Eugène Boudin

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Eugène Boudin

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Portrait d'Eugène Boudin

Naissance 12 juillet 1824
Drapeau de la France Honfleur, France
Décès 8 août 1898 (à 74 ans)
Drapeau de la France Deauville, France
Nationalité Drapeau de la France Française
Activités Peinture
Élèves Claude Monet
Mouvement artistique Impressionnisme
Récompenses Médaille d'or à l'Exposition universelle de 1889

Eugène-Louis Boudin est un peintre français, né à Honfleur (Calvados) le 12 juillet 1824, mort à Deauville (Calvados) le 8 août 1898. Il fut l'un des premiers peintres français à saisir les paysages à l'extérieur d'un atelier. Grand peintre de marines, il est considéré comme l'un des précurseurs de l'impressionnisme.

Biographie[modifier | modifier le code]

La carrière de papetier[modifier | modifier le code]

Plage à Trouville.

Eugène Boudin est né à Honfleur, en Normandie, fils de Léonard-Sébastien Boudin (1790-1863) et de son épouse Marie-Félicité Buffet (1793-1871) qui lui donnent en 1821 une sœur, prénommée Rose Désirée et en 1827 un frère prénommé Louis. Son père était marin sur les bateaux assurant la liaison Le Havre-Hambourg et sa mère était femme de chambre sur ces bateaux[1].

En 1835, sa famille déménage au Havre. À dix ans, il travaille comme mousse sur un bateau à vapeur assurant la liaison entre Le Havre et Honfleur. Par la suite, son père l'établit comme commis chez l'imprimeur Joseph Morlent, puis chez le papetier Alphonse Lemasle. Il commence à travailler l'année suivante comme assistant dans une boutique de papetier-encadreur[1].

Les débuts artistiques[modifier | modifier le code]

Canal à Bruxelles.

En 1844, alors âgé de 20 ans, Eugène Boudin fonde avec un associé sa propre boutique de papetier-encadreur où il expose les œuvres des artistes de passage. Dans le cadre de son travail, il entre ainsi en contact avec des peintres des environs associés à l'école de Barbizon, notamment Constant Troyon, Eugène Isabey, ou des artistes comme Charles Baudelaire. Eugène se met alors à dessiner, puis à 22 ans – encouragé par Jean-François Millet et Thomas Couture – il abandonne le monde du commerce et se lance dans une carrière artistique. Il suit des cours à l'école municipale de dessin du Havre et ne se consacre alors plus qu'à la peinture[1].

En 1851, grâce au soutien du journaliste Alphonse Karr ainsi que de Constantin Troyon et Thomas Couture, il reçoit du conseil municipal du Havre une bourse d'étude de 1 200 francs par an, afin d'aller étudier la peinture à Paris pendant trois ans. C'est ainsi que, le 30 juin 1851, il rejoint la capitale et étudie la peinture au sein de l'atelier d'Eugène Isabey ainsi qu'au Louvre où il s'inscrit comme élève copiste. Eugène Boudin y réalise des copies de peintures de maîtres pour quelques amateurs, ce qui lui permet d'approfondir son apprentissage[2].

Dès 1855, il adopte un rythme de vie particulier passant ses hivers à Paris et ses étés en Normandie à Honfleur, tout en séjournant régulièrement en Bretagne à Douarnenez, Tréboul et ses environs. À Portrieux, il peint les bateaux terre-neuvas et « Un an avant sa mort, il fait un long voyage entre Le Croisic et la pointe du Raz en passant par Pont-Aven » [3].

Boudin fait sa première exposition en 1857 à Paris et la même année il parvient à vendre une vingtaine de ses toiles à l'occasion d'une vente aux enchères au Havre.

Au cours de l'année 1859, le peintre – alors âgé de 35 ans – expose sa première toile au Salon à Paris : Un pardon à Saint-Anne-la-Palud. Il se fait remarquer pour ses atmosphères et ses pastels originaux, et reçoit conseils et hommages du poète Charles Baudelaire rencontré la même année alors qu'il est en villégiature chez sa mère. Il se lie également d'amitié avec Gustave Courbet qui, ayant remarqué une peinture de Boudin chez un commerçant parisien, chercha à rencontrer son auteur. Il rencontre aussi le peintre hollandais Johan Barthold Jongkind et surtout Claude Monet[4] qu'Eugène Boudin initiera à la peinture en plein-air, notamment lors des séjours à la ferme Saint-Siméon à Honfleur où se retrouvent régulièrement de nombreux peintres parisiens et normands[2].

En 1862, alors qu'il est fatigué de réaliser des œuvres de commandes pour vivre difficilement de son art, il assiste à la naissance de la mode des bains de mer et à la création de Deauville. Il a alors l'idée en voyant les estivants de la bourgeoisie et de la noblesse parisienne flaner sur les plages des stations balnéaires normandes de représenter ces mondanités et ces élégantes. Ces scènes de plage ne rencontrent pas le succès du public qui juge ses peintures voyeuristes et bâclées mais attirent l'attention des critiques et des artistes d’avant-garde[5].

Le 14 janvier 1863, Eugène Boudin se marie avec Marie-Anne Guédès, née le 17 avril 1835 à Ruzaden, village de la commune d'Hanvec. En février de la même année, il s'installe à nouveau à Paris mais en septembre revient en Normandie à Trouville, à proximité de Courbet qui est à Deauville et de Monet et Jongkind qui résident à Honfleur. Il fait alors de fréquents séjours en Bretagne, résidant un temps dans le manoir en grande partie déjà ruiné de Kerhoan, dans la commune du Faou. Il profite de ses séjours bretons pour peindre des tableaux de la région comme Le port de Camaret, L'Hôpital-Camfrout, Vue de Douarnenez, l'île Tristan, le matin...

Il rédige aussi en 1867 Notes d'un voyage en Bretagne (1867), texte publié en 1924 par le Mercure de France[6] où il décrit la vie quotidienne dans la région d'Hanvec, Le Faou, Rumengol à cette époque.

Après un court séjour à Bruxelles fin 1870, il poursuit son travail de peintre de marine.

Le tournant impressionniste[modifier | modifier le code]

Impératrice Eugénie sur la plage à Trouville.

En 1874, il participe à la première exposition « impressionniste », qui se tient à Paris dans les studios du photographe Félix Nadar. Par la suite, les expositions impressionnistes se tiendront dans les locaux du marchand d'art Paul Durand-Ruel.

À partir de cette date, il passera pour un des précurseurs de ce mouvement, bien qu'il ne se considérât jamais lui-même comme un grand innovateur. Sa réputation grandissante lui permit d'effectuer de nombreux voyages dans les années 1870. Il visita notamment les Flandres, les Pays-Bas, le sud de la France ainsi que l'Italie, où il découvre différents courants artistiques du XIXe siècle.

Il continue d'exposer à Paris et reçoit la médaille de la troisième place du Salon de 1881 avec son œuvre La Meuse, à Rotterdam. En 1886, plusieurs de ses œuvres apparaissent à la grande exposition impressionniste organisée à New York par Durand-Ruel. Il obtient ensuite la médaille d'or lors de l'Exposition universelle de Paris de 1889 avec les deux toiles qu'il expose : Un coucher de soleil et Marine - Les Lamaneurs. La même année, son épouse décède le 24 mars.

La villa Breloque à Deauville où le peintre vécut et mourut en 1898.

Malade, il s'installera en 1892 à Villefranche-sur-Mer, sur la côte d'Azur. La même année, Eugène Boudin est nommé chevalier de la Légion d'honneur par le peintre symboliste Pierre Puvis de Chavannes qui l'avait par ailleurs convaincu de rejoindre la société nationale des beaux-arts. Il entreprendra des voyages réguliers à Venise jusqu'en 1895 en quête d'inspirations.

En 1898 – alors qu'il est à Paris et se sent défaillir – il demande à mourir « face à la mer » et se fait transporter à Deauville. Il décède le 8 août au matin dans la villa Breloque au 8, rue Oliffe, et est enterré le 12 août au cimetière Saint-Vincent – dans le quartier de Montmartre – à Paris.

Son œuvre[modifier | modifier le code]

Eugène Boudin est un peintre marin, expert en matière de rendu de tout ce qui est lié à la mer et à ses rivages. Il peint notamment de nombreux tableaux décrivant la vie des pêcheurs sur les ports et les marchés ; ainsi que celle des familles bourgeoises du XIXe siècle sur les plages de Normandie. S'il ne rencontre un succès public relatif qu'à l'approche de la soixantaine, son travail de peintre d’avant-garde est reconnu par les critiques et peintres impressionistes dès les années 1870, les collectionneurs (Ivan Tourgueniev, Georges Feydeau, puis les Rothschild ou Cary Grant) se mettant dès lors à acheter ses tableaux de paysage mais c'est surtout à partir de 1929, année qui voit Jeanne Lanvin acheter une de ses toiles, que le succès et la reconnaissance lui sont définitivement assurés[5].

L'importance du ciel et des effets atmosphériques dans ses peintures lui vaut d'être surnommé le « roi des ciels » par le peintre français Camille Corot et le « peintre des beautés météorologiques » par Charles Baudelaire. Ce peintre des paysages attache en effet une grande importance au soleil, aux nuages, au ciel et à leurs effets changeants sur le paysage en mouvement[7].

Au cours de sa vie, il aura peint près de 4 500 tableaux et laissé autant de dessins, pastels et aquarelles. C'est le musée des Beaux-Arts André Malraux du Havre qui possède la plus grande collection de tableaux de Boudin, avec 224 peintures dont de nombreuses esquisses et études, toutes exposées. Une grande partie provient du « legs Boudin », comportant 60 toiles et 180 panneaux, reliquat de la vente aux enchères, le 21 mars 1899, des œuvres retrouvées dans son atelier à sa mort[8].

Quelques tableaux[modifier | modifier le code]

  • vers 1848-1853, Ciel, 4 heures, levant, musée d'art moderne André-Malraux, Le Havre
  • 1857 : Le port de Quimper, 40,3 cm x 62,3 cm, Musée des beaux-arts de Quimper[9].
  • 1858 : Le Pardon de Sainte-Anne-la-Palud , musée d'art moderne André-Malraux, Le Havre.
  • 1859 : Étude de ciel, musée d'art moderne André-Malraux, Le Havre.
  • 1860 : Sur la plage de Trouville, Minneapolis Institute of Arts, Minneapolis.
  • 1864 : La Plage à Trouville, 26 × 48 cm, musée d'Orsay, Paris.
  • 1865 : Femme en robe bleu sous un parasol, musée d'art moderne André-Malraux, Le Havre.
  • 1865 : Concert au Casino de Deauville, National Gallery of Art, Washington.
  • 1867 : Scène de plage à Trouville, 20 × 34,9 cm, collection particulière.
  • 1869 : Dame en blanc sur la plage de Trouville, musée d'art moderne André-Malraux, Le Havre.
  • 1870 : L'Hôpital-Camfrout (Bretagne). National Gallery, Londres.
  • 1871 : Port d'Anvers, 31,3 × 46,7 cm, musée d'Orsay, Paris.
  • 1871 : Le Port de Bruxelles, National Gallery, Londres.
  • 1872 : Le Port de Camaret, 36 × 59 cm, musée d'Orsay, Paris.
  • 1873 : Portrieux, bateaux dans le port, 35,9 × 59,1 cm, collection particulière.
  • 1874 : Rivage de Portrieux, Côtes-du-Nord, 85 × 148 cm, collection particulière.
  • 1874 :
  • 1884 : Trouville, scène de plage, au Musée des beaux-arts, à Liège.
  • 1885 : Le Bassin de l'Eure au Havre, huile sur toile, signé et daté en bas à droite E. Boudin 1885, 65 × 90 cm (sans cadre). musée d'art, histoire et archéologie d'Évreux.
  • vers 1885 : Blanchisseuses près d'un ruisseau, National Gallery, Londres.
  • vers 1888 : Le Port de Deauville, National Gallery, Londres.
  • 1888 : L'Entrée du port de Trouville, National Gallery, Londres.
  • vers 1888-1895 : Dimanche sur la plage de Trouville, musée d'art moderne André-Malraux, Le Havre.
  • 1888 : Coucher de soleil au bord de la mer, musée d'art moderne André-Malraux, Le Havre
  • 1889 : La Seine, Caudebec en Caux, musée d'art moderne André-Malraux, Le Havre
  • 1890 : Lavadeiras nas margens do rio Touque], 37,6 × 55 cm, Museum Nacional de Belas Artes, Rio de Janeiro.
  • 1891 : Port de Trouville, 41 × 55,5 cm, musée du Louvre, Paris.
  • 1893 : Deauville, la plage, 50 × 74,5 cm, collection particulière.
  • 1893 : La Plage à Tourgéville-les-Sablons, National Gallery, Londres.
  • 1893 : Le Port d’Antibes, Musée d'Orsay, Paris.
  • Vers 1894-1897 : Barques et estacade (Trouville), musée d'art moderne André-Malraux, Le Havre
  • 1895 : * Entrée des jetées du Havre par gros temps, musée d'Art moderne André Malraux, Le Havre
  • 1896 : Voiliers au port, 26,5 × 35 cm, musée des beaux-arts de Lyon.
  • Plage à Trouville, marée haute, la Seine à Rouen, jour de foire, musée Faure d'Aix-les-Bains.
  • Un grain, musée de Morlaix
  • Le Faou, marée basse, paysage aux lavandières, musée d'Orsay, Paris
  • Le Pardon de Sainte-Anne-la-Palud, huile sur toile, musée d'art moderne André-Malraux, Le Havre
  • Clair de lune à L'Hôpital-Camfrout, collection particulière
  • Bras de mer à L'Hôpital-Camfrout, collection particulière
  • Mariage à L'Hôpital-Camfrout, collection particulière
  • Sortie d'église à Plougastel, collection particulière
  • Plougastel, le Passage', collection particulière
  • L'Arrivée du bac du Passage à Plougastel, crayon et aquarelle, musée du Louvre, Paris
  • Le bac à Plougastel, collection particulière
  • La baie de Kerhor, collection particulière
  • Femmes de Kerhor assises devant l'Élorn, crayon et aquarelle, musée du Louvre, Paris)
  • Femmes de pêcheurs sur le rivage, collection particulière
  • Le débarquement des marins dans la Rade de Brest, collection particulière
  • Brest : la rade, Oblastini Galerie, Liberec
  • Camaret : le port (plusieurs tableaux portent ce titre)
  • Rivage en Bretagne : environs de Camaret, Oblastini Galerie, Liberec
  • Foire en Bretagne (Le Faou ?), collection particulière
  • Foule dans une rue du Faou, crayon et aquarelle, collection particulière
  • Femmes en prière dans l'église (Hanvec ?), 1865, musée du Louvre, Paris
  • Hanvec, intérieur d'église, musée d'art moderne André-Malraux, Le Havre
  • Ciel d’orage sur l’estuaire du Havre
  • Crépuscule sur le Bassin du Commerce au Havre
  • Les régates au Havre
  • Le port du Havre
  • Coup de vent à Frascatti, Le Havre
  • Le Havre, sortie du port

Galerie[modifier | modifier le code]

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Distinctions[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c « Hors-série Eugène Boudin », Connaissance des arts,‎ mars 2013, p. 36
  2. a et b Eugène Boudin (1824-1898), Biographie sur le site du Musée Eugène Boudin de Honfleur
  3. Notice de Denise Delouche, dans Les Noms qui ont fait l'histoire de Bretagne, 1997, p. 56. Au moins onze rues portent son nom en Bretagne.
  4. Rencontre en 1854 dans la boutique d’un encadreur-papetier havrais qui expose dans sa vitrine à la fois les tableaux de Boudin et les caricatures de Monet. Source : Laurent Ridel, « Claude Monet, l’impressionniste normand » , Histoires de personnages, 14 septembre 2010
  5. a et b Stéphane Leblanc, « Le musée Jacquemart-André rend hommage à Eugène Boudin, paparazzi malgré lui », sur 20 minutes,‎ 25 mars 2013
  6. Mercure de france Notes d'un voyage en Bretagne, publiées par G. Jean-Aubry, à propos du Centenaire de Boudin
  7. Huguette Meunier, « Boudin, « roi des ciels » », sur histoire.presse.fr,‎ 27 mars 2013
  8. Yaccob A., Le fonds d'Eugène Boudin du musée Malraux, ces « prodigieuses magies de l'air et de l'eau », L'Objet d'art, hors série n°63, septembre 2012 p26-29.
  9. http://www.mbaq.fr/musee-collections/peinture-bretonne/oeuvre/o/le-port-de-quimper/

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]