Maire
Mandat
Alain de Paermentier (LR)
2014-2020
Code postal 60490
Code commune 60533
Démographie
Gentilé Ressontois, Ressontoises
Population
municipale
1 704 hab. (2015 en augmentation de 7,1 % par rapport à 2010)
Densité 185 hab./km2
Géographie
Coordonnées 49° 32′ 27″ nord, 2° 44′ 48″ est
Altitude Min. 49 m
Max. 119 m
Superficie 9,23 km2
Localisation

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Ressons-sur-Matz
Liens
Site web ressons-sur-matz.fr

Ressons-sur-Matz est une commune française située dans le département de l'Oise, en région Hauts-de-France, à 1 heure (95 km) de la capitale (Paris) par l'autoroute A1 (sortie no 11 Ressons / Montdidier).

Géographie[modifier | modifier le code]

La commune de Ressons-sur-Matz est située en Nord-Pas-de-Calais-Picardie dans le département de l'Oise, à 95 km de Paris, par l'autoroute A1 (porte de la Chapelle) sortie no 11 Aire de Ressons, avec ses parkings poids lourds sous surveillance vidéo. La ville la plus proche est la sous-préfecture Compiègne à 18 km, avec son centre commercial Jaux-Venette et son université technologique.

Le Matz est une petite rivière du département de l'Oise, longue de 15 à 20 kilomètres, prenant sa source à Canny-sur-Matz et se jetant dans l'Oise à Thourotte.

Localisation de la commune de Ressons-sur-Matz dans le département de l'Oise.
Localisation de la commune de Ressons-sur-Matz dans le département de l'Oise.

Toponymie[modifier | modifier le code]

Voir Ressons-le-Long.

Histoire[modifier | modifier le code]

Ressons-sur-Matz, un village aux armes parlantes : une gerbe d’avoine d’or sur champ d’azur, armoiries de la famille Champ-d'Avène, premiers seigneurs de Ressons (XIe siècle) Hugues Ier, comte de Saint-Pol.

Ressons-sur-Matz, située dans l’Oise, un carrefour stratégique dès la Préhistoire se révélera le théâtre d’événements essentiels, liés à l’histoire de France. Ressons en Picardie, terres fertiles et terres de souffrance chargées d’histoire.

Son histoire est vieille de plusieurs millénaires. Elle prend son origine dans le Paléolithique, soit 8 000 ans avant notre ère. Les premiers hommes apparaîtront 4 000 ans av. J.-C., ils seront les premiers agriculteurs.

Dans la Gaule du Nord (Belgae) le pays de Ressons est bellovaque, occupé par le peuple celte.

Des forêts, une rivière, le Matz, une terre fertile, un groupe humain s’installera sur le territoire actuel de Bayencourt protégé par la ligne des coteaux et sera à l’origine de Ressons.

Les Bellovaques résisteront longtemps mais ne pourront empêcher la conquête de la région par César. Ces habitants deviennent alors des Gallo-Romains, en se romanisant progressivement. Les terres fertiles de la région peuvent alors subvenir aux besoins d'une population croissante et les voies romaines sillonnent le pays. Dans ce (Pagus) Ressontensis s’installe une importante population rurale autour des villae, qui sont caractérisées dans la région par des enclos.

Dès 254-275, des incursions de peuples germaniques ravagent la région, puis certains s'installent peu à peu comme colons et comme lètes, fournissant des contingents germaniques à l'armée romaine. À la faveur de l'effondrement du pouvoir romain, les Francs prennent le contrôle de la région au Ve siècle. En 587, traité d’Andelot : le pays de Ressontense est réuni aux possessions du roi de Bourgogne.

Vers l’an 632, le pays de Ressons est évangélisé par saint Amand, évêque de Maestricht, l’église naissante s’organise sur le modèle de l’administration romaine, pour former les diocèses. Ressons se groupera autour d’une église primitive dédiée à saint Martin près d’une ferme médiévale : Bayencourt, accolée au cimetière dans laquelle ont été retrouvés des sarcophages mérovingiens.

À l’époque des croisades en 1096, le premier seigneur de Ressons, Hugues de Saint-Pol, partit à la suite de Godefroy de Bouillon.

En 1183, les seigneuries de Ressons et de Bayencourt sont cédées à Philippe Auguste, roi de France, qui ordonnera avant son départ en croisade la fortification de Ressons, la construction d’un château fort et d’une enceinte fortifiée munie de trois portes.

Dès le Xe siècle sont creusés des souterrains existant encore sous la place, qui protégeront la population pendant les guerres et invasions du Moyen Âge.

Ressons devient un carrefour routier important entre Flandres et Bourgogne et au XIIe siècle est construite une nouvelle église (époque art roman) à l’intérieur du village fortifié dédiée à saint Nicolas.

Guerre de Cent Ans. Saccages et misère publique, Jeanne d'Arc traverse le Ressontois après sa capture à Compiègne.

Au XVIe siècle, la Renaissance, pendant la Réforme et les querelles religieuses, Calvin (né à Noyon) devient le chef de l’église réformée de France. Antoine de Mouchy, né à Ressons deviendra inquisiteur et fut un de ceux qui condamnèrent Ann du Bourg à être brûlée comme hérétique en place de Noyon. Des gens du peuple se réunissent dans les petits villages aux alentours de Ressons pour lire la bible réformée apportée par des colporteurs. Il s’ensuivra une guerre fratricide et entachée d’exactions.

Henri IV qui rendit la paix au royaume aurait passé une nuit à Ressons dans la plus belle maison de la place à blé (face à l’église).

En 1554, l’église en ruine est reconstruite à partir du chœur, intact. Telle elle est encore aujourd’hui, style roman et nef du XVIe siècle de style gothique.

En 1556, deux foires marchandes sont instituées à Ressons qui subsisteront jusqu’à la Seconde Guerre mondiale. Bayencourt est un village de vignerons, le vin est médiocre mais son commerce est chargé de droits.

En 1636 débute la « guerre de Trente Ans » contre les troupes espagnoles venant des Pays-Bas. Construction de la première chapelle Notre-Dame-de-l’Épine, vœu d’un chevalier sauvé. La campagne est dévastée, la misère est si grande que saint Vincent de Paul viendra réconforter la population.

Aux XVIIe et XVIIIe siècles, le pays ne souffre plus d’invasion mais la situation des paysans demeura précaire, les intempéries furent nombreuses, accentuant la misère. En 1770, la pomme de terre est introduite, mais sa culture n’interviendra que 20 ans plus tard.

En 1789 débute la période révolutionnaire avec la vente des biens d’église, les curés constitutionnels et les excès révolutionnaires. 1799, fin de la Révolution, le premier consul Bonaparte entre dans l’histoire.

En 1814, les armées alliées séjournent près de la ferme de Bayencourt, réquisition des fournitures.

En 1849, une épidémie de choléra décime 1/16e de la population.

En 1852, construction et inauguration d’une école existant toujours. De 1870 à 1871, occupation prussienne, incendie de la mairie, Gambetta qui s’enfuit de Paris en ballon viendra près de Ressons à Tricot.

En 1914, les Allemands envahissent le canton, le front se fixera à Lassigny, Ressons devient un important centre de ravitaillement et de soins. En 1918, lieu de la dernière bataille des offensives Ludendorff du printemps 1918 en Picardie. Bataille du Matz décisive en juin. Le 9 juin, durant la bataille de la Marne, de lourds combats se déroulent dans la commune ; à h, les Allemands reprennent le village, contre les 58e et 125e divisions d'infanterie françaises qui subissent d'importantes pertes[1].

Les forces allemandes seront alors stoppées sur le Matz. La guerre s’achève le 11 novembre.

De 1920 à 1939, Ressons se modernise et se reconstruit. Ressons a encore deux fermes importantes, six petites fermes, une gare, dix cafés et de nombreux petits commerces et artisans. Implantation de la laiterie dans un ancien moulin en bordure du Matz. Aujourd’hui modernisée, la laiterie Yoplait n'est plus en fonction. Il y a aussi une sucrerie, une féculerie, une briqueterie, une scierie (le tout dans un même établissement) aujourd’hui transformée en résidence.

En 1939 et 1940, pendant la Seconde Guerre mondiale, stationnent des troupes françaises de la 1re division d'infanterie laissant la frontière belge sans protection, la ligne Maginot ne put jouer le rôle escompté lors de l’attaque allemande du 10 mai 1940. Exode des réfugiés de Belgique et du Nord, qui traversent le pays en juin 1940, évacuation de la population de Ressons, l’exode les conduira dans diverses régions de la France. L’armistice est signée à Rethondes (en forêt de Compiègne) le 22 juin 1940. La région est en zone occupée, réquisitions et fournitures pour l’armée allemande. La vie reprend, la vie compose. La région fut survolée chaque jour, chaque nuit par des bombardiers. Ressons aura ses résistants : Georges Latapie, André Léger.

Au début du XXe siècle, Ressons fut le pays des artisans et des « gagne-petit », il fut un centre commercial pour l’attrait de ses boutiques. Au début du Modèle:M-, Ressons conserve contre vents et marées sa vocation commerciale. Avec encore 29 façades de magasins, tous services, des artisans PMI et PME. Le 22 juin 2002 a eu lieu un événement d’importance pour la commune, l’inauguration de la nouvelle école primaire (qui ajoute 7 classes neuves au bâtiment de 1852 gardé intact et intégré au projet)[2].

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Mairie de Ressons-sur-Matz.
Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
13 frimaire an IV 2 floréal an VII François Ponchole    
2 floréal an IV 1 vendemaire an IX M. Debourge    
1 vendémiaire an IX 8 août 1814 François Ponchole    
8 août 1814 22 novembre 1815 M. Fercot    
22 novembre 1815 30 juillet 1817 Jules Antoine-Bornet    
en 1817 en 1820 M. Warnier (père)    
en 1820 1 juin 1847 M. Warnier (fils)    
1er juin 1847 24 juin 1847 Jean Baptiste Gignard    
24 juin 1847 en 1851 Charles Antoine Crépin    
en 1851 10 mars 1852 M. Fontaine   intérim
10 mars 1852 29 juin 1855 Louis Antoine Boucher    
2 juillet 1855 13 avril 1857 Désiré Charles Legrand    
13 avril 1857 septembre 1871 Gervais Marie Bouveron    
septembre 1871 2 novembre 1877 M. Prévost    
2 novembre 1877 18 mars 1881 Victor Bellet    
en 1884 en 1887 M. Prévost    
en 1944 1945 Léon Orens    
1945 1965 Henri Senez    
mars 1965 mars 1989 Roger Lahure SE  
mars 1989 2008 Bernard Groseil SE  
mars 2008 en cours
(au 25 septembre 2014)
Alain de Paermentier SE puis LR Réélu pour le mandat 2014-2020[3]

Démographie[modifier | modifier le code]

Évolution démographique[modifier | modifier le code]

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[4]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2005[5].

En 2015, la commune comptait 1 704 habitants[Note 1], en augmentation de 7,1 % par rapport à 2010 (Oise : +2,23 %, France hors Mayotte : +2,44 %).

Évolution de la population  [ modifier ]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
934 901 1 005 946 1 049 1 008 1 014 995 1 001
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
938 943 915 944 932 912 915 864 925
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
941 901 910 928 923 870 889 924 891
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2005 2010 2015
1 029 1 144 1 174 1 319 1 408 1 469 1 474 1 591 1 704
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[6] puis Insee à partir de 2006[7].)
Histogramme de l'évolution démographique

Pyramide des âges[modifier | modifier le code]

La population de la commune est relativement jeune. Le taux de personnes d'un âge supérieur à 60 ans (19,6 %) est en effet inférieur au taux national (21,6 %) tout en étant toutefois supérieur au taux départemental (17,5 %). À l'instar des répartitions nationale et départementale, la population féminine de la commune est supérieure à la population masculine. Le taux (50,7 %) est du même ordre de grandeur que le taux national (51,6 %).

La répartition de la population de la commune par tranches d'âge est, en 2007, la suivante :

  • 49,3 % d’hommes (0 à 14 ans = 20,8 %, 15 à 29 ans = 20,4 %, 30 à 44 ans = 19,9 %, 45 à 59 ans = 21,5 %, plus de 60 ans = 17,5 %) ;
  • 50,7 % de femmes (0 à 14 ans = 19 %, 15 à 29 ans = 15,6 %, 30 à 44 ans = 22,2 %, 45 à 59 ans = 21,4 %, plus de 60 ans = 21,7 %).
Pyramide des âges à Ressons-sur-Matz en 2007 en pourcentage[8]
Hommes Classe d’âge Femmes
0,3 
90  ans ou +
0,3 
4,1 
75 à 89 ans
7,5 
13,1 
60 à 74 ans
13,9 
21,5 
45 à 59 ans
21,4 
19,9 
30 à 44 ans
22,2 
20,4 
15 à 29 ans
15,6 
20,8 
0 à 14 ans
19,0 
Pyramide des âges du département de l'Oise en 2007 en pourcentage[9]
Hommes Classe d’âge Femmes
0,2 
90  ans ou +
0,8 
4,5 
75 à 89 ans
7,1 
11,0 
60 à 74 ans
11,5 
21,1 
45 à 59 ans
20,7 
22,0 
30 à 44 ans
21,6 
20,0 
15 à 29 ans
18,5 
21,3 
0 à 14 ans
19,9 

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

  • Jean le Fèvre de Ressons (vers 1320-après 1380). Poète, procureur au Parlement de Paris[10].
  • Antoine de Mouchy (1494-1574). Docteur en Sorbonne, connu sous le nom de Démocharis, chanoine et pénitencier de l'église de Noyon, né à Ressons. Il fit partie de ceux qui luttèrent contre les réformés de Calvin. Grand inquisiteur de France, il traquait et sévissait les calvinistes sans pitié. Il figura parmi les commissaires chargés d'instruire le procès d'Anne du Bourg, brulé en 1559. Le cardinal de Lorraine l'emmena avec lui au concile de Trente en 1562. C'est de son nom qu'on appelle "Mouchards" les employés de la police. Il reste de lui, la harangue qu'il prononça au concile de Trente et un Traité du sacrifice de la messe.
  • Thomas Rivié (1653-1732), maréchal-ferrant qui sauva le cheval de Louvois qui le prit à son service et l'enrichit en lui obtenant une fourniture de chevaux pour l'armée ; plus tard secrétaire du roi, administrateur de l'hospice général et capitaine major de l'artillerie de Versailles. Il acheta Ressons et toutes les terres qui constituaient la baronnie, réunissant en une seule main et pour la dernière fois, les terres du domaine de Ressons.

Vie pratique[modifier | modifier le code]

  • Le Centre social Rural du canton de Ressons-sur-Matz propose des activités et services pour toute la famille : Associations, loisirs et animations, halte-garderie, centres de loisirs, clubs, soins et aide à domicile, emplois familiaux, aide ménagères, portage de repas, etc.[11].

Climat de la Picardie[modifier | modifier le code]

Données météorologiques dans l'Oise de 1961 à 1990[12]
Mois Jan Fév Mar Avr Mai Jui Jui Aoû Sep Oct Nov Déc Année
Températures minimales (°C) 1 1,1 2,7 4,4 7,6 10,3 12,2 12,2 10,4 7,7 3,9 1,8 6,3
Températures maximales (°C) 5,6 6,5 9,4 12,4 16,2 18,9 21,0 21,3 18,9 14,8 9,4 6,5 13,4
Températures moyennes (°C) 3,3 3,8 6,0 8,4 11,9 14,6 16,6 16,7 14,7 11,3 6,7 4,2 9,8
Ensoleillement (h) 52,6 81,3 114,0 165,6 199,0 209,7 215,4 207,8 151,5 113,7 74,4 47,5 1637,9
Pluviométrie (mm) 59,2 48,3 55,0 48,1 53,6 61,8 57,4 57 68 71,8 81,2 70,2 731,5

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2018, millésimée 2015, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2017, date de référence statistique : 1er janvier 2015.

Références[modifier | modifier le code]