Noblesse d'Empire

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La noblesse d'Empire regroupe l’ensemble des personnes ayant reçu un titre sous le Premier Empire ou durant les Cent-Jours, et leurs héritiers selon la règle de la primogéniture masculine. Napoléon Ier souhaitait constituer une élite stable, issue de la Révolution française, en attribuant des titres inspirés de l'Ancien Régime, à l'exception toutefois des titres de vicomte et de marquis et en ajoutant celui de prince, accompagnés de majorats. Cette noblesse est reconnue par Louis XVIII dès la Première Restauration.

Grandes armes impériales

Genèse de la noblesse d'Empire[modifier | modifier le code]

Joachim Murat en prince du Premier Empire, par le baron Gérard.

En 1804 apparaissent les premières créations de titres de princes dans la famille impériale. En 1806 sont créés des titres de ducs et en 1808 les titres de comte, baron et chevalier.

Anne Sandrine de Luca, dans sa thèse de doctorat en Histoire du droit et des institutions (2006), considère que « La noblesse d’Empire est un phénomène juridique avant d’être un phénomène social.»[1].

  • L’article 3 du sénatus-consulte du 14 août 1806 reconnait à l’Empereur la faculté d’accorder des titres[2].
  • Un décret de l’Empereur du 1er mars 1808 confirmait la création de titres impériaux[3]. Un second décret du même jour organisa la formation de majorats attachés aux titres[4] et la création d’un Conseil du sceau des titres chargé d'instruire toutes les affaires relatives aux titres et aux majorats et de sceller et expédier les lettres patentes nécessaires[5].

Le but de Napoléon Ier, dans la droite ligne de la création de la légion d'honneur et des sénatoreries viagères, est d'instaurer une nouvelle élite stable et fidèle au régime impérial.

Ces titres décernés ne constituaient pas un ordre social et ne disposaient pas de privilèges (au plan juridique, la noblesse en tant qu’ordre social privilégié, est aboli depuis 1790)[6] à l’exception du majorat (qui était nécessaire pour que le titre puisse échoir aux héritiers successifs) qui était un ensemble de biens fonciers ou de rentes immobilisées, inaliénables et produisant un revenu fixé dont le montant était proportionnel au degré d'importance du titre de distinction. Échappant au partage successoral, ce majorat était transmis solidairement avec le titre, selon les règles de la succession en descendance directe et légitime, naturelle ou adoptive, par primogéniture masculine[7].

Le décret du 1er mars 1808 concernant les titres accordés par l'empereur mentionne les « titres » (princes, ducs, comtes, barons, chevalier) accordés aux « titulaires » mais ne contient pas le mot « noblesse »[3].

L’historien du droit Frédéric Bluche dans son ouvrage Le Bonapartisme : aux origines de la droite autoritaire, 1800-1850 (1980) écrit :

« Par principe il ne s’agit pas d’une noblesse privilégiée. Il s’agit de titres destinés à récompenser des services éminents civils autant que militaires, rendus à l’Etat[8] (...) Il faut enfin distinguer un but politique avoué qui est peut-être plus important : détruire l’influence autonome de l’ancienne aristocratie[9] (...) La seule noblesse reconnue est désormais celle de l’Empire[10] »

Statut juridique[modifier | modifier le code]

L'expression « noblesse d'Empire » a été consacrée par l'historiographie contemporaine à travers les publications de nombreux auteurs.

Jean Tulard, historien et spécialiste du Premier Empire, dans son ouvrage Napoléon et la noblesse d'Empire (2003) qualifie de « noblesse d'Empire »[11] et de « nouvelle noblesse »[12] les bénéfiaires des titres accordés sous le Premier Empire. Il précise la différence entre les titres impériaux et la noblesse d'Ancien Régime :

« Cambacérès parle de « distinctions nécessaires », de « titres impériaux », du « nouvel ordre des choses », mais n’emploie jamais le mot de « noblesse ». On ne le trouve pas davantage dans les statuts (...) "Or sous l’Empire, poursuit l’auteur, il en va différemment, Napoléon peut conférer des titres, il ne peut anoblir. « Lorsqu’il n’y a plus de roturiers on ne fait plus de nobles à volonté (...) Il n’y a pas anoblissement de la part de l’Empereur, mais simplement distribution de récompenses (le mot est dans le second statut) sous forme de titres décoratifs rappelant ceux de la noblesse d’Ancien Régime. Ou Il fonde une « classe titrée », selon une expression de 1813 et non « un ordre de la noblesse ».[13] »

Régis Valette dans son Catalogue de la noblesse française subsistante (2002) écrit quant à lui :

« La noblesse d'Empire : L'appellation est controversée puisque le mot noblesse n'apparaît pas une seule fois dans les textes de Napoléon instituant en 1808 ce que l'on appelle généralement la noblesse d'Empire. (...). Certes ces titres ne sont susceptibles de devenir héréditaires qu'après des formalités assez lourdes, mais une nouvelle noblesse est née et c'est un fait historique d'importance.[14] »

L’universitaire et juriste Marc Bouvet dans son ouvrage Le Conseil d'État sous la Monarchie de juillet (2001) écrit :

« On peut classer les nobles selon trois origines : noblesse ancienne acquise avant 1789, noblesse d’Empire obtenue entre 1808 et 1814, et noblesse récente obtenue depuis la Restauration.[15] »

L'article 71 de la Charte constitutionnelle du 4 juin 1814 (octroyée par Louis XVIII) a disposé :

« La noblesse ancienne reprend ses titres. La nouvelle conserve les siens. Le Roi fait des nobles a volonté : il ne leur accorde que des rangs et des honneurs, sans aucune exception des charges et des devoirs de la société. »[16]. »


L'historienne Natalie Petiteau dans son ouvrage Élites et mobilités : la noblesse d'Empire au XIXe siècle, 1808-1914 (1997) analyse en ces termes l'« intégration » instituée par l'article 71 de la Charte :

« Continuateur du régime précédent en matière de droit nobiliaire, Louis XVIII est du reste le premier à donner officiellement au groupe des titrés impériaux le nom de "noblesse" : les anoblis de Napoléon reçoivent ainsi une véritable bénédiction royale et peuvent être rassurés sur leur sort face à un monarque fidèle à une interprétation sans restriction de l'article 71 de la Charte [17]. »

D'autres auteurs font un clair distinguo entre les titres octroyés sous l'Empire et la noblesse.

Ainsi, l'universitaire et juriste Alain Texier, dans son ouvrage Qu'est-ce que la noblesse ? (1995), n'évoque pas la notion de noblesse d'Empire. Tout au long de la section qu'il a consacrée au droit qui leur est applicable, il parle des « titrés » de l'Empire[18]. Il précise notamment :

« Avec la création des titres impériaux est née la distinction entre titres de noblesse qui supposent la noblesse pour toute la famille (Ancien Régime et, pour la plupart, ceux de la Restauration), et titres nobiliaires qui sont sans noblesse attachée et n'honorent qu'une personne par génération (XIXe siècle sauf Restauration). En 1814, le commissaire du roi près la Commission du sceau écrivait : "les titres créés par le dernier gouvernement n'ont point attribué la noblesse aux familles, mais seulement des titres personnels devenus ou susceptibles de devenir transmissibles à l'aîné seulement", et en séance du 16 septembre 1814 la Commission du sceau ajoutait : "tandis que la noblesse conférée par le roi est transmissible à toute la descendance.[19] »

Il écrit également :

« Napoléon tenait trop à se situer dans la ligne de la Révolution pour tenter de ressusciter la noblesse. Tout au plus - et c'était déjà beaucoup - créa-t-on des titres dits "titres impériaux", sans noblesse attachée. On n'en veut pour preuve que la transmission du titre de mâle en mâle par ordre de primogéniture, alors que les autres descendants ne recevaient ni titre, ni noblesse héréditaires. Si on retirait le titre impérial, il ne restait qu'un citoyen comme les autres. Au contraire, comme l'a montré Levesque, sous l'Ancien Régime et la Restauration, si on retirait le titre, il restait un noble et ses descendants, décorés simultanément du titre d'écuyer à l'infini. La Restauration ne changea rien. L'article 71 de la charte du 4 juin 1814 dispose : "La noblesse ancienne reprend ses titres, la nouvelle conserve les siens."[20] »

Philippe du Puy de Clinchamps, auteur d'ouvrages sur la noblesse française, écrit dans le "Que sais-je ?" sur La noblesse (1959) :

« Napoléon Ier n'anoblissait pas ceux qu'il honorait d'un de ses titres. (...). En outre, ces titres décoratifs n'étaient pas héréditaires en eux-mêmes. Pour pouvoir échoir aux héritiers successifs du premier décoré, il fallait que ce dernier en fît la demande et obtînt l'autorisation de constituer un majorat[21] »

Sur l'article 71 de la charte du 4 juin 1814 il écrit :

« Délaissant les titres de fonction de l'Empire, Louis XVIII rétablissait l'anoblissement sans que celui-ci soit obligatoirement lié à l'octroi d'un titre. C'était revenir à la coutume ancienne qui faisait deux choses totalement différentes de la qualité noble et du titre de dignité. (...). La presque totalité de l'ancienne noblesse était, on le sait, sans titre régulier. Au contraire, l'Empire disparu n'avait accordé que des titres et aucun anoblissement.[22] »

Composition[modifier | modifier le code]

La noblesse d'Empire est constituée de 22,5% de nobles d'Ancien régime (proportion qui s’élève même à 40% à partir de la catégorie des comtes), de 58% de bourgeois et 19,5% venu par l'armée des classes populaires[23].

Au total, environ 3 300 titres seront décernés, récompensant exploits militaires et services civils, se répartissant en 34 princes et ducs, 417 comtes, 1 550 barons et 1 317 chevaliers.

E. Campardon a dressé une Liste des nobles d’Empire en 1889, que Jean Tulard a publiée, apportant des corrections, en 2003 dans l'ouvrage Napoléon et la noblesse d’Empire[24].

Hiérarchie[modifier | modifier le code]

Hiérarchie nobiliaire du Premier Empire
Biret Chevalier.png
Chevalier
Biret baron.png
Baron
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Comte
Biret duc.png
Duc
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Prince

À l'intérieur de ce groupe, la hiérarchie des titres accordés d'office à certains en fonction de leur appartenance à la famille impériale, de leur grade dans l'armée ou de leur carrière administrative (administration civile ou religieuse) réplique celle de l'ancienne noblesse :

  • Le titre de prince est destiné aux membres de la famille impériale et à certains ministres d'État ou maréchaux ;
  • Le titre de duc de l'Empire est attribué aux principaux dignitaires, aux ministres d'Etat et aux maréchaux ;
  • Le titre de comte de l'Empire, obtenu par les ministres, sénateurs, archevêques, conseillers d'État et le président du Corps législatif ;
  • Le titre de baron de l'Empire est accordé au président de la Cour des comptes, aux évêques, aux députés, aux maires de 37 « bonnes villes » et à de nombreux généraux ;
  • Le titre de chevalier de l'Empire ferme le ban de la hiérarchie. Le chevalier d'Empire possédait le premier degré de la noblesse sans devoir pour autant être titulaire de la Légion d'honneur. De 1808 à 1814, 1 600 titres de chevalier furent créés.

Les fonctions énumérées permettent une obtention quasi-automatique du titre. Cette noblesse est surtout une noblesse de service, en grande majorité constituée de militaires (67,9 %) auxquels s'adjoignent des fonctionnaires (22 %) et des nobles d'Ancien Régime. Cette noblesse n'est pas abolie par la suite mais disparaît progressivement pour des raisons naturelles en raison du grand nombre de militaires qui la composent.

L'Empereur, même s'il considère pour sa part le titre de marquis comme ridicule, laisse ses frères le conférer dans leurs propres royaumes. Son absence au sein de la noblesse d'Empire assure à ce titre un prestige particulier, par effet de retour, sous la Restauration, comme preuve irréfutable d'attachement à la monarchie des Bourbons.

Princes[modifier | modifier le code]

Il faut distinguer quatre types de titres princiers.

Titre Personnalité Date Observations
Prince de Pontecorvo Jean-Baptiste Jules Bernadotte 05/06/1806 Prince héritier de Suède (21 août 1810) ; principauté restituée à l'empereur, qui l'accordera à Lucien Murat (voir plus bas)
Prince de Bénévent Charles-Maurice de Talleyrand-Périgord 05/06/1806 Conversion en prince de Talleyrand par Louis XVIII, éteint en 1838
Prince de Neufchâtel Louis-Alexandre Berthier 30/03/1806 Principauté restituée en 1814 à Frédéric-Guillaume III de Prusse (voir plus bas Prince de Wagram)
Prince d'Eckmühl Louis Nicolas Davout 15/08/1809 Éteint en 1853
Prince de Wagram Louis-Alexandre Berthier 31/12/1809 Eteint en 1918
Prince d'Essling André Masséna 31/01/1810 Encore porté (voir plus bas Duc de Rivoli)
Prince de Pontecorvo Lucien Murat 05/12/1812 Principauté restituée au Saint-Siège en 1815[27]
Prince de la Moskowa Michel Ney 25/03/1813 Eteint en 1969 (voir plus bas Duc d'Elchingen)

Ducs[modifier | modifier le code]

Ornements des ducs

Les duchés grands-fiefs[28] sont tous sis en dehors de l'Empire mais ne comportent aucuns droits de souveraineté. Les titres de victoires sont comparables aux titres princiers de la même catégorie. Le titre normal se porte avant le nom. Pour qu'un titre de duc soit héréditaire, il faut que son titulaire justifie de 200 000 francs de revenus annuels et qu'il constitue un majorat, un ensemble inaliénable de biens fonciers. Le titre ne fut attribué qu'à certains ministres et aux maréchaux.

En 1808, Jean Andoche Junot est nommé duc d’Abrantès, Louis Nicolas Davout duc d’Auerstaedt, Charles Pierre François Augereau duc de Castiglione, François Joseph Lefebvre est duc de Dantzick, Michel Ney est duc d’Elchingen, Jean Lannes devient celui de Montebello, Auguste Frédéric Louis Viesse de Marmont obtient le duché de Raguse et François Christophe Kellermann est duc de Valmy. Le duché d'Albufera est créé en 1813 pour Louis Gabriel Suchet. En 1815, le général Girard est fait duc de Ligny par un décret impérial du 21 juin 1815, il meurt six jours après sans avoir reçu ses lettres patentes.

Titre Personnalité Date Observations
Duc de Dantzig François Joseph Lefebvre 27/05/1807 Éteint en 1835
Duc de Padoue Jean-Thomas Arrighi de Casanova 19/03/1808 Éteint en 1888
Duc d'Auerstaedt Louis Nicolas Davout 28/03/1808 Éteint en 1853, réversion en 1864 au profit d'une autre branche de la famille Davout (qui porte toujours ce second titre)
Duc de Parme Jean-Jacques-Régis de Cambacérès 24/04/1808 Conversion en duc de Cambacérès, réversion en 1857 (seconde extinction en 1881)
Duc de Plaisance Charles-François Lebrun 24/04/1808 Éteint en 1926
Duc de Rivoli André Masséna 24/04/1808 Encore porté
Duc de Castiglione Charles Pierre François Augereau 26/04/1808 Éteint en 1816
Duc de Frioul Gérard Christophe Michel Duroc 05/1808 Éteint en 1829
Duc de Valmy François Christophe Kellermann 05/1808 Éteint en 1868
Duc de Rovigo Anne Jean Marie René Savary 05/1808 Éteint en 1888
Duc d'Elchingen Michel Ney 6/06/1808 Éteint en 1969
Duc de Vicence Armand de Caulaincourt 07/06/1808 Éteint en 1896
Duc de Montebello Jean Lannes 15/06/1808 Encore porté
Duc de Raguse Auguste Frédéric Louis Viesse de Marmont 28/06/1808 Éteint en 1852
Duc de Dalmatie Nicolas Jean-de-Dieu Soult 29/06/1808 Éteint en 1857[29]
Duc de Conegliano Bon Adrien Jeannot de Moncey 2/07/1808 Éteint en 1901
Duc de Trévise Adolphe Édouard Casimir Joseph Mortier 2/07/1808 Éteint en 1946
Duc de Bellune Claude-Victor Perrin 10/09/1808 Éteint en 1917
Duc de Tarente Étienne Jacques Joseph Macdonald 9/12/1808 Éteint en 1912
Duc d'Abrantès Jean Andoche Junot 15/01/1809 Éteint en 1982
Duc d'Istrie Jean-Baptiste Bessières 28/05/1809 Éteint en 1856
Duc d'Otrante Joseph Fouché 15/08/1809 Recréé pour la descendance suédoise de Fouché (qui porte toujours ce second titre suédois)
Duc de Cadore Jean-Baptiste Nompère de Champagny 15/08/1809 Éteint en 2010[30]
Duc de Feltre Henri Jacques Guillaume Clarke 15/08/1809 Réversion en 1864 au profit de Charles-Marie-Michel de Goyon (dont la descendance porte toujours ce second titre)
Duc de Gaëte Martin Michel Charles Gaudin 15/08/1809 Éteint en 1841
Duc de Massa Claude Ambroise Regnier 15/08/1809 Éteint en 1962
Duc de Bassano Hugues-Bernard Maret 15/09/1809 Éteint en 1906
Duc de Navarre L'Impératrice Joséphine 9/04/1810 Éteint en 1852[31]
Duc de Dalberg Emeric Joseph Heribert Dalberg 14/04/1810 Éteint en 1833
Duc de Reggio Nicolas Charles Oudinot 14/04/1810 Encore porté[32]
Duc d'Albufera Louis Gabriel Suchet 24/01/1812 Encore porté
Duc Decrès Denis Decrès 28/04/1813 Éteint en 1820
Duc de Ligny[33],[34] Jean-Baptiste Girard 21/06/1815 Eteint en 1815
N'ont pas été ducs
  • Jean-Baptiste Jourdan, maréchal d'Empire. Durant tout l'Empire, Jourdan aura espéré, en vain, le titre de duc de Fleurus ; mais Napoléon se méfiait de ce général républicain[35] auréolé de sa victoire de Fleurus. L’Empereur fit remarquer à Lannes au sujet de ce titre convoité par Jourdan « qu'il [Jourdan] aurait un titre plus beau que le mien car je n’ai jamais remporté une victoire ayant sauvé la France[36] »
  • Guillaume Marie-Anne Brune, maréchal d'Empire qui avait également le tort d'être républicain.

Héritiers de titres ducaux[modifier | modifier le code]

Quatre ducs sont morts au cours du Premier Empire. Ainsi héritent de titres de l'Empire :

Comtes, barons et chevaliers[modifier | modifier le code]

Armoiries d'un comte de l'Empire

Le titre de comte se porte devant le nom. Il est soumis aux mêmes règles que le titre de duc mais avec une obligation de revenus de seulement 30 000 francs. Les sénateurs, les ministres, les archevêques sont tous comtes. De 1808 à 1814, 388 titres de comte sont ainsi créés.

Article connexe : Catégorie:Comte de l'Empire.

Pour obtenir un titre de baron, il faut justifier de revenus supérieurs à 15 000 francs. Les maires des grandes villes et les évêques obtiennent automatiquement ce titre. Un grand nombre de généraux sont également titrés baron de l'Empire comme Louis de Lauberdière, Louis Lepic, Jean-Baptiste Eblé, Jean-Baptiste Antoine Marcellin de Marbot et Louis Gay. Un très faible nombre de colonels est nommé à ce « grade nobiliaire », mentionnons Joachim Hippolyte Lepic (plus tard nommé maréchal de camp) et Claude Testot-Ferry issu de la Garde impériale. De 1808 à 1814, 1 090 titres de baron sont créés.

Article connexe : Catégorie:Baron de l'Empire.

Le titre de chevalier se portait aussi devant le nom, il fallait justifier 3 000 francs de revenus. Le chevalier d'Empire possédait le premier degré de la noblesse sans devoir pour autant être titulaire de la Légion d'honneur. De 1808 à 1814, 1 600 titres de chevalier furent créés. Beaucoup de chevaliers de la Légion d'honneur recevaient le titre de chevalier d'Empire, mais il fallait trois générations de chevaliers successifs par lettres patentes pour qu'il devienne héréditaire. La famille Flury-Herard fut la dernière à obtenir confirmation du titre de chevalier selon cette disposition[38].

Noblesse du Royaume d'Italie[modifier | modifier le code]

Titres conférés dans les États vassaux[modifier | modifier le code]

Napoléon autorisa les souverains qu'il avait créés parmi ses sujets à conférer des titres et des anoblissements.

Ces derniers n'avaient pas les mêmes droits : alors que les rois Joseph et Murat étaient autorisés à créer des titres mais, aussi à rétablir l'ancienne noblesse de leurs États (royaume de Naples et royaume d'Espagne) dans ses titres, Louis Bonaparte, roi de Hollande, avait eu l'interdiction de reconnaître l'ancienne noblesse.

Les vassaux pouvaient créer les mêmes titres utilisés dans l'Empire (ducs, comtes, barons), mais également celui de marquis. Ils n'avaient pas le droit de créer de prince.

Royaume de Naples[modifier | modifier le code]

Sous Joseph Bonaparte,
roi de Naples
(1806-1808)
Sous Joachim Murat,
roi des Deux-Siciles
(1808-1815)
Ducs Charles Saligny (1772-1809), général de division, duc napolitain de San-Germano () Marzio Mastrilli (1753-1833), marquis de Gallo, ancien Premier ministre et vice-roi de Sicile sous les Bourbons, négociateur à Campo-Formio, duc de Gallo, ministre des Affaires étrangères de Murat.
Comtes

Royaume d'Espagne[modifier | modifier le code]

Grands d'Espagne
Ducs
Marquis
Comtes

Royaume de Hollande[modifier | modifier le code]

Napoléon estimait qu'il était inapproprié de rétablir l'ancienne noblesse hollandaise dans ses droits, considérant que les traditions républicaines de la Hollande s'y opposaient et que ce pays n'avait pas fait « sa » Révolution mais que « la Révolution s'était faite (dans ce pays) par la France ».

L'Empereur exprima, en deux lettres, d'un ton extrêmement violent, ses idées à son frère Louis.

 
« Votre chancellerie donne à la noblesse ses anciens titres... Mon intention est que vous donniez sur le champ l'ordre à vos chambellans de ne donner aucune espèce de titres. La Révolution s'est faite en Hollande par la France : elle n'a été rendue à l'indépendance qu'à condition que le système d'égalité serait maintenu... Ce que je vous mande là, je l'exige. Je ne veux pas voir reparaître les anciens titres ; cela nuit à mon système en France. » La première rédaction de cette lettre, plus longue et beaucoup plus dure, comportait les précisions suivantes : « Ce que vous me dites du roi de Naples (Joseph Bonaparte) n'a pas de sens ; ce prince n'a rien fait que par mes amis : c'est par mon conseil qu'il a conservé la noblesse (ancienne). Y a-t-il quelque chose de commun entre ses Etats et les vôtres ? C'est comme si vous me disiez que la Bavière a conservé la noblesse... J'attendrai votre réponse pour savoir si je suis ami ou ennemi de la Hollande. »
Bayonne,  
« Je lis dans les journaux de Paris que vous nommez des princes. Je vous prie instamment de n'en rien faire. Les rois (vassaux) n'ont pas le droit de nommer des princes : ce droit est inhérent à la couronne impériale. Vous pouvez, quand vous instituerez une noblesse, faire des comtes, des barons, des marquis et des ducs, quoique je pense que cela soit inutile en Hollande, si ces titres n'y existeraient pas autrefois ; mais vous ne pouvez créer un prince. Vous me désobligeriez infiniment si vous le faisiez, et vous sentez que, pour toute espèce de raisons, j'ai droit de l'exiger. Mes institutions ne sont point faites pour être tournées en ridicule... Eh ! qu'a donc fait l'amiral de Winter, d'ailleurs, pour mériter une si haute distinction, si vous pouviez la donner ? Vous avez créé des maréchaux qui n'ont pas fait ce qu'ont fait mes généraux de brigade. Pour Dieu, ne vous rendez pas par trop ridicule ! »
Comtes
Barons

Royaume de Westphalie[modifier | modifier le code]

Comtes
Barons

Principauté de Neuchâtel[modifier | modifier le code]

Grand-duché de Berg[modifier | modifier le code]

Comte

En Belgique[modifier | modifier le code]

En Belgique aussi, des familles belges ont été titrées par Napoléon Ier : Le baron de Ryckman de Betz, dans son armorial de la noblesse belge de 1957 (2e édition) cite les familles suivantes :

  • de Bouthier de Catus (famille originaire de France)
  • Chazal (famille originaire de France)
  • Durutte (famille originaire de France)
  • Duvivier
  • de l'Epine (famille originaire de France)
  • Herwyn (famille originaire de France)
  • de Membrède (famille originaire de Maastricht)
  • du Monceau (voir ci-dessus royaume de Hollande)
  • de Serret (Liège)
  • Travers (Hollande)
  • van de Walle (Bruges)

Autres familles non citées dans ce livre :

  • Pierets (Malines)
  • Werbrouck (Anvers)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Historiens[modifier | modifier le code]

  • Claude-Isabelle Brelot, La Noblesse réinventée. Nobles de Franche-Comté de 1815 à 1870, Besançon, Annales littéraires de l’Université de Besançon / Paris, Les Belles Lettres, 1992, 2 tomes.
  • Natalie Petiteau, Élites et mobilités : la noblesse d'Empire au XIXe siècle, 1808-1914, La Boutique de l'histoire éditions, 1997, 714 p.
  • Jean Tulard, Napoléon et la noblesse d'Empire, 1979.

Autres auteurs[modifier | modifier le code]

  • Edmond Pierson, « Étude de la noblesse d'Empire créée par Napoléon Ier » (thèse), impr. de P. Desjardin (Orléans), 1910 (disponible sur Gallica).
  • Philippe du Puy de Clinchamps, La Noblesse, 1959.
  • Étienne de Séréville et Fernand de Saint-Simon, Dictionnaire de la noblesse française, 1975.
  • Alain Texier, Qu'est-ce que la noblesse ?, 1995.
  • Régis Valette, Catalogue de la noblesse française, 2007.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Anne Sandrine de Luca, La noblesse du Premier Empire français, l’identité nobiliaire réinventé, Thèse de droit, Université de Perpignan, 2006, page 90 ([PDF] lire en ligne).
  2. Thierry Lentz, Le Premier Empire: 1804 – 1815, Fayard 2018, page 342.
  3. a et b Bulletin des lois de la République française, 1808, page 177.
  4. Bulletin des lois de la République française, 1808, page 180.
  5. Ségolène de Dainville-Barbiche, "Les archives du sceau : naturalisations, mariages, changements de nom, titres", la Gazette des archives, 1993, n° 160-161.
  6. C.I.L.A.N.E. (Commission d'information et de liaison des associations nobles d'Europe), Ediciones Hidalguia, 1989, page 78.
  7. voir : Décret impérial du 1er mars 1808 concernant les titres publié dans le Bulletin des lois n° 186.
  8. Frédéric Bluche, Le Bonapartisme : aux origines de la droite autoritaire (1800-1850), Nouvelles Editions Latines, 1980, page 67 (lire en ligne).
  9. Frédéric Bluche, Le bonapartisme: aux origines de la droite autoritaire (1800-1850), Nouvelles Editions Latines, 1980, page 68 (lire en ligne).
  10. Frédéric Bluche, Le bonapartisme: aux origines de la droite autoritaire (1800-1850) , Nouvelles Editions Latines, 1980, page 69 (lire en ligne).
  11. Jean Tulard, Napoléon et la noblesse d'Empire, Tallandier, 2003 (Titre de l'ouvrage + 25 pages avec l'expression « noblesse d'Empire » (lire en ligne).
  12. Jean Tulard, Napoléon et la noblesse d'Empire, Tallandier, 2003 (15 pages avec l'expression « nouvelle noblesse » (lire en ligne).
  13. Jean Tulard, Napoléon et la noblesse d'Empire', 2003, pages 63 à 65.
  14. Régis Valette, Catalogue de la noblesse française subsistante, édition 2002, page 13. Régis Valette réitère ce propos dans ses autres éditions.
  15. Marc Bouvet, Le Conseil d'État sous la Monarchie de juillet , Librairie générale de droit et de jurisprudence, 2001, page 28.(lire en ligne).
  16. Erreur de référence : Balise <ref> incorrecte ; aucun texte n’a été fourni pour les références nommées Charte 1814
  17. Natalie Petiteau, Élites et mobilités : la noblesse d'Empire au XIXe siècle, 1808-1914, La Boutique de l'histoire éditions, 1997, page 133 (lire en ligne).
  18. Alain Texier, Qu'est-ce que la noblesse ?, éditions Tallandier, 1995, 601 pages.
  19. Alain Texier, Qu'est-ce que la noblesse ?, éditions Tallandier, 1995, pages 102 à 103.
  20. Alain Texier, Qu'est-ce que la noblesse ?, éditions Tallandier, 1995, pages 189 à 190.
  21. Philippe du Puy de Clinchamps, La Noblesse, collection Que sais-je ? (n°830), PUF, 1959, page 74 et suivantes.
  22. Philippe du Puy de Clinchamps, La Noblesse, collection Que sais-je ? (n°830), PUF, 1959, pages 83 à 85.
  23. Frédéric Bluche, Le bonapartisme: aux origines de la droite autoritaire (1800-1850), Nouvelles Editions Latines, 1980, page 69.
  24. Thierry Lentz, Nouvelle histoire du Premier Empire: Tome 1, Napoléon et la conquête de l'Europe (1804-1810), Fayard 2002, page 348, note de bas de page n°1(lire en ligne).
  25. a et b titre III (article 9, De la famille impériale) de la Constitution du 28 floréal an XII.

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  26. Bien que la bataille d'Essling puisse difficilement être considérée comme une victoire, ce titre salue un exploit personnel de Masséna à cette bataille.
  27. Toujours porté, à titre de courtoisie, par le fils aîné du prince Murat.
  28. (en) François Velde, « The Napoleonic satellite states », . — Décret qui déclare Joseph Napoléon roi de Naples et de Sicile, et institue six grands-fiefs de l'empire, avec titre de duchés, dans le royaume des Deux-Siciles. (IV, Bull. LXXXIV, no 1432.), sur www.heraldica.org (consulté le 7 mai 2011)
  29. Nom relevé par adjonction en 1910 par les Reille et titre relevé irrégulièrement par cette famille.
  30. Transmis par adoption à un descendant de la branche aînée de la famille, puis à son fils et dernier descendant mâle, mort en 2010.
  31. Perte de la nationalité française par les Beauharnais.
  32. Une clause des lettres patentes impériales (Archives nationales, BB29 1035 p. 55-56) permettait éventuellement la transmission de ce titre par la voie adoptive, prévue par l’article 35 du Deuxième statut du 1er III 1808, avec l'autorisation de l'empereur. Aujourd'hui, une telle autorisation ne saurait être donnée ; cependant un arrêté du garde des Sceaux du 12 IX 2003 a investi Philippe Maupas-Oudinot, aîné des deux fils adoptifs — adoption simple — d'Henri Oudinot duc de Reggio, du titre de son père (Marc Guillaume, « Le Sceau de France, titre nobiliaire et changement de nom », communication à l’Académie des Sciences morales et politiques, séance du lundi 3 VII 2006 [1]). Au terme d'un contentieux entre les deux fils adoptifs, le Conseil d'État a rendu un arrêt (C. E., 2e et 7e sous-sections réunies, 16 II 2011, n° 332187 [2]) annulant la décision de la cour administrative d'appel de Paris de 2009, par laquelle cette dernière avait fait droit à la demande d'annulation de la décision du ministre.
  33. « Ligny 1815, la dernière victoire de l'Aigle », Jean-Baptiste Girard (1775-1815), héros de la bataille de Ligny, sur www.ligny1815.org (consulté le 9 juin 2011)
  34. « A.C.M.N. Association pour la défence des monuments napoléoniens », Jean-Baptiste Girard, sur napoleon-monuments.eu (consulté le 9 juin 2011)
  35. Laurent Sabourdy, « [[Dailymotion]] », Jean-Baptiste Jourdan (1762-1833) (consulté le 24 juillet 2011)
  36. René Reiss, Kellermann, (ISBN 2847344683, lire en ligne)
  37. « roglo.eu », Hortense Eugénie Marie-des-Neiges de Michel du Roc (consulté le 7 février 2011)
  38. André Damien, « Les Ordres de chevalerie et les décorations »
  39. a b c et d Titres éteints avec lui.
  40. Titres toujours représentés.
  41. Titre éteint.
  42. « www.labiografia.com », Manuel Hilario Negrete (consulté le 15 janvier 2011)
  43. (es) « www.biografiasyvidas.com », Manuel Hilario Negrete (consulté le 15 janvier 2011)
  44. Titres éteints avec son fils.
  45. Frère de général baron d'Empire Merlin de Thionville et mari de la Mémorialiste (née Santa Cruz y Montalvo).
  46. Titre éteint
  47. Joseph Léopold Sigisbert Hugo, père de Victor Hugo, qui ne fut pas titré par l'Empereur, aurait reçu un titre du roi Joseph. Aucune preuve n'en a jamais été apporté, et les divers auteurs qui font état de ce titre ne sont pas d'accord sur sa dénomination. Quoi qu'il en soit, Victor Hugo préféra ne pas passer à la postérité sous le nom de Hugo de Cogolludo, et se titra lui-même « vicomte Hugo » (titre sous lequel Louis-Philippe Ier l'appela à la pairie) tandis que son frère se faisait appeler le « comte Hugo ». Ces titres n'ont pas été portés par les descendants du poète.
    Source 
    « Napoléon et la noblesse impériale sur www.napoleon.org » (consulté le 6 septembre 2010)
  48. Sans alliance. Enterré au Panthéon.
  49. « Vereniging van Adel van het Koninkrijk Holland » (consulté le 6 janvier 2014)
  50. « Étienne-Jacques Travers, baron de Jever sur napoleon-monuments.eu » (consulté le 6 septembre 2010)
  51. Source 
    Bibliothèque historique : La franc-maçonnerie des Bonaparte, vol. 47, [[1982|Payot]], 322 p. (ISBN 9782228130905, lire en ligne) ;
  52. Sans alliance
  53. Titres éteints en 1883 avec son fils, le colonel marquis de Salha.
  54. Commandant le corps westphalien en Espagne, il quitta ce pays sous prétexte de maladie et commis l'erreur de se présenter devant l'Empereur qui, à Compiègne, en présence de la Cour, lui arracha ses épaulettes et le traita de lâche. C'est après cela que Jérôme le fit comte et le nomma colonel général de sa garde. Dès le l'Empereur écrivait à son frère : « Je suis étonné que vous m'envoyiez le général Morio, qui est une espèce de fou que je méprise, vous trouverez bon que je ne le voie pas... » Et le 15 mars : « De fausses idées de grandeur, une générosité peu réfléchie vous ont fait donner une baronnie à Morio... » Morio épousa la sœur de Le Camus, comte de Fürstenstein.
  55. d'Albignac puis Salha lui succédèrent
  56. a et b Albert du Casse, Mémoires et correspondance du roi Jérôme et de la reine Catherine, vol. 3, E. Dentu, (lire en ligne)
  57. Source 
  58. Titres éteints avec lui
  59. D'une famille de Neufchâtel, il était le frère de Jean-Frédéric Perregaux (1744-1808), banquier parisien d’origine suisse, régent de la Banque de France, et l'oncle de Alphonse Claude Charles Bernardin Perregaux (1785-1841) chambellan de l'Empereur et comte de l'Empire
    Source 
    www.genea-bdf.org
  60. Il avait épousé (1807) la nièce de Murat, Alexandrine Andrieu
  61. Titre éteint en 1892 avec son fils.