Vez

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Vez
Vez
L'église paroissiale Saint-Martin-et-Saint-Léonard.
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Hauts-de-France
Département Oise
Arrondissement Senlis
Intercommunalité Communauté de communes du pays de Valois
Maire
Mandat
Thiery Michalowski
2020-2026
Code postal 60117
Code commune 60672
Démographie
Gentilé Vadais, Vadaises
Population
municipale
277 hab. (2018 en diminution de 11,22 % par rapport à 2013)
Densité 25 hab./km2
Géographie
Coordonnées 49° 15′ 52″ nord, 3° 00′ 12″ est
Altitude Min. 65 m
Max. 147 m
Superficie 10,88 km2
Type Commune rurale
Aire d'attraction Paris
(commune de la couronne)
Élections
Départementales Canton de Crépy-en-Valois
Législatives Cinquième circonscription
Localisation
Géolocalisation sur la carte : Hauts-de-France
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Vez
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Vez

Vez est une commune française située dans le département de l'Oise en région Hauts-de-France.

Géographie[modifier | modifier le code]

Vez est un village entre Crépy-en-Valois et Villers-Cotterêts, célèbre pour son donjon et son jardin contemporain d'inspiration médiévale. Il fut peut-être la capitale du peuple gaulois des Vadicasses (dont la localisation et même l'existence sont discutées) puis, au Moyen Âge, du pays de Valois.

Urbanisme[modifier | modifier le code]

Typologie[modifier | modifier le code]

Vez est une commune rurale, car elle fait partie des communes peu ou très peu denses, au sens de la grille communale de densité de l'Insee[Note 1],[1],[2],[3].

Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Paris dont elle est une commune de la couronne[Note 2]. Cette aire regroupe 1 929 communes[4],[5].

Occupation des sols[modifier | modifier le code]

Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.
Carte de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).

L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (72,1 % en 2018), une proportion identique à celle de 1990 (72,1 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : terres arables (61,6 %), forêts (24,3 %), prairies (6,5 %), zones agricoles hétérogènes (4 %), eaux continentales[Note 3] (3,6 %)[6].

L'IGN met par ailleurs à disposition un outil en ligne permettant de comparer l’évolution dans le temps de l’occupation des sols de la commune (ou de territoires à des échelles différentes). Plusieurs époques sont accessibles sous forme de cartes ou photos aériennes : la carte de Cassini (XVIIIe siècle), la carte d'état-major (1820-1866) et la période actuelle (1950 à aujourd'hui)[7].

Toponymie[modifier | modifier le code]

Pour Vez : Vadum, Vadodium (1053), Vezum (1205), Ve super Astunam, Vedum, V, Vé-le-chastel, Vey, Vé-sur-Automne, Vey. Le nom du village viendrait de « vadum », le « gué ». Plus sûrement, le village a donné son nom au « Valois » (pagus Vadensis, pagus Vadisus)[8].

Pour Fontenay : Fontenailliae (1258), Fontenelle, Fonteneille, Fontenaille[9].

Histoire[modifier | modifier le code]

Protohistoire[modifier | modifier le code]

Vez tire son nom d'un gué [latin : vadum] sur la rivière Automne. Le lieu était déjà peuplé à l'époque gauloise. Vez fut pendant cinq siècles la première capitale du Valois, de ce Valois qui lui doit son nom (pagus valensis, puis Valisus = pays de Vez).

Moyen Âge[modifier | modifier le code]

Epoque carolingienne[modifier | modifier le code]

755 et 844 : conciles réunis à Vez.

949 : translation à Crépy-en-Valois des reliques de saint Arnould rapportées à Vez par le prêtre Constance, natif de Vez.

Ce sont les moines dépendant de Saint-Médard de Soissons qui rassemblèrent la population autour du gué au début du IXe siècle avant de fonder en 1160 une abbaye qui sera fortifiée au XIVe siècle pour devenir l'actuelle ferme de Saint Mard.

Moyen Âge central[modifier | modifier le code]

1082 : mort à Rome de saint Simon de Vez, comte et moine.

1118 : concession du château aux moines de Saint-Arnould.

1214 : à la mort d'Eléonore de Vermandois, comtesse de Valois, le comté retomba dans le domaine royal, et, la même année, au lendemain de la bataille de Bouvines, Philippe Auguste fit don du comté à Raoul Duchemin, lequel, devenu maréchal de France et prenant le nom de Raoul d'Estrées, serait l'ancêtre de la célèbre Gabrielle d'Estrées.

Le donjon du château féodal, familièrement appelé La Tour, fut construit avec ses remparts par Jehan III de Vez en 1360. Auparavant n'existaient que le logis et la chapelle, rebâtis par Raoul d'Estrées. L'ensemble, spécimen parfait d'architecture militaire des XIIIe et XIVe siècles, fut restauré peu après par Louis d'Orléans.

Guerre de Cent Ans[modifier | modifier le code]

1358 : Vez est assiégée par les Jacques.

1430 : passages de Jeanne d'Arc.

Epoque moderne[modifier | modifier le code]

1580 : la Ligue. Intervention d'Henri IV. 23 pluviôse de l'an V : vente du château, de Bessemont, de Fonteneil, étangs et Moulin de Vez comme Biens Nationaux. 1918 : le général Mangin et son état-major à Vez. 1942 : évacuation de tous les habitants.

Vez demeura jusqu'à la fin du XVIe siècle une place forte importante capable de résister victorieusement aux « Jacques », aux Anglais, aux Bourguignons et aux « Ligueurs ».

Epoque contemporaine[modifier | modifier le code]

Le château de Vez fut déclaré bien national à la Révolution française et vendu.

Le général Mangin y établit son quartier général en 1918.

Vez est, aujourd'hui, un village pittoresque rassemblé autour de son église classée monument historique.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
Les données manquantes sont à compléter.
mars 2001 2014 Jean-Claude Toupet    
2014[10] En cours
(au 29 octobre 2014)
Thiéry Michalowski    

Démographie[modifier | modifier le code]

Évolution démographique[modifier | modifier le code]

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[11]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2007[12].

En 2018, la commune comptait 277 habitants[Note 4], en diminution de 11,22 % par rapport à 2013 (Oise : +1,44 %, France hors Mayotte : +2,36 %).

Évolution de la population  [ modifier ]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
326279297321609379382393372
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
378392382307331329327332318
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
311314303300303317308357330
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2007 2012
299311254257266303321323314
2017 2018 - - - - - - -
283277-------
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[13] puis Insee à partir de 2006[14].)
Histogramme de l'évolution démographique

Pyramide des âges[modifier | modifier le code]

La population de la commune est relativement jeune. Le taux de personnes d'un âge supérieur à 60 ans (16,7 %) est en effet inférieur au taux national (21,6 %) et au taux départemental (17,5 %). Contrairement aux répartitions nationale et départementale, la population masculine de la commune est supérieure à la population féminine (50,2 % contre 48,4 % au niveau national et 49,3 % au niveau départemental).

La répartition de la population de la commune par tranches d'âge est, en 2007, la suivante :

  • 50,2 % d’hommes (0 à 14 ans = 26,5 %, 15 à 29 ans = 12,3 %, 30 à 44 ans = 30,2 %, 45 à 59 ans = 14,8 %, plus de 60 ans = 16,1 %) ;
  • 49,8 % de femmes (0 à 14 ans = 28 %, 15 à 29 ans = 13 %, 30 à 44 ans = 28,6 %, 45 à 59 ans = 13 %, plus de 60 ans = 17,4 %).
Pyramide des âges à Vez en 2007 en pourcentage[15]
HommesClasse d’âgeFemmes
1,9 
90  ans ou +
1,9 
1,9 
75 à 89 ans
3,1 
12,3 
60 à 74 ans
12,4 
14,8 
45 à 59 ans
13,0 
30,2 
30 à 44 ans
28,6 
12,3 
15 à 29 ans
13,0 
26,5 
0 à 14 ans
28,0 
Pyramide des âges du département de l'Oise en 2007 en pourcentage[16]
HommesClasse d’âgeFemmes
0,2 
90  ans ou +
0,8 
4,5 
75 à 89 ans
7,1 
11,0 
60 à 74 ans
11,5 
21,1 
45 à 59 ans
20,7 
22,0 
30 à 44 ans
21,6 
20,0 
15 à 29 ans
18,5 
21,3 
0 à 14 ans
19,9 

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Monuments historiques[modifier | modifier le code]

Vez compte trois monuments historiques sur son territoire.

  • Château de Vez, rue de la Croix Rebours (classé monument historique par arrêté du [17]) : Connu comme donjon de Vez, c'est un château fort datant essentiellement du XIVe siècle. Le donjon proprement dit a été édifié entre 1390 et 1410 par Jean de Vez et sans doute son beau-frère Robert de Saint-Clair, lui-même étant resté sans descendance. Il n'a jamais appartenu à Louis d'Orléans ou à un membre de sa famille, comme on l'a rapporté parfois, mais Jean de Vez était son chambellan et a de toute évidence fait appel à un architecte de l'entourage royal ou ducal, vraisemblablement Jean Lenoir. Le donjon de plan pentagonal comporte quatre étages habitables, et ses seuls éléments défensifs sont ses mâchicoulis en bordure de la terrasse sommitale. Il se situe en bordure d'une vaste enceinte fortifiée, en partie contemporaine, en partie postérieure, et bâtie sur des fondations plus anciennes. En son centre, se trouvent une chapelle de la même époque que le château et la ruine du logis des années 1360 / 1390. Plus rien ne rappelle le premier château commencé sans doute à la fin du XIIIe siècle, et incendié sous la Grande Jacquerie en 1358. — Quand l'entrepreneur et expert-géologue Léon Dru rachète le château en 1890, il est partiellement ruiné. Il entreprend sa restauration et la mène d'une façon très radicale influencée par Eugène Viollet-le-Duc, puis meurt en 1904. Plus récemment à la fin du XXe siècle, ses propriétaires ont de nouveau restauré le château, et il sert depuis de cadre à des œuvres artistiques contemporaines : sculptures, peintures et vitraux[18].
  • Église Saint-Martin-et-Saint-Léonard, rue de l'Église (inscrite monument historique par arrêté du [19]) : Sa partie la plus remarquable est son petit chœur rectangulaire de style gothique, qui date des années 1225 / 1230 et est d'une sobre élégance. Le clocher en bâtière un peu trapu, d'une génération plus ancien, le flanque au nord, et le dépasse de peu. Son rez-de-chaussée abrite la chapelle de la Vierge. Quatre fois plus long que le chœur est la nef non voûtée du milieu du XIIe siècle, dont la charpente partiellement apparente conserve des engoulants. Quoique largement dominée par le chœur à l'extérieur, elle atteint, à l'intérieur, la même hauteur sous plafond que ce dernier. La nef vaut surtout pour sa façade occidentale assez originale et conservée sans aucune altération, et les grandes arcades gothique flamboyant vers le bas-côté nord, qui aboutit sur la base du clocher[20].
  • Ferme de Saint-Mard, dans un écart, de l'autre côté de l'Automne (façades et toitures du bâtiment à tourelles inscrites par arrêté du [21])

Autres éléments du patrimoine[modifier | modifier le code]

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Selon le zonage des communes rurales et urbaines publié en novembre 2020, en application de la nouvelle définition de la ruralité validée le en comité interministériel des ruralités.
  2. La notion d'aire d'attraction des villes a remplacé, en , celle d'aire urbaine afin de permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.
  3. Les eaux continentales désignent toutes les eaux de surface, en général des eaux douces issues d'eau de pluie, qui se trouvent à l'intérieur des terres.
  4. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2021, millésimée 2018, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2020, date de référence statistique : 1er janvier 2018.

Références[modifier | modifier le code]

  1. « Typologie urbain / rural », sur www.observatoire-des-territoires.gouv.fr (consulté le 2 avril 2021).
  2. « Commune rurale - définition », sur le site de l’Insee (consulté le 2 avril 2021).
  3. « Comprendre la grille de densité », sur www.observatoire-des-territoires.gouv.fr (consulté le 2 avril 2021).
  4. « Liste des communes composant l'aire d'attraction de Paris », sur le site de l'Institut national de la statistique et des études économiques (consulté le 2 avril 2021).
  5. Marie-Pierre de Bellefon, Pascal Eusebio, Jocelyn Forest, Olivier Pégaz-Blanc et Raymond Warnod (Insee), « En France, neuf personnes sur dix vivent dans l’aire d’attraction d’une ville », sur le site de l'Institut national de la statistique et des études économiques, (consulté le 2 avril 2021).
  6. « CORINE Land Cover (CLC) - Répartition des superficies en 15 postes d'occupation des sols (métropole). », sur le site des données et études statistiques du ministère de la Transition écologique. (consulté le 22 mai 2021)
  7. IGN, « Évolution de l'occupation des sols de la commune sur cartes et photos aériennes anciennes. », sur remonterletemps.ign.fr (consulté le 22 mai 2021). Pour comparer l'évolution entre deux dates, cliquer sur le bas de la ligne séparative verticale et la déplacer à droite ou à gauche. Pour comparer deux autres cartes, choisir les cartes dans les fenêtres en haut à gauche de l'écran.
  8. Louis Graves, Précis statistique sur le canton de Crépy-en-Valois, arrondissement de Senlis (Oise), Beauvais, Annuaire de l'Oise, 1836, 252 p., p. 178.
  9. Louis Graves, Précis statistique sur le canton de Crépy-en-Valois, arrondissement de Senlis (Oise), Beauvais, Annuaire de l'Oise, 1836, 252 p., p. 181.
  10. « Vez », Cartes de France (consulté le 29 octobre 2014).
  11. L'organisation du recensement, sur insee.fr.
  12. Calendrier départemental des recensements, sur insee.fr.
  13. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  14. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013, 2014, 2015, 2016, 2017 et 2018.
  15. « Évolution et structure de la population à Vez en 2007 », sur le site de l'Insee (consulté le 31 octobre 2010).
  16. « Résultats du recensement de la population de l'Oise en 2007 » [archive du ], sur le site de l'Insee (consulté le 31 octobre 2010).
  17. « Château de Vez », notice no PA00114952, base Mérimée, ministère français de la Culture.
  18. Jean Mesqui, Île-de-France Gothique 2 : Les demeures seigneuriales, Paris, Picard, , 404 p. (ISBN 2-7084-0374-5), p. 316-326.
  19. « Église Saint-Martin-et-Saint-Léonard », notice no PA00114953, base Mérimée, ministère français de la Culture.
  20. Dominique Vermand, Églises de l'Oise, canton de Crépy-en-Valois : Les 35 clochers de la Vallée de l'Automne, Comité Départemental de Tourisme de l'Oise / S.E.P Valois Développement, , 56 p., p. 48-49.
  21. « Ferme de Saint-Mard », notice no PA00114954, base Mérimée, ministère français de la Culture.