Plantagenêt

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Plantagenêt est le surnom d'une dynastie princière issue de la première lignée des comtes d'Anjou, les Ingelgériens, et de la Maison de Châteaudun. Ses membres furent aussi comtes du Maine, puis par mariage rois d'Angleterre, ducs de Normandie et finalement ducs d'Aquitaine.

Origine du nom Plantagenêt[modifier | modifier le code]

Plantagenêt est d'abord le surnom personnel de Geoffroy V, comte d'Anjou et du Maine (1128-1151). L'origine de ce surnom est inconnue et ne fait pas l'unanimité chez les historiens. Selon une théorie, il ferait allusion au genêt qu'avait l'habitude de porter à son chapeau Geoffroy V. Le nom est attesté pour la première fois chez Wace : « Gisfrei son frere Que l'on clamout Plante Genest ». Par la suite, il a été attribué rétrospectivement à tous ses descendants par les mâles (lignée agnatique). Au XVe siècle, pour faire valoir ses droits à la couronne, le duc Richard d'York reprit le nom de Plantagenêt, et son fils devint en 1461 le roi Édouard IV d'Angleterre.

Histoire des Plantagenêts[modifier | modifier le code]

Origine de la famille Plantagenêt[modifier | modifier le code]

Depuis l'époque des Ingelgériens, qui, après s'être émancipés des Robertiens, avaient fondé l'autonomie et la puissance du comté d'Anjou entre 930 et 1060, leurs successeurs, la deuxième maison des comtes d'Anjou, issue du mariage d'Ermengarde d'Anjou et de la Maison de Châteaudun (Geoffroy III , Foulque IV, Geoffroy IV, Foulque V) poursuivirent leur œuvre. On désigne parfois ces comtes sous le nom de Plantagenêts pour signifier qu'il s'agit d'une seule et même lignée agnatique, bien que ce surnom n'apparaisse qu'avec leur descendant Geoffroy V. Les Plantagenêts étant, par les mâles, une branche de la Maison de Châteaudun, on considère généralement qu'ils sont issus de la famille franque des Rorgonides[1],[2],[3]. Par leur branche maternelle de la première maison des comtes d'Anjou, les Plantagenêts sont issus cognatiquement de la noblesse franque, les Ingelgériens.

Origine de la puissance de la famille Plantagenêt[modifier | modifier le code]

La puissance des Plantagenêts trouve son origine dans le mariage que fit Geoffroy V et qui permit à son lignage d'accéder à la royauté et d'échapper sur certains de ses territoires à la suzeraineté du roi de France. En effet, le 17 juin 1128, à l'âge de quinze ans, Geoffroy V , fils de Foulque V, épousa en la cathédrale du Mans Mathilde l'Emperesse, fille et héritière d'Henri Ier d'Angleterre, dit Beauclerc, et veuve d'Henri V du Saint-Empire. Cette union représentait un gage de paix entre l'Anjou et la Normandie, qui avaient été en conflit à de nombreuses reprises au cours du XIe siècle. Mathilde l'Emperesse était plus âgée de onze ans, et leur mariage ne fut pas très heureux. Cette union ne créa pas immédiatement l'empire Plantagenêt. Mathilde fut évincée du trône d'Angleterre et de Normandie par Étienne de Blois à la mort d'Henri Ier, en 1135. Geoffroy dut d'abord assurer ses possessions continentales en réprimant avec énergie des révoltes en Anjou (siège de Montreuil-Bellay 1149-51) et en menant plusieurs campagnes en Normandie, dont il se proclama duc en 1144. Il soutint mollement Mathilde, qui, débarquée en Angleterre en 1139, finit par renoncer à la lutte (mais non à ses droits) en 1148. Geoffroy V Plantagenêt mourut à Château-du-Loir le 7 septembre 1151, aux confins de l'Anjou historique et du comté du Maine. Il repose en la cathédrale Saint-Julien du Mans.

Henri II et les grands Plantagenêts[modifier | modifier le code]

C'est son fils Henri II qui fit valoir ses droits par un voyage en Angleterre en 1153 où il contraignit Étienne de Blois à le reconnaître pour héritier. Il fut investi du trône en 1154. Henri II Plantagenêt put devenir roi d'Angleterre. Il avait réussi en l'espace d'une dizaine d'années, à concentrer entre ses mains de nombreux territoires : en 1154, il dominait le royaume d'Angleterre, le duché de Normandie, le comté d'Anjou, le comté du Maine, le comté de Poitou et le duché d'Aquitaine. Bien que désormais roi d'Angleterre,mais décédé à Chinon, Henri II choisit ( ou son épouse Alienor d'Aquitaine choisit pour lui compte tenu des circonstances ) d'être enterré dans l'abbaye de Fontevraud, aux confins de l'Anjou et de la Touraine. Richard Cœur de Lion (1189-1199), qui succède à son père Henri II, repose dans ce même monastère.

C'est à partir du règne de Jean sans Terre (1199-1216) que s’opéra un glissement du cœur de l'empire Plantagenêt vers l'Angleterre. Ce roi perdit en effet la Normandie, l'Anjou, le Maine et le Poitou en 1204-1205 et gouverna depuis l'île.

Après le règne désastreux de Jean sans Terre, l'Angleterre fut dirigée par les rois Plantagenêt :

En 1399, Richard II (1377-1399) est renversé et remplacé par un cousin germain, le duc de Lancastre, devenu Henri IV d'Angleterre, fondateur de la maison de Lancastre.

Division de la famille Plantagenêt entre maisons de Lancastre et d'York[modifier | modifier le code]

L'usurpation d'Henri IV d'Angleterre entraîna une division de la famille Plantagenêt qui conduisit finalement à une guerre civile. En effet, la Maison de Lancastre et la Maison d'York, sont deux branches de la famille des Plantagenêts. À partir du règne désastreux d'Henri VI d'Angleterre et en dépit du prestige d'Henri V d'Angleterre, la Maison d'York contesta le pouvoir de la Maison de Lancastre et de cette contestation sortit la Guerre des Deux-Roses.

Après la Guerre des Deux-Roses et l'accession au trône des Tudors en 1485 avec Henry VII, le nom de Plantagenêt disparut.

Postérité de la famille Plantagenêt[modifier | modifier le code]

Richard III fut le dernier roi Plantagenêt. Cependant, le lignage des Plantagenêts se perpétua jusqu'à aujourd'hui chez les Somerset, issus d'un fils naturel de Henri Beaufort, 2e duc de Somerset, les Beaufort étant eux-mêmes issus de Jean de Gand, duc de Lancastre. Leur chef de famille actuel est David Somerset, duc de Beaufort.

Arbre généalogique[modifier | modifier le code]

De Geoffroy Plantagenêt à Édouard Ier[modifier | modifier le code]

D'Édouard Ier à Édouard III[modifier | modifier le code]

D'Édouard III à Richard III[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean Flori, Aliénor d'Aquitaine, la reine insoumise, éd. Payot, Paris, 2004.
  • Jean Flori, Richard coeur de lion, le roi-chevalier, éd. Payot, Paris, 1999.
  • Jean Favier, Les Plantagenêts. Origine et destin d'un empire, éd. Fayard, Paris, 2004.
  • Martin Aurell, L’Empire des Plantagenêt 1154-1224, Paris, Éditions Perrin, coll. « tempus »,‎ 2004 (ISBN 978-2-262-02282-2)
  • Olivier Guillot, Le comte d'Anjou et son entourage au XIe siècle, Tome I : Études et appendices, Tome II : Catalogue d'actes et index, Paris, Éditions A. et J. Picard, 1972.
  • François Lebrun, Histoire des Pays de Loire, coll. Univers de la France, éd. Privas, 1972
  • Douglas Richardson, Plantagenet ancestry: a study in colonial and medieval families, Genealogical Pub. Co., Baltimore, 2004, 945 p., lire sur Google Livres

Articles connexes[modifier | modifier le code]