École de Barbizon

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L'École de Barbizon désigne le centre géographique et spirituel d'une colonie de peintres paysagistes désirant travailler « d’après nature  ». L'appellation tient son nom du village de Barbizon, situé en lisière de la forêt de Fontainebleau (Seine-et-Marne), autour duquel certains artistes peintres affluèrent pendant près de cinquante ans entre 1825 et 1875.

Personnalités de l'école[modifier | modifier le code]

Ses membres fondateurs furent Jean-Baptiste Camille Corot, Charles-François Daubigny, Jean-François Millet et Théodore Rousseau.

Théodore Caruelle d'Aligny et Lazare Bruandet sont considérés comme des précurseurs.

Ont fait partie du groupe : Jules Breton, Armand Cassagne, Jean-Ferdinand Chaigneau, Albert Charpin, Jules Coignet, Honoré Daumier, Narcisse Virgilio Diaz (dit Narcisse Diaz de la Pena), Jules Dupré, Henri Harpignies, Charles Jacque, Eugène Lavieille, Charles Le Roux, Emile van Marcke, Charles Olivier de Penne, Jean Emile Renié, Paul Tavernier, Constant Troyon, Jules Jacques Veyrassat, Félix Ziem, Octave de Champeaux, Paul Désiré Trouillebert.

Félix Ziem

Histoire[modifier | modifier le code]

Au début du XIXe siècle, les critères artistiques s'étaient fixés autour de la tradition néoclassique, dans la suite du peintre Jacques-Louis David. En marge de cet académisme, le romantisme formalisé par Géricault, Bonington et Delacroix prenait de l'ampleur. Dans la tradition académique, l’observation sensible de la nature était considérée comme inférieure à l’expérience intellectuelle, et le paysage restait un genre mineur. Des artistes comme Rousseau ou Daubigny s'inscrivirent en réaction à l'industrialisation naissante et à la pollution urbaine. Facilité par la production industrielle des couleurs[1] favorisant une plus grande mobilité, le retour à la nature apparaît évident, la tranquillité de la contemplation prenant le dessus sur le charivari de la cité.

En 1824, le salon de Paris exposa quelques-unes des œuvres de Constable. Ses scènes rurales eurent une influence décisive sur des artistes plus jeunes, les menant à abandonner le formalisme de l'époque et à tirer leur propre inspiration de la nature : ils produisirent des toiles souvent rurales, s'éloignant d'un retour aux drames mythologiques et s'inspirèrent de la peinture paysagiste hollandaise du XVIIe siècle et du paysage anglais contemporain.

Au cours de la révolution de 1848, les peintres que l'on rassemblerait bientôt sous l'école de Barbizon ou l'école de Crozant se réunirent et optèrent de suivre délibérément les préceptes de John Constable, afin de rendre la nature elle-même sujet de leurs peintures. Parmi eux, Millet étendit sa vision des paysages aux personnages, peignant la paysannerie et les travaux des champs. Des Glaneuses (1857) en est un parfait exemple, montrant trois paysannes occupées à glaner après la récolte, sans mise en scène dramatique ni démonstration, mais simplement une évocation de la vie simple, par exemple Albert Charpin (1842 Grasse - 1924 Asnières) qui a peint de nombreux paysages, troupeaux ovins et bovins.

En 1849, le développement des transports avec l'aménagement de la ligne de chemin de fer qui relie Paris à Melun, favorisa la venue des artistes et des touristes[2].

Rousseau (1867) et Millet (1875) moururent à Barbizon.

La peinture de Barbizon a été l'une des sources d'inspiration des peintres impressionnistes et l'émergence du courant impressionniste dans la seconde moitié du XIXe découle en partie de l'influence exercée par les peintres de l'école de Barbizon.

Une création a posteriori[modifier | modifier le code]

L'auberge Ganne, musée départemental de l'École de Barbizon.
Constant Troyon, Ruisseau dans les bois, v. 1860, Musée du Louvre, Paris

Il faut attendre 1890 pour voir le terme d'« école de Barbizon » apparaître, dans l'ouvrage du critique d'art écossais David Croal Thomson intitulé : The Barbizon School of Painters. Depuis, ce terme est remis en cause par les historiens de l'art qui contestent l'idée qu'il y aurait eu une « école » à Barbizon[3]. On aurait plus affaire à un ensemble de peintres aux styles très différents, qui, à des époques très diverses, ont trouvé une source d'inspiration dans la forêt de Fontainebleau.

Lieu de séjour de la plupart des peintres passés à Barbizon entre 1830 et 1870, l’Auberge Ganne a été rachetée par la commune et renferme depuis 1995 le musée de l'École de Barbizon[4].

Références[modifier | modifier le code]

  1. se substituant au travail de broyage de pigments en atelier ; l’invention des tubes en étain, diffusés en France en 1859, offre aux peintres la possibilité d’une approche de la nature plus aisée
  2. Bernard Kalaora, Le musée vert : radiographie du loisir en forêt, Éditions L'Harmattan,‎ 1993, p. 258
  3. C'est la thèse défendue par Chantal Georgel dans l'exposition « La Forêt de Fontainebleau, un atelier grandeur nature » au Musée d'Orsay en 2007
  4. François Beaudouin, Seine et Marne, Editions Bonneton,‎ 1989, p. 78

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • David Croal Thomson, The Barbizon school of painters : Corot, Rousseau, Diaz, Millet, Daubigny, etc, London, éd. Chapman and Hall, 1891, 294 p.
  • Marie-Thérèse Caille, L'Auberge Ganne, Musée municipal de l'École de Barbizon, Moisenay, éd. Gaud , 1994, 64 p.
  • Vincent Pomarède et Gérard de Wallens, L'École de Barbizon, catalogue de l'exposition du Musée des Beaux-Arts de Lyon (juin-sept. 2002), éd. RMN, 2002, 319 p. (ISBN 978-2711843565)
  • Chantal Georgel (dir.), La Forêt de Fontainebleau, un atelier grandeur nature, catalogue de l'exposition du Musée d'Orsay (6 mars au 13 mai 2007), éd. RMN, 2007, 242 p. (ISBN 978-2711852888)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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