Jean-Baptiste Cyrus de Timbrune de Thiembronne

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Jean-Baptiste Cyrus Adélaïde de Timbrune de Thiembronne de Valence
Image illustrative de l'article Jean-Baptiste Cyrus de Timbrune de Thiembronne

Naissance 22 septembre 1757
Agen
Décès 4 février 1822
Paris
Origine Drapeau de la France France
Arme artillerie
Grade général de division
Années de service 17741816
Distinctions Comte de l'Empire
Grand officier de la Légion d'honneur
Hommages Nom gravé sous l'Arc de triomphe de l'Étoile (4e colonne)
Autres fonctions sénateur
pair de France

Jean-Baptiste Cyrus Adélaïde de Timbrune de Thiembronne, vicomte puis comte de Valence, dit Valence, est un général de la Révolution française, né à Agen en 1757 et mort en 1822 à Paris.

d'azur à la bande d'or accompagnée de deux fleurs de lys du même.

Le soldat de l'Ancien Régime[modifier | modifier le code]

Il nait le 22 septembre 1757 à Agen, fils d'un lieutenant-général. Il entre à l'école d'artillerie de Strasbourg en 1774. Il est capitaine au régiment de Royal-Cavalerie en 1778, puis aide de camp du maréchal de Vaux. Il est nommé colonel en second du régiment de Bretagne en 1784.

le Général de la Révolution[modifier | modifier le code]

Le 3 juin 1784, il épouse à l'improviste la fille cadette de Mme de Genlis, Pulchérie de Genlis, pour masquer, dit-on, ses relations intimes avec Madame de Montesson[1]. L'année suivante, il est promu écuyer du duc d’Orléans et colonel du régiment de dragons-Chartres. Ses relations avec le duc d'Orléans et ses idées libérales lui valurent d'être élu, en 1789, député suppléant de la noblesse aux États-généraux par la ville de Paris. Il ne fut pas appelé à siéger à l'Assemblée constituante. Il est nommé en 1790 maréchal de camp et commandant du département de la Sarthe. Le 23 juin 1791, il prête, après la fuite du roi, le nouveau serment militaire devant l'Assemblée. Employé à l'armée de Dumouriez, lieutenant-général le 20 août 1792 (équivalent au grade de général de division), il assiste à la bataille de Valmy où il commande la réserve. Il reçoit les capitulations de Verdun et de Longwy.

Général en chef de l'armée des Ardennes le 8 octobre 1792, il bat Beaulieu, s'empare de Dinant, de Charleroi et de Namur. Pendant l'hiver, il propose au gouvernement un plan d'invasion des colonies anglaises. Envoyé en Belgique sur la demande de Dumouriez, il assiste à l'affaire de Tirlement, se distingue et est blessé à la bataille de Neerwinden le 18 mars 1793.

L'exilé[modifier | modifier le code]

Mécontent de la marche de la politique intérieure, il donne sa démission. Un des courriers qu'il envoie à Beurnonville ayant été intercepté, des dépêches importantes (car il est le confident de Dumouriez) tombent entre les mains des agents du gouvernement. Un mandat d'arrêt est lancé contre lui, et la Convention ordonne par décret l'arrestation de toute sa famille. Il suit alors Dumouriez dans sa défection le 4 avril 1793, et se rend à Londres. Mais Pitt lui ordonne de quitter immédiatement l'Angleterre, aussi va-t-il chercher refuge en Amérique, puis revient en Europe à l'époque du Directoire et vit jusqu'à l'établissement du Consulat près de Hambourg.

l’Empire[modifier | modifier le code]

Il rentre en France en l'an VIII après le Coup d'État du 18 brumaire. Il est président du collège électoral de Vassy en l'an IX et est élu au Sénat conservateur le 1er février 1805 (12 pluviôse an XIII), sur nomination directe par Napoléon. En tant que sénateur, il est fait commandeur de la Légion d'honneur 8 jour plus tard.

« Toujours en campagne, on ne le voit guère, ni dans le département, ni au Sénat. C’est la deuxième fortune du département (elle est évaluée à 3 millions en 1807). Valence est en effet l’héritier des biens non aliénés des Brûlart de Sillery. Il est en outre propriétaire à Paris, dans la Haute-Marne, la Garonne, le Gers. »[2]

Le 20 mars 1807 il est nommé commandant de la 5e légion de la réserve intérieure. Le 1er juin 1808, il est créé comte de l'Empire. La même année, il est envoyé à l’armée d’Espagne, d'où il revient bientôt en raison de son état de santé.

Durant la campagne de Russie, il commande une division et fait une partie de la campagne de Saxe.

En 1812, il commande l’une des divisions de cavalerie sous les ordres de Murat

En décembre 1813, il est nommé commissaire extraordinaire de l'empereur à Besançon dans la 6e division militaire. Il tente vainement d'arrêter la marche des alliés.

Restaurations[modifier | modifier le code]

Secrétaire du Sénat conservateur le 1er avril 1814, il signe la déchéance de Napoléon Ier. Il est nommé par Louis XVIII Pair de France le 4 juin 1814, et grand Officier de la Légion d'honneur le 4 janvier 1815.

Pendant les Cent-Jours, le 2 juin 1815, il est de nouveau appelé à la Chambre des pairs, y redevient secrétaire et y défend avec énergie la cause de l'Empire. Après Waterloo, il commande avec Grenier et Sébastiani les troupes de Paris et est désigné le 21 juin 1815 comme commissaire extraordinaire par le gouvernement provisoire pour aller demander un armistice à Blücher, qui répond par un refus.

Rayé de la liste des pairs et proscrit le 24 juillet 1815[3], il est mis à la retraite comme lieutenant-général le 4 septembre 1816.

Sa fille cadette, Louise Rose Aimé de Timbrune-Thiembrone de Valence épouse le général Gérard le 10 août 1816.

Il est rappelé à la Chambre des pairs le 21 novembre 1819. Il prend place dans le parti libéral, s'oppose aux mesures de réaction, parle contre les lois suspensives de la liberté individuelle et de la liberté de la presse, et prend en main la réhabilitation de Lesurques.

Il meurt à Paris le 4 février 1822. Il est inhumé au cimetière du Père-Lachaise (division 24).

Autres éléments marquants[modifier | modifier le code]

Grand dignitaire de la franc-maçonnerie, il fut Grand Commandeur de Suprême Conseil de France de 1821 à 1822.

Écrits[modifier | modifier le code]

  • Essai sur les finances de la République française et sur les moyens d'anéantir les assignats (Hambourg, 1796).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Il héritera des biens de Madame de Montesson.
  2. Grands notables du premier Empire, Département de la Marne, Ed. CNRS, p. 59.
  3. « Valence m’a été fidèle : il a toujours été national. » (Napoléon à Sainte-Hélène.)

Sources[modifier | modifier le code]